Xbox : Futur hardware, retour aux sources, IA, éditeur tiers… Asha Sharma et Matt Booty se livrent dans une nouvelle interview
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Rédigé par Jordan
Tous les yeux sont braqués sur Xbox ces derniers jours, suite au départ conjoint de Phil Spencer et Sarah Bond. Asha Sharma n’a pas encore eu le temps de bien prendre les rênes du groupe, mais elle tente déjà de rassurer tout le monde en multipliant les prises de parole. Elle a ainsi accordé une interview (qui frôle le communiqué de presse) à Windows Central aux côtés de Matt Booty, afin d’évoquer les divers sujets qui peuvent aujourd’hui inquiéter.
Un retour aux sources pas encore tout à fait clair
Si le futur de Xbox sera assurément captivant à suivre, ce n’est malheureusement pas dans cette interview que vous aurez beaucoup d’éléments de réponse concrets, étant donné qu’Asha Sharma et Matt Booty livrent ici un discours lissé avec des éléments de langage qui veulent tout et rien dire. Ce qui était attendu, étant donné que Sharma est en poste depuis…5 jours. Décortiquons malgré tout ce que l’on peut en tirer.
Dans son premier communiqué, Asha Sharma avait évoqué un « Retour à Xbox », comme un retour aux sources, sans que l’on sache vraiment ce qui se cachait derrière cela. Elle répond aujourd’hui, en indiquant que cela veut dire se reconcentrer sur la communauté Xbox :
« Ce qui caractérise les autres produits qui rencontrent un franc succès, c’est qu’ils ont su fédérer des communautés formidables autour de leur public. Chez Xbox, nous gérons de nombreuses communautés depuis des décennies. Ce qui fait la force d’une communauté, c’est son noyau dur. Je ne veux surtout pas qu’un créateur chez Xbox disperse ses efforts pour courir après une communauté émergente. Si nous souhaitons investir dans une nouvelle communauté, nous étudierons la question. Mais il est essentiel que chacun reste fidèle à ses valeurs fondamentales lorsqu’il développe un projet. Au cours de ma carrière dans la création de plateformes, j’ai appris que deux éléments clés contribuent à la réussite d’une plateforme : la qualité du produit proposé à l’utilisateur principal et l’intégrité des décisions. Xbox possède une vaste communauté, et nous veillerons à la servir au mieux. »
Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’un retour aux exclusivités est de la partie, puisqu’elle évoque également les autres appareils où il est possible de jouer aux jeux Xbox :
« Pour moi, l’esprit de « Return à Xbox » est un retour aux sources de l’équipe. C’est cet esprit de surprise, cet esprit de créer quelque chose que personne d’autre n’osait tenter. J’ai entendu les termes « renégat », « rébellion » et « amusant » chez les employés. C’est à cela que je pensais en écrivant ces mots. Je pense que nos fans et joueurs Xbox les plus fidèles ont investi jusqu’à 25 ans dans ces univers et sur notre console. Je tiens à ce que chacun sache que je suis pleinement engagé envers Xbox, à commencer par la console. Nous allons continuer à nous adapter aux besoins des joueurs, car le monde évolue et change constamment. Nous allons faire en sorte que Xbox soit un environnement idéal pour les développeurs et les joueurs. Nous voulons investir pour réduire la fracture entre les différents appareils qu’ils souhaitent utiliser. Cela impliquera, je pense, d’investir davantage pour lever les barrières et aider les développeurs à créer une seule fois et à proposer des expériences sur différentes plateformes. […] Nous savons aussi que de nombreux joueurs ne possèdent pas de console ou de hardwares liés à nos plateformes, et je souhaite leur proposer d’excellents jeux également. J’ai besoin de mieux comprendre ce que cela peut impliquer, les décisions qui ont été prises et les prochaines étapes. Pour cela, j’ai besoin d’un peu de temps et d’espace. »
Ceci dit, cela ne va pas dire non plus que rien ne va changer, ce qui est matérialisé par la déclaration de Sharma : « Un plan est le plan jusqu’à ce qu’il ne le soit plus ». Elle admet être encore en train de prendre ses marques et de voir ce qui fonctionne et ce qui a moins marché ces derniers temps :
« Franchement, j’ai besoin de comprendre, de manière assez candide. Le « pourquoi » de ces décisions, ce que nous cherchions à optimiser et ce que les données révèlent sur la stratégie Xbox actuelle. Voilà la vérité. Je m’intéresse à la valeur à long terme, pas seulement aux résultats passés ou aux gains d’efficacité à court terme. »
Elle réaffirme que le marché du hardware ne va pas être abandonné chez Xbox, et que l’on en entendra plus à ce sujet prochainement. Par ailleurs, Matt Booty balaye d’un revers de la main l’idée que Xbox devienne uniquement un éditeur tiers :
« Notre système de studio est entièrement axé sur le développement interne. Nous ne sommes pas là uniquement pour être un éditeur. Notre partenariat avec la plateforme Microsoft repose sur notre implication dès les premières décisions concernant le hardware – tout le travail accompli pour que des jeux comme Gears of War fonctionnent parfaitement sur de nouvelles consoles comme la Xbox Ally, etc. C’est un élément fondamental de notre structure, et nous n’y dérogeons pas. Nous sommes déterminés à être un éditeur first party, en partenariat avec notre équipe dédiée à la plateforme. »
Pas d’IA imposée par Microsoft
Mais ces futurs jeux, seront-ils développés massivement à l’aide de l’IA générative ? C’est la question qui se pose en regardant le CV d’Asha Sharma. Encore une fois, elle revient sur ce sujet et nous sort l’habituel discours de tous les PDG de l’industrie, à savoir qu’il s’agit d’un outil que chacun sera libre d’utiliser ou non :
« Je pense que toute nouvelle technologie offre des possibilités en tant qu’outil, mais plus important encore, surtout aujourd’hui, nous devons fixer des limites claires. C’est ce que j’ai essayé de dire dans ma première lettre. Je ne polluerai pas notre écosystème avec des contenus de mauvaise qualité. Nous n’accepterons pas de production bâclée. Je crois profondément aux propos que j’ai tenus précédemment. »
Matt Booty rajoute que Microsoft (ou plutôt Satya Nadella) ne met aucune pression à Xbox pour verser dans l’IA générative, mais qu’il dise le contraire aurait été tout à fait étonnant :
« Nous ne subissons aucune pression de Microsoft, aucune directive concernant l’IA n’est imposée. Nos équipes sont libres d’utiliser toutes les technologies qui pourraient leur être utiles, que ce soit pour l’écriture de code ou la correction de bugs – des éléments essentiels du processus de production. Au final, comme l’a dit Asha, nous restons fidèles à l’art créé par les humains. »
Ce qui ne veut pas dire pas d’IA du tout, comme vous pouvez vous en douter. En dehors de cela, Asha Sharma ne cesse de répéter qu’elle va être à l’écoute de la communauté pour les prochaines années de Xbox, alors que le groupe doit se préparer pour les festivités de son 25ème anniversaire. Il faudra maintenant joindre les actes à la parole.
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