Virtual Boy – Nintendo Classics : nous avons essayé le retour inattendu du plus grand flop de Nintendo
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Rédigé par Quentin
Après des années à incarner l’un des échecs le plus fascinant de Nintendo, le Virtual Boy s’offre un retour assez innatendu. Avec le Virtual Boy – Nintendo Classics, la firme remet en avant son catalogue 3D stéréoscopique via un logiciel dédié et, surtout, un accessoire obligatoire compatible avec les deux consoles Nintendo Switch. Lors d’un évènement organisé par Nintendo, nous avons pu essayer directement l’accessoire à travers quelques jeux qui seront proposés dans le catalogue.
Un retour à la 3D stéréoscopique avant tout pour la nostalgie
Il n’y a que Nintendo pour mettre autant en avant le retour d’un flop monumental. Pour autant, la firme ne se lance pas totalement à cœur perdu et compte bien tirer parti de cet échec, trente ans plus tard, afin de séduire les collectionneurs et les fans de la marque. Il existe aujourd’hui un véritable attrait pour le style rétro, et Nintendo l’a déjà bien compris avec ses différentes initiatives, comme les NES et SNES Mini, ou encore les manettes GameCube et SNES compatibles avec la Switch. On peut également citer les rééditions de l’Atari 2600, qui semblent rencontrer un certain succès.
Évidemment, le Virtual Boy a depuis dépassé son statut de raté pour devenir un objet de collection et un morceau de l’histoire de l’entreprise japonaise. À l’origine, il s’agissait d’une machine à part : une « console-casque » posée sur un support, pensée pour afficher une image en relief grâce à un procédé stéréoscopique. Sur le papier, l’effet de profondeur fonctionne. En pratique, le manque de couleur n’est pas très attrayant, la résolution reste limitée et la posture requise pour en profiter manque clairement de confort. La machine deviendra ainsi tristement célèbre pour provoquer une fatigue visuelle, des maux de tête, voire des nausées. Un problème de taille pour un produit censé impressionner par son immersion.
Aujourd’hui, le concept revient sous une forme bien plus « plug and play » avec le Virtual Boy – Nintendo Classics, qui arrivera chez nous le 17 février prochain. Il permettra d’accéder à une sélection de jeux Virtual Boy sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2, mais uniquement via un accessoire dédié (ou sa version en carton) et un abonnement Nintendo Switch Online + Pack additionnel.
La version en carton de l’accessoire offre une expérience à moindre coût, mais quitte à vouloir profiter pleinement de l’objet, autant aller au bout de la démarche. Malheureusement, nous n’avons pas pu prendre en main cette déclinaison, seulement la version classique. Pour faire court, il s’agit d’un gadget sympathique, avant tout destiné à trôner comme objet de collection, tout en permettant de (re)découvrir certains titres dans une expérience modernisée et plus agréable.
Un catalogue presque patrimonial
Lors de sa sortie, le Virtual Boy – Nintendo Classics proposera les jeux suivants :
- Virtual Boy Wario Land
- 3-D Tetris
- Galactic Pinball
- Golf
- Red Alarm
- Teleroboxer
- The Mansion of Innsmouth
Au cours de l’année, Nintendo promet d’enrichir le catalogue avec de nouveaux titres : D-HOPPER, Mario Clash, Mario’s Tennis, Jack Bros., Space Invaders Virtual Collection, Vertical Force, Virtual Bowling, V-Tetris et Zero Racers. L’un des arguments les plus attrayants pour les fans réside dans la possibilité de jouer à des productions jamais sorties officiellement, comme Zero Racers ou D-HOPPER. Même si l’intérêt de ces titres dépendra de leur qualité intrinsèque, l’idée de voir du « lost media » rejoindre officiellement l’écosystème Nintendo est particulièrement positive, ne serait-ce que pour des raisons de préservation culturelle.
Avec le temps limité que nous avons pu passer avec le casque, nous avons uniquement pu approcher deux jeux : Virtual Boy Wario Land et 3-D Tetris. Ce qui ressort de cette courte prise en main, c’est avant tout la variété de la proposition. Un titre comme Wario Land se montre immédiatement lisible grâce à sa plateforme en 2D et à ses effets de perspective, notamment lorsque notre anti-héros se déplace directement dans les arrière-plans. À l’inverse, d’autres jeux, comme Tetris, demandent un temps d’adaptation, ne serait-ce que pour apprivoiser la dynamique visuelle très particulière de l’affichage Virtual Boy.
Virtual Boy Wario Land s’impose logiquement comme la star du catalogue, dans la mesure où il donne un véritable aperçu de ce que la machine aurait pu devenir avec davantage de soutien. Malgré une prise en main « à l’ancienne », le casque étant posé sur une table à l’aide de son support, Nintendo a ajouté plusieurs éléments de confort, à commencer par le réglage de l’image afin d’obtenir une netteté adaptée à la vue de chacun, mais aussi des options de remappage des commandes et de rewind. En pratique l’effet 3D fonctionne bien et l’illusion de relief peut vraiment servir le gameplay même si cela reste évidemment très gadget.
Toutefois, soyons honnêtes, ce Virtual Boy ne s’adresse pas à tout le monde. L’obligation de passer par un accessoire dédié et un abonnement premium le cantonne à une niche bien précise. Il s’adresse avant tout aux curieux, aux collectionneurs et aux passionnés d’histoire du jeu vidéo. On n’y jouera clairement pas pendant des heures, et l’on est davantage face à un objet de collection que l’on ressort de temps à autre. En définitive, cette « renaissance » du Virtual Boy ressemble moins à une réhabilitation qu’à une réédition pleinement assumée, avec ses forces (l’effet 3D, la sélection de titres, l’accès à des jeux inédits) et ses contraintes (l’écosystème requis, le confort et l’ergonomie). Malgré tout, une chose est sûre, Nintendo vient de transformer un échec culte en un bel objet de curiosité.
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