South of Midnight : Une version Switch 2 largement au niveau ?
Publié le :
Pas de commentaire
Rédigé par Mathieu Corso
Le 8 avril de l’année passée sortait South of Midnight. Nouvelle production de Compulsion Games qui nous avait pondu un tiède We Happy Few, South of Midnight nous propulse dans un folklore noir américain où une fille doit sauver sa mère, dont la maison a été emportée à la suite d’une violente tempête. Nous avons eu l’occasion de tester la version Switch 2 en long, en large et en travers, pour un résultat qui reste bluffant même un an après la sortie du soft.
Condtions de test : Nous avons testé et terminé South of Midnight en 10 heures de jeu sur Nintendo Switch 2, en alternant entre mode docké et tablette.
Le Bayou fantastique

Il est quand même important de rappeler ce qu’est South of Midnight pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion ou l’envie de se plonger dans le titre de Compulsion Games il y a un an. Vous prenez le contrôle d’Hazel Flood qui, le soir d’une violente tempête, voit sa maison emportée avec sa mère Lacey à l’intérieur. C’est ici que commencera le long périple d’Hazel qui sera de retrouver sa mère, alors que notre héroïne y découvre qu’elle possède des pouvoirs de tisseuse, lui permettant de réparer des âmes brisées, ainsi que de voir un imaginaire et réel entremêlés. De plus, cela fera apparaître d’étranges créatures. Une histoire simple à la base, tout en proposant une aventure avec une culture noire américaine palpitante à tous les étages.
On y retrouve une narration basé sur le thème des souffrances profondes de chacun, et que l’on retrouve sous diverses formes, que ce soit par l’enfance difficile ou la perte d’un proche. Concrètement, South of Midnight arrive à aborder ce thème de la meilleure des manières, tout en offrant une touche de dramatique et de poésie, donnant clairement une âme sans pareille au titre de Compulsion Games. Sans compter les diverses créatures que l’on croise sur notre route, qui sont passionnantes, afin de donner au jeu une histoire presque parfaite. Parce que dans les coquilles de narration, il y a des zones d’ombre et des facilités scénaristiques qui font souffler très fort, malgré un périple proposé aussi fascinant que touchant. On pourra par contre soupirer sur sa fin trop facile, mais on s’y attendait.
Alors on ne va pas refaire le test ici car celui que nous avions fait il y a un an résume très bien la qualité du soft. Mais il faut cependant encore souligner quelques éléments, à commencer par sa direction artistique et sa bande-son, toutes deux singulières. Déjà, l’esthétique du titre en stop motion est concrètement réussie avec un aspect presque palpable d’une Louisiane marécageuse. Rien qu’avec ça, le titre fait un sans-faute sur l’habillage comme sur la bande-son composée par Olivier Derivière. Indéniablement, les diverses compositions collent parfaitement avec l’ambiance du jeu, mélangeant divers genres musicaux qui donnent un cachet hypnotisant au titre entre du blues, du bluegrass voire du jazz ou de la country. Sommes-nous en face de l’une des meilleures compositions dans sa carrière vidéoludique ? Probablement.
D’ailleurs, s’il y a des qualités indéniables sur South of Midnight, le gameplay n’est pas tout autant qualitatif. Mais rassurez-vous, le jeu est loin de proposer pour autant une mauvaise expérience. En effet, le soft va alterner assez souvent entre des combats en arène, de la plateforme, mais aussi de très légères énigmes afin d’avancer à base d’activation de mécanismes (au demeurant trop faciles). Et c’est là tout le souci du jeu : il consistera à répéter ce schéma à outrance durant ces 10h de jeu, et avec assez peu d’évolutions de gameplay. La faute à un arbre à compétences très léger, mais aussi des mécaniques de gameplay sous-exploitées, le contrôle de Croûton en première ligne où il y avait tellement de choses à faire.
En plus de sa répétitivité vite écœurante, subsistent des soucis de gameplay par la même occasion. Que ce soit un verrouillage capricieux sur les combats en passant par des phases de plateformes rigides et imprécises qui font criser, l’expérience ne se révèle pas si excitante dans sa jouabilité. On notera cette même rigidité qui porte préjudice aux combats, et on obtient un résultat décevant. On rajoute également un level-design trop scolaire proposé par Compulsion Games, qui manque parfois d’inspiration dans la conception de ses niveaux. Vous l’aurez compris, South of Midnight reste un jeu sympa dans son contenu, mais terriblement bancal ou trop sous-exploité tant il y avait de possibilités d’approfondir la chose.
Une version Switch 2 saisissante

Maintenant que nous avons assez grossièrement résumé ce qu’est South of Midnight, que vaut cette version Switch 2 ? Eh bien, si tout n’est pas parfait, force est de constater que cette console hybride de Nintendo est une véritable sorcellerie vu comment le titre de Compulsion Games tourne pas trop mal. D’ores et déjà et après avoir passé au moins quatre heures sur son mode tablette, le résultat est bluffant avec une impression que les développeurs n’ont pas tant fait de concessions que ça. S’il y a quelques bugs d’affichage ou des chargements à rallonge quand on lance une partie, le jeu reste assez beau et fluide sur le mode tablette de la console hybride.
Le constat est positif, bien que nous ayons pu noter quelques chutes de FPS à certains moments du jeu, et deux crashs en 10h de jeu. Et côté cinématiques, par contre, on reste un peu dubitatif, même si un patch devrait, on l’espère, rectifier le tir sur les bugs d’affichage. Néanmoins, sur l’optimisation maintenant, nous restons satisfaits, avec des nuances. Sachez que le titre tourne sans surprise en 30 FPS, si nous jouons par exemple en 1080p ou 4k. Cependant, si nous jouons en 720p en bidouillant dans l’option affichage de la Switch 2, le résultat est beaucoup plus fluide puisqu’a priori, on atteindrait les 60 FPS. Cela se ressent un poil sur le gameplay, même si cela ne va pas atténuer tous les problèmes du jeu. Attendez-vous à devoir donc jouer en 30 FPS dans les résolutions maximales. Dans tous les cas, nous sommes forcés d’admettre que le résultat reste saisissant, bien que les joueurs et joueuses voulant jouer de manière plus fluide devront revoir la résolution à la baisse.
Qu’on soit clair, le jeu a évidemment fait des concessions sur la résolution des effets et textures, mais nous avons trouvé là un jeu optimisé de manière sérieuse et solide. Comme quoi, avec un moteur comme l’Unreal Engine 5 qui n’est pas le plus facile à optimiser, il faut admettre que Compulsion Games a su se dépatouiller afin d’offrir une expérience de jeu digne de ce nom sur Switch 2. Notez par ailleurs qu’en ce 31 mars, cette version comme toutes les autres plateformes bénéficieront de contenus numériques que nous allons énumérer ci-dessous, et que nous n’avons pas pu encore voir, n’étant visiblement pas disponibles après avoir vérifié.
- Un artbook South of Midnight
- La bande originale composée par Olivier Derivière
- La bande dessinée The Boo-Hag par Rob Guillory
- La vidéo musicale : Songs & Tales of South of Midnight
- Un documentaire : Weaving Hazel’s Journey, version longue
Que retenir de cette version Switch 2 de South of Midnight ? Même si le jeu n’était clairement pas parfait il y a un an, il s’agit là clairement d’un jeu à faire de par sa singularité si vous ne l’aviez pas fait l’année passée. Bien entendu, l’intérêt sera franchement limité si vous l’avez déjà fait, mais pour les joueurs n’ayant pas un PC suffisamment puissant ou de PS5 voire de Xbox Series, vous devez y aller les yeux fermés sur cette mouture Switch 2, loin d’être ridicule. Il y a forcément quelques concessions techniques faites comme l’optimisation globale, mais l’expérience de jeu reste plaisante. Tarifé qui plus est à 39,99 € et disposant aujourd’hui de tout le contenu numérique comme sur les autres plateformes, autant dire que le jeu vaut le coup d’être fait sur la console de Nintendo, à condition de ne pas l’avoir déjà poncé.









