Daimon Blades : Nous avons joué à ce mélange d’action RPG et de roguelite, que vaut son accès anticipé ?
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Rédigé par Mathieu Corso
Streum on Studio revient avec sa nouvelle production, Daimon Blades. Le studio français n’est pas inconnu, car c’est lui qui a sorti Space Hulk: Deathwing, d’une qualité plutôt tiède. Ces mêmes développeurs ont également réalisé en 2021 Necromunda: Hired Gun, quant à lui beaucoup moins réussi. Vous l’aurez compris, ce studio de développement ne s’était attelé jusqu’à présent qu’à des titres estampillés Warhammer, jusqu’à revenir à son premier amour.
Streum on Studio n’a pour autant pas oublié son premier jeu nommé E.Y.E. : Divine Cybermancy. Afin d’étendre le lore de sa propre franchise, voilà qu’est né Daimon Blades. Le soft se déroule plus de deux millénaires avant les événements de son tout premier jeu. Ce préquel va se focaliser sur un aspect roguelite, avec une touche d’action et de RPG comme le faisait jadis le premier titre des développeurs. Nous avons pu y jouer quelques heures sur cet accès anticipé disponible depuis le 6 octobre sur PC via Steam, et il faut dire qu’avec des qualités évidentes, Daimon Blades demande encore énormément de peaufinage pour être vraiment convaincant.
Un Hermite à éliminer
Il va certainement falloir s’attendre à une histoire classique avec Daimon Blades. Se situant donc deux millénaires avant les événements de E.Y.E. : Divine Cybermancy, vous incarnez un membre de la Secreta, confrérie de moines guerriers issus de cette secte censée contenir des incursions daimoniques. Jusqu’au jour où votre mentor, l’Hermite, trahit l’ordre et s’enfuit dans les profondeurs du chaos, afin d’initier un rituel de dévoreur d’âmes. C’est ici que commence donc votre aventure, et vous allez être directement envoyé dans un temple impie, faisant office de hub central avant de commencer une nouvelle expédition. Vous pourrez parler à divers protagonistes après des runs réussies, faisant ainsi avancer l’intrigue à l’instar d’un Hades.

Très honnêtement, la mécanique empruntée au titre de Supergiant Games est une riche idée, mais à voir si cela sera bien amené sur le jeu final. Car pour le moment, hormis revenir sur le hub et déclencher de nouvelles séquences de dialogues avec le Doppleganger voire le Blade of the North Star pour en apprendre plus sur le moyen de terrasser définitvement l’hermite, tout ceci est bien maigre. Le manque de cinématique se fait ressentir, et vous ne serez pour l’heure bon qu’à débloquer quelque lore à lire, histoire d’en apprendre un peu plus sur le background du jeu, qui mériterait d’être étoffé.
Une feature qui devra être bien exploitée sur la version 1.0 quand elle sortira. Par ailleurs, sachez que ce hub central va vous permettre de rencontrer d’autres membres de cette Secreta. Vous pourrez dans un premier temps personnaliser l’équipement de votre protagoniste via le Gear Keeper. En plus d’avoir la possibilité de choisir un type d’armure (juste cosmétique comme les skins d’armes), vous pourrez équiper votre arme Daimon. Il sera aussi possible d’endosser un talisman divin apportant des avantages (résistance au feu, à l’eau etc…), ou encore upgrader le daimon de votre arme blanche, via des orbes daimoniques que vous ramassez lors de vos runs.
L’Awakening Guide sera aussi là pour vous autoriser à améliorer les attributs de votre personnage. Par des pierres célestes que vous récoltez lors de vos expéditions, vous pourrez donner un petit coup de boost aux statistiques de votre protagoniste en choissisant parmi cinq domaines (avantages du destin, force mentale, bénédiction de force, don d’endurance et faveur d’agilité). A chaque amélioration, vous prenez donc un niveau, et améliorez considérablement au choix vos bonus critiques, vos points de vie ou d’endurance, voire la chance de trouver un butin intéressant. Notez que vous aurez parfois la chance de dénicher des livres méta-occultes, octroyant des compétences passives.
Concrètement, c’est tout ce que vous pourrez faire sur ce hub. Car hormis le maitre de la forge permettant de crafter via des ressources de l’équipement ou cosmétique, les autres personnages ne sont pour l’instant pas suffisamment finalisés étant donné que le jeu n’est encore qu’en accès anticipé. Le temple Impie reste chouette, comme son esthétique dark fantasy saisissante. Avec son travail déjà réussi sur la direction artistique de Space Hulk : Deathwing notamment, le développeur basé à Nogent-sur-Marne a acquis de l’expérience en parvenant avec brio à proposer des environnements glauques voire dérangeants. Ce mélange médiéval et dark fantasy est prenant, et espérons que le jeu final nous offre de nouveaux décors encore plus macabres voire malfaisants.
Il faut également souligner l’aspect graphique et sonore de Daimon Blades, vraiment solides. Il n’y a pas à dire, Streum On Studio a beaucoup appris depuis Space Hulk: Deathwing et Necromunda: Hired Gun, et arrive à proposer ici un habillage graphique soigné. Nous sommes loin d’un jeu très beau certes mais dans l’éclairage comme dans la qualité des textures ou la modélisation des personnage voire les effets, le studio n’a pas trop à rougir face à d’autres productions. Le tout reste donc joli, bien que nous émettons des réserves sur le sound design, trop discret sur les musiques. Certaines parviennent à sortir du lot, mais cela est insuffisant. En revanche, les doublages en vieux latin ont un vrai cachet, montrant que le studio veut apposer sa propre patte plutôt que d’avoir l’étiquette « d’un développeur de jeu Warhammer » sur le crâne.
De l’idée dans le gameplay, qui reste encore maladroit

Vous l’aurez compris, Daimon Blades reprend ainsi les codes du roguelite. En partant dans votre première ou énième expédition, vous serez sommé de choisir la difficulté, allant jusqu’à cinq crânes. De plus, le niveau de butin sera classé par rang allant de C à S. Attendez-vous à retrouver sur le niveau de difficulté maximum des ennemis plus nombreux et redoutables, mais avec un butin très juteux à la clé. Une fois cela fait, vous devrez systématiquement, à chaque fin, de zone en choisir une nouvelle, jusqu’à arriver à la neuvième étant le dernier niveau avant d’affronter l’Hermite. La boucle de gameplay n’est donc guère surprenante après plusieurs heures de jeu, même s’il faut dire que le système de génération procédurale de chaque zone est fort plaisant.
D’ailleurs, les objectifs de chaque zone à passer varieront de manière aléatoire. Mais vous vous en doutez, ces derniers finissent hélas par tourner en rond. Purifier et explorer la zone, détruire des œufs, un certain nombre de statues à détruire voire atteindre la porte de la prochaine zone en explorant ou en évitant la lave qui monte, voilà grosso modo ce à quoi vous devez vous attendre. De plus, chaque fin de zone vous permettra de récupérer des pierres célestes, mais aussi une récompense temporaire pour votre run qui va osciller entre de la santé en plus, des amélioration pour votre compétence ultime, ou bien pour aiguiser votre arme daimon.
Tout est vraiment bien ficelé et digne d’un bon roguelite, mais force est de constater que l’on restera de marbre sur les objectifs de zone, qui auraient pu être un peu plus originaux. Idem pour les objectifs avant chaque boss, consistant à pratiquement faire presque la même chose, jusqu’à être téléporté sur le boss à affronter. Le côté répétitif a donc du mal à être annihilé, ce qui aura le don de frustrer le joueur. Toutefois, sachez que le jeu est jouable en hors ligne comme en coopération. Certes, nous vous conseillons de jouer en hors ligne d’abord, afin de faire vos armes. Mais cela dit, la coopération reste sympathique, et les différentes runs que l’on effectue restent curieusement addictives.
Côté gameplay, Daimon Blades a besoin d’être considérablement amélioré, malgré des qualités évidentes. Grossièrement, la maniabilité du jeu est lourde, mais se veut dynamique. Vous pouvez parader, contrer les attaques ennemies, mais également utiliser un dash à la DOOM, histoire d’esquiver les projectiles ou attaques des créatures plus facilement. Au début, l’aspect nerveux et bourrin du soft est jouissif avec les coups d’épée bien satisfaisants, et la possibilité de lancer des projectiles chargés ou non sur les démons, afin de leur faire de gros dégâts. Mais par la suite, nous allons vite observer un côté trop confus dans les combats, où vous pouvez vous faire tuer à tout moment, montrant un petit côté punitif vicieux.
Un petit aspect dérangeant qui fait parfois rager comme les imprécisions dans les sauts ou dans l’utilisation du grappin, qui se doit d’être amélioré. Reste que l’idée originale du soft réside dans le système de santé et de réanimation. A chaque fois que vous tombez au combat, vous allez avoir une jauge de corruption qui va augmenter. Si vous atteignez les 100% à force de mourir, c’est une fin de partie et vous perdez une partie du butin accumulé. Cette idée est géniale, autant que le côté organique des cartes que l’on parcoure. Que ce soit dans l’obtention des ressources, du butin avec les coffres ou encore via des éléments démoniaques pour augmenter ou faire baisser la corruption, le système de jeu est bien ficelé dans l’ensemble.
Des monolithes vous donnent aussi la possibilité de récupérer de nouvelles compétences ultimes ou d’améliorer votre endurance un court instant. Tous ces bonus à trouver sur les mini zones sont grisants. Par contre, le loot est pour l’heure peu intéressant, la faute à un système d’amélioration insuffisant pour nos armes Daimoniques, ou tout simplement des armes pas assez satisfaisantes pour procurer un sentiment de puissance. Il y a bien un arbre à compétences par arme mais dans l’absolu, tout ceci est bien trop simpliste à notre goût. De plus, la génération procédurale est aussi en demi-teinte, paraissant parfois confuse comme dans le hub central.
Au moins, Daimon Blades a le mérite de se doter de quelques boss intéressants, et d’un bestiaire varié. Effectivement, les boss à combattre ne sont pas déplaisants, car ils offrent un véritable challenge, du moins au début. Vous affronterez toujours les mêmes à force de réussir vos expéditions, bien qu’il y en ait par la suite de nouveaux. On espère que dans sa version finale, le jeu nous autorisera à affronter des boss un peu plus diversifiés car pour le moment, après plusieurs heures, la redondance est de mise. Les « phases de stratégie », prenant place après un combat de boss font également partie des idées sous-exploitées. Vous serez, dans ces phases, sommé de choisir un parchemin tout comme l’Hermite, ce qui vous donnera respectivement un bonus, et un malus. Cela est relativement intéressant sur le papier, mais ces phases sont trop courtes et peu approfondies, comme certaines mécaniques de ce Daimon Blades.
Pour un titre encore en accès anticipé, Daimon Blades est au premier abord plutôt sympa à jouer. Le gameplay se manie bien, les combats sont plutôt réussis dans l’ensemble, et son aspect roguelite comme génération procédurale fonctionnent. Le soft est même curieusement qualitatif sur l’esthétique et le lore, qui donnent envie d’en voir plus d’ici sa sortie définitive. Mais forcément, la production de Streum On Studio se dote de pas mal de couacs avec une boucle de gameplay qui manque d’inventivité, lasse vite, et un mode coopération pas encore au top. De même, trop de mécaniques sous-exploitées voire confuses viennent se glisser pour apprécier tout le potentiel du jeu pourtant curieusement addictif. Tarifé à 34.99 €, le soft vaut quand même le détour, et on espère que les nombreux cafouillages dans le système de jeu seront rectifiés d’ici la sortie définitive. Car ce roguelite à la sauce dark fantasy est pétri de belles promesses pour attirer les joueurs avides de ce genre d’univers.
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