Clair Obscur: Expedition 33 : Sandfall annonce une issue heureuse pour l’affaire de la BD « L’Académie Clair-Obscur »
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Rédigé par Alexis
La fin du mini-feuilleton semble désormais actée. Depuis quelques jours, la mise en demeure de la bande dessinée « L’Académie Clair-Obscur » par les représentants légaux de Clair Obscur: Expedition 33 a énormément fait parler, faisant majoritairement ressentir de l’injustice au public, sans parler de l’auteur de la BD lui-même, Olivier Gay. Et, au bout du compte, tout va bien se terminer pour lui et la maison d’édition Drakoo, d’après le dernier communiqué officiel de Sandfall Interactive indiquant le retrait de la demande des avocats.
La demande des avocats est retirée
Tout avait commencé en fin de semaine dernière lorsque Olivier Gay, auteur de la BD « L’Académie Clair-Obscur », partageait au public le motif d’un courrier provenant des avocats de Clair Obscur: Expedition 33, signalant que le nom de l’œuvre posait problème. A suivi un silence, le temps du weekend, que Sandfall a brisé hier pour signaler que des discussions s’effectuaient en coulisses afin de trouver un accord convenable pour les deux parties.
Puis, finalement, le compte officiel de l’équipe de développement montpelliéraine a tenu à livrer une réponse définitive à cette affaire. Déjà, elle commence par s’expliquer un peu plus sur son silence et la sobriété de sa communication :
Bonjour à toutes et tous, désolés d’avoir traîné à communiquer sur le sujet. La situation initiée par les représentants juridiques de notre studio était nouvelle pour nous et complexe à gérer. Nous voulions nous assurer de pouvoir en discuter avec toutes les parties prenantes pour être sûrs de comprendre ce qu’il se passait avant de partager des informations avec vous.
On comprend mieux pourquoi il n’y a pas eu de feu éteint dans la minute, même si cette prudence aurait pu être avancée lors de la première prise de parole afin d’éviter tout malentendu. Toutefois, la suite de la publication ne laisse pas de doute à la bonne volonté des membres du studio en annonçant le retrait de la mise en demeure, chassant par ailleurs et définitivement toute suspicion de mauvaise intention, ce que les prises de parole sur la créativité exécutées depuis des mois contredisaient :
Sandfall travaillait à retirer les demandes de notre représentant légal, ce qui est maintenant fait. Leur rôle est de nous protéger notamment contre les produits contrefaits, mais l’action initiée envers la bande dessinée « L’Académie Clair-Obscur » parue en janvier 2026 ne nous correspond pas. Nous avons toujours voulu soutenir les artistes et encourager la créativité, et c’est l’une des valeurs les plus importantes que nous voulons défendre à Sandfall. On souhaite plein de succès à Olivier et Grelin pour leur bande dessinée !
Des considérations juridiques mises en lumière

Cette histoire a en tout cas permis de rappeler à quel point la justice et la loi sont complexes. Le public et les observateurs (et nous-même inclus) seront d’accord pour dire que l’issue de cette histoire est celle qui était la plus souhaitable. Tant pour Olivier Gay que pour l’image de Sandfall Interactive.
Mais passé l’indignation notamment motivée par la démonstration de bonne foi de l’auteur de la BD et de la maison d’éditions, dire qu’il existait une réponse juridique simple serait une erreur. Yann Basire est une des personnes souhaitant mettre le doigt sur la problématique soulevée par les avocats du jeu.
Professeur au Centre d’Etudes Internationales de la Propriété Intellectuelle (CEIPI) et directeur de la Revue Francophone de la Propriété Intellectuelle (RFPI), Yann Basire a en effet donné quelques précisions et nuances sur ses réseaux sociaux. Une publication faite avant le communiqué définitif de Sandfall, dont voici quelques extraits :
[…] un nom commun peut être déposé et enregistré à titre de marque. Clair Obscur peut donc être protégé dans une spécialité, c’est à dire pour des produits et services désignés. Ce n’est pas le terme qui est protégé en soi mais bien le terme dans sa relation avec des produits. Apple est bien protégé pour des ordinateurs. C’est la même chose ici. Est ce que la mise en demeure est justifiée : oui et non. Le titulaire de la marque clair obscur pense que le titre de la bd est susceptible de porter atteinte à ses marques: en générant un risque de confusion ou peut être, si la marque clair obscur est qualifiée de renommée, en invoquant une forme de parasitisme. Pour autant, le succès de cette action est soumise à la réunion de différentes conditions.
Yann Basire poursuit son propos, et l’on comprend bien qu’il existe un monde dans lequel l’affaire aurait pu être discutée longtemps au tribunal :
Sans qu’il soit utile d’entrer dans les détails encore faut-il que l’usage litigieux — le titre de la bd donc — soit qualifié d’usage à titre de marque, c’est-à-dire fait pour identifier des produits et des services. Ce n’est pas le cas ici. C’est justement un usage à titre de « titre » pour identifier une œuvre. Il s’agit là d’un argument important. De même, il faudra rapporter le risque de confusion….ce qui n’est pas toujours chose aisée. Pour l’atteinte à la marque renommée, il apparaît au regard de la jurisprudence la plus récente que les marques ont en commun un nom commun, celle-ci est plus délicate à démontrer. Bref on pourrait développer bien plus.
Au moins, pour cette fois, tout est bien qui finit bien, et saluons une réponse définitive et positive de Sandfall Interactive qui aura été donnée en moins d’une semaine.