City Hunter : Rejouer au seul jeux vidéo de la licence 36 ans après, c’est si bien que ça ?
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Rédigé par Mathieu Corso
City Hunter, ou Nicky Larson pour ceux qui préfèrent la version française un peu plus édulcorée dans les dialogues, n’a eu qu’un seul véritable jeu vidéo. Une chose qui peut paraitre très surprenante, dans la mesure où il y a matière à faire une adaptation vidéoludique, à condition que le développeur derrière ne soit pas un manche non plus.
Pour réparer cet affront et aussi pour fêter le 40ᵉ anniversaire en grande pompe de ce manga culte, c’est l’éditeur japonais Clouded Leopard Entertainment qui s’est décidé à ressortir le seul titre vidéoludique existant des aventures de Ryo Saeba. Côté développeur, ce sont les français de Red Art Games, basé à Metz, qui s’occupent du portage. Traduit enfin dans la langue de Molière et disposant de quelques retouches çà et là, est-ce que ce jeu vidéo City Hunter est si bien qu’il en a l’air ?
Nostalgie et fan service à fond
Avant toute chose, notez que nous avons testé City Hunter sur PlayStation 5 en le finissant en 1 h 30 dans son mode normal. D’emblée, en arrivant sur l’écran titre avec la mythique musique de Jean-Paul Césari qui a littéralement bercé notre enfance — désormais passée à la trentaine voire la quarantaine pour certains — il faut déjà dire que cela fait son petit effet. La nostalgie marche donc, et sachez que même les options proposent de changer la musique avec « Français Nicky Larson » et « Français City Hunter ». De quoi avoir le choix entre la musique de Jean-Paul Césari, ou bien tout simplement le générique original. Forcément, chose à souligner, le jeu est bien intégralement en français, mais pourra décevoir sur le reste.

Car dans les bonus présents dans City Hunter, sachez que vous pouvez avoir accès dans un premier temps à la boite du jeu virtuelle. Il s’agit bêtement de la boite originale du jeu sorti en 1990 sur PC Engine, sa notice originale écrit en japonais, ainsi que la cartouche en 3D que l’on peut visualiser. Soit quelque chose de gadget dans le fond, d’autant que, malheureusement, cette notice n’est même pas traduite en français… Alors certes, il y a toujours possibilité de traduire instantanément en prenant une photo et en utilisant Google Lens, mais franchement, une traduction directe aurait été largement bienvenue.
Pour le reste de ces fameux bonus, vous aurez la présence de toute la soundtrack du jeu. Vous pouvez écouter une quinzaine de pistes au total, incluant « Get Wild » et donc le générique français Nicky Larson, de quoi mettre de la musique en fond pour passer un bon moment. Notez enfin qu’une galerie d’images est aussi à disposition sur cette ressortie. Principalement, vous allez pouvoir zieuter des images du manga éponyme, et une ancienne notice du jeu original sorti sur PC Engine, en 1990, plus précisément. Des petits bonus qui font plaisir certes, mais on aurait aimé un peu plus que ça.
Dans les autres nouveautés que l’on peut remarquer dans cette version remastérisée de City Hunter, sachez qu’il y a la possibilité de changer le mode d’affichage. En plus de pouvoir ajouter un petit filtre CRT style vieille TV cathodique, vous pouvez aussi à votre guise changer l’affichage du jeu. Entre natif, écran large, pixel perfect ou 4/3, vous pouvez personnaliser votre expérience de jeu. Carton rouge par contre sur le mode écran large, qui rend l’affichage étiré au maximum, et qui est à notre sens des plus ratés. À choisir, les trois autres options offrent un confort de jeu optimal, pour une ressortie finalement assez soignée pour un jeu de 1990. Le mode pixel perfect embelli d’ailleurs les cinématiques et le visuel au global. Qui plus est, s’il y a du recyclage sur les quatre niveaux disponibles, force est de constater que le soft n’est pas si ridicule techniquement pour l’époque. Il faut croire que les petits gars de Sunsoft avaient la volonté de respecter religieusement l’esprit de City Hunter, et ça fonctionne. Soit dit en passant, notez qu’il y a trois modes de jeu avec amélioré, original et difficile.
Le premier est une version améliorant le comportement des ennemis, et surtout la maniabilité. Et après avoir testé longuement la version originale, il faut dire qu’à part quelques légères retouches sur la hitbox ou la réactivité globale, les différences avec le mode amélioré sont assez minimes. Enfin, le mode difficile est juste un mode avec des ennemis plus costauds et faisant plus mal. À savoir qu’il y a bien un système de mot de passe, mais il ne sert à rien. En effet, vous pouvez sélectionner le niveau que vous voulez, et sauvegarder votre progression d’une autre façon. Par contre, si vous mourrez, sachez que vous pouvez recommencer le niveau, mais avec votre progression intacte. Une manière de ne pas frustrer les joueurs, peu habitués aux jeux de l’époque, mais laissant les autres sur le bord de la route… On sent toutefois que l’équipe de Red Art Games a eu le côté émulateur un peu trop facile à notre goût, avec la faculté de pouvoir « rembobiner » les niveaux si besoin, et cela fait un peu tache.
Nicky Larson ne craint personne

Maintenant que les améliorations ont été passées au crible, que vaut vraiment le jeu aujourd’hui ? Pour être honnête, nous restons clairement sur un jeu traditionnel de l’époque. Grosso modo, on incarne Nicky Larson dans une aventure où notre héros doit dans le premier niveau retrouver un certain Olivier mystérieusement disparu, jusqu’à ce que l’on découvre les agissements peu recommandables d’une mégacorporation. Rien de transcendant dans l’histoire, c’est un peu comme si l’on suivait finalement un épisode de Nicky Larson (ou City Hunter pour ceux qui préfèrent l’appeler comme ça).
Concernant le gameplay, on ne s’attend pas à des fulgurances pour un titre sorti sur PC Engine. Soit la possibilité de courir, sauter, tirer, changer d’armes que l’on trouve en progressant et en parlant aux personnages, puis une touche directionnelle du haut pour monter les escaliers ou franchir les portes. C’est forcément ultra-limité sur la jouabilité, et sachez d’ores et déjà que le jeu est super court, le bougre ne dépassant pas l’heure et demie de jeu dans son mode original (le mode normal). Les puristes voudront peut-être réessayer le titre en mode difficile, mais honnêtement, l’intérêt d’y revenir est moindre.
Par ailleurs, la boucle de gameplay dans les niveaux sera à chaque fois identique. Nicky Larson devra dézinguer les ennemis sur son passage à l’aide de son fameux magnum ou des autres pétoires qu’il trouvera sur son chemin en parlant à des protagonistes (bazooka, pistolet laser, missiles téléguidés). Puis, pendant que vous vaporisez vos adversaires sur votre chemin, vous devrez fouiller tous les niveaux en allant de porte en porte, et ainsi parler à des personnages spécifiques. Ces derniers vous donneront une clé ou un passe-partout pour accéder à d’autres portes auparavant bloquées, ou bien parler à d’autres personnages pour débloquer des dialogues précis, et avancer dans le jeu.
Vous l’aurez compris, c’est hyper répétitif dans le fond, parfois labyrinthique pour gonfler la durée de vie, et sachez que la finalité des niveaux de City Hunter sera presque toujours sur un toit (sauf le dernier niveau) où vous devrez affronter un boss. La technique sera juste de bourriner la touche de tir en évitant ses attaques, et en espérant ne pas mourir bêtement. Le jeu est pourtant plaisant au début, mais vite lassant sur la fin vu que l’on passe les trois quarts du temps à faire la même chose. Le tout avec une hitbox agaçante et des ennemis qui vous foncent dessus comme des bourrins, vous faisant perdre la vie injustement comme les quelques pièges, de temps en temps vicieux.
Au moins, mis à part une bande-son quand même sympathique mais tapant vite sur le système avec une boucle qui se répète sans cesse, le fan service n’est pas délaissé. Nicky Larson étant évidemment un gros pervers, ce dernier pourra récupérer de la santé en allant dans une pièce spécifique avec une infirmière, ou bien en se trompant de portes. Autrement dit, si vous arrivez dans une pièce avec une dame fort dévêtue, non seulement vous serez traité de gros pervers (logique en somme), mais en plus vous regagnerez de la vie. Les développeurs de l’époque ont à minima conservé l’esprit déplacé légendaire de Nicky Larson.
Le seul jeu City Hunter existant était pour le moins correct, sans non plus marquer les esprits. Bien qu’il y ait des mécaniques de jeu qui jouent bien sûr le fan service à fond, il faut dire que cette ressortie de la mouture PC Engine de City Hunter est juste là pour avant tout faire vibrer les cordes nostalgiques des fans du manga. Car avec sa durée de vie rikiki et son gameplay plaisant au début mais tournant vite en rond en plus d’être parfois frustrant, il faut dire que ce jeu City Hunter est juste convenable, sans casser des briques. Et concrètement, ce ne seront pas les quelques améliorations qui sauveront les meubles, ces derniers étant très minimes comme les bonus. Certes, ils ont le mérite d’être là, mais cela reste anecdotique. On ne boudera pas notre plaisir cependant avec le générique français de Nicky Larson présent dans les menus. Maintenant, au-delà de ça, 24.99 € pour quelques ajouts en vrac et un jeu assez court, ça fait un peu mal. D’ailleurs, dites-vous que ce n’est pas le pire, le soft étant vendu entre 40 et 70 € dans sa version boite et collector.











