Psikyo Shooting Stars Alpha : Présentation de cette compilation rétro

Psikyo c’est un nom qui ne vous dit probablement pas grand-chose, pourtant sachez qu’il s’agit d’un studio qui a développé quelques-uns des plus gros Shoot’em’up que les bornes d’arcade aient porté dans les années 90. Enfin, nous parlerons évidemment au passé, car l’entreprise a mis la clé sous la porte en 2005. Depuis, ses titres les plus connus n’ont pas cessé de vivre, et ont eu droit à un paquet de portages en tout genre. Le dernier en date se nomme Psikyo Shooting Stars Alpha, une compilation regroupant six jeux qui ne sont très jeunes. Le tout arrivait le 24 janvier sur nos Nintendo Switch grâce au concours de NIS America, et sera suivi le 21 février par une seconde compilation sous-titrée Bravo.

Six jeux, quatre ambiances

Psikyo Shooting Stars Alpha

Psikyo Shooting Stars Alpha ne pèse pas très lourd : 640 Mo pour être plus précis. Cela ne l’empêche pas d’être proposé à 39,99 euros sur l’eShop. Un tarif que beaucoup décriront comme excessif, pour une compilation de jeux d’arcade qui ont, avouons le, beaucoup vieilli. Au-delà de ça, cette compilation propose six softs, dont trois d’anthologie, un excellent, un tout à fait surprenant, et un sympathique mais vite oublié.

Si cette description ne vous fait guère envie, c’est probablement que vous n’êtes guère fan de Shoot’em’up, un genre en déclin, dont on ne cesse de porter les vieux hits pour qu’il ne disparaisse pas du paysage. Quoique, désormais, ce soit plutôt du coté de l’indépendant qu’il faille se tourner pour toucher à de la qualité (on pense notamment à l’exceptionnel Cuphead), ou vers des entreprises nippones méconnues de l’Occident, dont les titres passent le plus souvent inaperçus par chez nous.

Premier jeu de cette collection, Strikers 1945 est accompagné de ses deux suites. Si vous avez été un gros consommateur de jeux de shoot sur bornes d’arcades au cours des années 90, et peut-être même un peu après ça, alors il est fort probable que l’un d’entre eux (si ce ne sont les trois) soit déjà passé entre vos mains. Avec un nom pareil, inutile de vous préciser que la série s’inscrit dans un univers plus ou moins réaliste, dans lequel la Seconde Guerre mondiale n’est pas tout à fait terminée.

Compliqués, ces trois titres n’en demeurent pas moins exceptionnels. On retiendra en grande partie leur contenu, puisque outre des durées de vies respectables et suffisamment de niveaux de difficulté, ce ne sont pas moins de six avions différents qui sont proposés dans les deux premiers opus, contre cinq dans le troisième. Plutôt rudimentaires dans le genre, les Strikers 1945 sont néanmoins de véritables références, à n’en point douter.

Le second titre à noter est un certain Dragon Blaze. Là encore, on reste sur du scrolling vertical, et la recette ressemble à s’y méprendre à celle des Strikers. À la différence près que l’univers n’a rien à voir, plus orienté fantasy, et proposant cette fois-ci de délaisser les avions de chasse au profit de dragons. Ces derniers sont au nombre de quatre, et l’on remarquera la présence de leur chevalier, dont la voix peut être entendue par dessus la sympathique bande sonore. S’il n’est pas le plus connu du catalogue de Psikyo, il n’en demeure pas moins l’une des meilleures pioches. Principalement grâce à son univers coloré et original, mais aussi à son challenge très corsé !

Vient ensuite Sol Divide : Sword of Darkness. Un titre qui tentait d’innover, à la fin des années 90, en proposant, un scrolling horizontal, ainsi qu’un scénario. Ce dernier est, inutile de le préciser vu le format, assez convenu, pour ne pas dire anecdotique. En terme de gameplay pur, il propose néanmoins quelques spécificités notables, comme l’ajout d’attaques au corps-à-corps ainsi que d’une barre de vie.

Moins difficile que les autres productions de chez Psikyo, il est aussi, on peut le dire, moins bon. La faute à une certaine lenteur, à un univers orienté heroic-fantasy qui n’est pas du meilleur goût, et à des graphismes se voulant nouveaux pour l’époque, mais ayant diablement vieilli. En bref, Sol Divide est sans aucun doute le titre que l’on oubliera le plus rapidement de cette compilation. C’est bien dommage, parce qu’il n’est pas désagréable de découvrir un scénario au cœur d’un Shoot’em’up, genre en étant trop souvent dénué.

Pour finir, Zero Gunner 2 est un Shoot’em’up qui a fait les beaux jours (si l’on peut dire) de la Sega Dreamcast. Une console très vite oubliée, comme ce jeu malheureusement, à qui Ikaruga ou encore Rez ne manquèrent pas de faire de l’ombre. Pourtant, le titre propose un concept plutôt original, avec un scrolling qui change constamment de sens, le gameplay contraignant par conséquent à choisir l’orientation de notre hélicoptère de combat.

Pas facile, dans un premier temps, de faire attention à son angle de tir ainsi qu’aux projectiles ennemis. Mais une fois bien en main, le titre est tout simplement jouissif, et a plutôt bien vieilli, en dépit de graphismes en 3D parfois un peu hésitants. Reste que son univers SF est tout à fait plaisant. On regrettera néanmoins, dix-neuf ans après sa sortie, la présence de seulement trois hélicos…

Notre avis en peu de mots

Retrouver les trois épisodes de l’excellente série Strikers 1945 sur une console mobile est un véritable délice, même plus de vingt ans après leur parution initiale. Découvrir (ou redécouvrir) les deux excellents Zero Gunner 2 et Dragon Blaze ne peut qu’enchanter les amoureux du genre Shoot’em’up. Quant à Sol Divide : Sword of Darkness, difficile de comprendre pourquoi c’est ce jeu plutôt qu’un autre qui a pris la sixième place dans cette compilation, mais il demeure pour autant une expérience sympathique.

Par ailleurs, comme tout portage de l’arcade vers une console, les options intègrent la possibilité de grossir son nombre de vies, afin de profiter au mieux de ces titres, sans devoir recommencer sans cesse de zéro. En sus, la présence d’un multijoueur est un gros plus.

Cela étant dit, Psikyo Shooting Stars Alpha n’est pas une excellente pioche, et il est difficile de comprendre son intérêt. Certes, les jeux sont bons, et ont tout à fait leur place dans le catalogue de la Nintendo Switch, aux cotés d’autres grands classiques de l’arcade. Néanmoins, le tarif pratiqué (39,99 euros on le rappelle) est objectivement excessif pour cette compilation qui ne regroupe que six petits jeux, ayant tous pris un coup de vieux de surcroît. D’autant qu’un certain Ikaruga, référence ultime dans le genre, est proposé sur l’eShop à seulement 14,99 euros, et vaut cent fois plus le coup ; idem pour Sine Mora, vendu quant à lui le double.

On ne saura donc que trop vous conseiller d’attendre une baisse significative de tarif avant de faire chauffer votre porte-monnaie, pour cette compilation qui demeure intéressante, à condition d’apprécier le Shoot old school.

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