Pour le co-fondateur de Xbox, c’est le début de la fin suite à la nomination d’Asha Sharma en tant que PDG
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Rédigé par Jordan
On a tendance à trop vite enterrer certaines entreprises dans ce milieu, même dans une industrie qui enchaîne les fermetures à tour de bras. Pourtant, Seamus Blackley, co-fondateur de Xbox (il a quitté l’entreprise en 2002), pense qu’il faut déjà se préparer à voir la marque déperrir au cours des prochaines années, la faute à un changement de direction qui veut dire beaucoup.
La peau de l’ours, tout ça
Dans une interview chez GamesBeat, Seamus Blackley a livré son avis sur la nomination d’Asha Sharma à la tête de Xbox. Il pense, comme beaucoup, que le fait d’avoir nommé quelqu’un qui a dirigé une section IA et qui n’a pas d’autre expérience dans l’industrie veut dire beaucoup sur le souhait de Microsoft, ou plutôt sur celui de Satya Nadella, qui a toujours été un fervent défenseur de la technologie.
« Satya Nadella a pris des risques considérables et investi des sommes colossales dans la transformation du modèle d’avenir de l’IA. Xbox, comme beaucoup d’entreprises dont le cœur de métier n’est pas l’IA, est en train de disparaître. Ils ne le disent pas ouvertement, mais c’est pourtant la réalité. Je m’attends à ce que la nouvelle PDG, Asha Sharma, joue un rôle de docteur en soins palliatifs, accompagnant Xbox vers une fin de vie paisible […] Il existe une conviction fondamentale, que l’on retrouve dans les propos de Satya : l’IA va absorber les jeux vidéo comme elle absorbera tout le reste. »
Lorsqu’on lui demande s’il pense que Microsoft s’apprête à faire « une SEGA » en se retirant du marché des consoles, il répond :
« Je pense que les règles ont changé. Il est crucial de comprendre Microsoft et l’ampleur de cet investissement. C’est un pari financier et stratégique sans précédent dans le domaine de l’IA, un pari d’une ampleur historique pour une entreprise. Rien à voir avec Sega qui cherche à se retirer discrètement. Microsoft tente de repenser entièrement notre rapport à la technologie. Pour y parvenir, ils ont misé sur les modèles d’IA générative. Ils veulent tout intégrer dans un modèle d’IA générative. […] Tout est un problème d’IA générative. Les jeux vidéo, bien sûr, en sont un. C’est pourquoi je trouve cette stratégie parfaitement logique. Si vous êtes Satya, vous avez un marteau appelé IA générative et chaque problème est un clou. Alors, à qui confier la responsabilité des jeux ? Un spécialiste du jeu vidéo ? Non, car dans l’univers de Satya, tout est un problème d’IA générative. On confie donc la gestion des jeux à une spécialiste en IA générative, dotée d’un modèle d’entraînement et de formations intensives pour la former comme on forme un modèle d’IA, afin de permettre à l’IA générative de révolutionner le jeu vidéo. »
Rappelons qu’en dehors de son passage chez Microsoft CoreAI, Asha Sharma a travaillé chez Instacart, une entreprise qui n’avait là aussi rien à voir avec le jeu vidéo (livraison alimentaire), mais la nouvelle PDG a obtenu de très bons résultats en relevant les finances du groupe. Ce qui pourrait aussi être une des raisons pour lesquelles elle a été choisie, même si, naturellement, on se penchera davantage sur son précédent poste chez Microsoft qui a de quoi légitimement inquiéter, et c’est là tout le discours de Seamus Blackley.
On sera en revanche moins d’accord avec ce qu’il a à dire sur la passion, ou l’absence de passion, qu’Asha Sharma possède pour le jeu vidéo, tant il existe bien d’autres PDG de grands groupes qui ne jouent pas et qui obtiennent d’excellents résultats :
« Si je lui parlais, je lui dirais : « Écoute, si tu n’es pas vraiment passionnée par les jeux vidéo, ou si tu n’arrives pas à développer cette passion, alors tu devrais trouver un moyen de quitter ce travail rapidement. Tu ne devrais pas le faire. Parce que c’est plus difficile que tu ne le penses. Tu es une personne très intelligente qui a accompli beaucoup de choses dans ta carrière. Tu vas penser que je me trompe, mais tu te rendras compte que j’ai raison. L’histoire regorge de personnes extrêmement brillantes dans le secteur du jeu vidéo qui se sont heurtées à ce mur. » »
Asha Sharma devrait encore polariser les avis jusqu’à sa première action concrète, qui est particulièrement attendue au tournant et qui donnera un indice sur la manière dont Xbox va évoluer ces prochaines années.
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