Origin Story #5 : Nathan Drake, l’aventurier des temps modernes !

Des balles qui fusent, des montagnes à gravir, des temples à explorer, et des hordes d’ennemis à dessouder : tel est le quotidien du héros qui nous intéresse aujourd’hui. Depuis sa première apparition en 2007 sur Playstation 3, Nathan Drake a fait son petit bout de chemin pour venir s’ancrer dans le cœur des joueurs.

Avec le premier épisode de cette chronique dédié à Lara Croft, il fallait bien un jour ou l’autre s’attarder sur son pendant masculin, Nathan Drake. Tous deux issus des mêmes inspirations et de la même culture, il faut bien avouer que malgré une concurrence rude, ils ont su apporter un renouveau aux jeux d’aventures/exploration, en dépoussiérant de vieux codes qui en avaient bien besoin.

Un solide studio aux commandes !

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C’est donc le studio Naughty Dog, désormais célèbre, qui décida de partir pour de nouveaux horizons avec la PlayStation 3 de Sony. Auparavant habituée aux Crash Bandicoot ou encore aux très connus Jak and Dexter, la firme a désiré s’ouvrir à de nouvelles ambitions avec une console plus puissante et plus novatrice. Ainsi, fini les ambiances colorées et les personnages mignons pour partir sur une histoire réaliste, mettant en scène des personnages hauts en couleur.

Il a été décidé très tôt de partir sur un jeu d’aventure, car comme cité plus haut, l’équipe de développement s’inspira fortement des jeux Tomb Raider de l’époque. Visée automatique, escalade en chaîne et découverte de trésors mystérieux : la recette était plus que séduisante. Pour que ce futur titre ne soit pas considéré comme une simple copie de la belle héroïne anglaise, il a été décidé de prendre un contrepied évident : créer un héros masculin… américain !

Ainsi, la création du Nathan Drake que nous connaissons débuta. Techniquement, ce n’est qu’après de lourdes modifications et de nombreux essais que ce dernier vit le jour. Plutôt jeune et insolent au début, l’équipe décida de le rendre plus mûr et plus âgé par la suite. Il faut dire que l’équipe a puisé ses inspirations dans de nombreuses œuvres. Si Indiana Jones est une référence évidente, le studio s’est également tourné vers le Comics « Doc Savage » ou encore vers la BD « Tintin ». Eh oui !

Avant de valider le prénom « Nathan », l’équipe s’était penchée sur « Ethan », « Samuel » ou encore « John ».

Côté tempérament, le studio a avoué s’être inspiré de Johnny Knoxville pour son caractère malicieux et un brin insolent. Ce sont finalement tous ces éléments mélangés qui formèrent la base du personnage que nous connaissons aujourd’hui.

L’objectif était simple : faire de ce futur héros un « Monsieur tout le monde », afin de couper court aux divers stéréotypes véhiculés. En effet, point besoin d’un héros bodybuildé et dopé aux hormones pour attirer les faveurs du public : être attachant et avoir des principes suffit amplement. Ainsi est né Nathan Drake (de son vrai nom Nathan Morgan).

Il est curieux de voir à quel point la création de Nate a impacté le développement même du jeu. Afin de coller un peu plus à son esprit de « jeune héros impulsif », le studio décida d’abandonner des mécaniques brouillonnes, comme la visée automatique durant les joutes pour les remplacer par des séquences plus vivantes et plus immersives. De plus, c’est l’élaboration de Nathan qui donna le ton aux autres protagonistes, comme Elena ou Sully.

Un humain avant d’être un héros !

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Le caractère désuet ainsi que le côté sensible de Nathan Drake étaient donc primordiaux pour Naughty Dog. C’est également pour cette raison que les différentes tenues vestimentaires des différents protagonistes sont plutôt banales et repoussent l’excentricité : c’est avant tout pour donner libre court au côté humain des héros.

En effet, sans artifices, ne reste plus que les dialogues et les émotions du visage via la motion capture. Ce sont sur ces aspects-là que les jeux ont étés pensés, et le quatrième opus « A Thief’s End » démontre admirablement le travail effectué par les acteurs et les doubleurs.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que Nolan North, l’acteur et doubleur V.O. de Nathan, a grandement participé à forger le personnage. Il n’hésitait pas à rajouter des lignes de textes, des interjections et autres mimiques de langages qui n’étaient pas prévues à la base, le tout afin de rendre la retranscription de Nathan plus vivante et plus crédible.

Dans le premier opus, Elena Fisher (future femme de Nathan), décide de le suivre pour réaliser un reportage intitulé : Uncharted ! C’est de là que vient le nom de la saga.

Le studio, séduit par cette initiative, laissa à Nolan de plus en plus de liberté afin de travailler le caractère de l’aventurier. Du côté français, c’est Bruno Choël, la voix de Johnny Depp, entre autres, qui a lui aussi réussi à s’approprier le personnage de façon magistrale. Outre le jeu vidéo, il est à noter que Nathan est également le héros d’un comic ainsi que d’un roman Uncharted !

Ce sont tout autant d’éléments, importants comme anodins, qui ont permis d’élaborer un héros aussi naturel et aussi intéressant. Vadrouillant aux quatre coins du globe à la recherche de trésors et de secrets : il aura su nous charmer et nous embarquer avec lui dans ses folles péripéties, et ce jusqu’aux derniers moments, où il décidera de prendre sa retraite pour fonder une famille.

Le résultat est donc là : Nathan Drake fait partie de ces héros très humains, auxquels on s’attache facilement et qui séduisent les joueuses et joueurs. Quelque part, la saga des Uncharted, par le biais de son héros, est parvenue à nous replonger en enfance, lorsque nous rêvions de chasse aux trésors, de temples secrets ou de reliques mystérieuses. Malgré une carrière plutôt courte, c’est tout un pan de vie, d’enfant à adulte, que nous aurons passé à côté de cet Indiana Jones des temps modernes. Dans un désir de revisiter d’anciens codes d’aventures ayant pris quelques peu la poussière au fil des années, il aura réussi le pari, avec d’autres, d’émerveiller et de toujours pousser plus loin la narration et l’immersion au sein d’un jeu vidéo. Si, entre univers vidéoludique et cinéma, il n’y a qu’un pas, force est d’admettre que Nathan Drake a su parfaitement se positionner entre ces deux genres. Il est également la preuve, avec Lara Croft, que les stéréotypes tombent peu à peu, et qu’il n’y a pas besoin de sexualiser un genre pour séduire le public. Vibrer, s’émerveiller et explorer est à la portée de tous, petits et grands : après tout, il n’y a pas d’âge pour rêver d’aventure !

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