Origin Story #3 : Sonic le Hérisson, parcours d’une icône déchue !

Avec la sortie récente de Sonic Forces (qui n’a malheureusement pas été à la hauteur des attentes), nous revenons ce mois-ci sur l’histoire vidéoludique de Sonic the Hedgehog. Retour sur le parcours d’une star des années 90 !

À l’origine héros iconique de la scène vidéoludique, Sonic the Hedgehog, mascotte des années 90 de la firme SEGA, a longtemps mené la vie dure à Nintendo et son plombier ventripotent. Aujourd’hui tristement relayé au rang de star déchue ayant loupé son passage vers la sacro-sainte 3D, notre petit hérisson peine à revenir sur le devant des projecteurs. Si Sonic Mania représente cet espoir de revoir l’icône supersonique sur le devant de la scène, il faut bien avouer que les fans demeurent difficiles à convaincre.

Nintendo pour les enfants, SEGA pour les ados !

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Ce n’est pas nouveau, mais la lutte des firmes pour tenter de tacler la concurrence ne date pas d’hier. Après l’éreintant crack de 1983, qui a failli voir la fin du jeu vidéo, beaucoup de monde ne jurait que par le sauveur : Nintendo ! Ayant réussi à remettre cette industrie naissante à flot (notamment en occident), Big N possédait alors le quasi-monopole du secteur, malgré quelques concurrents traînants la patte, de-ci de-là.

Avant de lancer la Master System que nous connaissons, SEGA était déjà en proie à la concurrence avec la firme de Kyoto. En effet, la Famicom de Nintendo (NES en occident) avait déjà pris le pas sur les modèles SG-1000, SG-1000 II et Sega Mark III de SEGA. La Master System marquera véritablement le début de l’affrontement en Europe et aux Etats-Unis des deux constructeurs. Pourtant, même avec cette console puissante (pour l’époque), SEGA ne parvient pas à surpasser la popularité de Mario, le champion adverse. C’est alors qu’une idée naît : c’est une mascotte qu’il manque à la firme !

Sonic parviendra très vite à conquérir le cœur des joueurs !

Alex Kidd sera un des précurseurs de cette tentative de séduction auprès du public, mais il sera jugé trop enfantin. C’est alors que la décision est prise : « si les joueurs ne veulent pas d’un enfant, nous allons leur donner de l’adolescent ! ». Ni une, ni deux, le casting débute au sein des locaux et il faut savoir qu’avant de valider le hérisson bleu que nous connaissons tous, Sonic a bien failli être un chien, un tatou, et le plus connu : un lapin ! C’est finalement le hérisson bleu qui sera choisi, et qui marquera le début de l’affrontement grandeur nature entre Nintendo et SEGA.

Le plombier moustachu bedonnant face au hérisson ultra-rapide… Cette différence de ton, mais aussi de rythme, se démarqua également de la puissance des consoles que les constructeurs vendaient à l’époque. En effet, si Nintendo proposait un Mario plutôt lent, demandant patience et rigueur pour progresser au sein de l’aventure, alors SEGA proposait l’inverse : un jeu au défilement horizontal impressionnant pour l’époque, avec un héros charismatique, une OST absolument démente et des combats de boss très nerveux et dynamiques. Bref, il y avait là deux discours : le patient contre l’insolent !

 Rien ne sert de courir, il faut partir à point !

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Avant de voir un joyeux partenariat entre les deux compères, il faut bien comprendre que le second (Sonic) a été créé dans l’unique but de détrôner le premier (Mario). Opposant certes deux visions, deux approches et deux philosophies différentes, les petits du gars du marketing savaient à l’époque que cette guerre du meilleur devait être livrée dans les cours d’écoles.

En effet, les parents prêtant peu attention au média dans ces années-là (sauf les geeks de l’époque, nos pères et mères à tous), c’était bien les enfants et les pré-ados qui avaient à cœur de défendre leurs convictions. Même si nous savons aujourd’hui que nous nous sommes fait avoir par un pôle marketing balbutiant, mais déjà efficace, les faits sont là : c’est un accouchement sans douleur pour le petit hérisson bleu !

Si l’enfance se passe sans encombres, c’est bien lors de sa crise d’ado que Sonic va commencer à décliner. En pleine introspection existentielle et spirituelle pour continuer de séduire son public, force est d’admettre que son passage à la 3D, bien mieux abordé par son rival en casquette rouge, lui portera un solide coup sous la ceinture. Changeant de look, de recettes, de mécaniques de gameplay et j’en passe : plus rien ne semble sourire à cet enfant star.

Changeant de mécaniques comme de chemises, les années 2000 seront un calvaire pour le hérisson bleu !

Bug de collisions faramineux, pompage des codes d’autres titres concurrents et passage de jeu de plateforme en jeu de puzzle, flipper et autre… Autant d’essais/erreurs qui deviennent de plus en plus délicats de pardonner, malgré quelques titres, çà et là, qui sans être mauvais, ne réinventent pas non plus la poudre.

Les joueurs sentent bien que quelque chose ne va pas. Pour tout dire, il ont fui avant les grandes tempêtes que représente le Sonic de 2006, ses mésaventures avec le chevalier noir ou encore sa rencontre avec son « lui » du passé. Bref, les années 2000 (et presque 2010) sont une traversée du désert compliquée pour le héros, qui continue de décevoir en refusant de grandir : un adolescent jusqu’au bout des ongles !

L’arrivée presque indigeste de nouveaux personnages n’arrangea pas la situation. Certes, je pense à Shadow, qui s’est solidement ancré dans la saga, grâce à sa « coolitude ». Cependant, c’est un des rares qui avait de quoi nourrir un background beaucoup plus profond, et qui au final tomba dans les mêmes abysses de l’oubli que les autres (et je vous assure que ça me fait mal d’écrire ça).

Toujours ancré dans le cœur des joueurs, et toujours aimé de ces derniers, Sonic a pu compter sur le soutien de ces fans, pourtant malmenés, car ce sont eux, aux travers des nombreux fan-games bien souvent de meilleures qualités que les épisodes originaux, que son aura a pu survivre. Une bouffée d’oxygène créatrice, comme un appel aux développeurs pour leur dire : « Hé, nous sommes encore là, ne nous laissez pas tomber ! ». Et c’est un appel qui semble avoir été entendu !

Un nouvel espoir !

pilote-biographx-2-la-folle-histoire-de-sonic-le-herissonC’est dans les traits de Sonic Mania que réside encore l’espoir de revoir le hérisson bleu sous le feu des projecteurs. Un peu comme si l’épisode 4 n’avait jamais existé, Sonic Mania déboule, tambours battants, sous une pluie de nostalgie destinée aux joueuses et joueurs.

Techniquement réussi, avec une direction artistique reprenant traits pour traits les premiers épisodes et une OST absolument sublime : Sonic Mania n’invente rien, mais regarde plutôt en arrière, là où le héros de SEGA avait laissé ses fans, quelques 20 ans auparavant. Pourtant, et au vu des bons retours de ces derniers : il reste un espoir.

SEGA ne doit surtout pas oublier que les futurs titres auront 20 ans de galère à gommer !

Cet espoir se manifestait sous les traits de Sonic Forces. Malheureusement de piètre qualité, celui-ci n’a pas réussi à rassurer les fans quant à l’avenir de la licence. Le bon accueil de Sonic Mania ne vaut guerre grand chose face à cette déception et à celles passées. Pour prouver que ce retour est possible, il faut que SEGA (Amazing SEGA, bientôt) reprenne solidement les rennes et propose de véritables nouvelles choses. Lorsque l’on y pense, les fans ne sont pas réticents avec le changement, ils veulent une chose toute bête : des jeux « propres », techniquement travaillés et avec un concept solide derrière.

Car si les mauvais opus passés sentaient le réchauffé et le bâclé, SEGA ne doit pas oublier que ceux qui arriveront dans le futur auront la lourde tâche de gommer 20 ans de galère. Difficile, mais pas impossible !

Sonic le Hérisson est un personnage intéressant de la culture vidéoludique. Il fait partie de nous, et a permis de montrer que le jeu vidéo pouvait s’adapter aux enfants, comme aux ados, et bien sûr aux adultes. Il a su exploiter la totale puissance des machines de l’époque, et a inspiré bon nombre de développeurs. Un level-design aux petits oignons, des combats dynamiques et nerveux ainsi qu’une aura inimitable : c’est un héros, un vrai de vrai ! Malgré ses nombreux dérapages, il continue d’exister dans le cœur des fans qui pardonnent (trop facilement ?), mais qui, plus que tout, ne veulent pas qu’il tombe dans l’oubli. Et au final, c’est tout ce qui importe : les légendes se forgent par le biais de ceux qui la racontent !