Le Meuble à Jeux #62 : Last Heroes

Le Meuble à Jeux #62 : Last Heroes

Aujourd’hui, dans le Meuble à Jeux, nous prenons la direction d’un univers semi-coopératif original avec Last Heroes.

Après un détour un peu particulier par Gobi dans notre numéro de ce lundi, le Meuble à Jeux va partir dans une toute autre direction. En effet, nous allons partir du côté de l’éditeur Ludonaute afin de poser les yeux sur l’un des leurs derniers jeux de l’année 2018 : Last Heroes. Quelque peu énigmatique, ce titre se veut être de type gestion de main, avec des cartes, et coopératif sous la contrainte. Comprenez qu’il s’agit du genre de jeu où vous devez tous vous entraider mais il n’y aura quand même qu’un seul vainqueur. Logique un peu frustrante mais toujours aussi intéressante puisqu’il faudra redoubler d’effort pour terminer la partie en étant le grand gagnant !

Sorti tout droit de l’imaginaire d’Eric Jumel et illustré par Romain Gaschet, Last Heroes est un jeu de cartes où il s’agira de gérer votre main tout en essayant d’obtenir le plus de trophées possibles. Bien entendu, tuer des monstres et récupérer des artéfacts ne sera pas aussi simple qu’il n’y paraît car bien que chacun devra coopérer avec les autres pour atteindre le but commun de tuer l’ennemi, il s’agira d’une aventure solitaire où chacun devra tenter d’amasser le plus gros butin possible !

Simple et surprenant à la fois

Last Heroes

La première chose à savoir avec Last Heroes, c’est qu’il va falloir mettre une stratégie en place dès le premier tour. Bien que la durée de chaque partie soit estimée à une quarantaine de minutes, seulement dix tours seront alloués à votre équipe pour terminer la partie. Forcément, récupérer les cinq artéfacts disponibles en moins de tours fera se terminer la partie plus rapidement. Dès lors, vous comprendrez aisément qu’il est nécessaire d’opter pour une stratégie nette et précise à appliquer dès le lancement du premier tour.

Pas question de flemmarder puisqu’il sera question de récupérer cinq artefacts des monstres qui vous assiègent. Dans la boîte se trouvent six artéfacts, ce qui vous permet de varier les plaisirs entre deux parties si vous désirez changer l’un de ces derniers. Chacun ayant son utilité, vous pourrez jongler avec « Joker », servant à gagner une munition joker, « Echange », servant à échanger une carte de votre main avec une carte au choix de la défausse, « Impact », augmentant la puissance de vos coups, « Immunité », servant à vous éviter toute perte de points, « Recharge », qui recharge votre arme et « Adrénaline », qui permet d’attaquer deux monstres au lieu d’un. Sachant que chaque pouvoir ne peut être utilisé qu’une fois par partie, cela permet également d’ajouter un peu de piquant à l’aventure.

Chaque tour est assez simple puisque chaque joueur va devoir jouer une carte. Vous devrez décider d’utiliser cette dernière pour charger votre arme ou mettre cette munition à disposition. Faire cela vous permettra de récolter de nouvelles munitions par la suite. Cette technique peut paraître obsolète mais se révèlera vite utile puisque certains monstres ne sont vulnérables que face à certaines munitions, de quoi frustrer ceux qui ne possèdent pas les bonnes. S’en suit alors la phase d’affrontement où chaque joueur devra se lancer à l’assaut de l’un des monstres ayant osé sortir du portail. Ayant un certain nombre de « points de vie », il vous faudra user suffisamment de munitions du bon type afin de tuer chaque monstre vous barrant la route vers l’artéfact désiré. Attention, vous devez vaincre votre adversaire en un tour ou cela aura été vain !

Tuer un monstre vous permettra de créer une brèche au sein de la colonne et d’avancer jusqu’au stade suivant tout en affaiblissant celui du rang au-dessus. Bien entendu, les choses ne sont pas si simples et il vous faudra continuer à percer dans la brèche le plus rapidement possible puisque cette dernière ne sera ouverte que durant un tour de jeu complet, après quoi elle se refermera. Il faudra donc combler les vides avec de nouveaux monstres et recommencer, quelle horreur !

Si vous parvenez à percer toute la colonne de monstre jusqu’au lieutenant, vous pourrez alors affronter ce dernier et tenter de récupérer son pouvoir et son artéfact. Meilleur moyen de remporter la partie, obtenir les objets protégés par ces derniers sera beaucoup plus complexe puisque ces derniers sont diablement plus puissants que les petites frappes que vous avez éliminés jusqu’à présent.

Amis, ennemis… un peu des deux ?

Last Heroes

Mais, puisqu’il est compliqué de partir à l’assaut de monstres aussi puissants les mains vides, vous pourrez vous équiper au préalable grâce à la phase de chargement de l’arme. Ouf me direz-vous. Et là où la frustration peut être la plus grande, c’est si vous veniez à tuer le lieutenant d’une colonne alors que la brèche a été créée par quelqu’un d’autre. Certes, vous allez gagner les points relatifs à la mort de la créature mais l’artéfact reviendra à votre collègue. De quoi accentuer l’aspect stratégique et pousser chacun à réfléchir à deux fois avant de mener telle ou telle action. Malheureusement, laisser ce dernier se débrouiller au risque de faire échouer sa percée n’est pas forcément la bonne option non plus puisque cela pourrait causer l’échec de la mission et la défaite du groupe dans sa quête des cinq artéfacts. Choix compliqué n’est-il pas ?

C’est donc la tête pleine de bonnes idées qu’Eric Jumel s’est lancé dans Last Heroes, notamment avec un livret de règles très original qui parvient à gamifier ces dernières tout en offrant une compréhension rapide et assurée de l’ensemble du déroulement de la partie. Avec un Romain Gaschet très inspiré du côté des visuels, on obtient un jeu plutôt beau malgré une qualité des matériaux quelque peu discutable. Quoi qu’il en soit, ça reste agréable à regarder et devrait plaire à pas mal de monde.

Les différentes pièces utilisées pour jouer sont elles aussi plutôt surprenantes et originales, à l’image des chargeurs qui sont le genre de composantes que l’on n’a pas l’habitude de croiser dans chaque boîte de jeu. Cela permet par ailleurs une véritable immersion des joueurs qui se doivent d’utiliser leur chargeur et le remplir comme s’il s’agissait d’un vrai (non, on n’a pas l’impression qu’il s’agisse d’un vrai chargeur d’arme, ne vous emballez pas non plus !)

Même les règles démontrent l’envie d’Eric de renforcer l’originalité du titre, notamment grâce à la manière dont s’allouent les points. En effet, si vous veniez à utiliser les munitions mises à disposition par vos « alliés » (qui sont aussi vos rivaux je vous le rappelle), vous leur feriez gagner des points. Façon plutôt intelligente de pousser la réflexion stratégique à son paroxysme puisqu’il faut alors savamment peser le pour et le contre de faire gagner ou non des points à l’autre, tout en réfléchissant bien au nombre de points que cela pourrait vous rapporter d’utiliser ou non lesdites munitions.

Dès lors, avancer fait progresser vos adversaires et leur avancée vous permet d’en faire de même. Il devient alors prioritaire de réfléchir à quels stratagèmes utiliser pour gagner des points tout en les cantonnant dans une situation de statu quo. Pas simple, certes, mais franchement plaisant !

Pour qui s’adresse Last Heroes ?

Last Heroes

Pour environ une trentaine d’euros, Last Heroes saura amuser les groupes de trois à cinq joueurs dès quatorze ans. Les parties sont assez rythmées et demanderont environ 45 minutes pour se terminer. Proposant une rejouabilité plus que correcte, il s’avère être un jeu intéressant à posséder si l’on veut passer une petite soirée entre amis sur un jeu quelque peu original. Bien entendu, il ne s’agit pas du genre de titre qui ravira tout le monde tant ses mécaniques sont à part.

Petit bémol pour la qualité des pièces qui nous semble un peu en-deçà de ce que nous espérions. Le carton utilisé semble quelque peu fragile et les cartes ne sont en aucun cas renforcées, ces dernières se pliant donc assez rapidement à force de parties qui s’enchaînent. Il est donc dommage de constater qu’à un tel prix, ce genre de petits détails n’aient pas été pris en compte. Malgré tout, ce défaut est vite contrebalancé par les qualités du titre qui répondent présentes. Gros plus pour le livret de règles qui est tout aussi original que le reste et qui nous propose d’apprendre à jouer au travers d’un petit livre aux inspirations BD. De quoi rendre la compréhension des règles ludiques, facilitant la chose par la même occasion.

Enfin, le jeu n’occupe que peu de place malgré la taille des pièces. De quoi permettre de l’emmener en camping, pour peu qu’il ne pleuve pas ou que vous jouiez dans votre tente bien entendu !

Original et rythmé, Last Heroes répond à une certaine demande. Loin d’être réalisé à destination d’un public très large, il saura combler les quelques curieux avides d’expériences uniques. Non pas qu’il s’agisse d’une révolution dans le monde du jeu de société, le titre apporte malgré tout son lot de belles petites idées.

Last Heroes

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