DOOM Eternal – Notre avis sur le portage Switch

DOOM Eternal

Disponible depuis mars dernier sur PC, PlayStation 4, Xbox One et Stadia, DOOM Eternal a une nouvelle fois créé la surprise, après un excellent reboot de la franchise en 2016. Poussant dans ses derniers retranchements la recette initiée par ce dernier, le nouvel épisode de la série de id Software n’a pas déçu grand monde. Si ce n’est les joueurs Switch, qui durent attendre un long moment avant que leur version, pourtant annoncée, finisse par s’illustrer.

Tout est alors allé très vite. L’édition Nintendo Switch de DOOM Eternal se montrait pour la première fois il y a seulement quelques jours, pour une sortie programmée au 8 décembre. Cette mouture aura donc pris son temps avant de nous être délivrée. De quoi faire naître de multiples interrogations quant à sa qualité, les exemples de portages Switch bâclés étant malheureusement plutôt nombreux ! Qu’en est-il manette en main ?

Conditions du test : Nous avons joué près d’une douzaine d’heures au titre sur une Switch classique, principalement en mode TV. Nous avons aussi lancé une courte session sur Switch Lite.

N’est pas DOOM qui veut

DOOM Eternal

Le reboot de la licence en 2016 a surpris à plus d’un titre. D’abord parce que id Software s’était un peu perdu avec DOOM 3, en voulant proposer une recette plus horrifique que de coutume. Le résultat a plu à certains, il est vrai, mais a aussi déçu de nombreux fans de la première heure. Ce n’est pas pour rien si l’on attribue à la licence la démocratisation du FPS. Elle le doit à son gameplay bourrin et surtout vivace, d’aucun dirait intemporel. Le troisième opus perdait tout ce qui faisait le sel de ses prédécesseurs, et devenait en quelque sorte un Survival Horror orienté action.

Quant au DOOM de 2016, il revient aux fondamentaux de la série, à savoir du Fast FPS bourrin comme on l’aime, avec effusions de sang à profusion et des ennemis par centaines. Seule la dimension exploration a finalement disparu des niveaux, désormais plus couloir. Un détail sur lequel revient Eternal, qui s’organise toujours par environnements relativement linéaires, mais cache désormais de nombreux secrets au sein de ceux-ci. Premier exemple des ajouts faisant de cette itération l’ultime épisode de la série.

Mais id Software ne s’est pas contenté de revoir le fonctionnement du monde pour ce nouvel opus. Le gameplay est encore plus fluide, les confrontations encore plus nerveuses, et le feeling des différents outils de destruction encore plus jouissif. En bref, on prend son pied instantanément sur DOOM Eternal, et cette sensation grisante ne disparaît pas avant l’apparition des crédits, une vingtaine d’heures plus tard. Enfin ça, c’est dans le cas où notre cœur, notre matière grise ou les deux, n’ont pas fondu en cours de route !

Bien évidemment, porter une recette pareille sur une console comme la Switch, limitée à bien des égards, n’était pas chose aisée. Il fallait s’attendre à des restrictions techniques, ne serait-ce que pour faire tenir le titre sur une si petite machine et son espace de stockage, minuscule face à la concurrence. DOOM s’en sortait bien en 2017, c’est un fait, mais il était aussi bien moins ambitieux que sa suite. Par ailleurs, on ne compte plus les portages décevants parus depuis, notamment l’exécrable version Switch de The Outer Worlds.

Un portage solide ?

DOOM Eternal

Ne tournons pas autour du pot, DOOM Eternal a évidemment subi de nombreuses modifications pour pouvoir sortir sur Nintendo Switch. Et par modifications, comprenez bien que les limitations techniques ont contraint le développeur à adapter le soft en lui prélevant une partie de son ADN. Autrement dit, en allégeant la charge pesant sur les épaules de la machine hybride de Big N. Et le premier constat, c’est que le résultat est moins beau que ce à quoi nous avait habitué le portage de DOOM, ou bien celui de Wolfenstein II : The New Colossus.

Globalement, les textures sont donc assez pauvres, et accusent parfois un sérieux retard technique. Le titre souffre en outre d’un certain aliasing, et d’un petit clipping dont on se rend surtout compte dans les environnements les plus profonds. On notera par ailleurs différents détails franchement laids, comme les flammes, les explosions ou les résidus de végétation au sol. À bien des égards, nous avons eu l’impression de jouer à une version de DOOM Eternal sur Xbox 360, affublée en outre d’un flou constant.

Enfin, les effusions de sang sont beaucoup plus discrètes, et pas franchement jolies. Même constat au niveau des finish moves, ou glory kills si vous préférez. Ceux-ci sont toujours aussi nombreux, violents et jouissifs… mais ils pâtissent néanmoins d’un rendu beaucoup plus pauvre et souvent moins lisible que ce à quoi nous avait habitué le jeu d’origine. Bref, un downgrade graphique auquel on s’attendait, mais dont le résultat est malgré tout assez décevant. Cela étant, il reste tout à fait possible de passer outre l’aspect visuel désuet.

Parce que les petits gars de chez Panic Button, à qui l’on doit déjà les portages de DOOM et de Wolfenstein II, connaissent bien leur boulot et ont rendu une copie aussi propre qu’elle pouvait l’être. Entendez par là que DOOM Eternal pèse pas moins de 17,5 Go, un poids tout simplement énorme pour une console qui n’embarque nativement qu’une trentaine de Go de stockage, mais assez mince en comparaison de tout ce que contient le titre de id Software. Le résultat est donc limité visuellement, mais brille néanmoins par une fluidité quasiment constante, tournant autour des 30 images par seconde, et un contenu qui n’a pas bougé.

Massacre au Joy-Con

DOOM Eternal

On passe assez rapidement au-dessus du downgrade visuel, au profit d’une action qui reste toujours aussi grisante. Le résultat fait mal aux yeux lorsqu’on le lance pour la première fois sur une TV, c’est un fait, mais on n’y prête plus vraiment attention une fois pris dans le feu de l’action. D’autant que la direction artistique incroyable reste toujours autant impressionnante ici. Quant au mode portable, il est un brin plus joli, mais aussi un poil moins lisible, la faute à une action complètement ahurissante qu’il vaut mieux détailler sur grand écran. Enfin on ne va pas se mentir, jouer à DOOM dans les transports fait quand même son petit effet !

Au niveau de sa prise en main, DOOM Eternal ressemble à s’y méprendre au reboot de la franchise, paru sur Switch il y a trois ans. Ainsi, le résultat est dans l’ensemble aussi plaisant que sur console de salon, bien que l’on pourra une nouvelle fois reprocher aux Joy-Con d’être trop rigides. C’est surtout leurs joysticks à qui l’on finira par en vouloir, puisqu’ils peuvent parfois rendre certaines actions plus compliquées que de nature. On pense par exemple aux phases de plateforme, grosse nouveauté de cet opus, et bien sûr à des arènes au rythme ininterrompu.

Sur Switch Lite, le résultat est un brin plus plaisant à jouer, ce que ce modèle exclusivement portable doit avant tout à son léger gain d’ergonomie vis-à-vis de sa grande sœur. Cela étant, sur TV, nous aurions plutôt tendance à vous conseiller l’utilisation d’une manette Pro, bien plus agréable à prendre en main, et permettant d’aborder sereinement les phases les plus complexes. Mais comme toujours, l’affinité avec les contrôles de cette console un peu particulière dépend de chacun. Ceux qui n’ont eu aucun problème sur la Serious Sam Collection ou la Borderlands Legendary Collection seront en terrain connu ici.

Notez que la bande sonore est toujours un pur régal, autant en mode portable que sur TV. Enfin, en plus d’une campagne d’une vingtaine d’heures très réussie, le titre embarque les deux premiers opus de la série, sortis pendant les années 90, ainsi qu’un mode multijoueur. Ce dernier, bien que loin d’être mauvais en somme, reste cependant anecdotique, et moins fluide que le jeu en solo. Enfin, le développeur a intégré une fonction gyroscopique. Un outil gadget qui ne sert pas à grand-chose sur TV, mais qui peut s’avérer bien pratique en mode portable, puisqu’il permet une précision améliorée… après un temps d’adaptation certain !

En conclusion

On aurait difficilement pu en demander plus à Panic Button, qui est parvenu à faire rentrer tout le contenu du jeu d’origine dans une version allégée sur Switch, se révélant de surcroît relativement fluide. Le downgrade visuel est évident, peut-être plus que ce que l’on attendait. Il est vrai que l’on a souvent eu l’impression de jouer sur Xbox 360, la faute à des textures pauvres et à diverses limitations techniques qui sautent aux yeux lorsque l’on prend son temps. Mais DOOM Eternal ne se prête pas le moins du monde à des promenades de santé. On est sans cesse en mouvement, ça explose dans tous les sens, de quoi nous faire oublier en quelques minutes à peine que l’on joue à une version sacrément moins belle que l’original.

Panic Button nous prouve donc une nouvelle fois ses capacités remarquables. Les coupes que le studio a pratiqué dans les graphismes permettent au titre de id Software de tourner pratiquement sans accroc sur la console hybride de Big N. Et tout le contenu est bien là ! Bien sûr, ceux qui auraient touché au titre sur PC, PS4, One ou Stadia peuvent passer leur chemin d’office, sous peine de ne pouvoir surmonter l’aspect visuel désuet. Mais tout joueur Switch en manque d’hémoglobine peut cependant envisager ce portage, qui n’est certes pas aussi solide que celui du DOOM de 2016, mais conserve malgré tout une bonne partie des qualités de la version console de salon.

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