Activision-Blizzard : Bobby Kotick dans la tourmente, le co-directeur de Treyarch quitte le studio, nouvelles révélations

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Alors que l’on pensait (naïvement) qu’un vent de changement allait arriver chez Activision-Blizzard suite aux poursuites en cours et à la nouvelle politique de tolérance zéro du groupe, les polémiques s’accumulent. Hier soir, le Wall Street Journal a publié une longue enquête qui a permis de faire de nombreuses révélations, plaçant alors Bobby Kotick au cœur de la tourmente, et ce plus que jamais.

Bobby Kotick au coeur de toutes les affaires

Tout d’abord, on apprend que Dan Bunting, co-directeur de Treyarch, vient de quitter Activision. Il était sous le joug d’une nouvelle enquête qui l’accusait de harcèlement sexuel, un incident produit en 2017 avec une jeune employée. Si c’est bien une enquête interne qui a dévoilé cela en 2020, le Wall Street Journal rapporte tout de même que Bobby Kotick, CEO du groupe, n’a pas voulu virer Bunting malgré avoir eu connaissance de ses agissements, mais ce dernier a tout de même quitté l’entreprise dès lors que le journal a repris l’enquête.

C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus de cette enquête : malgré ses dires, Bobby Kotick était bien au courant de nombreuses affaires de harcèlements, et n’aurait rien fait pour y remédier. Pire encore, il aurait tenté de protéger à quelques occasions les accusés, et aurait menacé de mort une employée en 2006 (cette affaire aurait alors été réglée à l’amiable), tandis qu’une autre femme aurait été virée par son biais après avoir reporté un cas de harcèlement sexuel. Plusieurs femmes l’accusent alors d’avoir fait preuve de maltraitance à la fois sur le lieu de travail et en dehors.

Après les premières plaintes de la DFEH (l’agence californienne de l’égalité des chances dans le travail), le Wall Street Journal révèle que près de 500 témoignages ont été recueillis suite à des affaires de maltraitance ou de harcèlements.

Le cas de Jen Oneal mis en lumière

L’enquête fait aussi le point sur le départ de Jen Oneal, qui a été co-directrice de Blizzard pendant quelques mois avant de partir chez Women in Games. Dans le rapport, on apprend donc qu’un mois après sa nomination, elle a envoyé un mail à l’équipe d’Activision qui s’occupe de toutes les affaires en cours afin de montrer que les dirigeants du groupe manquaient de volonté lorsqu’il était question d’effectuer de vrais changements dans la culture d’entreprise.

Dans ce mail, elle déclare alors avoir été agressée sexuellement plus tôt dans sa carrière, et précise qu’elle était payée moins que son pendant masculin (Mike Ybarra) à la tête de Blizzard, alors qu’ils occupaient le même poste et que sa nomination devait envoyer un message clair de changement dans l’entreprise. Oui, c’est aussi lunaire que cela en a l’air.

Elle déclare avoir ainsi été utilisée pour servir la bonne image, et c’est pour cela qu’elle est partie. Et histoire d’enfoncer le clou, elle décrit une expérience qu’elle a vécu en 2007 (complétée par une autre source), dans une fête au sein d’un studio où Bobby Kotick était présent, tout comme des femmes très légèrement vêtues avec des barres de strip-tease dans la pièce, tandis que le DJ encourageait la gente féminine à boire plus pour que les hommes passent un bon moment.

Un mouvement de protestation est en marche

Face à cet article, Activision-Blizzard a très vite pris la parole pour se défendre, et a contacté Bloomberg pour publier un communiqué :

« Nous sommes déçus de voir le rapport du Wall Street Journal, qui représente une vision de Activision Blizzard et de notre CEO qui est fausse et inexacte. Toutes les affaires de comportements déplacés qui ont été portés à notre attention ont été traitées. »

Le communiqué continue en rappelant les nouvelles mesures prises par le groupe. Activision-Blizzard semble donc plus se défendre sur les actions que le groupe mène maintenant, que celles effectuées par le passé, mais forcément, cette défense ne suffira pas.

Un groupe d’employés d’Activision-Blizzard (plus d’une centaine) a donc commencé une manifestation hier, en demandant le remplacement de Bobby Kotick, comme l’annonce Jason Schreier de Bloomberg. Face à ce mouvement, le comité de direction dit apporter son soutien à Kotick (quelle surprise), en plaçant sa confiance en lui.

Affaire à suivre donc, et nul doute qu’elle connaitra encore de nombreux rebondissements, et que cette nouvelle enquête pourra être très bénéfique pour les plaignants lors du procès.

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