Nos ressentis sur l’année 2017 : L’avis de MarcPjc

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Si je devais résumer un sentiment bien ancré en moi pour commencer cet article : les désillusions de l’année 2017 auront perduré même après que celle-ci se soit achevée. Pour beaucoup de joueurs, elle aura été l’aurore d’une renaissance et d’espoir de voir des jours meilleurs pour l’industrie du jeu avec des titres AAA provenant des habituels studios dont la renommée se ternit au fil du temps, ainsi que des courageuses entreprises indépendantes ont su se démarquer dans ce milieu ô bien cruel par leur créativité et productions plus modestes. Aurait-on une exigence revue à la baisse à cause d’un manque de créativité comme l’a eu le cinéma il y a quelque temps ? Pourtant des jeux il y en a eu, et pour tous les goûts ! Bon nombre ont su nous faire vibrer et toucher nos cordes sensibles ; d’autres nous auront simplement diverti et extrait de notre quotidien pour nous faire oublier, l’espace d’un instant, la vie de tous les jours afin de prendre part à des univers aux règles bien différentes du nôtre (ou presque).

Levé de toile

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En ce qui me concerne, nous sommes encore loin de l’âge d’or où un savoir-faire de l’ordre du sensible artistique prônait devant les prouesses des performances technologiques contemporaines. L’impression que la technologie actuelle, toujours plus pointue, arrive à redéfinir la maîtrise visuelle et technique mais : celle-ci fait perdre de vue la touche de sensibilité humaine qu’il y avait dans nos jeux auparavant. Les studios, pour atteindre une qualité visuelle proche du photo-réalisme, se délestent de tout sens artistique en proie à une facilité d’exécution assistée par ordinateur (la motion capture par exemple). Il est important qu’une prise de conscience se fasse en 2018 pour empêcher l’artiste de devenir un simple technicien spécialisé en boutons pressoirs..!

Les jeux de cette année ne sont pas, à mes yeux, les événements les plus importants à retenir : mais une attention particulière aux nouvelles tendances est à souligner car c’est ce dont nous hériterons dans les années à venir, à commencer par 2018. L’évolution plus ou moins importante de ces technologies sera intimement liée au succès commercial de ces nouveaux hardwares qui font leur venue dans nos maisons et la paume de nos mains. Les jeux il y en aura toujours, mais l’évolution du support est bien plus importante à mon sens car nous avons peut-être la chance d’enfin changer réellement notre façon de jouer sans “gimmicks”.

La VR qu’en est-elle ? Une immersion non maîtrisée

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Des appareils comme l’Oculus Rift, HTC Vive ou encore le PSVR auront fait trembler les claviers des médias qui auront eu le mauvais réflexe de définir cette nouvelle technologie comme l’avenir du jeu vidéo. D’une part, le jeu en 2D a encore beaucoup de potentiel pour surprendre les néophytes aussi bien que les premiers pionniers d’entre nous : alors poser sur un piédestal la réalité virtuelle est abject. D’autre part, rappelons-nous que la transition entre la 2D à la 3D ne s’est pas réalisée sans accrocs et c’est exactement ce qui se passe pour la ô sacro sainte VR… Limitée à une expérience en vue à la première personne, souvent sous un aspect de shooter : il est vrai que les premières sessions deviennent rapidement immersives. La nouveauté du support fait encore écarquiller les yeux à ceux qui ne sont pas encore passés par la découverte de ce nouveau support. Cependant, avec du recul la magie se dissipe rapidement dévoilant les limites techniques/technologiques et finalement le manque d’idées pour varier les genres sautent aux yeux.

Quelle calomnie que d’accabler une technologie non maîtrisée comme le futur de l’expérience vidéoludique !

Le potentiel d’une telle technologie est mieux exploitée pour les visites virtuelles architecturales ou un Resident Evil 7 (meilleure utilisation à ce jour d’après mon ressenti sur les quelques jeux VR auxquels j’ai pu m’essayer) que véritablement voir une floraison de divers genres qui auraient pu naître uniquement grâce à cette technologie. Je citerai par exemple Doom qui se voit ré-adapté en VR ou encore le fameux Skyrim qui se permettent de rajouter cette fonctionnalité mais ce n’est qu’une tentative expérimentale, rien de plus, pour prendre la température envers un public qui est intéressé sans pour autant l’avoir totalement adopté encore… À moins d’être un aficionado de la licence, il s’agit bien des mêmes jeux avec une variante du gameplay. Il faut avouer que l’idée se justifie et la nervosité des titres cités nous entoure bel et bien. Par contre, partir à la pêche dans FFXVR : mais qu’est-ce qui s’est passé dans les locaux de développement de Square Enix ?! Je pense que le titre a déjà assez souffert pour qu’on continue de remuer le couteau dans la plaie : mais ceci est une autre histoire… Assez chère pour expérience de pêche en réalité virtuelle tout de même; mieux vaut se payer le déplacement dans notre plan de réalité sans casque pour moins cher et des sensations bien plus réelles, puis le port de vêtement noir en cuir et la coupe émo sont non obligatoires 😉 .

Au même titre qu’une Wiimote ou encore un Joy-Con qui exploitent (timidement encore) les fonctions de motion gaming, la VR en 2017 est restée sous l’insigne d’une technologie apportant une expérience complémentaire au jeu de base. Nous devons bien l’avouer qu’à l’époque, les quelques fonctions ajoutées grâce au motion gaming dans l’adaptation de Resident Evil 4 (Wii) ont apporté une dimension nouvelle plus immersive : un ajout bien plaisant dans le gameplay permettant un temps de réaction plus intuitif. Voilà le statut de la VR aujourd’hui : un accessoire permettant un gameplay plus intuitif mais pas encore assez viscéral.

La technologie ne sait pas encore VR qui se tourner (ho ! ho ! ho ..!)

Le problème majeur d’une technologie si jeune est qu’elle altère encore trop la perception de l’espace pour que le joueur se sente réellement faire partie de l’environnement. Puis, j’ai toujours cette désagréable impression lorsque je ne peux pas voir mon propre corps en regardant mes pieds, absents aussi pour le coup/coût ou observer mes mains virtuelles flottantes gigoter dans les airs pour simuler mes actions sans parler du don téléportation sur de longues distances pour me déplacer en VR, très troublant ! Si l’on y repense bien, lorsque les premiers téléviseurs commençaient à être commercialisés, encore beaucoup de personnes se demandaient comment elles pouvaient intégrer ce nouveau produit dans la vie quotidienne ou comment elles pourraient interagir avec. Le cas de figure se reproduit aujourd’hui où une technologie nouvelle passe par une phase d’acceptation du public : ce qui peut être une chose longue et pénible pour tous.

Saupoudrée encore de trop de faux espoirs et d’enchaînements de déceptions, la VR n’est pourtant qu’à ses débuts et a besoin de bien d’ajustements pour promettre une immersion non seulement visuelle mais également sensorielle (au sens psychologique). Des titres comme Lone Echo (Ready at Dawn) ou Arktika.1 (4A Games) pourraient éventuellement établir une ligne de conduite pour les prochaines production VR tant leur contenu se démarque du reste. L’équilibre entre la réalisation graphique et la spatialisation qui entoure le champs visuel du joueur semble mieux maîtrisée et apporte le petit plus à ces titres qu’il manque encore à de nombreux titres estampillés VR.

Bien sûr je limite mon ressenti dans le domaine du jeu vidéo mais les possibilités sont multiples au-delà du simple plaisir vidéoludique! Ces domaines également sont sources de nouveaux jours vers une industrie qui s’usera et abusera de la VR pour en faire un objet quotidien indispensable à notre mode de vie. Je rêve de pouvoir modéliser mes sculptures le casque sur la tête et tourner autour pour voir mes créations digitales prendre vie ! Mon artiste sculpteur préféré Canova en serait jaloux d’avoir raté ceci ! Le petit hic de la VR c’est qu’elle risque dans un premier temps de nous isoler dans ces mondes virtuels où peu d’interactions hommes à hommes sont possibles, à suivre de près pour les prochaines générations de cette technologie.

Nintendo et la Switch, la menace fantôme pour Sony?

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Le 3 mars 2017 sonna le glas de la date officielle de la nouvelle console de Nintendo. Les pronostics par les prétendus “experts” (je m’étouffe de rire) étaient plutôt mitigés mais la majorité tendait à un négativisme assez prononcé. Le nom de code NX aura suscité bien des interrogations tant Nintendo aura fait d’efforts pour garder son projet secret pendant longtemps. Les Nintendo-sexuels s’en souviennent encore (hmmm). Lorsque la console aura dévoilé tous ses atouts lors d’une conférence, les fans sont divisés : la Nintendo Switch subit encore la déception tonitruante d’une précédente machine qui aura eu du mal à se faire une place jusqu’à la fin de sa commercialisation, j’ai nommé : la Wii U. Son ombre pèse sur l’arrivée de cette nouvelle console hybride et le blason de Nintendo entaché par son manque flagrant de communication et d’ouverture envers un monde qui a évolué.

Joy-Con Bleu ou Rouge Neo ?

Pourtant les chiffres parlent d’eux-même, malgré un départ assez timide le ras de marée prend : des annonces de jeux plus intéressantes les une que les autres apparaissent, la ludothèque de la Switch s’embellit de semaine en semaine et possède désormais un catalogue pour tous les goûts à jouer à tout moment, n’importe où avec une expérience de salon en mode portable réussie malgré les concessions visuelles que la machine oblige à adopter. Ce sont pas moins de dix millions de machines vendues avant la fin de l’année 2017 qui balayeront les doutes sur le retour de Nintendo avec une force de proposition et de fun qui sortent cette console de son statut de machine d’appoint, elle reprend sa place auprès de la télé à côté des consoles surpuissantes qui proposent de la 4K et une puissance de calcul hors norme pour appâter les joueurs avec de beaux visuels…

Dans le corps de métier artistique on dit souvent “more is less”, dicton qui sied très bien à la philosophie de la Switch qui propose certes, un hardware bien en-dessous des PS4/XB1, mais ouvre un panel de possibilités que ces bestiaux ne peuvent pas proposer aux passionnés du jeu vidéo. Avec des graphismes et un puissance de calcul bien moindres, une console qui débarque avec une demie génération de retard : Nintendo, avec sa stratégie de ne pas mener le combat sur le même terrain que ses adversaires, rattrape ses erreurs et redresse sa renommée auprès des grandes enseignes de notre génération. Bizarrement, le concept de la Switch me rappelle énormément ce que j’attendais de la Wii U à l’époque. Mais ceci est une autre conversation… La menace pèse désormais sur les épaules de Sony qui remarque la montée en puissance de cette console brisant d’un naturel déconcertant les limites du jeu vidéo avec une aisance sans vergogne. Certainement, les concurrents vont “s’inspirer” (pour ne pas dire plagier) des idées à succès pour les intégrer dans leur parc technologique avec un gain de puissance pour pallier le manque de maîtrise et surtout pour ne prendre aucun risque d’un échec lié à une technologie faiblarde. Mais ces machines ne seront que pâles copies… mais elles se vendront sans l’ombre d’un doute (sic).

Iwata peut être fier du chemin parcouru par Nintendo depuis son départ

Un tournant du jeu vidéo s’est bel et bien développé sous nos yeux en toute discrétion, liant le jeu de salon au jeu nomade avec une aisance défiant toute logique car sur papier rien ne laissait présager un succès si rapide, à se demander pourquoi ce n’est pas arrivé plus tôt ? Il ne m’étonnera pas de voir lors des génération suivantes des “Souiitches” à la sauce Sony ou Microsoft (s’ils survivent … avec un kinect 3.0 intégré ha!ha!ha! … non ce n’est pas bien de se moquer, il faut que je reste neutre dans mon écriture … ). Un bel avenir se prépare pour la Switch pour cette année 2018, ce que fait très plaisir pour nous les joueurs, car la concurrence sera rude et dans la bataille nous serons les fiers gagnants de cette guerre sans merci. D’autres sujets pourraient intervenir à cet article comme la venue de la Console Virtuelle, une éventuelle révision matérielle vers une Switch mini ou encore le fameux Online payant de Nintendo, mais il n’y a que des spéculations pour le moment autant rester sur du concret sans fioritures qui nous mèneraient nulle part.

Une PS4 désormais indétrônable ?

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La dernière console de Sony sortie à la fin de l’année 2013 aura impressionné par sa puissance de calcul réelle; facilement accessible par les développeurs a contrario du cauchemar informatique que représentait la PS3, sa pauvre ludothèque des premiers mois aura fortement inquiété les possesseurs de la console (moi compris) se voyant resservis des jeux remastérisés à outrance pour la console sans réelles nouveautés. Sony a su rattraper son tir non seulement avec une mise à jour de l’architecture PS4 via des révisions logiciels mais également par des révisions matérielles proposant même une version top of the pops avec la PS4 PRO ainsi que de réadapter toutes les itérations de sa gamme aux technologies HDR et PSVR. Un ajout de poids qui rend la console très versatile et aura eu, au fil des mois, des exclusivités qui imposent le respect permettant à Sony d’accéder légitimement à la première place du podium vu son quasi sans-faute depuis le jour de la commercialisation de sa machine de huitième génération. Mark Cerny aura ravi les programmeurs vétérans tout comme les petits nouveaux qui s’attaquent à la bête qui se révèle douce et complaisante à programmer. Installée avec succès dans de nombreux foyers, on compte pas moins de 70.5 millions d’unités vendues dans le monde au 7 décembre 2017. Le public séduit d’une part par ses jeux et d’autre part par ses fonctions multimédias grandissantes : c’est donc avec un grand OUI que Sony a réussi son lancement PS4 et peut aisément se reposer sur ses lauriers encore quelques années avant de voir une “PSVitcha” montrer le bout de ses sticks.

Greatness Awaits

A contrario d’une Switch, voire même à l’opposé, la console a trouvé son public via ses beaux graphismes et d’effets complexes pour calquer ses créations sur des techniques de rendus photo-réalistes (la base du PBR). Malgré un soin tout particulier apporté aux designs divers et variés des personnages et éléments visuels en tout genre, pour une raison inconnue : il faut se calquer sur un rendu proche de notre réalité.

Dans quel but ? Tromper nos sens ? Notre raison ? Pourquoi faire voyager un public dans un univers, aussi folklo soit-il, proche du sien avec les mêmes règles physiques ou même un quotidien de vie identique ? C’est ici que pour moi la magie du jeu vidéo se ternit petit à petit, voulant à tout prix en mettre plein la vue en reproduisant les matériaux qui existent déjà tout autour de nous. C’est ici que mon enthousiasme de joueur fait un pas en arrière car c’est certes impressionnant mais je ne m’amuse plus comme avant. Que se passe-t-il ?

Je pense que nous sommes dans une ère où l’art fait place à la technique le temps que le jeu vidéo se retrouve. Les nouvelles technologies naissent à un rythme assez épatant, les développeurs et créatifs sont sans cesse stimulés pour apporter plus de possibilités aux inventions ludiques qu’ils concoctent ; nous arrivons effectivement à des réalisations épatantes sans parler de la multiplications des divers supports qui proposent souvent des maniabilités bien différentes. Le secteur du jeu est bel et bien en pleine ébullition, plus qu’on ne le pense si on se rappelle que développer un jeu vidéo peut coûter plus cher que de produire un film digne de ce nom. Cependant, l’amalgame entre œuvre artistique et prouesse technique se font ressentir au rythme de nombreux jeux non finis ou en kit avec des DLC honteux pour rattraper le coup. La technologie de motion capture a grandement évolué au point qu’on se repose trop sur les données collectées pour que ce soit considéré comme un travail artistique car il n’existe plus d’interprétation du mouvement par des artistes mais ce sont des techniciens (avec tout mon respect pour leur travail) qui manipulent ces données pour parfois (trop souvent) les rendre à l’état brut. Je me demande bien à quoi bon m’ont servi mes années d’étudiant penché sur « The Illusion of Life » de Franklin Thomas et Ollie Johnston !

La même chose en ce qui concerne les modélisations 3D : le scan 3D et la technique de la photogrammétrie sont mises en avant pour avoir une reproduction proche de la copie parfaite en terme de « matériau ». Du coup, qu’elle est la place de l’artiste dans une telle situation si au final le faciès du personnage principal est une reproduction pure et simple de l’acteur qui joue le rôle de celui-ci ? Où se trouve l’art si tous les éléments inclus dans nos jeux sont des scans ou des reproductions à l’identique des émotions humaines ? Qu’est devenu le sensible humain de nos tendres jeux fait par l’homme pour l’homme (tous les bugs inclus) ? Encore une fois, la distinction entre Art et technique sont deux éléments qui ont été dissociés alors qu’ils ne devraient en former qu’un. Il est normal de vouloir utiliser la technique la plus avancée possible pour espérer frôler du doigt le résultat ultime produit au cœur des enchevêtrements de notre pensée complexe (et clairement torturée pour certains producteurs, mais on aime ça!).

L’Art est un langage qui s’apprend, un moyen d’expression avec ses codes et symboles

L’artiste Davinci avait eu, lui aussi, accès à la technologie la plus poussée pour accéder au summum de son art pictural : la peinture à huile. Et par conséquence, s’il avait eu accès aux possibilités avancées qu’offre notre ère pour faire naître son art, il aurait sans doute utilisé Photoshop, Illustrator pour ses peintures ou encore des outils de modélisation 3D comme Zbrush ou Maya. L’exemple peut paraître ridicule mais dans le processus de travail que je dépeins, je tiens à rappeler que la technologie est supposée être qu’un outil véhiculé par un savoir faire et non le contraire. Faire trop confiance à la machine sans se soucier de la vision humaine sur un travail ne pourra que rendre acerbe le résultat. Heureusement que des studios ont compris le danger potentiel que pourrait représenter une trop forte présence de technique dans la conception d’un jeu, calibrée avec un bon sens artistique pourra certes, rendre les choses imparfaites, mais c’est par cette imperfection que les éléments qu’ils soient photo-réalistes ou synthétisés paraîtront plus vrais que nature. Il faut accepter les défauts présent en tout élément qui compose notre réalité.

À quel point devons-nous mimiquer notre environnement pour réussir à emporter le public une nouvelle fois dans des univers qui feront rêver ? Je pense sincèrement que la venue de la Switch et son succès retentissant réveillera Sony pour rediriger le cap vers des productions qui font appel au sensible humain plutôt qu’une copie conforme d’un univers déguisé qui nous entoure déjà. La puissance et le réalisme ne sont pas opposés à un processus créatif, à citer uniquement Horizon Zero Dawn, Nioh, et pourquoi pas Uncharted sont de bons exemples qui montrent que ce type de rendus est au service d’une œuvre créative humaine. Honnêtement, chapeau bas pour la prouesse technique et leurs gameplay impeccables : rien de nouveau à l’horizon malheureusement… et encore il y a encore mieux qui arrive en 2018 visuellement parlant.

Bien sûr tout ce long paragraphe divisera et attisera des réflexions à mon égard quant à mon objectivité sur l’actualité du monde du jeu vidéo. Je suis moi-même modélisateur 3D et illustrateur et bien souvent les œuvres proches de la réalité prennent le pas de ce qui pourrait être interprété et stylisé vers de nouveaux concepts. Bref ce que je n’aime pas c’est l’absence de prises de risques, et cette année 2017, elles n’ont pas été suffisamment agressives en réelles nouveautés !

Tout ce que j’espère c’est que l’année 2018 soit le vecteur qui assume les nombreuses erreurs qui auront coûté la fermeture des portes à des supers studios dont les productions qui nous auront fait rêver. Mais n’ayons crainte que de nombreux artistes de tout horizon sont déjà à l’œuvre pour pouvoir à nouveau écrire jeu vidéo avec un grand J.

Une XBOXONEX,Y, Z…

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Euh … Non pas que je dénigre totalement les essais de la branche Xbox (Microsoft), mais rien ne m’intéresse sur cette machine qui n’a pas lieu d’être ; mais bien sûr, c’est un avis que trop purement subjectif veuillez me pardonner, je ne saurais sous quel angle parler de cette … ??? … machine de salon ? qui aura changé son concept maintes fois pour s’aligner sur un PC standardisé avec certes de la puissance mais dans quel but ? Les jeux Xbox One X ont bien sûr des petits plus à l’image d’une PS4 PRO mais rien allant au-delà du réel. Microsoft a effectivement la console la plus puissante du monde actuellement, mais à quoi bon ? Tout comme la PS4 PRO, les jeux doivent tourner également sur les itérations de consoles inférieures. Les jeux sont donc en quelque sorte bridés et un affichage en 4K est esthétiquement sympathique mais ne change rien au jeu en lui-même, dommage. Les petits gimmicks proposés par les consoles premiums valent-elles vraiment le pactole auxquelles elles sont proposées ? Je pense qu’il s’agit uniquement d’une question de moyens de chacun, mais l’expérience de jeu en elle-même ne sera aucunement altérée. C’est pourtant un joli raté sur le long terme au vu des prestations de la console, elle a cependant pu captiver un public et cela reste un mystère total à mes yeux. Une console coûteuse, technologiquement déjà dépassée le jour de sa sortie et qui engrange du chiffre tout de même. Est-ce que nous devons parler de son Kinect qui n’a jamais marché sur deux générations de consoles (excellent pour le motion tracking par contre pour le boulot 🙂 ) Bref, le positif dans tout ça c’est qu’elle produit de la concurrence à Sony et dans ce cas de figure, nous sommes tous gagnants ! Sur le papier elle n’est en rien une mauvaise machine, dans la pratique elle aura trouvé rapidement ses limites en tant que console de salon. Je la considère comme un petit pc d’appoint car niveau exclus rien ne m’émoustille véritablement.

Le(s) jeu(x) surprise(s) de l’année

Ma surprise de l’année est arrivée plutôt tardivement, d’ailleurs ce seront deux surprises voire trois qui auront fait leurs apparitions durant mes sessions de découverte :

Transistor

  • Un jeu de 2014 : Transistor sorti en mai 2014, c’est le premier jeu qu’ActuGaming m’a assigné pour faire mes premières armes au sein de la rédaction et j’ai été plus qu’heureux d’avoir découvert un titre que je n’aurais pas forcément eu le déclic de choisir d’emblée. Beau et élégant. Le jeu est rempli de jolies intentions et d’une sensibilité aux designs hors pair sans oublier une mise en scène qu’on ne retrouve plus dans nos jeux désormais, le tout dans une 2D picturale à couper le souffle. Ce qui soulignera que les jeux en 2D n’auront pas fini de nous surprendre s’ils sont concoctés avec amour et passion comme ce fut le cas pour cette production de SuperGiant Games. L’expérience courte pourrait faire rugir les joueurs de rage mais pourquoi faire durer le plaisir alors que l’apothéose ludique est faite sur mesure sans outrances ? Une belle dose de poésie et une morale qui laisse place à l’interprétation de chacun quant aux sujets abordés durant le périple rempli de symbolismes.

De nombreux jeux sont sortis en 2017, tous de bonne facture sans pousser l’extase trop loin car ce sont des recettes revisitées qui font office de rafraîchissement de mémoire plus que de véritables découvertes à part entière. Je ne saurais tous les citer cependant, ceux qui me viennent de suite à l’esprit et qui valent leur argent sont sans aucun doute : Super Mario Odyssey, Divinity : Original Sin II, Wolfenstein II : The New Colossus, Cuphead, Metroid : Samus Returns, Persona 5, Xenoblade Chronicles 2, Nier Automata et What Remains of Edith Finch. Si vous êtes joueurs et que vous vous intéressez à un peu tous les genres, je conseille vivement de passer par ces cases-là car elles en valent le détour et il y en a pour tous les goûts.

XenobladeChronicles2

  • Ma deuxième surprise aura été mon aventure dans Xenoblade Chronicles 2, le JRPG est toujours un sujet délicat à aborder et les phases de “grind” sont souvent synonyme d’un lâcher de  prise total du jeu car la redondance des actions je ne peux plus supporter ça. Je dois devenir vieux et moins patient pour le coup mais c’est une allergie aux conséquences drastiques sur mon humeur ! Par contre le côté anime, le design, les couleurs ainsi que les animations (un peu rigides certes) m’ont convaincu d’y passer un peu plus de temps que je ne pensais. Son système de combat évolutif, pas très dynamique au début (ce qui m’a fait peur), les menus de personnalisation et le craft : tout est là pour me faire passer de bons moments à suivre une intrigue qui ne me paraît pas si bancale que ça. En tout cas j’aime et j’en suis enthousiaste, le seul problème est que le jeu peut devenir rapidement chronophage et incompatible avec mon rythme de vie actuel entre sculptures numériques, peintures et rédaction sur mon temps libre : le temps de jeu est difficile à caser surtout en ce mois de décembre et encore moins pour les quelques modestes montages vidéos que je souhaiterais embellir de ma voix ! La frustration me gagne mais la passion pour le jeu vidéo m’habite.

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Mon coup de cœur de l’année m’aura réconcilié avec la longue série intergénérationnelle qu’elle représente : Yakuza Kiwami. Oui oui je sais ! C’est un remake et je ne suis en aucun point adepte de cette tendance… Par contre un remake comme celui-là, ce n’est pas tous les jours qu’on le rencontre. A contrario d’un Resident Evil ou à venir, un Shadow of the Colossus, le jeu est non seulement restructuré pour une réalisation plus moderne sur nos console de salon mais c’est également un remaniement de structure du gameplay qui a été repensé pour offrir la version définitive de cette première aventure de Kiryu Kazuma. Le sixième volume sortira en 2018, la licence est plus que respectée au sein du jeu vidéo et le savoir-faire des développeurs est toujours là à garantir l’authenticité de la série. J’ai été horripilé du maniement du jeu sur PS2 (Yakuza 1 et 2) déclarant que plus jamais je ne toucherais un jeu de cette licence et ce remake m’a totalement fait changer d’avis. L’histoire plus étoffée, un maniement revu, des graphismes charmeurs, une gestion d’inventaire qui évitera bien des crises : c’est le Yakuza 1 que l’on voulait sur PS2 avec encore plus d’options et de plaisir de jeu. Parfait malgré ses écueils occasionnels qui en font tout son charme. Ne passez pas à côté de ce titre qui vaut son temps à jouer comme bon vous semble en speedrun, en facile pour son scénario, en mode “obtention de la Platine”. Bref : l’art de se battre sans tâcher sa veste blanche immaculée est à portée de main et il serait dommage de passer à côté d’une des pierres fondamentales qui aura instauré en partie un genre dans le registre bien dense de notre activité favorite !

2018 en chargement…

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Je pense que j’ai été assez clair sur mes attentes pour cette année 2018, sans retomber dans la répétition, je souhaite de tout cœur que nous sortions de cette spirale infernale de stagnation créative. Trop peu de nouveautés, trop de recettes réchauffées, pas assez de prises de risques et des injustices s’abattent sur des studios qui ne méritent pas leur triste sort. Je trouve normal que les créatifs s’émancipent de cette industrialisation du jeu vidéo, ne voyant que le chiffre comme seule fin oubliant leur but « ludico-artistique ».

Je citerai l’exemple qui a eu le plus de répercussion pour moi : le renvoi brutal de Hideo Kojima qui lui aura été, au final, bénéfique pour réaliser ses concepts farfelus et partir du bourbier que représentait Konami pour son imagination. Non pas qu’Hideo soit blanc comme neige à l’égard de cet événement tumultueux par contre quelle satisfaction de le voir à nouveau s’épanouir dans un domaine qui lui permet de créer librement.

L’art reste d’une part subjectif, les codes et symboles ne peuvent atteindre tout le monde.

C’est véritablement cette sensation que je souhaite retrouver dans mes jeux, la découverte, la nouveauté et l’excitation d’entrer dans un univers, aussi tordu soit-il, avec des codes méconnus. J’en demande peut-être beaucoup mais je suis sûr que ces jours vont revenir et quelle impatience de retrouver ce sentiment. Je ne peux croire que nous ayons déjà fait le tour d’un domaine si jeune !

Les jeux prometteurs à l’horizon de 2018, je pourrais citer ceux qui me tiennent à cœur : God of War 4, Death Stranding, Days Gone, Detroit: Become Human, Ghost of Tsushima, A Way Out, Vampyr, Yakuza 6, Metro Exodus, Red Dead Redemption 2… Oui encore des licences connues mais également des nouvelles licences par des studios qui sortent (pas tous) un peu de leur registre et ça fait du bien d’espérer à de nouvelles interprétations de genres bien connus ! Personnellement, la plus grosse “non surprise” sera l’annonce de Bayonetta 3 pour la Nintendo Switch, une licence qui me plaît beaucoup pour son manque de sérieux et son arrogance désinvolte. Le premier volume (platiné !) m’a conquis !! Le deuxième m’a toujours donné envie de prendre une Wii U mais au final je n’ai toujours pas pu m’y essayer encore (j’ai acheté le jeu Wii U tout de même…) par contre quelle joie de le voir adapté pour la Switch ainsi que le premier. C’est mon incontournable attente pour cette année 2018, tel le caprice d’un gamin, et j’espère ne pas être déçu par le petit listing au dessus sans oublier que l’armada d’indés parsemés dans le monde auront aussi leurs lots de bonnes choses à nous proposer, c’est une question de patience.

Après cet écrit tant soit peu pessimiste à l’égard d’une industrie qui m’aura séduit depuis tout jeune dont j’essaie de m’y faire une place en tant que graphiste, je souhaite à tous de trouver entière satisfaction dans les jeux que vous allez vous procurer durant l’année 2018, l’important c’est l’amusement que les titres vous procurerons au-delà de tout défi technique et artistique dont je mentionne à de nombreuses reprises dans mon article mais qu’on souligne que trop peu. Bons jeux à tous, au plaisir de vous retrouver sur le site !

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