Test Yakuza Kiwami – Un remake digne de respect

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SEGA nous remémore de son savoir-faire avec le retour d'un jeu de plus de dix ans qui transpire de qualités et donne tout son sens au mot remake.

Alors que SEGA sortait un Yakuza 0 bien accueilli dans un premier temps au Japon et ensuite en Europe, c’est sa suite directe « Yakuza Kiwami » qui prend le relais pour réintroduire l’univers de la mafia japonaise des années 2000 et rappeler les origines d’une série à succès sortie sur PlayStation 2. Il a été présenté dernièrement durant l’E3 2017 avec un trailer très prometteur annonçant le retour de la première aventure du célèbre Yakuza de SEGA. Le jeu renoue avec les fondements historiques de la série proposant un remake du jeu phare lancé en 2005 relatant l’histoire de Kiryu Kazuma, le Dragon de Dojima, un lieutenant-conseil de la famille Dojima de la branche du clan Tojo dont l’investissement au sein de la famille lui a valu la reconnaissance de fonder sa propre sous-famille dans ce groupe prestigieux. C’est le 29 août 2017 que Yakuza revient sur le devant de la scène sur PlayStation 4 avec un lifting graphique conséquent et un gameplay remis partiellement au goût du jour.

La naissance d’une légende

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Yakuza Kiwami, connu au Japon comme Ryū ga Gotoku: Kiwami est le remake de Yakuza paru en 2005, développé par SEGA pour la PlayStation 3 et PlayStation 4. Tout comme Yakuza 0, le prequel de l’épisode Kiwami, paraîtra uniquement sur PlayStation 4 en Europe et les États-Unis. Produit par Toshiro Nagoshi (surtout connu pour être le producteur et directeur de la série Super Monkey Ball, ainsi qu’avoir officié en tant que producteur pour Yakuza 2, 3, 4, 5 et plus récemment avec Vanquish et Binary Domain) et scénarisé par l’écrivain Hase Seishu (romancier japonais bien connu pour ses romans policier et les adaptations cinéma de ceux-ci), les deux hommes vont concocter un jeu d’action-RPG avec pour cadre une ville corrompue par la mafia japonaise.

Kamurocho, inspirée de Kabukicho, un quartier populaire et turbulent de l’arrondissement Shinjuku à Tokyo, dépeint la détresse humaine qui croule sous la gangrène naissante de violences au sein de la population et le fossé pouvant exister entre les classes populaires. Le timing semble parfait pour traiter le sujet, de nombreux films Yakuza sont en vogue au Japon dans les année 90-95. L’idée naquit suite à cette période, désireux d’impliquer plus le spectateur dans l’univers pour qu’il devienne acteur et ressente les enjeux de mener un telle vie. Cette approche cinématographique dans le jeu vidéo lança SEGA dans le développement du premier Yakuza sur PlayStation 2, titre phare de la console arborant les couleurs de SEGA avec fierté.

C’est le début d’une grande série qui ne cessera d’évoluer

A l’image de « Sympathy for the underdog » de Kinji Fukasaku, le scénario se divise en plusieurs sous-scénarios qui permettent de donner une profondeur à l’univers dépeint des bas-fonds de Kamurocho. Le jeu est seulement doublé en japonais et anglais, il n’y a malheureusement pas de localisation pour les sous-titres pour les versions occidentales du jeu, ce qui fera grincer des dents les moins sensibles à la langue de Shakespeare. Pourtant un casting d’acteurs incluant des célébrités américaines du cinéma et des séries télévisées pourraient motiver les plus réfractaires à se plonger tout de même dans un scénario riche en rebondissements (Michael Madsen, Eliza Dushku pour ne citer qu’eux).

Yakuza Kiwami est bien plus qu’un simple remake, il est à considérer comme la version définitive de ce que Yakuza devait être lorsqu’il a fait trembler les murs de Kamarucho sur PlayStation 2 à sa sortie. Un gameplay amélioré et revu, de nouvelles séquences cinématiques, les prestations vocales ré-enregistrées et du contenu bonus qui ravira les fans de la série de la première heure. C’est désormais aux commandes de la dualshock4 que Kiryu revêtit sa veste blanche endossant la responsabilité du meurtre du patriarche de la famille Dojima, le très respecté Sohei Dojima. C’est après dix ans de prison qu’il retourne à Kamarucho et sa présence sonnera le glas auprès de la mafia japonaise pour étouffer du mieux possible une affaire valant dix milliards de Yens au sein d’une ville qu’il ne reconnaît même plus.

Un simple lifting ?

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Le premier aspect qui fait plaisir, outre de retrouver à nouveau Kiryu dans une histoire que l’on connaît déjà, c’est son statut de remake. En effet, incontestablement Yakuza Kiwami hérite du moteur de jeu de Yakuza 0 pour reconstruire l’histoire originelle avec cette fameuse touche next-gen que l’on attendait avec impatience. Le travail est vraiment respectable à l’écran, la retranscription des environnements depuis l’épisode PS2 est un beau succès, la ville est plus vivante que jamais. Cependant, rien de vraiment notable si l’on compare avec l’épisode 0 et l’on pourrait même déceler quelques petits soucis de clipping (éléments apparaissant d’un coup à l’écran) ou un changement de LOD sur les personnages secondaires notables qui fait tâche durant les sessions de jeu. En toute honnêteté, ces petits défauts ne changent en rien la superbe expérience qui attend à l’entrée de Kamarucho.

L’ère PS4 et PS4Pro permet de restituer une image bien supérieure à l’expérience bridée (sans mauvais jeu de mots) que nous proposait la glorieuse PS2 en son temps. Dix ans ! Ce sont pratiquement un peu plus de dix ans qui séparent ces deux versions et la transition est parfaitement acceptable. Résonnant de son succès, la lourde responsabilité des équipes chargées du rendu graphique ont reproduit au centimètre près la ville avec succès et à aucun moment on se sent perdus. Au contraire, les lieux sont bien familiers et la sensation de redécouverte fait son œuvre. Ravi de gambader dans les rues colorées aux lueurs des néons des enseignes, c’est en slalomant entre les nombreux passants que Kiryu mènera sa quête de vérité à bien tout en donnant une petite correction aux petits voyous s’opposant à lui.

Toujours dans le soucis de coller à l’esprit visuel de l’œuvre originale, les scènes cinématiques se déroulent à l’identique rythmée sur tempo d’antan. Le rigging ainsi que le cadrage de caméra vous rappelleront bien des souvenirs, ou l’occasion de plonger dans ce pastiche de Kabukicho à travers l’univers maîtrisé des années 2000 du pays au soleil levant. La seule différence notable réside dans l’utilisation de la 3D temps réel pour les scènes narratives sur PS4, là où la faible puissance de calculs de la PS2 obligeait d’utiliser de la vidéo compressée pour véhiculer son histoire. Si cette dernière se concentrait d’apporter une dimension narrative via de somptueux visuels aussi limités soient-ils par des textures au final peu nourries, la PS4 balaye du revers de la manette toute les limites techniques d’il y a dix ans pour complexifier ses modélisations ainsi que ses effets visuels.

Certes, il est évident que les décors ont demandé beaucoup de travail ne serait-ce que pour la profusion d’enseignes distribuées dans les rues et autres objets indices de vie et consommation des habitants de Kamarucho. Mais le travail notable de rehausser les modèles 3D des personnages dans leurs modélisations et textures est une franche victoire pour les développeurs. Le soin attribué à la finition des rendus allant de l’apparition des coutures sur les vêtements aux pores de peau de Kiryu sont plus que satisfaisants.

Les artistes ont su remettre au goût du jour un épisode qui prenait la poussière en dépit de son excellence

Finis les simples shaders et les aplats de couleurs essayant de rendre justice aux intentions artistiques de ses créateurs. Une nouvelle dimension réaliste a pu être atteinte en utilisant les techniques de rendus en temps réel plus élaborées. Ne serait-ce que par la simple présence de normal mapping et d’ambient occlusion rendant plus précis l’accroche de la lumière ou de délimiter les zones les plus sombres nourrissant en profondeur les textures, sans oublier les jolis effets de transparence parsemés tout au long du jeu. L’ajout d’effets spéciaux modernes tels que la profondeur de champs de la caméra, ainsi que des effets météo discrets comme la pluie ruisselant dans les rues, reflétant les couleurs de la ville dans ses flaques est très réussi ! Tout autant que le jeu d’ombrages qui rend justice aux scènes les plus dramatiques.

Le remaniement de cet opus ne s’arrête pas au simple rehaussement des graphismes, c’est aussi une optimisation technique de l’utilisation de la mémoire (bien supérieure en quantité à la PS2) et des maniements, tous confondus, pour une progression fluide et sans accrocs. Cela passe par un contrôle optimal des déplacements et la possibilité de pivoter la caméra à 360° autour du personnage. Les crises issues de la caméra capricieuse non contrôlable de la version PS2 sont loin derrière, permettant d’anticiper d’éventuelles menaces ou repérer des éléments au loin nécessaires à la progression dans le jeu. Le meilleur pour la fin : le joueur impatient sabrera son champagne à l’annonce d’une éradication quasi-complète des temps de chargement si fastidieux sur la deuxième itération de la console de Sony. Une raison de plus de parcourir plus librement les rues de Kamarucho sans être interrompu par des chargements intempestifs qui tronquaient la dynamique de l’exploration et empêchaient l’immersion aisée dans la peau de Kazuma.

Tout comme les fleurs du cerisier perdant de leur éclat à l’automne, la caméra n’est pas exempt de défauts dans les espaces confinés…

La PlayStation 4 est de mèche avec Kiryu pour lui apporter toute la puissance dont il a besoin avec un joli 1080p à 60 fps (2160p upscalé pour les télé 4k), de l’antialiasing et un filtrage de textures avancées afin de ne rater aucun froncement de sourcils ou attaques sournoises de ses adversaires. Par contre, il se peut que la stabilité d’affichage fluctue durant certains affrontements ou lors de la présence de trop nombreux personnages à l’écran. Le poids des dix années d’emprisonnement affecte la fine perception de l’environnement du héros se répercutant sur la puissance de calcul de la PS4 qui cède sous les vrombissements des puissants coups adverses… non en fait il s’agit bien pour le coup d’un petit soucis d’optimisation contrairement à l’épisode 0 qui se débrouillait bien mieux en terme de stabilité d’images. Un petit patch devrait régler ce soucis dans le futur. Étonnamment, le jeu se contente d’afficher un 30 fps stable lors des scènes cinématiques, choix assez surprenant laissant place au doute quant à l’optimisation du jeu. Ce détail n’a, en réalité, pas vraiment d’importance car il passe quasiment inaperçu mais fait quand même tâche sur le papier.

La cerise sur le gâteau est de pouvoir sauvegarder sa progression à n’importe quel moment durant le jeu via le menu pause. Rappelons que la version PS2 obligeait Kiryu à passer un coup de fil depuis une cabine ou un appareil téléphonique pour enregistrer ses données. Si ces points de sauvegarde sont toujours présents sur la version PS4, pouvoir également avoir accès à son inventaire durant l’appel a certes une dimension surréaliste, mais nous sommes dans un jeu vidéo après tout alors ça passe !

La botte secrète du Dragon de Dojima

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L’aspect graphique du jeu a certainement eu droit à un lifting visuel creusant le ravin technique entre les deux versions. Ce n’est pas étonnant d’avoir remis au goût du jour également le contenu ludique avec des ajouts qui embellissent le scénario initial. Celui-ci devient, dans un sens, plus clair et les relations entre les personnages plus compréhensibles. La majorité des scènes cinématiques ont été conservées au pixel près, certaines se sont vues modifiées pour s’adapter aux changements ou ajouts scénaristiques, d’autres ont droit à des dialogues inédits. Tandis qu’une partie considérée inutile est tout simplement enlevée pour faire place soit à de toutes nouvelles séquences ou des versions remaniées.

Le trait de caractère de Majima viendra apporter une toute nouvelle mécanique de jeu à cette version, prolongeant sa durée de vie de façon inattendue

Le casting des personnages sera toujours là pour accueillir les pionniers de la série tout comme les petits nouveaux qui pensent faire une promenade de santé dans les ruelles de la malfamée ville de Kamarucho :

  • Le Dragon de Dojima, Kazuma Kiryu n’est plus à présenter : le personnage principal de la série, toujours aussi peu bavard impose le respect de par sa fière allure et sa présence scénique. Son lifting lui vaudra une expression qui donne l’impression qu’il est toujours en rogne contre la société, limitant pour le coup son panel d’expressions (qui semblait tout de même plus diversifié sur PS2…). Ses interventions restent toutefois justes et communiquent bien sa volonté implacable de tirer au clair ce qui accable la renommée de la famille Tojo même s’il en a été expulsé depuis son emprisonnement.
  • Le torturé Akira Nishikiyama devenu patriarche de sa famille, a grandi dans le même orphelinat que Yumi et Kiryu et rejoignit la famille Dojima en même temps que ses amis. Les deux hommes devenus inséparables ont vu leur chemin diverger lorsqu’il tua le patriarche de la famille Dojima laissant Kiryu porter le blâme. Son point de vue dans l’histoire a été ajouté aux scènes cinématiques montrant son cheminement lorsque Kiryu était emprisonné, renforçant les liens entre ces deux personnages. Sa descente aux enfers n’en est que plus palpable tout le long de l’histoire.
  • La belle Yumi Sawamura devenue hotesse, lorsque ses amis ont rejoint le rang des yakuzas, pour un bar prestigieux : le Serena. À la suite des événements tragiques autour du meurtre de Sohei Dojima, le choc l’a renfermé dans un mutisme profond lui causant par l’occasion la perte de la mémoire. Lorsque Kiryu retrouve sa liberté, elle est impossible à retrouver…
  • Ou encore Goro Majima, le redoutable et belliqueux capitaine de la famille Shimano. Toujours animé par une personnalité imprévisible, sa nature violente dissuade mêmes les autres puissants Yakuza de s’approcher de lui. Seul Kiryu semble ne pas être impressionné par sa personnalité tourmentée, ce qui lui vaudra le respect de Majima et celui-ci deviendra étrangement obsédé par la force de caractère du héros allant à pratiquer de l’harcèlement constant dans la ville envers celui-ci.

Pour ne citer que les quatre qui porteront sur leurs épaules tout le scénario, Shintaro Kazama, Makoto Date, Osamu Kashiwagi ou encore Futoshi Shimani seront bien évidemment, eux aussi, au rendez-vous.

Et le gameplay dans tout ça ?

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Bien que Kiryu hérite des 4 styles de combat issus de Yakuza 0 (Brawler, Rush, Beast, Dragon), sa maîtrise dans l’art du combat s’est vue quelque peu amoindrie. Il est à savoir que comme tout bon RPG, les points d’expérience seront utilisés pour améliorer les compétences principales de son personnage : Body, Soul, et Tech. Ces catégories permettent à Kiryu de réapprendre des techniques de combat oubliées durant son incarcération mais également d’améliorer sa résistance, sa santé et ses réflexes sur le terrain. La présentation de l’arbre de compétences diffère de la version PS2, présentée sous forme de sphériers pour chacune des catégories rappelant celui de Final Fantasy X. Une bonne idée que de pouvoir calculer à l’avance la distribution des points pour obtenir un Kiyru customisé. Bien que l’idéal, à long terme, sera de remplir tous les sphériers pour obtenir un maximum de possibilités durant les combats.

La dernière branche améliorable, celle du Dragon nécessitera l’harcèlement de Majima… Une nouvelle mécanique de jeu nommée « Majima Everywhere », sera une solution pour obtenir des points libérant le dragon qui sommeille en Kiryu. En effet, Majima promet d’aider Kiryu à retrouver son aisance au combat, venant le défier à n’importe quel moment durant le jeu : même aux endroits les plus inappropriés ou qui paraissent sans danger à première vue. Majima maîtrise plusieurs styles de combat et saura surprendre Kiryu dès qu’il baissera sa garde. Un mal pour un bien, une mécanique qui pourrait essouffler le joueur moins patient sur le long terme, c’est pourtant un passage obligé pour faciliter la progression du jeu jusqu’à son chapitre final.

Ces sessions de mini-boss sont moins faciles qu’elles ne paraissent, demandant de connaître le pour et le contre des styles disponibles pour riposter aux attaques farfelues de ce Yakuza complètement timbré et avoir une réserve d’objets de soin ainsi que des armes qui pourraient s’avérer bien utiles. Celles-ci peuvent être soit ramassées sur le terrain ou bien achetées en boutique. Souvent salvatrices contre les ennemis les plus robustes, elles aident à briser la garde et d’avoir une zone d’action plus ample lors de l’échange de coups : utile pour amocher plusieurs pas beaux encerclant Kiryu. Les armes sont assez diverses allant de la moto trouvée dans la rue à la barre de fer, le Dragon de Dojima utilisera toute sa créativité lors des combats pour mettre des bâtons dans les roues aux adversaires. Tout objet utilisable sera mis à profit, même la plus simple orange se pourrait révéler fatale aux ennemis avec une bonne dose de HEAT ! (true story)

Comme à l’accoutumée, il faudra faire preuve d’endurance pour surmonter les défis que sont les combats de boss

Les ennemis les plus costauds sont souvent dotés de grosses barres de vie à plusieurs paliers qui diminuent au compte-gouttes, il faudra ruser et conserver sa barre de HEAT permettant de déclencher des attaques surpuissantes au bon moment. Arrivés à un seuil de fatigue, les boss vont reprendre leur souffle l’espace d’un instant et leur barre de vie remontera. À condition que Kiryu ait assez de HEAT pour contrer leur récupération en activant le style de combat correspondant à l’aura émanant de la canaille qui tente de prolonger le combat. Si le mode HEAT est salvateur dans ces situations, il ne marchera pas la plupart du temps sur un boss. Cependant, pour éradiquer la petite vermine c’est un moyen assez efficace pour nettoyer les rues sans bavures et écourter les combats qui peuvent être nombreux par moment.

Pour reprendre en main sa maîtrise du combat, l’expérience accumulée durant la trame principale ne suffira pas à atteindre un niveau assez conséquent pour affronter les derniers chapitres. Aucune crainte, car une flopée de quêtes annexes sont là pour venir en aide et colmater les lacunes issues des dix ans d’inactivité du Yakuza. Elles ont aussi droit à leur lot de nouveautés, en majorité celles déjà existantes font leur retour, d’autres ont été retirées de cette version car elles n’apportaient rien au jeu et des nouveaux minis scénarios viennent s’ajouter à ceux déjà existants. Encore une fois, l’expérience Kiwami n’est pas faite à moitié et viendra insuffler un vent de fraîcheur dans les ruelles corrompues de Kamarucho. Merci encore à l’équipe de développement souhaitant épurer les heures passées aux commandes de Kiryu afin d’apporter quelques éclaircissements aux histoires secondaires du jeu, comme par exemple plus d’explications concernant la tentative d’assassinat envers Kiryu lorsqu’il était en prison.

Ce n’est pas fini !

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La liste exhaustive d’améliorations continue à grandir. La série est non seulement connue pour son écriture scénaristique de haute volée mais également pour varier le plaisir du joueur d’arpenter les rues et ruelles de Kamarucho. Ici aussi, un élagage des activités superflues a été effectué, quelques nouveautés viennent s’additionner à celles déjà connues. Je vous passe les fameuses hôtesses de Kamarucho qui voient leur nombre diminuer à deux… (scandale), les mini-jeux du stand arcade de SEGA ont été conservés, le bowling, jeux vidéo, achat de DVD pour adultes, les combats d’arène, du blackjack, des sessions de billard, les fléchettes, etc… par contre le pachislot n’aura pas survécu à la transition vers la next-gen. Impossible de rester à se tourner les pouces entre deux missions ! D’autant plus que SEGA nous offre généreusement deux nouvelles activités tout aussi amusantes qu’absurdes. Le MesuKing : Battle Bug Beauties mettra toute votre capacité à anticiper les attaques déloyales des courbes de vos adversaires dans un jeu de combat tactique basé sur du pierre/feuille/ciseau… et développé pour les enfants. Ce n’est pas bien difficile de comprendre le succès de ce jeu… Le Pocket Circuit Car Racing, comme son nom laisse imaginer, vous laisse miser sur des courses de petites voitures sur des circuits électroniques.

Tout ce contenu épique ferait pâle figure si les musiques ne s’étaient pas mises au niveau de la refonte titanesque du jeu. Celles-ci se voient remixées dans le soucis de coller plus aux goûts du public actuel (celui qui n’a pas de goût), les puristes de la vraie bande son risquent de ne pas être d’accords avec les arrangements devenus un peu pop-jazzy-électro. Cependant, les combats deviennent plus entraînants et dynamiques, rythmés par les nouveaux agencements de tempo qui libèrent toute la puissance du Dragon dans les poings crispés des combattants, mais restent reconnaissables pour la plupart à l’œuvre originelle, qui nous a fait chausser les mocassins classes d’un Yakuza devenus légende déjà en 2005. Plus discrètes, néanmoins présentes, les musiques d’ambiance font leur boulot accompagnant l’image de quelques notes de légèreté. Le contraste avec les visuels chargés et saturés d’éléments variés hauts en couleurs est une franche réussite. Le son résonne à l’oreille comme une musique d’ambiance apaisante et agréable à écouter lors des escapades nocturnes en ville. L’ensemble fait honneur au travail original et à la série, c’est la cerise sur le gâteau qui vient compléter ce remake tel qu’il fût souhaité dix ans auparavant.

L’expérience ultime consiste à pouvoir profiter du titre bien après sa commercialisation

C’est avec une flopée de DLC gratuits que Yakuza Kiwami continuera de faire tourner le ventilateur de la PlayStation 4. Le 5, 12, 19 et 26 septembre 2017, quelques Mo de données s’inviteront sur le disque dur de la console pour proposer plus de contenus et bonus à utiliser en jeu. Chaque semaine, ce sera un skin, quelques consommables/armes ou circuits de voiturettes, et un objet à revendre ou conserver sur soi pour déjouer la fatalité des coups reçus. SEGA prend soin de son produit et les joueurs ne pourront rechigner devant tant de travail pour cette expérience dantesque qui attend la PS4 dès le 29 août 2017.

Trailer Yakuza Kiwami

Conclusion du test Yakuza Kiwami

La série Yakuza sait faire plaisir aux amateurs des jeux d’action-RPG. C’est une série en constante évolution depuis ses débuts qui est quand même à son septième volet avec la sortie prochaine de Yakuza 6, prévu pour le 20 mars 2018. D’épisode en épisode, la série s’embellit, elle accuse des défauts tout somme fait acceptables qui n’enlèvent en rien le plaisir du jeu.

Son gameplay varié et son histoire maîtrisée tiendra en haleine son public jusqu’au bout. Yakuza Kiwami est un excellent remake et fera remonter de nombreux souvenirs à ceux qui ont connu la version originale. Le jeu s’adresse clairement aux néophytes grâce au gameplay remis au goût du jour, son histoire remaniée plus claire, une technique graphique dans l’ère du temps et un contenu annexe encore plus important. SEGA a bien pris soin de retirer tout ce qui était perçu comme négatif et redondant afin de servir la version Kiwami, synonyme de l’ultime expérience pour le premier chapitre de la série Yakuza. La recette fonctionne toujours merveilleusement bien et qui sait si Yakuza 2 remake sortira un jour ? Ce qui est sûr, le jeu réveillera le Dragon qui sommeille au fond de nous dévoilant tout l’art de ne jamais tâcher sa veste blanche quel que soit le nombre d’adversaires.

Au prix d’une trentaine d’euros, il serait bête de passer à côté d’un must à posséder ne serait-ce que pour la jaquette métallique de toute beauté !

L'avis de l'auteur

Je ne m'attendais pas à repasser autant de temps dans l'univers du premier Yakuza. Bien que je ne sois plus surpris par le scénario, la refonte graphique ne m'a pas laissé de marbre et les ajouts bien pensés font de Kiwami une nouvelle approche au jeu original. Je suis toujours autant agacé par les combats trop rigides à mon goût, parfois fier de ma prestation, mais souvent je lève les yeux au ciel de m'être fait prendre en sushi par les déplacements patauds du personnage. Techniquement assez inégal dans sa réalisation, ce n'est qu'un détail tellement l'aventure est prenante et riche en occupations. SEGA a fait un excellent travail allant au-delà de ce que nous sommes habitués en terme de "remake". Bien que la cible visée par cette version soit les néophytes à la série, elle s'adresse plus à ceux ayant déjà fait le jeu et qui souhaitent reprendre les débuts de Kiryu en main avec des beaux visuels fluides. En effet, la vraie expérience "Yakuza" premier du nom ne sera pas avec Kiwami mais bel et bien avec le volet sur PS2 car les limitations techniques de la console font, elles aussi, partie de l'expérience Yakuza. J'espère sincèrement avoir droit un jour à un remake de Yakuza 2 de cet acabit avec le moteur de Yakuza 6 ! (sans oublier de lui enlever le bambou du c..)

Marc Pjc
b
Note du panda
7 10

Points positifs

  • Le travail titanesque de qualité des visuels et des musiques
  • La prestation vocale des dialogues d'excellente facture
  • Un scénario plus clair
  • Les quatre styles de combats létaux
  • Des commandes plus modernes
  • L'arbre de compétences
  • Des nouvelles activités extravagantes
  • Majima complètement déjanté

Points négatifs

  • La rigidité des combats
  • Des visuels techniquement inégaux
  • Pas de localisation des sous-titres

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

A propos de notre notation

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