Kingdoms of Amalur : Re-Reckoning – Notre avis sur la version Switch

Kingdoms of Amalur : Re-Reckoning

Sorti en 2012 sur PC, PlayStation 3 et Xbox 360, Kingdoms of Amalur : Reckoning était parvenu à séduire la presse et les joueurs. Comme pour relancer l’engouement autour de l’univers de cet Action-RPG fantaisiste, histoire que son extension Fatesworn ne passe pas inaperçue en 2021, THQ Nordic s’est mis en tête d’en réaliser un remaster. Mais déjà bien occupée, l’entreprise autrichienne confia ce travail au studio Kaiko à qui l’on doit les rééditions de Darksiders et sa suite, ou encore de Red Faction Guerilla Re-MARS-tered.

La suite, vous la connaissez sans doute si vous avez suivi l’actualité de ce remaster, Kingdoms of Amalur : Re-Reckoning n’a pas été aussi bien reçu que son aîné. Ce qu’il doit globalement à la fainéantise du développeur, qui s’est contenté du strict minimum sur le travail de refonte. Cela étant une version Switch arrive en mars, six mois après les éditions PlayStation 4, Xbox One et PC. Or une mouture portable d’un RPG si touffu n’est clairement pas de refus. Tâchons de voir si ce nouveau format rend le titre plus digeste.

Conditions du test : Nous avons joué sur Switch Lite pendant une bonne quinzaine d’heures, puis sur Switch en mode docké pendant quatre à cinq heures.

Petite piqûre de rappel

Kingdoms of Amalur : Re-Reckoning

Kingdoms of Amalur c’est en quelque sorte le compromis entre Fable et Skyrim. Deux titres qu’on n’imagine pas, de prime abord, se mélanger. Il faut dire que l’un est un Action-RPG très coloré, à l’univers un brin ouvert, mais aux zones linéaires. L’autre, un véritable Open-World plutôt sombre, arborant une vue en FPS et laissant le joueur libre dans ses actions et ses déplacements. Difficile d’imaginer, alors, comment les deux pourraient s’acoquiner sans que cela ne donne une chimère imbuvable. Pourtant, en 2012, la recette fonctionnait plutôt bien.

Comprenez que Kingdoms of Amalur est donc un Action-RPG en vue de derrière, disposant d’un univers coloré. Ce qui le rapproche évidemment de Fable, à qui il semble par ailleurs emprunter son atmosphère nébuleuse, souvent étrange. Et s’il s’agit bien d’un monde ouvert, il fonctionne néanmoins par zones de tailles différentes, entre lesquelles on voyage en se contraignant à des temps de chargement. Mais là où l’on pourra le rapprocher d’un The Elder Scrolls, c’est dans sa liberté d’action, ainsi que dans sa richesse étonnante.

L’histoire débute par votre résurrection, que vous semblez devoir à un étrange lieu que l’on nomme le Puits des Âmes. Mais pas le temps de vous faire à l’idée que la mort vous a abandonné, puisque vous faites rapidement face à des ennemis en grand nombre. Visiblement venus tuer quiconque réside dans cette grotte, sans prendre la peine de faire de prisonniers. Avant de parvenir à fuir, vous rencontrez succinctement le créateur du Puits, qui semble très heureux de découvrir que celui-ci fonctionne, mais n’a pas le temps de vous en dire plus. Il se sacrifie sous vos yeux.

Ainsi débute votre périple, dont la durée ne dépend que de votre propension à vous intéresser au contenu annexe purement et simplement gargantuesque du jeu. Parce que, qu’on se le dise, son système de combat fonctionne bien, mais devient répétitif au bout d’un certain temps. Malgré une quantité remarquable de capacités à obtenir via un arbre de compétences touffu, ou de bonus associés à des cartes de destinées. Mais si vous accrochez à son univers, alors vous allez avoir de quoi faire. La grande force du jeu résidant dans son contenu.

S’il vous faudra entre trente et quarante heures pour voir le bout de l’histoire principale en ligne droite, vous pouvez facilement en rajouter vingt à trente de plus pour terminer la trame des DLC. Puisque, bien évidemment, cette version Re-Reckoning embarque tout le contenu supplémentaire paru à ce jour pour Kingdoms of Amalur (soit deux DLC conséquents). Néanmoins, si vous souhaitez faire le tour exhaustif du propriétaire, alors investissez dans un bon canapé, parce que ce ne sont pas moins de cent heures de jeu qui vous attendent. En comptant les DLC et leurs quêtes annexes, vous pouvez même pousser à cent-cinquante heures.

Notez que le background et les dialogues de Kingdoms of Amalur ont été en très grande partie réalisés par Robert Anthony Salvatore, un auteur à succès officiant principalement dans le domaine de la fantasy. Ainsi, vous comprendrez que, bien qu’il soit excessivement bavard, le titre ait malgré tout énormément de choses captivantes à raconter. Il faut néanmoins s’armer de patience, parce qu’il met un bon moment avant de livrer ses secrets. Enfin, cet aparté n’était là que pour expliquer que le contenu n’est pas bêtement grossis avec des quêtes annexes sans goût. Bien que certaines soient effectivement dispensables, comme dans tout RPG.

Quid de cette version Switch ?

Kingdoms of Amalur : Re-Reckoning

Nous l’avons vu avec notre test de la version PC de ce remaster, les développeurs se sont contentés d’un maigre ravalement de façade. Comme pour énormément de rééditions qui nous parviennent ces dernières années, certes, mais cela ne rend pas la pilule plus facile à avaler ici. Kingdoms of Amalur a pris un sacré coup de vieux, et ce ne sont pas les textures un brin lissées qui y changent quoi que ce soit. Avec cette version Switch, le résultat est évidemment encore un peu plus décevant, quoique pas si éloigné des éditions PS4 et Xbox One.

Cette version Switch bénéficie d’améliorations au niveau des temps de chargement, que l’on retrouvait déjà l’an dernier sur consoles et PC. Cela étant, elle s’en sort moins bien au niveau du framerate, qui a tendance à ralentir (voire à saccader) lorsque l’on est entouré par trop d’ennemis (comprenez par plus de quatre). De surcroît, le clipping est d’autant plus visible. Notez qu’il n’y a pas de véritable différence entre le rendu en mode portable et sur une TV. Dans les deux cas, malgré une direction artistique toujours sympathique, le titre fait parfois mal aux yeux.

Ce qui pose surtout problème c’est l’archaïsme qui englobe l’aventure. Certes l’écriture est remarquable, le système de combat jouissif, et l’univers original et plaisant à parcourir malgré tout. Néanmoins, il reste difficile de composer avec ses menus d’une rare laideur, son arbre de compétences fouilli, et surtout son inventaire imbuvable. Parce que, comme dans un Skyrim, il va vous falloir faire attention à ne pas porter trop d’objets, sans quoi vous ne pourrez plus en ramasser. Or la gestion des acquisitions est purement et simplement atroce.

Mais cette édition Switch a tout de même une qualité supplémentaire vis-à-vis de son homologue sur PS4 et One : sa portabilité. Alors certes, cela ne permet pas de gommer ses défauts, plutôt nombreux comme vous devez l’avoir compris, mais cela ajoute une petite plus-value à cette aventure extraordinairement touffue. Pas besoin de rester dans votre canapé pour en profiter, ni même de jouer longtemps pour prendre du plaisir. On peut désormais se lancer dans une petite quête annexe ou deux dans les transports. Cela change la manière de consommer ce titre qui, sans cela, peut sans nul doute être considéré comme trop long par certains.

En conclusion

Cette version Nintendo Switch de Kingdoms of Amalur : Re-Reckoning souffre des mêmes problèmes que ses homologues. À savoir une réalisation graphique vieillotte, parfois franchement laide malgré la direction artistique plutôt sympathique. Certains problèmes sont même exacerbés par ce nouveau support, notamment au niveau du clipping ou du framerate. Mais surtout, toute l’interface est à revoir, de l’arbre des compétences jusqu’à l’inventaire lui-même. Difficile, en 2021, de faire abstraction de ce problème.

Pourtant, se donner le temps de passer au-dessus ce ces soucis multiples, c’est s’offrir l’occasion d’arpenter l’un des univers les plus riches du RPG de la génération Xbox 360 / PlayStation 3. Un titre qui bénéficie d’une durée de vie tout simplement colossale, mais aussi d’une écriture saisissante, hormis lors de quelques quêtes annexes de remplissage. Et bien sûr, la portabilité offerte par ce portage est un avantage non négligeable, changeant la manière d’aborder un titre aussi vaste qu’intéressant. À chacun de déterminer s’il est prêt à passer au dessus de nombreux défauts pour cela.

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