Aperçu Code Vein – Un report salvateur ?

Faut-il sang faire ?
Temps de lecture : 6 min.

Dire que Code Vein est un Souls-like comme un autre serait un euphémisme tant il reprend les codes de la célèbre franchise de From Software jusqu’à la moelle avec un look d’anime japonais. On peut donc dire que Code Vein est ce que God Eater est vis à vis de Monster Hunter. Initialement prévu pour le 28 septembre 2018, le report avait surpris tout le monde avec un vague « courant 2019 ». La raison évoquée était un peaufinage du gameplay, ce qui n’est pas nouveau dans l’industrie. Toutefois, alors que la communication s’était accélérée, ce changement de cap semblait un peu bizarre d’autant que, jusqu’à aujourd’hui, nous n’en n’avions plus aucune nouvelle. Il faut dire aussi qu’à l’époque (automne 2018) le calendrier des sorties était particulièrement chargé.

Suite à une invitation de Bandai Namco, nous avons eu la chance de pouvoir jouer au titre pendant près de deux heures sur PS4 Pro. Voyons si ces premières impressions sont concluantes.

Un scénario qui a oublié d’être original ?

 Code Vein

Pour être plus précis, il s’agissait des deux premières heures du jeu, nous avons donc commencé par la création de notre avatar, un point que Bandai Namco maîtrise vraiment bien (on peut dire merci à God Eater) puisque les options sont nombreuses pour personnaliser en détail l’héroïne ou le héros que l’on veut incarner.  Le pitch, dans un registre beaucoup moins flatteur, est également similaire au récent God Eater 3. L’introduction nous bombarde déjà de clichés que l’on rencontre dans bon nombre de J-RPG typés shonen.

On incarne donc un jeune amnésique qui se réveille au beau milieu de nulle part. Plus précisément dans une énième version post-apocalyptique d’une ville moderne, accompagnée d’une jeune fille à la poitrine opulente. Comble du hasard, cette dernière ne se souvient non plus de rien. Pourtant, ça ne va pas l’empêcher de faire des choses mystérieuses comme vous mordre le bras ce qui laisse tomber une goutte de sang qui transforme une vielle pousse en un petit arbre fleurissant. On vous fait ainsi bien comprendre que vous êtes « spécial ».

Dans Code Vein, le monde est infesté de vampires. Malheureusement il semblerait que le sang humain soit devenu une denrée rare, et il leur faut donc trouver des perles de sang, une sorte de substitut, poussant sur certains arbres pour apaiser leur soif. Il s’agit d’une question de survie dans la mesure où ceux qui tombent dans la soif la plus intense se transforment en monstre incontrôlable. On se retrouve donc forcé à effectuer cette tâche ingrate sous la contrainte avec d’autres. Bien qu’un tutoriel très basique nous apprenne les commandes au préalable, on se fait réellement la main dans ce dédale rempli de monstres. Un premier donjon, « facile » selon les membres de Bandai Namco qui nous ont briefés avant la session. Le suivant nous a prouvé qu’ils disaient vrai tant l’écart de difficulté était différent.

Le titre ne s’en est jamais caché, son cœur respire Dark Souls : le gameplay à base de coups, de roulades et blocages qui consomment de la stamina, les âmes (ici c’est de la brume) que l’on récolte à chaque élimination et que l’on utilise comme monnaie pour à peu près tout sans oublier la montée de niveaux, le feu de camp qui recharge notre santé et réapprovisionne les consommables basiques mais qui fait réapparaître tous les monstres battus, et j’en passe. On peut aisément dire que les fans du genre y trouveront une alternative satisfaisante avec une bonne dose de fan service pour otakus. Cependant, on se demande quand même le pourquoi du report de Code Vein. Bien que nous n’ayons pas pu jouer au titre naguère, la comparaison avec les trailers laissent peu d’indices sur ce qui a été retravaillé en profondeur.

Le prince de sang-mêlé

 Code Vein

Bien évidemment, il se ne contente pas d’être un pâle copie et se réapproprie certains aspects. Comme on le disait, dans cette histoire de vampires, le sang est au centre de tout. Étant un être spécial, vous pouvez acquérir et équiper plusieurs codes de sang. Ces derniers détermineront votre classe et vos aptitudes. Au départ, vous n’en avez que trois : le « Fighter » qui privilégie le combat rapproché. Le « Ranger » qui joue un rôle de support à distance. Et le « Caster » qui lance des compétences puissantes appelées « Gifts ». Il y en a d’ailleurs toute une tripotée que vous pouvez débloquer en dépensant de la brume pour chaque code. L’un peut, par exemple, augmenter temporairement votre attaque tandis qu’un autre active une série de coups dévastateurs. Ces capacités ont toutefois un prix, celui du sang. Il sera ainsi nécessaire d’en récolter sur vos ennemis avec une attaque bien spécifique qui draine le précieux liquide.

La dernière subtilité du gameplay de Code Vein est quelque chose qu’il faut impérativement maîtriser. C’est la jauge de focus qui se remplie lorsque vous esquivez ou prenez des coups de tatanes. Une fois pleine, vous entrez brièvement dans un état de concentration qui vous donne notamment la faculté de faire tituber les ennemis plus facilement.. Le système de combat s’annonce dont très complet en plus d’être intéressant à décortiquer. Sachant que, par la suite, vous débloquerez d’autres codes en terrassant des boss (comme le premier qui nous a donné celui du « Berserker »), il y a vraiment de quoi adopter le style que l’on souhaite.

Malgré tout, là où Code Vein se démarque vraiment, c’est par son système de duo. Même si n’avons eu que des compagnons contrôlés par l’IA, il faut savoir qu’un ami, en ligne uniquement, pourra vous rejoindre afin de souffrir en votre compagnie. Car, le premier « vrai » donjon annonce tout de suite la couleur avec une difficulté au rendez-vous. N’allez pas croire que le fait d’être deux rendra la tâche plus facile. Bien au contraire car votre partenaire est aussi fragile que vous. Il est donc nécessaire de trouver les bonnes synergies selon les situations en changeant de code ou de compagnons. Contrairement à vous, ils sont cantonnés à un rôle bien défini. Ils font d’ailleurs partie de l’histoire puisque l’on rejoint par la suite un certain Louis et sa bande qui recherchent eux-aussi des perles de sang. Sa base fait office de lobby et offre les services que l’on peut attendre de ce genre d’endroit comme des magasins pour acheter ou améliorer les armes.

Nous avons cependant des réserves sur certains points. Tout d’abord, Code Vein ne brille pas graphiquement parlant. C’est peu de le dire, et ce que l’on a observé vis à vis des décors annonce déjà une certaine répétition visuelle des environnements. En outre, là où on a de sérieux doutes, c’est sur le level design des donjons. Pour l’instant, nous avons vraiment du mal à imaginer que ces labyrinthes soient réellement adaptés à un titre misant autant sur un gameplay à deux joueurs. En tout cas, c’était vraiment brouillon en duo à cause des couloirs trop étroits. Bien entendu, il s’agit de réserves que l’on dissipera au besoin lors du test. Un dernier mot tout de même sur la bande son qui était assez discrète. En revanche, nous avons pu écouter quelques beaux morceaux comme celui du tutoriel.

Un titre sang doute entre le moyen et le bon

On situe pour l'instant Code Vein un chouia au-dessus d'un God Eater. Bandai Namco sait y faire pour singer à peu près correctement ses modèles tout en apportant sa patte purement japonaise. Le gameplay semble solide et plaisant manette en main, toutefois on a de sérieuses réserves sur la pertinence du duo qui est sans conteste la différence qui peut le démarquer d'un Dark Souls ou d'un Bloodborne en accentuant intelligemment cet aspect. On ressent encore plus ces doutes à cause du level design qui semble bien trop simpliste. On suppose donc que l'attente supplémentaire aura permis de peaufiner le système des combats et la synergie des duos, ce qui est une bonne chose puisque c'est sa plus grande force, même si rien n'est certain tant la différence n'est pas pleinement visible.

Haseo

Cette preview a été réalisée à partir d'une version éditeur

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