TEST. Monster Hunter World – La licence passe au rang mondial !

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Les fans de longue date en rêvaient, Capcom l’a fait, un Monster Hunter qui dépasserait son statut de jeu de niche en Occident contrairement au Japon où la licence est un succès retentissant depuis plusieurs années. Les ambitions sont là, autrement dit nous sommes face à un opus sur les consoles de salon (et PC en automne 2018) avec une esthétique à la page de cette génération. Monster Hunter World porte donc bien son nom puisqu’il compte bien chasser le plus de cœurs possible à travers le monde, mais la question est de savoir si Capcom a bien réussi cette opération séduction pour élargir son public. La difficulté étant de ne pas le rendre trop difficile d’accès pour les nouveaux tout en pensant aux vétérans en enrichissant le tout.

Nous n’avions pas eu de Monster Hunter sur consoles de salon depuis la Wii en 2009 puisque c’est bien sur les consoles portables que la série a le plus brillé, notamment sur PSP et dernièrement sur 3DS. Le désir de rendre ce jeu de chasse dans un univers fantastique accessible au plus grand nombre avec cette sortie mondiale est plus qu’évident. Après quelques bêtas sur PS4 qui ont clairement donné l’eau à la bouche, voyons comment est le jeu dans son ensemble ?

Le jeu a été testé sur PS4, nous n’avons donc pas rencontré les problèmes en ligne concernant principalement la Xbox One (et réglé par un patch accessoirement). Pour ceux qui voudraient découvrir la série, n’hésitez pas à consulter cette article qui vous donne 5 conseils rapides pour bien démarrer. 

Le bon équilibre entre accessibilité et authenticité de la franchise

La licence Monster Hunter est connue pour ne pas faire de cadeau, sa difficulté légendaire et ses mécaniques particulières font tout autant sa force que sa faiblesse puisque bon nombre de personnes se laissent facilement gagner par la frustration et ne pardonnent pas certains défauts tout à fait légitimes, comme les fameuses collectes de ressources redondantes par exemple. Le défi de Capcom était donc de rendre leur jeu plus accessible sans pour autant dénaturer l’essence de la chasse aux monstres. Pour être clair d’emblée, Monster Hunter World est tout simplement le meilleur opus pour découvrir la série, et de loin. Sans faire une liste exhaustive des modifications apportées, on constate que presque toutes les choses rébarbatives comme le fait de devoir sans cesse refabriquer des cannes à pêche, des pioches et des filets…, ont été balayé d’un revers de main pour laisser place à l’essentiel : manger, chasser, dépecer, fabriquer, et recommencer. Malgré tout, et heureusement, le titre n’est pas non plus simple à prendre en main. Il y a énormément de choses à maîtriser, ces dernières se rajoutent petit à petit au fil de l’aventure pour ne pas assommer le joueur avec trop d’informations d’un coup.

Si vous êtes nouveau, Monster Hunter World est le meilleur opus pour découvrir la série

Et encore, tout n’est pas explicitement expliqué et beaucoup de choses sont à découvrir par vous même en explorant l’environnement qui vous entoure. Le titre nous surprend donc constamment et ce, même si l’on est un habitué. Pour couronner le tout, Monster Hunter a enfin droit à un mode histoire digne de ce nom. Auparavant, nous étions lâché dans la nature avec quelques excuses rapides pour tuer de la bébête. Pourtant, quelques rares opus, et plus récemment Monster Hunter Stories, nous ont prouvé que le lore de la série mérite vraiment qu’on s’y intéresse, et là encore Capcom a frappé juste. Cette partie du jeu représente toujours un aspect minoritaire par rapport au plaisir de la chasse, mais il a le mérite de proposer quelques personnages sympathiques mais surtout une quête épique pour les amoureux de la nature dans un univers fantastique. Votre but sera de chasser de redoutables dragons anciens et de découvrir pourquoi ces derniers se rendent sur ce continent à une période donnée. Nous avons droit à plus de dialogues entre les personnages, et quelques missions plus scénarisées, mais encore une fois cela n’est pas la norme et tout ceci sert surtout à rendre l’univers plus attractif et vivant humainement parlant.

Après avoir créé votre personnage via un module assez complet il faut l’avouer, ainsi que votre fidèle compagnon matou appelé Palico, vous êtes lâché dans la ville d’Astrea. Ce lieu regorge de services en tout genre, dont plusieurs qui se débloquent en progressant dans le scénario, pour bien vous préparer avant une mission. La base de la base étant les magasins pour les objets, la forge pour le craft et enfin la cuisine histoire de prendre des repas bien copieux mais surtout bourrés de bonus divers. Car le menu du chef Palico propose différents plats qu’il vaut mieux choisir en fonction du type de quête que vous acceptez. Il y en a vraiment pour tous les goûts.

Rendez-vous en terre inconnue

En plus des petits encombrements propres à la franchise dont on faisait référence précédemment, Capcom a profité de cette génération de console pour nous offrir un terrain de jeu absolument incroyable et plus que jamais propice à la chasse ainsi qu’à divers excursions moins violentes. Fini les cartes morcelées en plusieurs petites zones avec des temps de chargement qui cassaient le rythme. Chaque territoire offre un monde ouvert vivant et extrêmement dense. Nous n’avons pas le sentiment de suivre un chemin ou un autre, on se perd tout simplement dans un coin de nature immense. Bien que le tout soit très joli à regarder, le plaisir vient également du fait que l’on peut interagir avec pratiquement tout l’environnement qui nous entoure. Que ce soit pour la récolte, pour se déplacer ou tout simplement pour la chasse.

Une nouveauté excellente permet de déclencher des pièges à certains endroits donnés pour immobiliser ou infliger de gros dommages à un monstre. Bien évidemment la nature ne fera pas tout à votre place, et il faudra mettre en pratique vos capacités de traqueur pour d’abord débusquer votre proie en analysant les traces qu’elle a laissées et d’en examiner le plus possible pour faire progresser une jauge. Arrivé à un certain point, cela déclenchera vos navicioles qui vous indiqueront le chemin à suivre. Cette notion de traque rajoute un gros plus pour ce qui est de l’immersion, sans oublier qu’il faudra sans arrêt suivre à la trace des monstres qui ont tendance à prendre la fuite un peu trop souvent surtout quand ils sont en difficulté. Un autre surprise de taille peut survenir pendant la traque quand un autre grand monstre vient s’inviter à la fête. Cette rencontre « fortuite » déclenche une guerre des territoires qui donne lieu à un choc des titans agréable à admirer. Il ne faut toutefois pas se leurrer, ces événements sont souvent scriptés mais cela n’enlève rien à leur charme.

C’est un vrai bonheur d’explorer et d’interagir avec la faune et la flore très vivantes de ce Monster Hunter World dans plusieurs mondes ouverts sans temps morts.

Le plus croustillant est néanmoins quand on agit soi même ou en groupe en usant de nos armes contre d’énormes bêtes. Là encore, en plus de proposer pas moins de 14 armes différentes, c’est surtout le maniement qui est plus dynamique que jamais sans pour autant enlever cette exigence des déplacements. Il est incroyable de constater que toutes les armes sont classes à utiliser et chacun trouvera forcément deux ou trois chouchous. Car il ne suffit pas de frapper au hasard comme un dératé, il faut réellement maîtriser parfaitement son outil de combat pour infliger le plus de dommages ou pour bien se protéger. Cette variété est réellement un atout de taille vu que l’on peut se lasser d’enchaîner plusieurs chasses avec une seule arme. Opter pour un style différent redonne de l’intérêt au gameplay d’autant que certaines armes comme l’arc ou l’arbalète lourdes ont également des utilisations plus stratégiques sans oublier qu’en ligne, vous pouvez jouer avec leurs synergies à l’échelle d’une équipe.

Toutes les armes de Monster Hunter World offrent des styles différents et sont très classes à utiliser d’autant que les mouvements sont moins rigides qu’à l’accoutumée

Parce que si le début de l’aventure est plutôt tranquille en terme de difficulté, la suite devient moins évidente et c’est là qu’il faut en plus  connaitre un minimum les monstres et leurs pattern pour pouvoir les battre le plus efficacement possible. Par exemple, couper rapidement la queue empoisonnée d’un Ratian est plus que judicieux pour être moins en danger tout le long de l’affrontement, mais cibler certaines parties fragiles d’un monstre ne sert pas qu’à l’affaiblir. En effet, certains ingrédients auront plus de chances de tomber au dépeçage (ou même en plein combat parfois avec de la chance) si vous détruisez certaines parties spécifiques. Profitons d’aborder les gros bestiaux pour parler du bestiaire de ce Monster Hunter World qui frise le respect. Certains vétérans seront peut-être insatisfaits (il faut dire que l’on a tous nos préférés), mais on ne peut que constater l’originalité de ces monstres que ce soit au niveau du design ou des comportements.

Pour ceux qui regrettent l’absence ou le manque de monstres, on ne prend pas trop de risque en disant que l’on peut faire confiance à Capcom pour enrichir le jeu dans la durée, et tout ça avec des DLC gratuits (par contre au passage les tatouages à 2€ l’unité bof bof). Déjà que les opus 3DS offraient un bon suivi en la matière, on ne doute pas que l’effort sera doublé sur consoles portables et PC. De toute façon avant d’en arriver là, vous avez bien entre 40 et 50 heures avec le contenu de base.

Lundi de la chasse, mardi de la chasse…

Malgré ce flot d’éloges largement mérités selon nous, la seule chose qui pourra ne pas plaire aux joueurs est son concept en lui-même indéniablement répétitif. Une fois qu’on y accroche, le principe est ultra addictif. On chasse, on collecte des matériaux pour améliorer nos armes et fabriquer de nouvelles armures, et on recommence pour optimiser toujours au mieux son équipement. Chaque pièce d’armure possède des compétences propres et vos armes peuvent avoir des propriétés élémentaires. Jouer avec les combinaisons pour s’adapter au mieux à notre style de jeu ou bien pour affronter un monstre spécifique est un exemple de la richesse colossale du jeu. De même que le craft d’objets consommables qui permettent d’établir des stratégies (comme les pièges et les tranquillisants pour la capture) ou bien de renforcer vos alliés (des poudres pour donner des buffs à son équipe).

Le concept de Monster Hunter World peut être répétitif pour certains et ultra addictif pour beaucoup d’autres

Evidemment, il y a des à-cotés pour que tout ne se limite pas qu’à la chasse. Au passage, on note que les quêtes de collecte affreusement ennuyantes et massives ont été reléguées au second plan. Si certaines sont encore là, c’est surtout les investigations, qui sont des petits objectifs annexes que l’on récupère à l’intendance et que l’on peut accomplir n’importe quand, qui remplissent ce rôle. Même chose pour les livraisons d’ingrédients qui permettent, entre autres, de débloquer des ingrédients et des camps de base dans les différentes zones. Des quêtes annexes pas très compliquées sont là pour apporter de nouveaux ingrédients à la cuisine ou bien améliorer les services de la ville d’Astrea. Pour les plus téméraires, les contrats ou les batailles en arène seront de véritables défis puisque dans les deux cas, le temps d’accomplissement entrent en compte. Les arènes sont un peu plus intéressantes dans la mesure où l’on vous impose un personnage déjà équipé. Néanmoins, on attend tout de même les quêtes de rang G ou leurs équivalents pour avoir de vrais challenges et surtout pour fabriquer des armures qui en jettent.

Quand le mot « World » prend tout son sens

En parlant de l’aspect visuel justement, inutile de préciser que Monster Hunter World nous éblouit de par ses graphismes détaillés et rendant très bien hommage à la faune et à la flore des environnements. De plus, ces derniers nous font voyager en nous proposant des décors inspirés comme le Plateau de Corail dont le nom parle de lui-même. On l’évoquait, mais les armures disposent de looks très variés et qui en imposent de même que les armes sauf pour certaines qui n’offrent pas forcément de grandes différences (le design des morphohache est beaucoup plus voyant que les épées longues par exemple lors des améliorations). Certaines animations faciales peuvent être discutables aussi, mais la palme revient aux monstres. On parlait de leurs designs superbes mais encore leurs comportements, les changements physiques sont tout simplement incroyables à l’œil comme lorsque l’on regarde un Barroth se couvrir de boue. Pour ce qui est de la bande son, rien a lui reprocher non plus. On peut entendre le calme de la nature pendant les explorations et une musique épique pendant la castagne avec une bête. En outre, Monster Hunter accueille pour la première fois des doublages en plusieurs langues dont le français alors que la licence dispose depuis toujours de son propre dialecte bien que cette dernière soit aussi accessible.

Monster Hunter World nous régale en multijoueur de part sa fluidité et sa portée mondiale

Finissons par le meilleur même s’il a déjà été évoqué par ci par là, il s’agit bien de l’aspect multijoueur qui est une composante majeure dans la série. Bien que l’interface ne soit pas très intuitive, en particulier en ce qui concerne toutes les options liées au multijoueur, tout est fait pour vous faciliter la vie et rejoindre d’autres chasseurs du monde entier ou bien en jouant avec vos amis proches en créant un clan. Les vétérans de longue date savent que chasser en groupe est le vrai plaisir d’un Monster Hunter et le fait de pouvoir rejoindre n’importe quelle quête en cours (sauf quand une cinématique du scénario est lancée) ou aider des consœurs ou confrères en difficulté via la fusée de détresse est simple comme bonjour. La fluidité du service est à saluer surtout que nous avons constaté aucun problème lié au online en jouant pendant une semaine après la date de sortie.

Monster Hunter World est un trophée somptueux que Capcom peut fièrement placer tout en haut de sa cheminée. En plus de proposer un titre excellent et totalement en adéquation avec la génération actuelle, la licence se modernise et devient plus accessible mais dans le bon sens du terme. Il ne trahit pas l’essence de la série qui passionne une petite catégorie de joueurs depuis des années et qui ne vont que gagner plus de coéquipiers convaincus. Seul le concept de la boucle répétitive pourra en rebuter certains mais les nombreux atouts sont indéniables. Si avec ça, Monster Hunter reste une franchise à jeu de niche, on ne comprend plus rien.

 
La note de l'auteur

Le messie est arrivé mes amis, ce Monster comble toutes mes attentes. Qu'il est bon de courir pour la première fois dans la Forêt Ancienne, de pouvoir récolter en courant pour que l'artisanat automatique fasse ta potion puis ta méga-potion. Bref, autant de choses que Capcom a simplifié sans toutefois enlever la difficulté historique de la licence même si j'attends tout de même les quêtes de rang G avec impatience. Monster Hunter World fait franchir un cap à la série et s'enrichie toujours plus. Je pense que ce sera mon jeu de l'année surtout que les DLC gratuits suivront pour me scotcher toujours plus dessus.

Haseo
s
Note du panda
9 10

Monster Hunter World

Points positifs

  • Un Bestiaire conséquent et varié...
  • Un mode scénario appréciable et pas trop sur le devant de scène
  • Les environnements aussi vivants que magnifiques à contempler
  • Le maniement des armes dynamiques et demandant une certaine maîtrise
  • Un Monster Hunter parfait pour les nouveaux...
  • ... Qui ne tombe pas dans la casualisation et comblera les vétérans
  • Toutes les petites choses agaçantes que Capcom a simplifié
  • Un multijoueur parfaitement rodé

Points négatifs

  • ... Il manque tout de même un bon paquet de grands monstres
  • Une interface non intuitive qui demande un temps d'adaptation

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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