Ys Origin – Notre avis sur la version Nintendo Switch

Ys Origin Switch

C’est avec la PSP que Ys, grosse série nippone d’Action-RPG, a fait sa première apparition sur notre continent. Des épisodes que la majorité ne retiendra pas, mais qui ont permis d’asseoir suffisamment la série dans nos contrées pour que l’arrivée de Memories of Celceta sur Vita se passe en douceur. Depuis lors, Falcom a bien compris qu’il y avait un filon à exploiter en Europe et semble décidé à nous faire parvenir chacun des nouveaux opus de la licence.

C’est ainsi qu’en 2017 nous avions droit à un certain Ys Origin, préquel aux aventures de Adol, héros de chacun des autres opus, se déroulant 700 ans avant l’apparition de celui-ci. Un jeu qui revenait de loin, puisque disponible depuis onze ans sur les ordinateurs japonais. Il nous parvenait sur tous les supports de l’époque, la Xbox One prenant quant à elle un an de plus à être servie. La suite logique, c’était une sortie sur Nintendo Switch !

Conditions du test : Nous avons joué environ huit heures sur Nintendo Switch classique, en mode TV, et un peu plus d’une heure sur un modèle Lite pour essayer le mode portable.

Le poids des années

Ys Origin

Avant toute chose, il est bon de préciser que Ys Origin était une claque en 2006, dans le genre Action-RPG. Il est d’ailleurs dommageable qu’il ait mit onze longues années à finalement nous parvenir, puisque l’expérience de jeu est évidemment moins adaptée au marché de notre époque. On notera d’ailleurs qu’à l’instar des versions PS4 et PC de Memories of Celceta, le travail effectué sur les graphismes de ce portage est assez sommaire. C’est peut-être un poil plus net qu’à l’époque, mais il semble évident dès le premier regard que cette version de 2017 est en retard sur son temps. D’autant que le titre ne comptait pas parmi les plus beaux jeux la décennie précédente non plus.

Ainsi, le premier défaut de cette version touche directement à son aspect visuel. Bien que le genre rétro soit populaire, on ne peut décemment pas affirmer que Origin compte parmi les plus agréables à regarder de sa catégorie. Ce qu’il doit autant à sa réalisation technique qu’à sa direction artistique d’ailleurs. Le character design est une réussite, ce n’est pas à remettre en question, mais tout son univers se révèle décevant. Les textures sont pauvres, on a constamment l’impression d’avancer dans les mêmes environnements, et la palette de couleurs ne change qu’à peu de reprises.

Le problème, et c’est malheureusement ancré dans l’ADN de cet Action-RPG quoi qu’on fasse pour l’améliorer, c’est que son histoire se cantonne à une tour qu’il faut gravir. Cela pour venir en aide aux deux déesses qui, selon la croyance locale, ont sauvé une bonne partie des hommes en les envoyant vivre dans le ciel. Les démons, quant à eux, ont décidé de construire un monument d’une envergure vertigineuse pour aller les déloger. Mais surtout pour étancher leur soif de sang. En tant que scénario, c’est plutôt intéressant, mais cela donne malheureusement lieu à un enchaînement de tableaux se ressemblant tous beaucoup trop.

Ce huit clos est donc le principal problème de l’aventure, puisqu’il conforte dans un sentiment de répétitivité générale, auquel fait d’ailleurs écho le système de jeu en lui-même. Le pire étant probablement que pour profiter un maximum de son histoire, il faudra se lancer dans ses trois campagnes, correspondant chacune à un personnage et son point de vue propre. Le hic c’est que cela nous fait passer chaque fois par les mêmes environnements, dans le même ordre, pour une progression qui ne change pas d’un iota.

On n’attendait donc guère cette édition Switch sur son aspect graphique, contrairement à la majeure partie des portages que la console hybride a pu recevoir ces trois dernières années. Il semblait plutôt évident que le résultat serait le même que chez la concurrence, et en effet, il n’y a pas grand-chose de plus à dire que sur une version PS4 par exemple. Si ce n’est que le titre de Falcom reste très fluide, mais aussi qu’y jouer en mode portable est véritable délice. Autant parce que cela donne l’impression que les textures sont moins pauvres que sur une TV, que parce que le gameplay n’en est que d’autant plus jouissif.

Joy-Con en main, rien ne change

Ys Origin

Quoi qu’on en dise, le gros point fort de la série ne se situe ni dans son aspect visuel, ni dans son scénario, mais bien dans son gameplay. Action-RPG nippon oblige, le résultat manette en main est intuitif, mais surtout particulièrement jouissif. Plus que chez un Secret of Mana, par exemple, puisqu’il se révèle beaucoup plus dynamique et permissif. On ne cesse de courir dans tous les sens, ça charcute du démon à tout-va, et ce sans jamais faire baisser la lisibilité exemplaire du titre, malgré un nombre d’ennemis à l’écran parfois conséquent.

Sur cette édition Nintendo Switch, on aurait pu craindre que les joysticks des Joy-Con se révèlent problématiques, moins agréables à prendre en main que ceux d’une manette de Xbox One par exemple. Et il est vrai que dans un jeu aussi dynamique que Ys Origin, c’est un détail à prendre en compte, autant que pour un Fast-FPS à la DOOM. Néanmoins, autant en mode portable que sur une TV, ce n’est ici pas un problème. Les personnages répondent au doigt et à l’œil, et les quelques exactions qu’induisent les joysticks de la Switch ne sont pas dérangeantes.

L’expérience introduite par les versions consoles il y a trois ans est donc retranscrite sans la moindre vague ici. Bien qu’étant donné le support, on puisse avant tout comparer cette édition Switch à celle parue sur Vita, plutôt qu’à la mouture PlayStation 4. Autant pour l’aspect portable que pour l’ergonomie contestable des joysticks évidemment. Cela étant, nous sommes donc face à un Action-RPG très nippon, ne manquant guère de qualités. Via son gameplay donc, dans un premier temps, mais aussi dans ses mécaniques et son scénario.

Loin d’être un bête jeu d’action teinté de mécaniques de RPG, Ys Origin propose une aventure qui sait renouveler son gameplay régulièrement. Malgré des bases qui, il faut bien l’avouer, sonnent comme une constante redite, du fait du peu de touches utilisées. Ce qui fait sa force, c’est l’impression de puissance grisante qui se dégage de ses affrontements, et qui ne cesse de grandir à mesure que l’on progresse dans l’aventure, que l’on obtient de nouveaux pouvoirs et qu’on les améliore. Malgré l’ennui que pourraient provoquer ses environnements répétitifs à outrance, le titre de Falcom parvient tout le long de son aventure à nous tenir éveillé grâce à son rythme soutenu.

Il s’agit par ailleurs d’une manière idéale pour s’initier à la série. Autant parce que Origin pose les bases de l’univers fascinant de Ys, que parce que son gameplay est facile d’accès. Ce qui ne signifie pas que le challenge est absent, fort heureusement. Par ailleurs, cet opus compte l’une des meilleures bandes sonores de la licence, et un scénario très réussi en trois actes, un par personnage jouable. De quoi permettre de se lancer dans des parties pas trop longues, puisqu’il faut environ huit heures pour voir le bout de chaque aventure. Ce que l’on prendra ici pour une qualité : là encore, nous n’avons pas le temps de nous ennuyer.

En conclusion

La Switch s’offre un énième portage, et c’est une bonne chose. Avec Ys Origin, ce support hybride se dote d’un Action-RPG ne manquant pas de qualités, au gameplay pêchu, au scénario intéressant et à la bande-son divine. Le tout pour un prix particulièrement attractif, affiché à un peu moins de 20 euros sur l’eShop, contre 30 pour une édition physique. De quoi permettre aux joueurs Nintendo de patienter un peu plus sereinement, en attendant l’arrivée de Ys IX : Monstrum Nox, prévue pour le 5 février 2021 sur PS4, contre l’été prochain sur Switch et PC.

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