Test Final Fantasy XV : Episode Ignis – Quand le valet se prend pour le roi

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Concluant une année de DLC en tout genre pour Final Fantasy XV, l’Episode Ignis offre la vedette à l’un des meilleurs personnages de l’aventure tout en éclaircissant l’une des grandes zones d’ombre du scénario.

Censé être le dernier DLC – avant d’apprendre qu’une nouvelle fournée arriverait en 2018 – concluant toute l’aventure Final Fantasy XV, l’épisode consacré à Ignis promettait d’éclaircir un des moments obscurs de l’aventure de Noctis et des siens, du moins un de ceux qui méritaient qu’on s’y attarde vraiment. Puisque oui, on ne va pas se mentir, les extensions précédentes centrées sur Gladio et Prompto n’étaient clairement pas à la hauteur des attentes. Le dernier espoir repose donc sur le grand cuistot de la bande et protecteur du prince, Ignis – ou Iggy pour les intimes, dans un épisode supposé être plus important que les deux autres.

Avant toute chose, ce test reviendra sur des éléments scénaristiques importants concernant l’aventure principale, notamment le chapitre 9. Bien évidemment, aucun spoil ne sera formulé quant à la trame du DLC, si ce n’est les quelques informations déjà visibles dans la bande-annonce. Notez que même si cet épisode se déroule durant l’une des ellipses du jeu, il contient également quelques scènes faisant référence à la fin de Final Fantasy XV. Nous vous recommandons donc de ne lire ce test qu’après avoir bouclé la quête principale.

Frères de cœur

FFXV Episode Ignis

Les trois compagnons de Noctis ont tous eu droit à leur petite ellipse durant l’aventure, suscitant plus ou moins d’intérêt selon les personnages concernés. Gladio et Prompto ont eu leur petit moment de gloire en solo, mais c’est véritablement le sort d’Ignis qui rendait curieux. Alors qu’il perd la vue suite à la terrible bataille d’Altissia, les raisons ayant provoqué sa cécité n’avaient encore jamais été évoqués. Cet épisode se consacre donc à nous narrer les événements qui ont eu lieu durant le siège d’Altissia par l’armée impériale, qui tente de mettre à mal la réunion entre Noctis et Luna.

On retrouve alors les trois compères de Noctis, faisant face à cette invasion peu après que le prince se soit évanoui suite à sa victoire contre le Leviathan, qui a détruit une bonne partie de la ville au passage. Séparé du blondinet et du costaud de la bande suite à une attaque ennemie, Ignis va devoir se frayer un chemin à travers la cité en ruine pour sauver ce bon vieux Noct. C’est donc une heure et demie de batailles effrénées et de crapahutages sur les toits de la ville qui va rythmer cet épisode, saupoudré de quelques petites révélations qui disons-le clairement, ne surprendront pas grand monde.

Les raisons concernant l’handicap d’Ignis sont finalement assez attendues, mais elles restent assez bien narrées pour qu’on s’intéresse au sort du personnage.

Peu de surprises donc, mais on se laisse tout de même bien porter par l’histoire grâce au charisme du personnage, sans doute le plus intéressant de la bande. Servi par une mise en scène assez efficace et un combat final aussi classieux qu’émotionnellement chargé, Ignis relève un peu le niveau de ses congénères et montre qu’il est plus que jamais le vrai protecteur du roi. Même si l’on apprend finalement peu de choses sur le lien indéfectible qui l’unit à Noctis, la présence de Ravus dans cet épisode permet d’établir un parallèle implicite entre les deux « grands frères », tous deux prêts à tout sacrifier pour sauver ceux qu’ils ont jurés de protéger.

Entre simplicité et superficialité

FFXV Episode Ignis

Ce lien, on pourrait presque le ressentir dans le gameplay du bonhomme à lunettes. Au lieu de jongler entre différentes armes, Ignis peut modifier l’affinité élémentaire de ses dagues, offrant alors trois styles d’approches. Le feu rendra les coups plus puissants, à défaut d’une vitesse amoindrie, tandis que la glace vous apportera une meilleure allonge, ce qui est bien pratique face aux vagues d’ennemis qui vous attendent. Enfin, la foudre vous permettra de passer d’un soldat à l’autre à une vitesse folle, mais occasionnera peu de dégâts. Selon vos opposants, il vous faudra donc manœuvrer ces trois styles à la volée en évitant de se faire toucher, puisque vous disposerez d’un multiplicateur de puissance qui fonctionne de la même manière que dans l’épisode Gladio. Rajoutez à cela des capacités déjà connues comme le « Saut » ou une nouvelle jauge qui vous permet de lancer une attaque de l’élément de votre choix, et vous obtenez un système de combat plutôt simple mais suffisamment efficace pour le peu de temps que vous aurez à l’utiliser.

Le jonglage permanent entre les trois éléments permet d’ajouter une bonne dose de dynamisme aux combats, et compense la faiblesse des autres nouveautés du titre.

On ne peut pas en dire autant des autres nouveautés à la disposition d’Ignis. Tel un Batman du pauvre, notre cuistot sera capable de se balancer de toit en toit à l’aide d’un grappin, un ajout qui ne semble vraiment pas adapté pour Final Fantasy XV. Résultat, on se retrouve avec des animations complètement rigides et une architecture cabossée – ce que l’on peut concevoir étant donné l’intrigue, qui font de ce grappin une fausse bonne idée. Alors que le concept aurait pu être séduisant, surtout dans la merveilleuse citée qu’est Altissia, il se révèle être complètement inutile si ce n’est pour s’échapper d’une bataille ardue ou effectuer un finish-move beaucoup trop permissif. On ne prendra même pas de plaisir à visiter la ville, tout d’abord parce qu’elle est en ruines, mais aussi parce que le manque d’activité annexe se fait cruellement ressentir.

En dehors de cette gigantesque fuite en avant qui rythme l’aventure, vous aurez la possibilité de reprendre le contrôle des différents quartiers de la ville en éliminant toute trace de l’armée impériale. Pour accomplir cette tâche, vous disposerez d’une vue supposément tactique, vous laissant voir les forces en présence avant de fondre sur elles. Là encore, ce nouvel apport n’a aucune vraie utilité. Alors qu’il est censé être plus difficile que les deux autres DLC, cet épisode se montre beaucoup trop généreux dans le loot et donne à foison potions et moult élixirs, rendant tous les combats assurément bourrins et dépourvus de stratégie. Le seul pic de difficulté se trouve malheureusement dans le contenu bonus de ce DLC, avec l’ajout d’un combat contre un Noctis virevoltant et plus retors que jamais.

Quand la cohérence voit floue

FFXV Episode Ignis

Avec toutes ces nouvelles features, on ressent clairement l’envie des développeurs de vouloir ajouter un peu de contenu et d’intérêt à ce DLC, surtout dans le chemin alternatif qu’il propose après l’avoir terminé. La deuxième conclusion de cet épisode débouche en effet sur un nouveau chemin pour l’aventure principale, et propose un ultime combat de boss avant une fin alternative pour l’aventure de Noct et compagnie. On ne va pas s’épancher dessus pour ne rien spoiler, mais sachez que cette nouvelle conclusion ne tient pas ses promesses et qu’elle se révèle être hautement incohérente, détruisant de nombreux enjeux de la quête de nos héros. Cela part donc d’une bonne volonté, qui aurait pu plaire aux joueurs déçus par la fin originale, mais le résultat est amer.

Le chemin alternatif qu’offre ce DLC en guise de bonus est tiré par les cheveux, comme si les développeurs avaient oublié en cours de route certaines règles de base régissant leur univers.

Cependant, tout n’est pas à jeter dans cette parenthèse. Elle nous donne l’un des plus beaux morceaux de tout Final Fantasy XV qui vient compléter avec magie l’OST absolument grandiose de ce DLC. Ignis est en effet bien servi par les compositions musicales de Tadayoshi Makino mais surtout par celle de l’invité star qu’est Yasunori Mitsuda (Chrono Trigger, Xenogears, Xenoblade Chronicles…) qui met ici tout son talent en œuvre pour nous offrir un trio de pistes résolument épiques, avec des grands morceaux de bravoure qui n’ont pas à rougir face au talent de Yoko Shimomura, aussi présente pour une revisite de la piste « Apocalypsis Noctis ». Cela aiderait presque à faire fi de la relative banalité de ce DLC, qui se laisse savourer mais qui sera vite oublié, même pour les fans de Final Fantasy XV.

L’épisode consacré à Ignis peine donc à captiver outre mesure avec une histoire plutôt convenue qui ne piquera notre intérêt que lors des rares moments de bravoure du personnage. Les nombreux ajouts de ce DLC tombent finalement à l’eau, à l’image d’un grappin totalement accessoire, et de cette fin alternative insipide qui met toute cohérence au placard. Reste un gameplay simple et dynamique, une bande-son magistrale mais aussi un Ignis charismatique et un Ravus énigmatique pour porter à bout de bras la conclusion de cette première trilogie de DLC, en espérant que la nouvelle fournée soit un peu plus généreuse.

La note de l'auteur

Final Fantasy XV et moi, c’est une grande histoire d’amour et ce malgré ses innombrables défauts. J’attendais donc avec impatience de découvrir un nouveau pan de l’histoire, surtout pour qu’il vienne combler le vide créé par le climax du chapitre 9. Malheureusement, le constat fut à peine meilleur que les deux premiers DLC. Avec sa durée de vie plus que faiblarde malgré un prix relativement bas (5 euros) et des ajouts inutiles, cet épisode n’a pas su me captiver comme il aurait dû. Ne parlons même pas de cette fin alternative absurde, qui ne fait que renforcer mon attachement à l’originale. Je garderai tout de même en tête cette bande-son orchestrée avec le plus grand des talents et la mise en lumière que méritait le personnage d’Ignis. Il va cependant falloir faire bien mieux en 2018 pour réussir à susciter à nouveau mon intérêt, malgré tout l’amour que je porte à cette épopée.

Jordan
c
Note du panda
5.5 10

Final Fantasy XV - Episode Ignis

Points positifs

  • Ignis et Ravus, un duo intéressant
  • Un système de combat un peu plus acceptable que dans les précédents épisodes
  • L’OST qui ravit les oreilles
  • Une mise en scène qui sert bien les enjeux de cet épisode

Points négatifs

  • Manque de vraies surprises
  • Du contenu totalement superficiel comme le grappin ou la vue tactique
  • Encore une fois beaucoup trop court (1 à 2 heures maximum)
  • Une fin alternative complètement à côté de la plaque

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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