L’organisme PEGI va bientôt serrer la vis sur les lootboxes, les achats intégrés et d’autres mécaniques addictives
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Rédigé par Alexis
Qu’il soit finalement suivi à la lettre ou non par le consommateur, l’organisme Pan-European Game Information (PEGI) livre depuis 2003 une évaluation des jeux vidéo distribués en désignant l’âge en dessous duquel le produit est déconseillé. Très utile pour orienter les parents sur leurs achats à destination de leur(s) enfant(s), ce système va connaître une sacrée évolution en revoyant à la hausse la limite d’âge pour les titres intégrant des lootboxes, des achats intégrés, et plus encore. Des changements de classification qui commenceront à être effectifs en juin.
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ToggleDeux nouveaux critères économiques…
Avec un minimum de 3 et un maximum de 18, la classification PEGI offre un aperçu de la tonalité d’un jeu. Insultes, peur, sexe, violence, drogues, à chaque thème son pictogramme pour informer le public. Et à compter de juin, l’organisme européen va inclure quatre critères s’attardant davantage sur les modèles économiques et même l’aspect communautaire.

Ces changements vont à coup sûr bouleverser la couleur de pas mal de productions présentées jusqu’ici comme tous publics, ou presque. Ces informations nous proviennent d’Eurogamer et le journaliste Robert Purchese, après un entretien avec Dirk Bosmans, le directeur général de PEGI.
Le premier critère implique tout bonnement les dépenses in-game. Cela concerne les battle pass payants, ou les bannières des free-to-play, et toute autre boutique impliquant l’achat d’objets temporairement disponibles amenant de la pression pour jouer et revenir régulièrement sur le jeu. La conséquence est un PEGI 12 pour ces jeux, et un PEGI 18 en cas de présence de NFT.
Bosmans évoque la possibilité de redescendre à un PEGI 7 dans le cas où le jeu intègre la possibilité de désactiver les achats intégrés par défaut. Il souligne aussi que d’autres détails liés à ce critère sont encore en discussions, et qu’il s’agit d’une phase expérimentale pour l’organisme.
Deuxième critère, les fameuses lootboxes. On pense tout de suite aux cartes Ultimate Team d’EA Sports FC, aux mécaniques gacha des free-to-play, mais aussi au système de clés permettant de déverrouiller des objets aléatoires. Pour ce cas de figure, le PEGI monte à 16, et même à 18 pour les casinos sociaux. Là aussi, il serait possible de considérer un PEGI 12 si un système de désactivation par défaut de ces lootboxes venait à être intégré.
… et deux liés à l’addiction et à l’aspect communautaire

Pour ce qui en est du troisième critère, PEGI s’attaque aux mécaniques favorisant l’addiction en forçant le joueur ou la joueuse à revenir. Typiquement, on parle de défis quotidiens, ou d’une chaîne de connexions à maintenir, etc. Dirk Bosmans nuance particulièrement ici en disant qu’il s’agit davantage d’un critère informatif qui n’aura pas ou peu d’influence sur le PEGI en lui-même :
Certaines personnes ont souligné que ces mécaniques rendaient le jeu captivant et amusant, ce qui enrichit l’expérience de jeu à la manière d’un cliffhanger d’une série Netflix. Donc nous voulons surtout informer les parents à ce sujet, car il n’y a aucune raison de donner à Animal Crossing une évaluation élevée. Donc on en restera à un PEGI 7 avec un descripteur qui expliquera cela. Les termes exacts de ce descripteur restent à définir.
Toutefois, un PEGI 12 sera donné aux jeux qui auront un battle pass gratuit ainsi qu’à ceux pénalisant l’absence trop prolongée du joueur ou de la joueuse.
Enfin, le dernier critère concerne la toxicité en ligne. Il ne faut pas traîner longtemps sur certains jeux pour avoir déjà expérimenté au moins une fois un bain d’insultes via chat vocal, chat textuel et autres démonstrations de comportements toxiques. Eh bien tout jeu qui n’embarquera pas de système visant à restreindre ou modérer ce type de comportements se verra attribué un PEGI 18, au point d’être même considéré comme illégal, notamment au Royaume-Uni. Bosmans avance ceci comme une limite tracée, et imagine bien que peu de titres iront se risquer à aller contre.
Des changements effectifs à partir de juin
D’après Dirk Bosmans, toutes ces évolutions entreront en vigueur dès le mois de juin, en espérant des premiers jeux commercialisés sous cette nouvelle classification aux alentours de la Gamescom, en août. Le directeur insiste sur le fait que pour PEGI il s’agit « du plus gros changement de son histoire ». Et pour cause, un EA Sports FC qui passerait de PEGI 3 à PEGI 16, par exemple, ça va faire drôle.
Bosmans ajoute que les préoccupations ciblées par les nouveaux critères ont depuis longtemps été considérées par l’organisme, mais qu’il y avait ce besoin de faire plus. Il conclut en s’attendant à recevoir des messages d’entreprises mécontentes de ces dispositions inédites, tout en assumant celles-ci pleinement, en jugeant qu’elles sont primordiales pour faire avancer la réglementation autour du jeu vidéo.
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