Le Meuble à Jeux #20 : Perudo et Adrenaline, des dés et décès

Perudo

Double ration dans le Meuble à Jeux aujourd'hui avec Perudo, version équipe de France s'il vous plaît, et Adrenaline, la rencontre de Quake avec les jeux de société !

Il y a tout de même quelque chose qui réunit nos deux jeux du jour à la même table : leur simplicité. Par là entendez que les deux jeux sont compréhensibles immédiatement par n’importe qui. Cela en fait-il des jeux à recommander pour vos soirées entre amis ? Voyons cela en commençant par celui qui a tant amusé nos bleus champions du monde cet été, le Perudo.

Perudo, les dés sont jetés

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Nombreux sont ceux qui n’auront pas attendu que nos bleus nous assomment de story Instagram pour relater leurs parties pour connaître le Perudo. Cela dit la popularité de ce dernier a littéralement explosé au cours de cet été. Rapide point sur le packaging du jeu édité par Asmodee qui se veut aux couleurs de l’équipe de France de football. Outre quelques prénoms de joueurs dans les règles (Antoine, Paul, Olivier…) et le logo de la FFF sur les dés, ainsi qu’une prédominance des couleurs bleu, blanc et rouge il ne faut pas s’attendre à grand-chose de plus. Les (nombreux) allergiques au ballon rond n’auront donc pas de véritables excuses pour insulter les millionnaires qui court après un ballon pendant votre partie, soyez rassurés.

Reprenant le principe d’un jeu traditionnel chilien, le Perudo est un simple jeu de bluff où chaque joueur (jouable de 2 à 6 ) est armé de 5 dés et a pour but de faire perdre tous leurs dés à ses adversaires. Tous les joueurs mélangent leurs dés sous un petit verre en plastique et les regardent discrètement. Le premier joueur doit prendre un pari, par exemple « je pense qu’il y a plus de 4 dés de 3 sur la table », le joueur suivant à alors 3 possibilités. La première est de surenchérir sur la même valeur (« moi je pense qu’il y a 5 dés de 3 sur la table »). La seconde est assez similaire et consiste simplement à changer la mise (« non, moi je pense qu’il y a 5 dés de 4 sur la table »).

Le pari est alors changé pour celui du dernier joueur. Le tour de table continue jusqu’à ce qu’un joueur applique la troisième option, dire au joueur précédent qu’il ment. Chaque joueur révèle alors ses dés. Si le premier joueur avait raison et qu’il y avait au moins 4 dés de 3 (pour reprendre le premier exemple) sur la table, celui qui a dit menteur perd un dés. S’il y en avait moins que ça, alors c’est le premier joueur qui perd un dé. Chaque dé perdu se range dans un petit sac et tous les joueurs doivent se remémorer de combien de dés sont en jeux. La partie se déroule jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un seul joueur avec des dés en main. Au fait, il y a une petite subtilité à prendre en compte : les as comptent comme des jokers pour la valeur annoncée. Si on mise sur les 4, chaque as sera un 4 de plus dans le décompte final.

C’est un jeu qui s’apprend et se joue très vite, qui met essentiellement en avant l’aptitude à bluffer plutôt que de réellement compter sur la chance (même si cette dernière joue bien sûr un rôle prédominant). La possibilité de surenchérir ou de changer totalement la mise est à utiliser à bon escient afin de déstabiliser ses adversaires. Pour les mauvais menteurs la partie risque de tourner court car il ne faut vraiment pas hésiter à forcer le trait sur certaines situations.

Le perudo fonctionne vraiment bien en groupe même si les parties peuvent traîner un peu à plus de 5 joueurs, les premiers éliminés souffrent pendant les longues minutes qui les séparent de la partie suivante (les parties à plus de 5 joueurs peuvent durer une bonne demi-heure). Dans l’absolu sa rejouabilité est infinie tant que vous n’en n’êtes pas lassé même s’il n’a peut-être pas le potentiel sur long terme d’un petit jeu comme 6 qui prend par exemple. Le Perudo reste un petit jeu très amusant qui fera son effet pendant un certain temps et qu’on ressortira à l’occasion pour une petite partie.

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Adrenaline, c’est Quake sur ta table

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Les bonnes vieilles LAN party des années 90-00 vous manquent ? Vous regrettez de ne plus voir la tête de votre pote après lui avoir collé un « Impressive » des familles ? Alors lisez bien ce qui va suivre car Adrenaline vise en partie à nous faire renouer avec ces sensations. Édité par IELLO et Czech Games Edition, Adrenaline est un jeu qui n’a pas le temps pour poser un contexte, donc on se contentera de dire qu’on a balancé 5 combattants dans une arène remplie d’armes et qu’ils vont devoir s’affronter jusqu’à la mort. Jouable de 3 à 5, l’idée est de ramasser une arme afin de faire le plus de dégât possible à ses adversaires jusqu’à pouvoir les achever. On commence par déplier le plateau qui offre plusieurs configurations en fonction du nombre de joueurs. Si ce dernier n’est pas spécialement beau on peut se consoler avec des figurines de bonne qualité et les cartes armes qui nous renvoient tout droit dans un FPS des années 90. Le plateau est complété par tout un tas de petits éléments comme des cubes de munitions, des cartes d’amélioration (qui sont des pouvoirs à usage unique) ou encore des petits cranes rouges (qui marquent la mort d’un joueur) d’un bien bel effet. Sur le plateau on dispose également des petites tuiles de loot qui permettront aux joueurs de se ravitailler en munitions.

Une fois que tout le monde a choisi son personnage (purement esthétique ils n’ont pas de spécificités), les joueurs spawn dans une zone aléatoire du plateau et commencent leur tour. Ils peuvent réaliser 2 actions par tour parmi trois options : se déplacer, ramasser des trucs et tirer. Le plateau se divise en plusieurs salles et en plusieurs cases, se déplacer offre la possibilité de bouger sur trois cases. Le positionnement sur le plateau est extrêmement important puisqu’il va décider de qui est dans votre ligne de mire. Il faut savoir que l’on voit toujours tous les personnages qui sont dans la même salle que nous, et qui si l’on est sur une case contenant une porte, on voit aussi l’intégralité de la salle adjacente. Il est donc possible de se retrouver dans la ligne de mire de quelqu’un sans être apte à riposter. Il faut toujours penser à son positionnement avant et après avoir joué sous peine de mauvaises surprises.

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Ramasser des trucs permet de ramasser une nouvelle arme ou des munitions tant que l’on est sur une case qui dispose de loot, et enfin tirer est l’action avec laquelle on marque des points. La grande force du jeu réside dans la grosse vingtaine d’armes qu’il propose. Elles ont toute une utilité et un effet unique, avec souvent plusieurs modes de tir ou des effets bonus utilisable en dépensant plus de munition. Certaines armes sont gratuites alors que d’autres nécessitent d’être échangées contre quelques caisses de munitions supplémentaires pour être ramassées (vous l’aurez compris, les munitions font office de ressource principale du jeu). Quand une arme a été utilisé une première fois il faut ensuite la recharger, ce qui n’est possible qu’à la fin de son tour. On ne peut donc pas tirer plusieurs fois avec la même arme lors de son tour, c’est pourquoi il est possible de porter jusqu’à 3 armes sur soi. On apprécie également le très bon travail d’ergonomie réalisé sur l’ensemble du jeu. Chaque élément est parfaitement clair notamment les différents effets des armes compréhensibles même pour quelqu’un qui n’a pas touché au jeu. Enfin pour marquer des points, il faut non seulement être celui qui achève les adversaires mais aussi celui qui les touches le plus. Lorsqu’un adversaire meurt, les joueurs qui l’ont touché reçoivent des points de victoire. Celui qui lui a fait le plus de dégâts en gagnera 8, le suivant 6, puis 4 etc… Il y a un point bonus pour celui qui le touche en premier également. Après un certain nombre de morts (entre 8 et 5 selon votre choix), la partie se termine et le joueur avec le plus de point l’emporte.

Deux types de personnes dans ce monde

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Adrenaline ambitionne de retranscrire les sensations procurées par les fast-fps de l’époque sur un jeu de plateau. Le titre prend déjà un vilain coup derrière la tête quand on se rend compte que les parties ont tendance à durer plus que les 40 minutes annoncées, même avec des joueurs habitués au titre. Il a le malheur de ne pas très bien porter son nom car il est finalement assez lent et posé. Comme il a beaucoup de paramètres à prendre en compte avant de jouer, un tour prend généralement quelques minutes à être effectué. Le titre n’est pas compliqué à prendre en main pour autant, bien au contraire il est très accessible aux néophytes. Il y a peu de règles et les joueurs ont le temps de réfléchir un bon moment avant leurs actions. Passé ce petit bémol Adrenaline reste un jeu plutôt fun avec un bon potentiel de rejouabilité. Il doit cela à son vaste arsenal d’armes et les différentes combinaisons que celles-ci peuvent proposer. Découvrir les armes au fur et à mesure des premières parties est vraiment l’un des meilleurs moments que l’on passe avec le jeu. Les créateurs ont été particulièrement inspirés et sont parvenus à rendre le jeu très équilibré grâce à tout un tas d’astuces plutôt malignes. Par exemple, un joueur qui a déjà été tué vaudra moins de points lors de sa prochaine mort. On va donc naturellement éviter de s’acharner sur la même personne pendant toute une partie. En parlant de s’acharner, il est possible de mettre un deuxième coup à un joueur déjà à terre pour marquer un point supplémentaire qui pourrait être décisif lors du décompte final.

Ces différentes astuces (et j’en ai occulté plusieurs) font que le sort de la partie se résout dans les voir le tout dernier tour uniquement. Il y a même la possibilité de faire un ultime tour de table avec un gros boost sur les actions possibles dans ce que le jeu appelle la « frénésie finale ». Et si le mode standard (qui n’est ni plus ni moins qu’un deathmatch) commence à vous lasser, il est possible de jouer en « domination » (où le but est de contrôler une zone le plus longtemps possible) ou en « tourelle » (où l’on peut déposer et utiliser des tourelles automatiques pour combattre) pour relancer l’intérêt. Le résultat indécis de chaque partie et les nombreuses possibilités de combinaisons d’armes sauvent Adrenaline de son rythme mollasson qui font mal à l’ambiance recherchée par le jeu.

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Pour qui s’adresse Perudo et Adrenaline ?

Allons droit au but pour Perudo, absolument tout le monde est invité à y jouer. De votre petit-cousin de 6 ans à votre grand-mère de 88, le jeu est suffisamment simple et universel pour être partagé avec des gens de tous horizons et à différents niveaux d’affinité. Adrenaline lui s’adresse aux joueurs un peu plus confirmés et aux fans de jeux de tirs qui pourraient y voir une porte d’entrée vers le jeu de plateau. Ses nombreuses subtilités et sa rejouabilité ont de quoi séduire les plus exigeants sans laisser les nouveaux arrivant sur le bord de la route. À vous de vous poser la question de si vous avez vraiment envie de jouer à une version échec d’un Quake ou non.

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Le Perudo, autrement dit le meilleur jeu d’alcool jamais conçu <3

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