Le Meuble à Jeux #99 : Journey

Le Meuble à Jeux #99 : Journey

Dans ce numéro de Le Meuble à Jeux, nous allons plonger dans Journey : La colère des démons. Et soyez prêts, ça n’a rien d’aisé à découvrir !

En début de semaine, Le Meuble à Jeux s’était tourné vers Sherlock Express. Original, ce titre avait un aspect plutôt mignon, dans un format rapide. Un peu tout le contraire de ce dont nous allons vous parler aujourd’hui ! Très sérieux et pour des parties de longue durée, nous allons tourner notre regard vers Journey : La colère des démons. Vous voyez, rien que le nom donne déjà une idée de la choses !

Ce titre nous est proposé par Marrow Production qui se lance dans une proposition coopérative pouvant accueillir jusqu’à quatre joueurs. Pour les solitaires, le titre est également jouable en solo, sans que cela ne change dramatiquement les règles ou le fonctionnement du soft. L’équipe derrière ce jeu de société est variée, et l’on retrouve notamment Henning Ludvigsen, Anotonio José Manzanedo et Adrian Smith parmi les artistes ayant pu travailler sur cette composition.

Basé sur un classique de la littérature chinoise, ce jeu de plateau vous emmènera à diriger quatre pélerins partis à la recherche de l’ancienne Chine. Dès 14 ans, cette production amènera les joueurs à faire preuve de beaucoup de réflexion, tout en mettant leur sens tactique à l’épreuve. Car, après tout, il ne sera pas question de partir faire une petite virée entre amis puisque votre chemin sera semé d’embûches. Mais, ce voyage en vaut-il la peine ? Nous allons tenter d’y répondre !

Un matériel de qualité, pour des règles pas forcément évidentes

Journey : La colère des démons

La première chose à mettre en avant avec ce Journey : La colère des démons, c’est sans aucun doute la beauté de ses composantes. Malgré le fait que le titre provienne d’une campagne Kickstater, le matériel est tout à fait splendide, l’équipe n’ayant pas manqué de respect à ceux qui leur ont fait confiance. Tout est bien maîtrisé, pour proposer une expérience de jeu magnifiée par le contenu de la boîte. Bravo à l’équipe sur ce coup-là ! Petit bémol peut-être pour les minions, qui semblent être des clones les uns des autres, avec quelques simples variations entre eux.

En accompagnement, les joueurs pourront retrouver une belle flopée de petites pièces, qu’ils pourront utiliser tout au long de leurs parties, qui dureront quand même jusqu’à une heure, voire même plutôt une heure et quart. Donc oui, il faut bien du matériel pour jouer aussi longtemps.

En parlant des parties, sachez qu’elles sont agrémentées d’un livre de règles plutôt imposant, mais un brin répétitif. Quoi qu’il en soit, ce dernier permet d’appréhender votre première partie avec sérénité tant ce dernier est complet et les règles bien expliquées. La première partie vous paraîtra sans aucun doute complexe, mais le livret saura vous aiguiller pour vous faciliter la vie.

Malgré tout, le déroulement du jeu se révèle un peu difficile, tant les règles sont variées et complexifiées au possible. De ce fait, on se trouve rapidement confronté à de nombreuses options pour avancer et ainsi aborder le jeu à sa manière.

Et c’est lors de votre première partie que vous allez réellement découvrir l’essence même de ce titre : le placement et les déplacements. Car oui, le titre se base essentiellement là-dessus, en vous confrontant à des situations où moult mouvements devront être exécutés afin de simplement avancer d’une case. Vous arriverez aussi assez vite à vous retrouver bloqué en des endroits divers car vous n’avez pas exécuté le bon mouvement. En gros, vous êtes dans la panade pour parvenir à faire de jolies choses pendant vos premières games. En fait, on ressent plutôt vite une similitude avec Space Hulk, du moins pour cet aspect du jeu.

Plusieurs scénarios, pour plus de parties

Journey : La colère des démons

Lorsque vous commencez à jouer à Journey, vous remarquez très rapidement quelque chose : on y trouve plusieurs scénarios. Ces derniers sont assez variés, et permettent d’attaquer le titre sous différents angles. Lorsque les premiers scénarios se montrent assez peu coriaces et se basent essentiellement sur les mécaniques les plus simples du soft, les suivants sont un challenge plus important, demandant de jouer avec de plus en plus d’éléments de gameplay.

Ces derniers sont assez bien pensés, quoi que manquant parfois un peu d’originalité dans sa narration. Ce petit défaut amène malheureusement les joueurs à perdre leur sentiment d’immersion par instants, sans compter que le titre souffre de mécaniques parfois lassantes et qui ne manqueront pas de faire abandonner certains groupes de joueurs. Et, plus louche encore, jouer à trois pousse l’un des joueurs à incarner deux personnages, tandis que ses amis n’en joueront qu’un chacun. Un peu étrange pour ce type de produit de ne pas avoir pensé à proposer un mode pour trois joueurs réellement pensé pour être joué à trois…

En jouant seul, l’ensemble du jeu devient plus simple, ce qui peut décevoir. Mais heureusement, des méthodes sont disponibles dans le titre afin d’augmenter la difficulté de façon plus ou moins bien réfléchie.
Dès lors, Journey réussit plutôt bien dans sa réalisation d’un jeu de société coopératif, même si son mode trois joueurs est plus que discutable. Aussi, son mode solo gagnerait à être pensé pour offrir plus de challenge, ou tout du moins éviter d’être trop facile par rapport à une aventure à plusieurs.

De ce fait, des joueurs attirés de base par ce type de soft le seront tout autant par Journey, mais dans le cas contraire, rien n’est moins sûr. Nous ne pensons pas qu’il s’agisse du meilleur titre pour commencer avec ce genre de jeu.

Pour qui s’adresse Journey : La colère des démons ?

Journey : La colère des démons

Journey : La colère des démons est au final un titre qui propose une pointe de challenge, jonglant à merveille entre la narration, la gestion du danger ou encore la gestion de personnages. Malheureusement, le titre souffre d’un manque de fun, les parties ayant bien du mal à décoller pour proposer une expérience amusante et valorisante. Après tout, l’essentiel même du titre se résume à du placement ainsi que des déplacements. Rien de bien folichon, surtout quand le titre parle d’affronter des hordes de démons. On s’attend à quelque chose de plus jouissif.

Pour un prix aussi élevé, on s’imagine mal vider notre compte en banque pour des mécaniques de jeux aussi moyennes. Heureusement, les matériaux sont d’une qualité irréprochable et les développeurs n’ont pas bâclé leur travail. C’est simplement que malgré des mécaniques solides, il n’est pas vraiment possible de se sentir investi dans Journey : La colère des démons.

Dès lors, il ne s’agit pas d’un soft à conseiller aux férus de quêtes excitantes mais bien aux fans de puzzles, qui y trouveront sans aucun doute leur compte. La stratégie est présente, les mécaniques sont bien construites mais tout est lent et manque de peps.

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Journey : Wrath of Demons

Au final, Journey : La colère des démons reste un titre bien réalisé, mais qui ne saura pas plaire à la majorité des joueurs. Ses mécaniques fortes et ses matériaux bien réalisés se retrouvent contrebalancés par des parties longues et lentes, où les joueurs doivent redoubler d’attention sans pour autant avoir la chance de jouer dans un rythme effréné comme on pourrait l’espérer d’un véritable titre d’action-aventure.

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