[MAJ] The Sinking City : Selon Frogwares, le code source du jeu aurait été piraté et modifié par Nacon

The Sinking City

Mise à jour : Comme le rapporte IGN (US), suite aux accusations de Frogwares à l’encontre de Nacon, Steam a retiré la version de The Sinking City qui était disponible sur sa plateforme depuis le 26 février dernier.


Disponible dans une version améliorée sur PlayStation 5 depuis le 19 février dernier, The Sinking City a été le cœur d’une véritable bataille juridique un peu plus d’un an après son lancement, opposant Frogwares (Sherlock Holmes) et Nacon. Un bras de fer qui se poursuit encore aujourd’hui puisque les développeurs affirment que l’éditeur a piraté et modifié le code source du jeu afin de le revendre sur Steam à leur insu.

Les origines d’un conflit

Souvenez-vous, en août 2020, Frogwares avait accusé la société française de retards voire d’absences de paiements, d’un manque de transparence sur les objectifs de vente et même d’avoir tenté de récupérer le code source du jeu qui était pourtant la propriété intellectuelle du studio ukrainien. Ce dernier avait alors décidé de rompre le contrat d’édition et de porter plainte contre la firme.

Deux mois plus tard, le conflit tourne à l’avantage de Nacon car, selon la Cour d’appel de Paris, Frogwares « a résilié le contrat de manière illicite ». Une décision qui a entrainé le retour du titre sur plusieurs boutiques dématérialisées, excepté Steam. Du moins, c’était le cas jusqu’au 26 février dernier où le jeu d’aventure lovecraftien est mystérieusement réapparu sur la plateforme américaine.

Ce détail n’a évidemment pas échappé aux développeurs qui se sont empressés de publier un tweet le jour même, demandant aux joueurs et aux joueuses de ne pas acheter cette version qui n’était visiblement pas la leur car « la décision finale concernant l’obligation de livrer la version Steam que Nacon réclame doit encore être jugée en première instance dans les prochains mois, voire les prochaines années. »

Piratage et revente illégale ?

Après quelques jours de silence radio, le studio a publié hier soir un communiqué officiel et diffusé une vidéo explicative où il déclare que ce « nouveau » The Sinking City présent sur le store de Valve est en fait une version sans DRM achetée par Nacon sur Gamesplanet dont le code source a ensuite été hacké et modifié afin de pouvoir proposer le titre illégalement à la vente.

Comme preuves, Frogwares met notamment en avant le fait que le logo de Gamesplanet a été remplacé par celui de la société française dans les crédits, que la publicité pour Sherlock Holmes :Chapter One a disparu du menu principal et que le jeu intègre désormais du contenu additionnel présent initialement dans l’édition Deluxe entièrement créée par l’entreprise ukrainienne sur lequel Nacon n’a aucun droit.

Toujours selon les développeurs, la firme n’avait qu’un seul moyen de procéder à ces modifications : « décompiler ou pirater le jeu à l’aide d’une clé secrète conçue par Frogwares puisque la totalité du contenu du jeu est archivée avec le système de cryptage Epic Unreal Engine. […] Pour atteindre cet objectif, des programmeurs dotés de solides compétences doivent être impliqués, […] des programmeurs qui connaissent bien le moteur Unreal Engine. »

Après avoir soigneusement examiné l’historique des builds de la version Steam du jeu, le studio affirme que la personne qui serait responsable des changements opérés par Nacon est Filip Hautekeete, le fondateur et directeur technique de Neopica, une entreprise belge de développement de jeux vidéo (Hunting Simulator, FIA Euro Truck Racing Championship) rachetée par la société française en octobre 2020.

En conclusion de son long communiqué, Frogwares indique que « Nacon a prouvé qu’elle était prête à tout pour servir ses intérêts, y compris en faisant usage d’actions illégales. La firme a ignoré la décision de la justice et l’a contournée en piratant The Sinking City afin de tromper leurs partenaires, Steam en premier lieu. […] Le propriétaire de Nacon, Alain Falc, devra faire face aux conséquences juridiques de la décision de pirater et de voler la propriété de Frogwares. »

Les développeurs ont également tenu à rappeler ceci : « Les lois sur la propriété intellectuelle en France sont assez sérieuses et peuvent entraîner jusqu’à 7 ans de prison et 750 000 euros d’amende, plus les dommages et intérêts, comme le souligne l’article L335-4 du code de la propriété intellectuelle. Nous avons pleinement confiance en la justice pour que ces actions soient jugées comme il se doit. »

Nacon répond à Frogwares

Face à ces accusations, Nacon n’est pas resté de marbre et a répondu au studio ukrainien en passant par la page Steam de The Sinking City : « Nous regrettons que Frogwares persiste à perturber la sortie de The Sinking City. C’est Frogwares qui est venu chez Nacon pour demander un financement pour le développement du jeu et, à ce jour, plus de 10 millions d’euros ont été versés à Frogwares par Nacon. »

La société française ajoute aussi ceci : « Maintenant que le jeu a été entièrement développé et publié, en grande partie grâce à l’argent et au travail de Nacon, Frogwares aimerait réviser les termes du contrat à son seul avantage. Il est facile de jouer la victime mais tout ce que nous cherchons c’est que Frogwares respecte ses engagements vis-à-vis du contrat et des exigences des tribunaux. »

Pour finir, Nacon affirme que la version du titre commercialisée sur la boutique américaine est une version officielle et complète même si, « en raison du manque de coopération de Frogwares », elle n’intègre pas certaines fonctionnalités comme les sauvegardes et les succès via le cloud. De plus, elle contiendrait uniquement le jeu de base sans aucun contenu additionnel. Affaire à suivre !

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