Origin Story #8 : Crash Bandicoot, le plus dingue des marsupiaux !

C’est en 1996 qu’un héros pas comme les autres voit le jour. Parfait mélange entre la culture cartoon et le jeu vidéo, ses aventures toutes plus déjantées les unes que les autres vont en faire une des icônes de l’ère PlayStation. Revenons donc sur le passé de Crash Bandicoot !

Avant d’être le studio imposant que nous connaissons et de livrer des titres majeurs comme Uncharted ou encore The Last of Us, Naughty Dog forgea ses première armes sur des titres bien moins émotionnels, mais tout aussi travaillés. Ainsi, nous leurs devons la saga des Jak and Daxter et, bien entendu, celle des Crash Bandicoot !

Les Fesses de Sonic !

Origin Story #8 : Crash Bandicoot, le plus dingue des marsupiaux !

Bien que très populaire aujourd’hui, il faut savoir que le studio Naughty Dog fut fondé en 1984. Développant divers jeux sur les consoles d’époque, ce dernier peinait à percer auprès du grand public, et pour cause, les studios n’étaient que très peu mis en valeur à l’époque, et le média du jeu vidéo était bien moins ancré dans la culture populaire.

C’est dans le milieu des années 90 qu’Universal Studio leur proposa de réaliser un titre pour la 3DO, intitulé « Way of the Warrior ».  Une fois le jeu achevé, Nautghy Dog se vit proposer de créer trois jeux supplémentaires. C’est alors que les jeunes développeurs se tournèrent vers leur genre de prédilection : la plateforme ! Et comme il faut bien suivre l’ère du temps, ces nouveaux jeux utiliseront la 3D, afin de surfer sur la vague.

Les consoles de l’époque furent alors confrontés entres elles. La plupart était plutôt en perte de vitesse au niveau des ventes, tandis que les autres ne proposaient pas un environnement de programmation simple : la PlayStation première du nom fut alors choisie car correspondant aux différents critères de l’équipe.

Les développeurs ont créé leur héros sans cou car cela simplifiait le travail des animations !

Cependant, un détail simple mais pertinent se présenta à l’équipe : si le jeu était en 3D, la caméra allait se trouver par définition derrière le personnage, ce qui fait que le joueur allait voir son dos du début à la fin du titre. C’est cette idée qui incita les développeurs à créer un jeu de plateforme allant d’avant en arrière, plutôt que de gauche à droite. Le temps de trouver un titre définitif, le projet fut baptisé non sans un grand sens de l’humour « Sonic’s Ass Game » (le « Cul de Sonic – Le Jeu » en bon français).

Pourtant, et à ce stade de création, Crash est encore bien loin de pointer le bout de son museau. En effet, plusieurs prototypes furent testés, avec plusieurs héros différents. Ainsi, les trois titres faillirent être des jeux parlant de voyages temporels avec des dinosaures et des fusions humains/animaux. Vous le savez sûrement, plusieurs de ces idées furent conservées pour certains niveaux des titres finaux.

L’équipe, désirant surfer sur le succès des mascottes, décida de choisir un animal comme héros, sans encore savoir lequel. Ce héros devait simplement être peu connu du grand public, afin d’éviter les ressemblances avec d’autres protagonistes externes. De plus, sa couleur devait, elle aussi, être différente : les créateurs alignèrent alors tous les héros de l’époque connus et enlevèrent leurs couleurs à leur palette afin de trouver celle qui n’en avait pas encore été utilisée. Le « orange » fut cette couleur unique !

Le diable de Tasmanie comme inspiration !

Origin Story #8 : Crash Bandicoot, le plus dingue des marsupiaux !

Concernant le choix de l’animal, il fallait encore trouver celui qui allait correspondre parfaitement. Le diable de Tasmanie « Taz » fut une source d’inspiration majeure, puisque Crash prendra son aptitude à tournoyer très vite afin de faire valser ses ennemis. L’équipe se paya alors une encyclopédie de la faune Tasmanienne et l’étudièrent afin de trouver le candidat idéal.

Après avoir hésité sur le Wombat, le Potorou et le Peramelidae (prononcez « Péramélidé »), c’est finalement le Peramelidae qui fut choisi, autrement appelé le Bandicoot. La machine était en marche, il ne manquait plus que le nom. En effet, pour cette nouvelle mascotte, l’équipe hésita entre Dash, Bash et Crash. C’est Crash qui fut retenu, faisant référence aux aptitudes du protagoniste qui « écrase » littéralement les caisses présentes dans le jeu ainsi que les ennemis. Crash Bandicoot était né !

L’univers du jeu, lui, correspond aux idées des développeurs quant aux anciens mythes de la Tasmanie. C’est ainsi que le premier titre se déroule sur une île et propose des environnements de jungle, de forêt et de volcans. Le reste de l’histoire, vous la connaissez : Naughty Dog tint ici un succès commercial et critique. Et heureusement, car cela leur permit de réaliser les deux autres jeux prévus sur la même licence au lieu de s’évertuer à créer de nouvelles licences.

Il existe même un manga Crash Bandicoot, mais qui ne comporte que deux volumes seulement !

Cette gloire était telle que le jeune marsupial se mit à imiter les gros concurrents, comme Mario, en proposant son propre jeu de kart, se payant même le luxe d’apparaître dans des spin-off/cross-over avec Spyro le Dragon. Mais vous le savez, toutes les bonnes choses ont une fin, et malgré des tentatives plutôt fades de rester en haut du panier, Crash s’éteignit peu à peu, en même temps qu’un genre disparu aujourd’hui : les jeux moyens (ou « AA »).

En effet, les blockbusters Triple A émergent en même temps que l’industrie qui connaissait une croissance folle, beaucoup de jeux moyens de l’époque disparurent pour ne plus être que des lointains souvenirs. Crash n’échappa pas à cette règle et sombra lui aussi dans l’oubli, du moins pour l’instant.

En effet, il semblerait que cette tendance du blockbuster soit en passe de basculer, car lassant un peu trop les joueurs. Ainsi, le récent remaster de la licence Crash Bandicoot a su trouver son public, et un autre héros, Spyro le Dragon, est en passe de connaître lui aussi un second souffle. Comme quoi, il faut parfois attendre patiemment que la lumière revienne !

Crash Bandicoot est donc le parfait représentant d’une ère révolue, mais qui continue de faire battre le cœur des joueurs. Mélange parfait d’un jeu au gameplay soigné, avec la touche d’humour caractéristique de ce dernier : ce héros atypique a accompagné bien plus de jeunes joueuses et joueurs (dont votre serviteur) qu’on ne le pense. C’était une époque où le jeu vidéo n’était pas encore à son apogée, où ce dernier se faisait encore mal voir de la plupart de nos contemporains, mais où les premiers joueurs virent que ce média était bien plus qu’une source de divertissement. Crash Bandicoot fait partie de ces héros, muet mais savant, cinglé mais touchant, et qui a eu trop peu d’espace de parole pour être reconnu à sa juste valeur. Grâce à son remaster, comme à l’époque, il relancera peut-être un renouveau dans le média : celui où l’on joue pour jouer, et non pour admirer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *