Dragon’s Dogma : Notre avis sur la série de Netflix

Dragon's Dogma

Puisque le geek fait vendre, c’est un fait indéniable, Netflix s’est mis en tête d’adapter certaines grosses licences du jeu vidéo. Ainsi, après Castlevania et son animation originale, ce fut au tour de The Witcher avec Henry Cavill dans le rôle principal. En attendant les prochaines saisons de ces programmes, mais aussi que l’adaptation de Devil May Cry sorte de son nid, le 17 septembre débarquait Dragon’s Dogma sur la plateforme de streaming américaine. Une série animée, là encore, de seulement sept petits épisodes. Nous avons pris le temps d’en regarder l’intégralité afin de vous livrer nos impressions.

Une adaptation fidèle mais vite expédiée

Nous vous le disions dans un article dédié au sujet, l’histoire du jeu Dragon’s Dogma est très loin de faire sa force. On retient en effet plus l’Action-RPG pour son gameplay et son univers, malgré sa réalisation graphique en demie-teinte. Ce qui est d’ailleurs valable pour sa version d’origine autant que pour son portage sur les consoles actuelles. Cela ne l’a pas empêché de se forger une solide communauté de fans, dont beaucoup espèrent l’annonce d’un second épisode. Une annonce incertaine, pourtant on ne peut qu’y croire un peu plus en constatant l’apparition de cette série sur Netflix, à laquelle ont participé certaines têtes de chez Capcom.

Tout commençait plutôt bien pour ce format qui s’illustrait dans le courant de l’été via un trailer alléchant. Contrairement au jeu vidéo, qui nous place aux commandes d’un avatar créé de toutes pièces, nous faisons ici face à un personnage principal qui possède un background. Et bien que celui-ci ne se révèle pas dès le premier épisode, il a le mérite d’exister, de surcroît de ne pas être dénué d’intérêt, faisant écho à la narration globale de la série. Par ailleurs, il s’agit bien d’une adaptation fidèle, plus que ne peut l’être Castlevania par exemple. Notez enfin que cette première saison se suffit à elle-même, un bon point pour le créateur.

D’ailleurs, bien que la série adopte une allure assez lente dans un premier temps, à l’instar de Catlevania donc, elle sait par la suite gérer avec justesse son rythme. Chaque épisode est symbolisé par l’un des sept péchés capitaux, une riche idée bien qu’exploitée tardivement, mais surtout a droit à son ennemi propre. L’occasion pour les fans de rencontrer une nouvelle fois certains des adversaires phares du jeu vidéo. Ceux-ci parleront aussi aux amoureux de mythologie, d’ailleurs, l’univers de Capcom s’inspirant de nombreuses créatures.

Malheureusement, en regardant cette courte série on a souvent l’impression que sa réalisation a été dépêchée, accélérée, pour coller avec le calendrier des sorties Netflix. Ceci expliquerait notamment les animations décevantes des personnages, ainsi que des diverses créatures. On retient surtout le cyclope, qui en plus d’être laid ne convainc pas vraiment dans l’épisode qui lui est dédié ; mais aussi le dragon, qui se meut parfois en saccadant. Un constat sacrément décevant quand on sait qu’il s’agit de l’ennemi principal et seul objectif du protagoniste. Le style visuel adopté pour les personnages et créatures est particulier, pas vraiment beau, et sûrement pas étranger à cet état de fait.

Par ailleurs, un grand sentiment d’impersonnalité englobe l’intégralité de la série. De son character design plutôt sommaire, voire parfois décevant (malgré le peu de personnages apparaissant à l’écran), jusqu’à ses décors assez quelconques, malgré un style plutôt agréable à l’œil. Même constat du coté de l’écriture, qui semble avoir été vite expédiée. Les dialogues sont d’une platitude sans nom, les personnages manquent profondément d’âme, et le scénario ne sert finalement à rien, si ce n’est à donner une raison au protagoniste de se rendre jusqu’à l’antre du dragon pour l’occire. Quant aux doublages, la VO en anglais est passable, et la VF est étrangement bonne. Mais on vous conseillerait presque la version japonaise, qui rend les personnages plus expressifs.

Tout n’est heureusement pas à jeter dans cette adaptation. On notera certaines bonnes idées de mise en scène, qui parviennent à relever le niveau momentanément. Mais aussi des combats plutôt épiques, qui ne lésinent pas sur l’hémoglobine. Aussi, malgré son scénario qui ne décolle pas, l’idée des péchés capitaux est intéressante, et aboutit en apothéose. Profitons en pour vous dire que la fin de cette première saison est plutôt chouette, bien que tout porte à croire qu’elle clôture le parcours de Dragon’s Dogma sur Netflix.

En conclusion

Sans grande surprise, cette adaptation manque un peu de personnalité. Ce que certains attribueront au matériau de base, dont le scénario était clairement placé au second plan. D’autres y verront un cruel manque d’ambition, comme souvent avec les produits estampillés Netflix. On aurait tendance à donner raison aux deux.

Mais que cela n’empêche pas les amoureux du jeu vidéo, ou les amateurs d’animation de se pencher sur la série Dragon’s Dogma. Ce premier jet est effectivement imparfait, mais il a tout de même quelques solides arguments à faire valoir. Il s’agit d’une adaptation plutôt fidèle, qui donne par ailleurs très envie de se pencher à nouveau sur le RPG de Capcom, ou de s’y essayer. D’un autre coté, sept épisodes de 20/30 minutes, c’est très vite expédié ! Maintenant, espérons simplement que, si suite il y a, celle-ci soit plus soignée.

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