Aperçu Steelrising – Un Souls-like pas révolutionnaire, mais bien huilé

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On connait le studio Spiders pour son expérience dans le domaine du RPG, avec un GreedFall qui a su montrer la maîtrise du genre de l’équipe, malgré un gameplay qui avait encore beaucoup de marge pour être peaufiné. Alors quand on voit que Spiders s’aventure dans l’Action-RPG type Souls-like, où la précision du gameplay domine, on imagine que le studio souhaite relever un sacré défi. Et pour le moment, le challenge semble réussi pour Steelrising, si l’on en croit nos premières heures en compagnie du jeu.

Conditions d’aperçu : Nous avons pu jouer deux heures à Steelrising à l’occasion d’une session organisée par Nacon. Nous avons pu voir les premiers niveaux du titre, avec un combat de boss et plusieurs zones à visiter. Le jeu tournait sur PC dans une version non aboutie.

La Révolution change de visage

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Dès notre premier contact avec Steelrising, impossible de faire fi de ses influences, empruntant tantôt à Bloodborne dans toute son atmosphère nocturne et son architecture, tantôt à Sekiro, avec un gameplay poussé vers l’offensive. On retrouve des statues faisant office de feu de camp, des « âmes » à récupérer à l’endroit de notre mort, une architecture faite de raccourcis à débloquer, des potions en quantité limitée qui se rechargent au repos… La formule est connue, mais elle est ici imbriquée dans un cadre assez inédit.

Il faut dire que l’univers du titre est propice à ce mélange, puisque l’on a ici affaire à un Paris uchronique, au crépuscule de la Révolution française, perturbée par un roi Louis XVI tyrannique qui décide d’endiguer la révolte grâce à son armée d’automates.

On incarne alors Aegis (que l’on peut personnaliser très succinctement), automate personnel de Marie-Antoinette, qui doit tout faire pour maintenir l’Histoire telle qu’on la connait en mettant fin aux agissements du roi. Etant l’automate le plus évolué des environs, Aegis dispose alors de tout un éventail d’armes que l’on est amené à trouver au fil de notre avancée dans le jeu.

Un pitch de départ somme toute étonnant, qui permet à Spiders de faire de jolies choses dans sa reproduction de Paris, représentée presque essentiellement de nuit, et qui offre un terrain de jeu séduisant avec un résultat graphique correct et de jolies animations. On a beau être dans une production AA avec ses limites budgétaires, Steelrising sait comment mettre en valeur les quartiers et monuments les plus emblématiques de la ville. Mais on n’est pas là pour le tourisme (et c’est bien dommage), on est là pour soutenir la Révolution, ce qui veut dire que les flammes et le sang ravagent la cité, avec des rues jonchées de corps et dépourvues de vie, en dehors des automates qui rôdent.

De ce que l’on a pu voir, Spiders semble nous offrir un level-design assez réussi, avec une verticalité bienvenue grâce à l’ajout d’un grappin. Celui ne peut s’enclencher qu’à des points spécifiques et semble être moins indispensable que dans un Sekiro, mais il peut également servir d’arme à distance pour surprendre les adversaires.

Le bouclier de la reine

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On en vient alors au cœur du jeu, ses combats. Steelrising se présente lui-même comme un hériter des Souls-like, avec une partie RPG qui permet de faire évoluer sa protagoniste. C’est là que vient l’influence de Sekiro, avec un gameplay qui encourage l’attaque et la mobilité, plutôt qu’à l’attente.

Steelrising ne prône pas pour autant l’agressivité à tout prix, mais il nous pousse à vider la barre d’endurance d’Aegis puisqu’un système de refroidissement (n’oubliez pas, on incarne une machine) vient donner un coup de frais aux muscles mécaniques de notre héroïne, l’autorisant alors à récupérer une partie de sa vigueur. Ce système est cependant intelligemment limité, puisqu’il faut appuyer sur une touche avec un bon timing pour l’activer, ce qui n’est pas forcément aisé au cœur de l’action. D’autant plus qu’en cas d’accumulation de refroidissement, Aegis peut finir gelée pendant quelques secondes, vous laissant à la merci des ennemis.

La présence de statuts élémentaires comme le gel, le feu ou la foudre permet aussi d’ajouter un peu de profondeur aux affrontements. Les armes d’Aegis peuvent être infusées avec des éléments pour infliger des malus aux automates adverses, et leur bonne utilisation semble être essentielle dans des niveaux plus avancés du jeu.

Dans notre démo, nous avons pu notamment prendre le contrôle d’une arme à feu infusée de glace, qui permettait de geler complétement un ennemi après quelques balles tirées. De quoi rendre certains combats un peu moins stressants, et éviter de se faire acculer par trop d’adversaires, même si pour le moment, cette mécanique semblait être un peu trop puissante (on imagine que l’équilibrage n’est pas encore totalement terminé).

Libre à vous de les utiliser ou non, car Steelrising conserve des éléments de RPG, et ce sera à vous de personnaliser les compétences d’Aegis comme bon vous semble. Avec six attributs différents à augmenter, vous pouvez en faire la reine des éléments tout comme l’automate le plus bourrin de Paris. Vous pourrez aussi lui associer des modules répondants à divers besoins, comme de la vie supplémentaire ou de l’agilité, mais avec un nombre très limité (4 au maximum).

Le choix de vos armes aura aussi une grande importance puisqu’elles modifient complètement le gameplay. Vous pouvez alors vous équiper de deux armes à la fois, que vous pouvez ensuite switcher d’une simple pression de touche afin d’avoir un build équilibré en toutes circonstances. Il existe neuf types d’armes, dont une grande partie que nous avons pu tester dans la démo, avec chaque famille possédant ses coups spéciaux : les éventails peuvent servir de bouclier, la massue peut servir de canon, etc. Tout cela ne permet pas d’avoir la profondeur et le potentiel de rejouabilité d’un Souls (dont les jeux offrent plus de builds exotiques et originaux), mais c’est efficace.

Exigeant, mais ouvert à tout le monde

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Et que les allergiques au genre ou les plus craintifs se rassurent : Steelrising fait tout pour être accessible. Cela passe justement par la présence d’un mode d’accessibilité dans les menus, que l’on peut activer à tout moment sans interrompre sa partie, et qui permet alors de régler la difficulté comme on l’entend à l’aide de différents curseurs.

Vous trouvez que les ennemis infligent trop de dégâts ? Passez le curseur des dégâts à 75%. Le système de refroidissement est trop difficile à activer ? Une option rend le timing moins serré. Tout est fait pour ne fermer la porte à personne. Dans l’éternel débat de la difficulté dans les Souls-like, Spiders a choisi son camp, et propose une difficulté à la carte, qui ne veut pas frustrer celles et ceux qui voudraient juste baisser un tout petit peu les dégâts, ou bien encore les personnes en situation de handicap qui pourraient avoir du mal à effectuer des manœuvres. Il y a encore du chemin à faire ici (pour toute l’industrie), mais ce premier pas est hautement louable.

Cette accessibilité se traduit aussi du côté de la compréhension du lore et de l’histoire, avec un titre qui se veut être moins cryptique que les autres jeux du genre, notamment grâce à la présence d’une boussole, indiquant les objectifs, mais aussi à des personnages plus incarnés et des cinématiques qui ponctuent l’aventure. On a encore du mal à savoir à quel degré tout cela sera présent en jeu, étant donné que notre expérience se résume à deux heures de jeu, mais on voit que le studio a voulu utiliser son expérience acquise sur des titres plus narratifs afin de donner plus de corps à cette aventure. On aura même droit à un système de choix de dialogues, qui aura un impact sur la fin du jeu.

L’avis de la rédaction

Membre Actugaming.net

Pas facile de sortir un Souls-like en 2022, mais Spiders est bien parti pour relever le défi avec un certain panache. Le jeu ne réinvente pas la formule et tout n'est pas parfait, comme certains impacts qui sont à revoir, la caméra qui peut faire des siennes, ou encore les visages humains qui restent en deçà et quelques autres petits détails, mais l'ensemble est suffisamment prenant et solide pour que l'on ait envie d'en voir plus très vite. Peut-être la bonne surprise de cette rentrée.

Jordan
Note du panda
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