Aperçu Ship of Fools – Un roguelite naval qui prend le bon cap

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Le roguelite se pose incontestablement depuis plusieurs années comme un filon d’or que les studios tentent d’exploiter en y apportant sa touche d’originalité. Ship of Fools représente une des prochaines déclinaisons de ce genre en vogue, en allant explorer cette fois du côté de la bataille navale.

Développé par Fika Productions et sous la houlette du fameux éditeur de jeux indé Team 17, le titre a pu se laisser approcher par l’intermédiaire d’une version pré-alpha. Jouable en solo ou à deux, la démo propose de prendre la température des eaux, et la mer se révèle plutôt agitée.

Conditions d’aperçu : Nous avons joué un peu plus de deux heures en solo à la version pré-alpha de Ship of Fools, le temps d’arriver au bout du premier et seul biome disponible. Nous avons également effectué une session coop pendant plus d’une heure.

Phare from home

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Le Grand Phare protégeait depuis longtemps l’Archipel de toute menace marine, mais celui-ci ne devient plus en état de maintenir son statut de gardien, et la menace de l’Aquapocalypse plane désormais.

Un groupe de créatures aventurières, appelées les Fools, restent les seuls individus suffisamment enhardis pour arpenter les mers et endiguer l’arrivée de la catastrophe. À bord du Stormstrider, elles vont devoir faire face aux monstres marins et aux nombreux dangers.

Cette navigation périlleuse nous est d’abord introduite par Clarity, une mystérieuse guide à qui appartient l’embarcation. On entre alors très vite dans le vif du sujet en apprenant les attaques à coups de pagaie, les renvois de projectiles, mais aussi, et surtout, l’usage des canons et la gestion du bateau.

Les premières minutes de jeu offrent également l’occasion d’admirer la direction artistique très agréable à l’œil avec des décors faits main, tout comme le design des ennemis et des personnages, ce qui nous immerge assez vite dans cet univers loufoque.

À l’issue du tutoriel, on fait également la connaissance des Eclats, de petits artefacts prisés par une cuisinière nommée Halga. Avec eux, elle nous concocte des soupes chargées d’améliorer définitivement le bateau ou notre personnage. Un atout de poids face aux parties à venir.

Car l’idée est effectivement de multiplier les expéditions maritimes afin de venir à bout d’un gros monstre, tapis dans les eaux sombres de la Tempête Eternelle. Avant de se lancer, la démo nous laisse le choix entre cinq Fools. Eux aussi bénéficient d’un design réussi, avec ce petit côté cartoon du plus bel effet.

Chacun d’entre eux détient une compétence signature. Par exemple, Todd donne des coups de pagaie plus rapides tandis que Shelbie permet de booster les dégâts des canons du navire, tant que c’est elle qui s’occupe de les charger. Une fois aux commandes du Fool qui nous plaît, il est temps de partir en mer.

Une mer pleine de surprises

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Ship of Fools, en tant que jeu de bataille navale de type roguelite et dans le cadre d’une découverte, nous réserve des expéditions riches où il va falloir se décider sur les voies à emprunter, les récompenses à obtenir, le tout étant redistribué à chaque nouvelle tentative.

En ouvrant la map des Eaux Oubliées, plein de symboles et de points d’intérêt s’affichent sur les nombreuses cases. Chaque case représente un niveau plus ou moins long. Rappelons qu’hormis les boosts permanents mentionnés précédemment, on démarre avec un navire relativement nu. On a alors rapidement envie d’aller à chaque type d’endroit afin de mieux comprendre ce qui nous attend sur ces cases pour muscler l’embarcation.

Il existe deux manières de customiser le Stormstrider : les babioles et les artefacts. Les premières se fixent à l’un des piédestaux présents sur le pont et confèrent divers avantages. Certaines proposent des munitions alternatives, comme de la dynamite ou bien des boulets empoisonnés pondus à intervalles réguliers par un oiseau. D’autres boostent la réparation du navire ou la récolte de pièces d’or.

Le fait de fixer ces babioles aux piédestaux est primordial afin de déclencher ces effets. Les poser ailleurs sur le bateau ne sert à rien d’autre que les conserver temporairement en vue de les installer. Seulement, et de manière générale, laisser trop longtemps une ressource ou un objet à l’air libre finit par la faire disparaître du pont.

Quant aux artefacts, leur usage s’opère plus simplement puisqu’il suffit de les ramasser. Ils se stockent alors dans notre inventaire et offrent un avantage durable tout au long de l’essai, tant que l’on possède des emplacements libres. On accède par exemple à une augmentation de la cadence de tir, ou à une amélioration des attaques de pagaie.

D’autres ressources peuvent enfin être récupérées en mer avec les harpons. Ceux-ci s’obtiennent en cours de combat et servent à ramener sur le navire tout ce qui peut flotter autour de nous : or, bouclier pour le navire, planche destinée à le réparer, etc.

Cependant, les harpons sont à usage limité. Il est donc conseillé de bien viser et d’être sûr de son coup avant de tirer, car ces outils sont très utiles pour vivre une run davantage confortable. On en trouve justement là aussi en mer, ou en récompense de fin de niveau.

Avouons que, pour l’instant, ce système de harpons à usage unique amène un peu de frustration. Sans aucun harpon, ou très peu, à cause d’un chemin choisi malheureusement avare en exemplaires de cet outil, un grand nombre de ressources nous passent sous le nez sans que l’on puisse rien y faire.

Pas de repos pour les canons

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Sauf qu’avant de prétendre à quelque récompense que ce soit, il est nécessaire de se défaire de vagues d’ennemis plus ou moins fournies et dangereuses. Insectes volants, araignées, crapauds ou encore crabes géants viennent malmener notre embarcation, et ce quelque soit la destination choisie.

À cet instant, le titre de Fika Productions nous fait mettre la main à la pâte. Si certaines zones sont assez gérables en solo, d’autres vont réellement nous mettre à l’épreuve, en appelant à notre sens de l’organisation, des réflexes et des priorités.

Les affrontements prennent alors une tournure un peu tower defense, car le bateau peut rapidement se retrouver détruit, en enchaînant les mauvaises décisions. D’ailleurs, lui seul reçoit des dégâts car notre personnage, lui, risque au pire des cas d’être étourdi quelques secondes par des lasers lancés par des totems.

En solo, on jongle alors entre réparations, réarmements des canons et harponnages des ressources situées dans l’eau, lorsqu’il ne faut pas repousser au corps-à-corps les menaces urgentes envers l’embarcation.

De plus, surveiller les deux côtés du navire s’avère vital et impose une certaine gymnastique de replacement des canons d’un côté à l’autre. Chaque tir réussi au canon est donc une bouffée d’air frais supplémentaire.

Ce rythme parfois effréné tranche malheureusement avec des temps morts entre deux vagues d’ennemis étonnamment longs. Certes, un peu de répit pour se réorganiser n’est pas de refus, mais le délai se révèle bien trop important.

Au rayon des lacunes, rajoutons la précision qui n’est pas toujours au rendez-vous. Le navire étant relativement petit, enchaîner les actions ne se passe pas toujours comme prévu. On croit manier le canon alors qu’en fait non, et inversement, ou alors on attrape des munitions au lieu du loot se trouvant juste à côté de la réserve de boulets.

Ces petites approximations, à l’apparence anodine, représentent de précieuses secondes de perdues au milieu de batailles parfois haletantes. Cette imprécision rejoint un léger sentiment d’absence de feeling dans la variété des actions effectuées. Rien de grave mais espérons que cela s’améliore au sein des futures versions du jeu.

We should sail together

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Avec un tel constat, Ship of Fools prend tout son sens à deux. Jouable en coop, se répartir les tâches se révèle, en apparence, plus aisé et plus adéquat. En apparence seulement, puisque le gain de main d’œuvre ne garantit pas automatiquement une expérience plus simple.

Tout d’abord, le problème d’imprécision évoqué juste avant se ressent d’autant plus en coopération. Ensuite, la communication est importante, et se marcher sur les pieds peut très vite arriver, ce qui court-circuite les effets positifs d’être en binôme. La page Steam du titre le dit d’ailleurs avec humour : mieux vaut être seul que former un équipage mal rôdé.

À ce propos, on note un détail assez surprenant en la présence d’un « tir allié ». Distribuer des coups de pagaie afin de défendre son navire atteindra son coéquipier s’il se trouve à côté, au point de l’étourdir durant une seconde en cas de nombreux coups encaissés d’affilée. Assez drôle quand cela arrive mais attention à ne pas se mettre des pagaies dans les roues.

Néanmoins, si tout se passe au mieux, on ressent le plaisir de progresser et d’entretenir ensemble une mécanique bien huilée, ce qui n’est pas du luxe au moment de se confronter au boss de la zone.

Lorsque l’on progresse sur la map, un compteur sur la droite se réduit. Il indique le nombre de tours avant que la Tempête Eternelle, représentée par les cases sombres, ne gagne du terrain. On ne peut donc pas échapper à celle-ci, et dès que l’on se trouve sur l’une de ces cases, le boss apparaît.

Clairement, il s’agit bien du climax de difficulté du biome. Sans trop dévoiler pleinement l’affrontement, on fait face à des menaces de plus en plus nombreuses difficilement gérables en solo. C’est là que la possibilité d’une défense conjointe entre les deux membres de l’équipage change la donne.

Seul, la bataille reste possible, mais il faut un navire bien équipé et quelques tentatives essentielles à l’apprentissage des patterns du boss afin de sortir victorieux de ce combat épique.

L’avis de la rédaction

Membre Actugaming.net

Les premières aventures en mer de Ship of Fools procurent un certain plaisir et nous donnent envie de découvrir jusqu'où celui-ci peut nous emmener. Car si la dimension roguelite démontre des fondations assez solides, l'Archipel suggère des fonctionnalités pour l'heure inconnues. L'interrogation concerne aussi l'expérience solo, qui semble vouée à être mise à rude épreuve, dès le premier biome, en raison d'un gameplay très rythmé et exigeant dans les moments les plus tendus, mais légèrement confus et imprécis. Toutefois, seul ou à deux, une fois à l'aise, le joli titre de Fika Productions promet de belles heures de jeu et attise aisément la curiosité concernant son contenu final.

Fauchinou
Note du panda
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