Test The Witcher 3 – Blood and Wine : Une extension finale pleine d’ivresse ?

he Witcher 3 - Blood and Wine

Près de sept mois après l’arrivée de Hearts of Stone, première bonne extension pour The Witcher 3 : Wild Hunt, voici que débarque enfin la seconde, pleine de promesses. Titrée Blood and Wine, celle-ci nous promettait une bonne vingtaine d’heures de jeu supplémentaire, beaucoup de contenu, ainsi qu’un dépaysement plus important que pour le premier DLC payant. Aventure finale de notre bon vieux sorceleur et tombeur de ces dames, Geralt de Riv, voyons si CD Red Projekt a su tenir parole.

Point sur le patch

Auberge des Sept-Chats

Mais avant de partir en direction de Blood and Wine, attardons-nous un petit moment sur le gros patch qui a servi à préparer le terrain pour son arrivée. Celui-ci a apporté de très nombreuses nouveautés, surtout une réorganisation et une clarification assez phénoménale de l’interface du jeu. Désormais, tout est mieux séparé, classé. Les livres sont enfin consultables rapidement, à tel point qu’il suffit, lorsque vous ramassez un livre, de le lire avec la touche R3 (ou la touche correspondante selon votre plateforme). Cela peut sembler n’être qu’un détail, mais si vous avez connu l’ancien système, vous saurez apprécier cette nouveauté à sa juste valeur. Également, les objets sont désormais séparés par type, il est donc bien plus simple de s’orienter et d’y accéder. On passe désormais beaucoup moins de temps dans ces menus.

Sur consoles, le constat, bien qu’il soit tout aussi appréciable du point de vue de la clarté, ne s’arrange pas énormément du point de vue de la fluidité. Les menus sont toujours aussi lents lorsque l’on change de catégorie, et c’est bien dommage. On aurait apprécié une meilleure optimisation sur cet aspect plutôt gênant. Passé cela, ce coup de jeune est plus que bienvenu, tant et si bien qu’il nous rappelle les certaines Enhanced Edition, qui sont apparues après chaque volet de la saga et qui amélioraient drastiquement le jeu, pour notre plus grand plaisir. Globalement, l’idée est ici la même.

De nombreux autres ajouts ont été opérés et l’on peut par exemple noter la possibilité d’obtenir un guide de Gwynt, afin de savoir quelles cartes nous manquent et surtout, où les trouver. L’une des autres grosses nouveautés qui devrait plaire au plus exigeants en termes de challenge, c’est l’adaptation du niveau des ennemis à celui de votre sorceleur. De fait, si l’on trouve les monstres trop faibles pour nous, il est toujours possible d’activer cette option afin de retrouver des monstres à son niveau. Bien entendu ne rêvez pas, ceux-ci ne lâcheront pas de meilleurs objets ou plus d’expérience pour autant… ce serait trop facile, non ?

Bienvenue au pays du vin et de l’amour !

Beauclair

Faisons d’abord un point sur l’affaire qui introduit l’extension au cœur du jeu de base : alors que vous tombez sur un contrat placardé sur un tableau d’affichage, vous constatez que l’un d’eux s’adresse directement à vous et vous demande de retrouver deux personnes en un certain lieu, pour se voir confier une mission dans la région de Toussaint. Vous apprenez ainsi qu’une créature appelée « La Bête » terrorise ce duché en apparence bien calme. Alors que vous vous décidez à aller enquêter directement sur les lieux, sur demande expresse de la duchesse de Toussaint, Anna Henrietta, , un jeu de piste s’engage, vous mettant en face de crimes pour le moins sanglants et très particuliers : la créature ne laisse aucun indice, les descriptions des témoins varient énormément… bref, vous avez du pain sur la planche ! Nous n’en dirons pas plus, mais sachez que cette quête vous tiendra en haleine jusqu’au bout et ce pendant la bonne dizaine d’heures de la trame principale, car vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

Ainsi, votre aventure prend cette fois place dans une toute nouvelle zone de jeu, spécialement conçue pour l’occasion, mais que les fans les plus assidus du sorceleur connaissent déjà, ne serait-ce que par les livres ou par certaines références dans le jeu de base. Nous voici à Toussaint, région paisible qui semble assez loin des enjeux politiques connus à Velen, Novigrad ou encore Skellige. Ici, la spécialité, c’est la viticulture, et les vignobles ne manquent pas. Les individus rencontrés semblent tout droit sortis d’un roman de chevalerie ou même d’un conte de fée : Chevaliers errants, romances à coups de créatures à occire lors de combats épiques… les références ne manquent pas. C’est aussi l’occasion pour notre sorceleur de retrouver d’anciennes connaissances qui ne manqueront pas d’évoquer certains souvenirs aux lecteurs des romans d’Andrzej Sapkowski, sans pour autant exclure les néophytes.

La nouvelle zone de jeu est par ailleurs extrêmement vaste et propose de très nombreuses quêtes et points d’intérêts à découvrir. Comme d’habitude, alors que vous poursuivez votre route vers votre objectif en cours, il ne sera pas rare de tomber sur des individus requérant les services d’un sorceleur. Sauvetages, contrats, chasses au trésor… vous retrouvez les mêmes types de missions qu’auparavant. Mais l’on sent l’effort de CD Projekt qui a tenté, au cœur des différentes quêtes, de proposer quelques originalités avec notamment de petits moments inattendus et parfois cocasses. L’humour est toujours aussi présent et l’on attribuera une mention spéciale à la quête mettant notre Geralt face aux contraintes administratives des banques, notamment lorsqu’il cherche à récupérer de l’argent sur un compte. Par ailleurs, sans prendre en compte la quête principale, considérez qu’il faudra entre 25 et 30 heures de plus pour arriver au bout de l’ensemble des quêtes proposées.

D’un point de vue artistique, on se régale toujours autant.

Le soin apporté au design de la région de Toussaient est un pur plaisir pour les yeux. La région s’inspire évidemment de l’Italie avec ses habitations très colorées, rendant la ville de Beauclair absolument magnifique, le tout étant magnifié par son palais à l’architecture elfe, tout en finesse et en hauteur. La région dans son ensemble nous dévoile une nature luxuriante avec sa flore, nettement plus présente qu’auparavant et montrant l’effort de CD Projekt au niveau de l’optimisation technique, qui a permis ce type de prouesse, notamment sur consoles. Musicalement, le spectacle n’en est pas moins plaisant. Les musiques d’exploration ou des combats sont excellentes et collent parfaitement à la région de Toussaint, mais également au jeu dans son ensemble. Le tout provoque un dépaysement net en comparaison des  régions précédemment visitées, nettement plus sombres. A Toussaint, tout paraît plus léger.

L’un des autres points intéressant à soulever et qui fait plutôt plaisir, c’est que le studio polonais ne s’est pas reposé sur ses lauriers du point de vue du scénario et de la mise en scène. Clairement, on en a rarement autant eu pour notre argent avec un DLC, qui plus est à un prix aussi faible, compte tenu de ce qui nous est offert. Le propos est toujours aussi soigné et l’on se rend compte à quel point l’univers et le propos de l’œuvre originale ont été respectés. Geralt reste fidèle à lui-même et montre qu’il n’est pas un simple chasseur de monstres, prêt à occire n’importe quelle créature sans aucune bonne raison. De même, on retrouve le même jeu de nuances tendant à montrer que les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit. La frontière entre le bien et le mal est assez floue, pour ne pas dire inexistante… et ça fait toujours autant plaisir ! Cet aspect est particulièrement appréciable, d’autant plus lorsque nous nous trouvons dans une région complètement bercée par les romans et autres contes, où manichéisme est le maître-mot.

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !

Velen

Si tout à l’heure nous évoquions les nouveautés apportées par le patch, nous n’avons pas cité, en dehors des nouvelles quêtes, le contenu que nous offre cette extension déjà bien riche. Pour commencer, sachez qu’une quête permet à Geralt d’obtenir le titre d’une propriété nommée Corvo Bianco. Ancien domaine viticole à l’abandon, dont vous avez désormais la charge. Vous avez alors la possibilité de lui redonner sa splendeur d’antan en le rénovant, par l’intermédiaire de quelques donations à effectuer auprès de votre majordome. Parce que oui… vous avez un majordome et même plusieurs domestiques ! Quoi qu’il en soit, la rénovation peut vous permettre de vous reposer dans votre propriété, d’utiliser un atelier pour retaper vos armes, d’utiliser une meule afin d’affuter vos armes… bref, tout ce vous faisiez autrefois chez les marchands, vous pouvez le faire chez vous, et vous bénéficiez même de bonus plus conséquents (Attaque, expérience, etc.). Dans un aspect purement cosmétique, vous avez également la possibilité d’exhiber vos différents trophées ainsi que vos armes, armures et autres œuvres d’art que vous auriez reçues dans une quête.

Mais ce n’est pas tout puisque, par l’intermédiaire d’une nouvelle quête, notre chasseur de monstres pourra voir son potentiel amélioré, en ayant ENFIN la possibilité de débloquer de nouveaux emplacements pour ses compétences. Celles-ci se débloquent par l’ajout d’un système de mutagènes poussés qui permet de dépenser des points de compétences et des mutagènes supérieurs de certaines couleurs, afin d’obtenir des capacités de très haut niveau. Il est par exemple possible, en utilisant des signes, d’amplifier leur puissance et même de faire exploser vos ennemis en cas de coup critique. Une autre capacité permet à notre sorceleur de récupérer toute sa vie une fois toutes les 90 secondes si jamais il se fait mettre au tapis. Et plus vous débloquez ces mutations plus des emplacements se libèrent, pour ajouter un maximum de quatre compétences supplémentaires. En bref, voilà des atouts plus que redoutables et qui trouveront leur plus grande utilité dans le New Game+ ou dans les modes de difficulté les plus élevés.

Bien entendu, qui dit nouvelle extension dit également nouveau bestiaire. Si Hearts of Stone nous proposait des créatures pas forcément inspirées, qui plus est pas vraiment nouvelles car offraient à leur mort des composants de créatures du jeu original, ici, elles sont nouvelles… ou presque ! Effectivement, nous avons ici le plaisir de constater le retour des barghests, les chiens spectres que l’on pouvait trouver dans le premier épisode de The Witcher, à Wyzima. De même, on note l’arrivée des arachnomorphes, des scolopendromorphes ou encore des ékynoppires, sans doute les créatures les plus pénibles à affronter dans Blood and Wine. D’autres créatures et personnages font leur apparition, mais nous n’en dirons pas plus, histoire de ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

Blood and Wine nous éblouit par sa réalisation exemplaire et son contenu mirifique !

L’équipement a lui aussi droit à son coup de jeune, puisque pas moins d’une bonne centaine de nouveaux objets sont disponibles pour assister le sorceleur dans sa quête face à la Bête. A ce titre, des quêtes permettent de débloquer un nouveau niveau pour les équipements de sorceleur qui passent à « grand maître », avec leur lot de bonus supplémentaires. Le set de sorceleur de la Manticore fait aussi son arrivée et ne devrait pas manquer d’évoquer quelques souvenirs aux joueurs du premier opus. Ajoutons l’arrivée d’un système de teintures exclusif aux armures de sorceleur, permettant de changer la couleur de votre équipement. Désormais, Geralt pourra suivre les dernières modes !

Les amateurs de Gwynt ne seront pas en reste non plus puisque le jeu de cartes se voit enrichi d’un tout nouveau deck : celui de Skellige. Vous aurez donc la possibilité de participer à un nouveau tournoi et à collecter les toutes nouvelles cartes qui, comme d’habitude, ne manquent pas de style !

En revanche, comme tout est rarement tout blanc, nous avons eu le déplaisir d’être confrontés à des bugs pour le moins gênants au niveau des quêtes. On peut par exemple citer l’une d’elle, qui se terminait d’elle-même lorsque nous nous éloignions d’une zone, en plein milieu d’un combat. Ceci a eu pour effet de déclencher une scène et la fin de la quête. Seulement, les ennemis impliqués dans ce combat restaient présents mais bugués. Leur barre de vie ne s’affichait plus et certains étaient même devenus invincibles… nous n’avons donc nul autre choix que de quitter la zone, comme des couards.

Un panneau d’affichage (permettant d’acquérir des quêtes) s’est également payé le luxe de buguer, puisqu’il était impossible d’interagir avec celui-ci… pas très pratique. De même, les corps des ennemis qui mourraient avaient aussi la fâcheuse tendance à ne pas tomber au sol et à rester figés sur place, comme des statues. Tout ceci sera sans aucun doute corrigé dans un avenir proche, mais étant donné que cette extension est sortie un an après le titre original, nous étions en droit d’attendre un résultat plus satisfaisant à ce niveau.

Malgré tout, l’extension « Blood and Wine » pour The Witcher 3 : Wild Hunt est une excellente pioche. Extension exemplaire à bien des égards, celle-ci est dotée d’un contenu plus que généreux et se hisse sans aucun doute au rend des extensions les plus rentables de tous les temps. Malgré des bugs récurrents et assez gênants, cette extension ne pourra que laisser un souvenir impérissable. Avec sa région de Toussaint, « Blood and Wine » a eu le plaisir de nous offrir un dépaysement visuel que ne nous avait pas offert Hearts of Stone. Le pays du vin et de l’amour constitue en somme la destination de rêve et représente la retraite dorée parfaite pour notre chasseur de monstres préféré. En somme, voilà un repos bien mérité pour Geralt de Riv, qui conclue sa longue épopée avec brio.

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