Persona 3 : Premier avis sur le manga de Mana Books

Persona 3 : Premier avis sur le manga de Mana Books 1

Persona 3 s’apprécie-t-il aussi sur le papier ?

Petit à petit, la série Persona commence à se faire une place de choix auprès des très grands noms du J-RPG. Le succès de Persona 5 à travers le monde y aura bien contribué, et les qualités de cette licence ne sont plus à démontrer. Pourtant, Persona a longtemps porté cette image de « punk du jeu de rôle nippon » qui s’affranchit des codes en apportant des thèmes plus sérieux et matures, peut-être trop d’ailleurs pour vraiment parler à un large public. Malgré tout, la franchise a toujours gardé un cercle de fans fidèles, mais le tournant s’opère avec Persona 3 lorsqu’une nouvelle équipe de chez Atlus prend le relais pour cette suite. On pense notamment à Katsura Hashino (directeur), Shigenori Soejima (character-design), et Shoji Meguro (compositeur) qui sont en quelque sorte la Triforce de l’équipe de développement. Avec sa simulation de vie scolaire japonaise et ses explorations de donjons morbides parsemés de combats stratégiques, cet hybride a donné vie à un concept qui fonctionne superbement bien.

Persona 3 est d’abord sorti sur PlayStation 2 en 2007 avant de ressortir en 2008 sous le nom de Persona 3 FES incorporant des changements, du contenu et un nouvel épilogue. En 2011, la PSP a droit à une version portable sous forme de Visual Novel (hors donjons et combats) avec Persona 3 Portable. Il apporte la possibilité de jouer une protagoniste. Ici, nous vous parlons de l’adaptation en manga de onze volumes par Shuji Sogabe et qui est éditée chez nous grâce à Mana Books. On peut à peine imaginer le défi que ce doit être de retranscrire un jeu aussi dense et profond comme Persona 3 sous ce format. Voyons si c’est le cas avec notre avis sur les deux premiers volumes.

Perd son âme ?

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Etant donné que le manga comporte peu de volumes, je ne m’attarderais pas sur un résumé de l’histoire. Je préfère citer le synopsis de Mana Books qui est concis et n’en dit pas trop : « Dix ans après la mort de ses parents, Minato Arisato retourne dans la ville de son enfance, où il intègre le lycée Gekkoukan. À son arrivée, il est témoin d’étranges phénomènes… Il va s’apercevoir que les occupants du dortoir auquel on l’a assigné n’ont rien d’ordinaire ! Et quand sonne la 25e heure, l’heure des ombres, des créatures effrayantes rôdent… mais seuls quelques élus en ont conscience. » Le manga Persona 3 est avant tout une adaptation fidèle au jeu, il ne prend pratiquement aucune liberté dans la narration ou le développement des personnages mis à part quelques exceptions comme pour le nom du protagoniste. Ici, il se nomme Minato Arisato (dans le jeu il a le nom que vous lui donnez) et possède un caractère calme voire introverti. Le bougre est presque imperturbable ce qui est totale adéquation avec les débuts sur consoles PlayStation. Ça peut tout de même surprendre vu toutes les choses surnaturelles qu’il doit ingurgiter en un minimum de temps. Les débuts sont une véritable retranscription sur le papier allant même jusqu’aux dialogues, si ce n’est les quelques premières pages qui montrent déjà l’équipe au complet avant de faire un retour en arrière.

Il faut savoir que dans Persona 3, le thème principal est celui de la mort, tous les personnages l’appréhendent d’une façon ou d’une autre comme le héros qui a perdu ses parents très jeune. Il s’agit aussi d’une peur qu’ils doivent affronter pour invoquer leurs Personae afin d’affronter les Shadows. En tant que joueur de Persona, on sent clairement que les événements sont balancés d’une manière un peu trop expéditive. Les deux premiers tomes englobent, environ, les premières heures de jeu et tous les événements clés sont présents, toutefois on perd beaucoup de ces moments où l’on relâche la pression pour aller en cours, se balader en ville ou tisser du lien social avec d’autres personnes. Ces passages sont malheureusement bien trop rares, et on regrette l’absence de PNJ sauf s’ils sont nécessaires dans une situation donnée (comme la prof). Malgré tout, cette idée de faire face à la mort est plutôt bien retranscrite dans les phases d’actions qui sont légion. Les combats contre les Shadows et la première visite dans le Tartarus sont plutôt agréables à l’œil car le manga Persona 3 possède une autre qualité, le coup de crayon de son auteur.

Le skill « dessin » presque au max

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En effet, force est de constater que le style de Shuji Sogabe rend parfaitement hommage à celui de Shigenori Soejima, surtout en ce qui concerne les personnages. Un vrai caméléon qui fait aussi des prouesses sur certains décors comme le Tartarus évoqué précédemment. Sans oublier les Personae qui sont magnifiquement mis en scène dans les affrontements, les nombreuses vues d’ensemble permettent d’admirer toute la beauté de ces alliés particuliers. Dans le scénario, le danger est toujours présent la nuit à la 25e heure, ce qui donne un rendu très sombre au manga que les amateurs de seinen (ce n’est toutefois pas l’un des plus gore non plus) ne manqueront d’apprécier. On a même une belle référence à l’opening de Persona 3 que je vous laisse découvrir par vous même.  Le manga est un véritable régal pour les yeux, et c’est cette plus-value que les joueurs pourront avoir en le lisant. Il reste cependant un très bon résumé pour se remémorer de bons souvenirs car les titres PS2/PSP datent un peu tout de même. Pour ceux qui le découvriraient via ce format, on peut dire qu’il est une porte d’entrée formidable pour découvrir la série, et donner envie de jouer à la matière de base.

Si la suite est à l’image des deux premiers tomes, les joueurs de Persona seront peut-être les moins enclins à sortir le portefeuille pour cette adaptation manga. Toutefois, le fan pourra éventuellement profiter d’une petite piqûre de rappel nostalgique en plus de collectionner de beaux ouvrages sans trop se ruiner (11 volumes c’est largement abordable). L’adaptation est fidèle, mais on perd évidemment pas mal de choses que seul le jeu peut nous apporter. Toutefois, avec les magnifiques dessins de Sogabe, c’est une belle vitrine au soft que l’on espère revoir bientôt dans une version remastérisée, qui sait.

Les deux premiers volumes seront disponibles le 21 mars 2019. 

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