La Paris Games Week 2017, la honte française du salon international ?

Actuellement se déroule la Paris Games Week 2017, nous avons pu y aller, voici nos impressions et nos découvertes.

Comme chaque année maintenant, la Paris Games Week nous donne rendez-vous début novembre pour découvrir les prochaines sorties jeux vidéo. 2017 ne déroge pas à la règle et l’on a droit à une huitième édition encore plus ambitieuse que les années passées. Nous étions sur place, voici un peu notre avis.

Avant toute chose, sachez que cet édito est là pour vous partager notre expérience de la Paris Games Week à travers nos articles « Envers du Décor » qui deviendront de plus en plus courants. Edito oblige, notre avis personnel influe donc le ressenti global de l’écriture.  

De pire en pire chaque année ?

Depuis trois ans maintenant, l’équipe d’ActuGaming a le privilège d’aller sur place afin de rencontrer les acteurs majeurs du jeu vidéo au salon parisien. Situé Portes de Versailles, le salon annuel est maintenant bien ancré dans les mœurs des studios du monde entier puisque la Paris Games Week est maintenant considérée comme l’un des plus grands événements internationaux aux côtés de l’E3, la gamescom, le Tokyo Game Show, le Jump Festa ou le Taipei Game Show.

Néanmoins, être un acteur majeur ne signifie pas forcément être le lieu de toutes les annonces. Malgré sa faible fréquentation publique, l’E3 reste encore aujourd’hui, l’événement le plus important, notamment grâce à ses nombreuses conférences de presse. La Paris Games Week, du haut de ses 310 000 visiteurs pour 166 exposants en 2016, se place néanmoins dans les conventions les plus fréquentées dans le monde, suscitant pas mal d’intérêt, principalement dans nos contrées francophones.

Nous étions sur place cette année encore, et on ne va pas mâcher nos mots : c’était une véritable catastrophe. Non loin de moi l’envie moribonde de descendre le salon français sans raison, les retours concernant cette édition 2017 sont particulièrement controversés. La faute aux organisateurs ? Au manque de moyens déployés sur certains aspects pourtant cruciaux ? Une mentalité française qui prime sur la bonne humeur qui devrait émaner de ce genre d’événements ?

Les exposants et en particulier les accrédités sont souvent lésés au milieu de toute cette organisation

Honoré d’avoir une accréditation presse (et non blogueur ou VIP, presse j’insiste), on s’est donc rendu sur place le mardi à 16 heures pour profiter de cette journée de pré-ouverture, théoriquement restreinte aux professionnels du milieu et quelques invités ciblés. Si l’on fera l’impasse sur la complication de se garer près de l’événement, il est déjà assez étonnant que peu d’indications soient données aux invités, accrédités et professionnels concernant les parkings mis à disposition.

Là où certains autres acteurs majeurs comme la gamescom proposent un parking privatisé et gratuit qui plus est, la Paris Games Week est particulièrement compliquée d’accès pour les véhicules. Mais soit, on ne va pas se le cacher, si les organisateurs avaient pu trouver une combine, cela reste un problème inhérent aux joies parisiennes et les accès en transports publics sont plutôt agréables. Métro, bus, tramway, tout est bien desservi et très régulièrement.

Qu’à cela ne tienne, on fonce alors vers les files d’attente afin de passer et là encore, peu d’indications. On se retrouve alors dans une file à faire la queue, étant pourtant bien accrédité presse puis une fois arrivé au bout, on nous dit que c’est de l’autre côté. Une fois dans l’autre file, rebelote, on est alors renvoyé sur la première file. Sans surprise, celle-ci nous emmène encore une fois à l’autre bout avant de nous dire que l’organisation change et qu’il faut se rendre à l’autre pavillon. Parfait, ça commence bien.

Sale, désorganisé, peu agréable. La crème de la crème !

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On arrive alors à la sécurité et fait relevé par nos confrères et nous-mêmes, des personnes affluent sur notre file qui ne sont parfois même pas VIP, exposants ou presse. Forcément, l’attente gonfle encore un peu et personne n’est là pour vraiment réguler le tout. Les vigiles fouillent alors les sacs et prennent tout de même le temps de bien vérifier. Point important puisque certaines conventions ou rassemblements publics nous coltinent parfois une sécurité trop légère. Là, on ne va pas se le cacher, cela fait plaisir que les personnes fouinent un peu dans tous les recoins de notre équipement.

Une fois rentré, avec plus d’une heure de retard et en ayant loupé nos premiers rendez-vous, on passe rapidement à l’espace presse, qui, vous ne le savez peut-être pas, permet aux accrédités de profiter d’un espace un peu au calme. C’est souvent l’occasion pour nous de faire une pause tout en travaillant en amont nos articles et nos publications. Plutôt silencieux, l’espace presse est assez agréable, bien qu’on ne va pas se mentir, on se sent un peu à l’étroit. Le petit plus, c’est sans conteste que l’on a droit à quelques mini-salles qui peuvent nous permettre de rencontrer des partenaires en intimité ou de faire une interview plus au calme. D’ailleurs, quelques ordinateurs sont présents, un fait notable puisque certaines autres conventions ne le proposent pas. Néanmoins, contrecarrant un peu ce bon point, on déplore clairement un réseau Wi-Fi peu constant et le manque de prises électriques. M’enfin, à défaut d’être respectable, c’est loin d’être catastrophique.

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Mais allons directement sur les stands, marchons un peu à travers les trois pavillons alloués cette année respectivement aux gros éditeurs, à la scène compétitive et au Made in France/PGW Junior. Si les allées sont assez grandes avec une assez bonne gestion de l’espace (pour une fois), c’est sale. C’est incroyablement sale. Certes, les lancées de goodies y jouent un peu, mais on a des canettes partout, des sachets, des détritus, des boissons renversées, des serviettes et j’en passe. Bien sûr, le Pavillon 1 est le principal concerné, les deux autres pavillons étant bien moins concernés/surpeuplés.

On ne va pas se le cacher, c’est l’un des pires salons que l’on n’ait jamais fait, cette édition 2017 étant vraiment la crème de la catastrophe. Pourtant, nous avons maintenant participé à moult conventions. Japan Expo, gamescom, Hero Festival, Mangazur, Poznan Game Arena (Pologne), Made in Asia…  Il y a un véritable problème d’organisation avec un manque cruel de suivi une fois dans le salon. C’est sale, mal géré et souvent, les débordements s’enchaînent.

Un problème de mentalité ? Une organisation trop volatile ?

Maintenant, difficile de savoir qui pointer du doigt. La faute au personnel trop peu présent et à l’organisation mal ficelée ou à la mentalité française, particulièrement destructive de la bonne ambiance qui devrait émaner de ce genre de rassemblements ?

Le problème vient des deux côtés. On retrouve un laxisme prononcé de la part de certaines personnes sur place (pas toutes hein) tandis que l’absence de personnels d’entretien ou de sécurité à l’intérieur même du salon est assez choquant. Forcément, le salon est vite sali et personne n’est là pour ramasser. Certes, on est d’accord, le personnel d’entretien n’est pas là pour passer systématiquement sur la merde laissée par les visiteurs mais il est coutume de voir régulièrement des personnes pour nettoyer sur d’autres salons. Même constat pour le personnel de sécurité qui a été quasiment inexistant lors de notre passage.

Les débordements arrivent alors assez vite. A deux reprises, on a été spectateur d’une embrouille de jeunes bambins de 15 piges qui étaient prêts à se battre pour des broutilles. Quelques échauffements ont aussi été ressentis sur certaines files d’attente ou endroits fréquentés. Plusieurs influenceurs se sont également plaints sur les réseaux sociaux concernant l’organisation bien en deçà pour l’édition 2017.

D’autres, des vidéastes en particulier, ont dû mettre un terme à leur séance de dédicaces ou leur diffusion en direct à cause de jeunes qui s’amusaient à les mettre à mal. Mais où sont donc les personnes pour gérer ce genre de débordements ? Aucune surveillance ? Au point où j’ai été particulièrement choqué lorsqu’un animateur de Bandai Namco s’est permis de reprendre un jeune qui a jeté sa canette par terre tout en critiquant les personnes qui font ça. Notre homme a vraiment bien réagi mais honnêtement, est-ce que c’est vraiment à un animateur d’intervenir ?

Seulement voilà, faut-il forcément lyncher les organisateurs pour ces nombreux déboires ? Imaginez un peu le nombre de vigiles que la Paris Games Week devraient engager pour gérer des émeutes aussi importantes. La mentalité française est telle qu’on la connaît : une jeunesse irrespectueuse et qui se croit tout permis. Des responsables, pas si responsables et qui trouvent ces incivilités communes, trop communes. Bien sûr, tout le monde ne fait pas partie de ce lot-là, mais malheureusement et vous le savez, dans les conventions du genre, ce sont généralement eux qui font le plus parler d’eux. D’un autre côté, il ne faut pas s’étonner de ce genre de problèmes quand on voit le nombre de gamins qui participent à la soirée d’ouverture.

Des éditeurs et studios qui s’y donnent à fond

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Mais le tableau de cette édition 2017 n’est pas totalement noir. Certains aspects nous ont particulièrement plu, notamment grâce à la présence de nombreux studios. On a pu compter sur Sony qui a tenu une nouvelle conférence de pré-ouverture le lundi tout comme il y a deux années maintenant, l’occasion idéale de promouvoir les futures exclusivités PlayStation 4. Quelques belles annonces ont été faites comme vous pouvez le remarquer sur notre résumé de la conférence Sony et c’est une bonne chose que le constructeur japonais s’intéresse à la Paris Games Week, apportant un peu plus de légitimé à l’événement parisien.

Sur place, on peut aussi compter sur le plus petit des pavillons qui a accueilli de nombreux développeurs français. Parmi eux, on compte bien sûr Focus Home Interactive, principal intéressé de cette partie du salon mais également un beau stand Made in France qui nous a permis de faire la rencontre de talentueux studios indépendants. Dead in Vinland, DragoDino, Dead Cells, Hacktag, BAFL et bien d’autres étaient là, et l’on peut compter sur la bonne humeur et la sympathie des développeurs français pour nous décocher un grand sourire.

La proximité avec les studios indépendants est un vrai plus qui permet d’humaniser cette convention française. Très chauvin dans les faits, la présence des talents français est primordiale pour la PGW qui assure un label d’excellence au niveau de ces exposants. D’ailleurs, on remercie également grandement tous nos partenaires médias pour les divers rendez-vous décochés. On ne va pas se mentir, c’est un réel plaisir que de croiser tous nos contacts sur place et la Paris Games Week restera quoiqu’il en advienne, le meilleur rendez-vous de l’année pour passer du temps avec ses relations.

Cette proximité avec les éditeurs et acteurs majeurs du jeu vidéo restera toujours le point le plus important de la convention française. Même si l’on a forcément quelques redites de la gamescom, c’est souvent l’occasion de voir quelques gros titres comme Attack on Titan, Detroit, Shadow of the Colossus, Sea of Thieves, Dragon Ball FighterZ et j’en passe. Quel plaisir que de partir à la rencontre de Sony, Ubisoft, Koch Media, Microsoft, THQ Nordic, Shadow/Intel, Nintendo…

Bref, de pire en pire chaque année, cette édition 2017 de la Paris Games Week ne laisse finalement qu’un goût amer en bouche. Cher, sale, mal organisé et complètement tourné pour faire vendre les titres de fin d’année, le salon français arrive facilement à décocher le titre de pire expérience pour notre équipe. Fort heureusement, la présence des talentueux développeurs français et la sympathie et le professionnalisme des exposants et attachés de presse relèvent grandement le niveau de la convention. Mais ne vous y méprenez pas, on colle bel et bien l’étiquette de pire salon de l’année à la PGW. 

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