Origin Story #6 : Kratos, le dévoreur de Dieux !

La création de Kratos va de pair avec la réalisation du tout premier God of War paru en 2005 sur PlayStation 2, développé par Santa Monica. Après un premier titre baptisé Kinetica, un jeu plutôt décevant en terme de vente, le studio s’est vu chargé par Sony d’imaginer une toute nouvelle licence pour la console. Ils ne le savaient pas encore, mais les créatifs du studio allaient donner vie à une saga qui viendra rapidement s’ancrer dans le cœur des joueurs.

Dans les tréfonds de la brutalité !

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Santa Monica imagina tout d’abord le concept du jeu avant de créer son héros. Le style action/plateforme teinté de beat’em all fut choisi pour instaurer une dynamique frénétique et ludique pour le joueur. L’idée de départ était simple : il fallait que le titre soit jouissif, fun et nerveux. Ce n’est que plus tard que l’univers de la mythologie grecque fut ajouté, car très apprécié du directeur du jeu.

D’ailleurs, ce même directeur avait avoué à l’époque ne pas vouloir faire un « jeu ressemblant à un Zelda ». Il ne cherchait ni l’innovation, ni une quelconque prouesse technologique, il voulait simplement que ce futur God of War soit un défouloir épique, classe et maîtrisé. Pour porter un projet avec une telle non-ambition, il fallait donc un héros qui le soit tout autant. La création de Kratos débuta alors avec des consignes très précises : il fallait un personnage sortant des clichés des traditionnels héros grecs, et qu’il soit brutal.

Plusieurs mots-clés furent sélectionnés pour que l’équipe puisse mieux cerner la personnalité de Kratos : brutal, violent, antisocial et… « Fuck You ». En effet, la note se terminait bel et bien par « Fuck You », avec obligation d’inclure ce terme dans la création du héros. Inutile de dire qu’avec ces indications, il ne pouvait en ressortir que le Kratos que nous connaissons.

Une des principales inspirations de la saga God of War fut l’édition originale du film « Le Choc des Titans » (1981).

Il est intéressant de noter que les premières ébauches présentaient notre héros masqué, ce qui fut rapidement abandonné, puisque la colère et la violence devaient littéralement transparaître de manière physique.

De plus, il était prévu au départ d’équiper Kratos d’une solide armure, robuste et imposante. Cette idée fut écartée elle aussi afin de laisser ce dernier torse nu, lui donnant ainsi un aspect plus bestial. Et si les tatouages devaient à l’origine être bleus, ils virèrent au rouge par simple goût des développeurs. De plus, l’équipe s’inspira de certains autres films et comics pour préciser le personnage. De son apparence à son histoire, de ses armes à sa personnalité, tout a donc été pensé pour rendre Kratos insensible, puissant et sauvage à la fois.

L’Odyssée version « Kill Bill »

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C’est ce mélange d’inspirations qui composa le tout premier titre de la saga, et qui posa les bases de tous les autres épisodes suivants. Ainsi, Kratos, simple mortel au commencement, s’élèvera au statut de Dieu de la Guerre et entreprendra une chasse aux Dieux toujours plus démentielle et symbolique, afin d’oublier un passé trop sombre et douloureux.

Dès le départ, il était volontairement voulu d’imaginer une aventure jonglant entre le sérieux, le grave, mais aussi le décalé et l’absurde. Les combats colossaux contre les divers dieux jouent sur l’épique et le démesuré, et ajoute une touche de violence bien sentie. Pour autant, ce choix de faire de la brutalité un élément central n’est pas anodin lorsque l’on sait que la plupart des fables et légendes grecques sont souvent toutes aussi violentes et parfois glauques.

En effet, entre les incestes, les clichés sexuels, le virilisme et autres parricide ou fratricide, force est d’admettre que le héros et l’aventure dans laquelle il prend place reste dans une cohérence propre. Kratos incarne en réalité ce symbole des narrations antiques, vu d’un œil plus pessimiste que les « contes » plus joyeux que nous avons l’habitude de connaître.

Il existe bel et bien un Cratos dans la mythologie grecque, un dieu mineur de la force et du pouvoir !

Changer de statut pour se ranger aux côtés des divins, qui se moquent généralement des Hommes et n’éprouvent que peu d’empathie pour eux, ce n’est quand même pas rien. Pour survivre dans un monde composé de Dieux, il faut raisonner et réagir comme eux. De ce point de vue, faire de Kratos un être sans pitié, violent et froid démontre une écriture du personnage très maîtrisée.

Il n’est d’ailleurs pas étonnant, à la vue du prochain épisode, de voir le caractère de ce dernier se « radoucir » légèrement (si nous pouvons dire cela comme ça), car ce dernier n’en reste pas moins un humain ayant goûté aux joies d’une vie mortelle. Ce décalage est même primordial, puisque le joueur s’identifie avant tout au peu d’humanité qu’il reste en lui, le jeu nous apprenant à nous méfier en permanence des divinités.

Kratos incarne donc un désir de puissance et de force démesurée. Jouant avec la notion de gigantisme, il s’exubère et se donne en spectacle afin de trouver un vrai sens à sa vie. Symbolisant la colère des héros grecs, tout en essayant de ne pas les imiter : il est un paradoxe à lui seul. Il représente l’histoire d’un humain ayant commis une lourde faute, et qui passera sa vie à tenter de l’expier, même si cela implique de détruire toute une religion. Voyager à ses côtés aura permis à bon nombre de joueuses et joueurs de poser un œil différent sur la mythologie grecque. Désormais, il faudra compter, avec le prochain opus prévu pour avril 2018, sur les Dieux scandinaves. Mais ne nous inquiétons pas trop : nous savons que Kratos n’a pas froid aux yeux !

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