Aperçu : Days Gone – L’exclusivité qui va faire tâche ?

« La moto ça vous gogne ? »

A l’occasion d’un événement organisé par Sony à Paris, nous avons pu prendre en main Days Gone pendant prêt de trois heures. Nous vous donnons donc nos premières impressions sur cette exclusivité PlayStation 4 un peu plus discrète que les autres. On rappelle qu’après plusieurs reports, Days Gone sortira finalement le 26 avril prochain. Toute proportion gardée, cela nous rappelle une autre exclusivité qui a « un peu » traîné en longueur du côté de chez Xbox et qui est sortie récemment, Crackdown 3. A l’image de ce dernier, on peut se demander si Days Gone sera le dernier boulet dont Sony va se lester avant de s’attaquer à la suite (TLOU2, Death Stranding…) ou bien s’il s’agit d’une nouvelle exclusivité réellement alléchante ?

The Walking Sons of Anarchy

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Days Gone nous plonge dans un monde post-apocalyptique ravagé par une épidémie, et situé en plein nord-ouest des Etats-Unis. Toutefois, nous sommes pas face à des zombies, mais des « Freakers » qui possèdent des caractères différents suivant l’âge et le sexe des personnes contaminées. Dans ce contexte fort joyeux, nous incarnons Deacon St. John, un motard reconverti en chasseur de primes qui s’est adapté à ce nouveau monde. Nous avons pu jouer au titre comme n’importe quel joueur qui lancerait sa nouvelle partie (Sony nous a toutefois précisé que des cinématiques ont été tronquées dans la version que nous avions en main pour ne pas spoiler certaines choses), avec un didacticiel qui a le mérite de nous introduire à la fois l’histoire et les bases du gameplay comme la conduite à bord de la moto. Même si l’ambiance du titre rappelle beaucoup The Walking Dead de AMC, on apprécie aussi l’emprunt à une autre bonne série, Sons of Anarchy. Il faut avouer qu’il est rare que l’univers des bikers américains soit autant mis en avant dans un jeu, ce qui apporte une certaine fraîcheur au titre de SIE Bend Studio.

Par contre, il brille beaucoup moins en matière d’originalité dans d’autres domaines. Days Gone est un monde ouvert, un genre qui est désormais légion dans de nombreuses productions destinées aux jeux solos. Avec des codes biens établis, il est rare de se démarquer sans apporter vraiment quelque chose qui bouscule les habitudes comme The Legend of Zelda : Breath of The Wild ou encore The Witcher 3. Il faut alors, au moins, soit être irréprochable sur de nombreux points (Red Dead Redemption 2), soit avoir une spécificité unique (comme Just Cause 4 dernièrement et ses conditions météo et son combo wingsuit/grappin). S’agissant en plus d’une nouvelle « IP », cette constatation est encore plus flagrante ici. Tout est très convenu et rien ne se démarque vraiment à part cette ambiance de motards justement. Les premières heures de jeu donnent en tout cas cette impression.

Gun fight on Motorcycles

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Pourtant Days Gone a quelques bonnes idées en magasin. Après le prélude mettant en place l’intrigue, nous sommes lâché dans la nature avec notre bécane pour seule monture. Cette dernière s’est d’ailleurs vue désossée par un individu de la ville du coin, notre héros l’avait en effet cachée non loin le temps de sauver son compagnon. On repart donc de zéro avec une moto cabossée que l’on devra améliorer au fil du temps. Les balades à deux roues à travers ces décors nord-américains, tels que le désert ou les forêts très denses, donnent un bon sentiment de liberté surtout que le level design se prête assez bien au hors-piste de ce que l’on a pu voir. On apprécie également la gestion de l’essence et des dégâts à la Mad Max qui concordent tout à fait avec cet esprit de biker qui prend soin de sa bécane. La conduite est aussi quelque peu exigeante sans être un calvaire avec des dérapages contrôlés à réaliser régulièrement. D’ailleurs, les conditions météorologiques comme la pluie ont une incidence sur la tenue de route ce qui est une autre bonne surprise en matière de réalisme. En revanche, on pestera surtout sur les impressions de vitesse en particulier lorsque l’on active le boost.

Deacon doit bien évidemment descendre de temps en temps pour fouler la terre ferme afin de se mouvoir dans les villes ou les zones plus fermées remplies d’infectés. L’un des premiers passages dans un tunnel donnait sur une petite séquence de survival horror pas désagréable où l’on devait avancer prudemment dans la pénombre tout en déplaçant des véhicules dans le passage. Grâce à l’infiltration, nous n’avons aucun mal à tuer d’un coup les freakers dans le dos, et si par malheur nous nous faisons repérer, il est possible de faire parler les balles ou d’autres armes contondantes. A l’exception des hordes, qui rappellent celles du film World War Z, nous n’avons pas réellement ressenti le danger. Même chose pour les ennemis humains qui n’ont guère plus de répondant. On précise que nous avons joué en mode normal, mais il semble que ce soit l’IA qui soit un peu boiteuse sur les bords. Nous n’avons pas pu croiser toutes les sortes de Freakers, et de surcroît les plus dangereux comme les colosses ou les hurleuses qui rameutent du monde pour se joindre à la fête. Seuls les « classiques », et les adolescents pullulent le plus un peu partout. Ces derniers attaquent uniquement si vous êtes en difficulté ou bien si vous empiétez sur leur territoire.

Dans cet énorme environnement ouvert, l’une des tâches sera d’ailleurs de brûler des nids à coup de cocktails Molotov. En nettoyant différents coins de la carte, vous débloquez ainsi des points de voyages rapides. Encore une fois, les virés en moto dans ces belles contrées sont agréables, mais nous ne sommes pas non éblouit par la prouesse graphique ou la direction artistique. On fera aussi fi des quelques bugs et soucis techniques constatés étant donné que nous n’avions pas la version finale en main (on précise cependant que le jeu tournait sur PS4 Pro).

Days Bof ?

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A bien des égards au niveau de ses composantes, Days Gone rappelle Red Dead Redemption 2, une comparaison faite en raison de leur date de sortie rapprochée et qui ne lui rend pas vraiment service d’où l’importance du timing. Sans oublier que la dernière production de Rockstar n’est pas exempt de défauts malgré d’énormes qualités incontestables. Il faut encore explorer bien plus en profondeur la carte de l’exclusivité PS4 pour donner un avis vraiment complet mais certaines mécaniques propres au genre ne sont guère très encourageantes. Deacon est d’abord chasseur de prime, on récolte ainsi des preuves sur des Freakers pour les échanger contre de la monnaie pour acheter de nouvelles armes entre autres, et de la confiance des habitants d’une ville pour débloquer de nouvelles possibilités. Parfois, certaines missions annexes vous demandent de pourchasser des cibles humaines bien protégées, mais pas de lasso qui tienne, la mort est l’unique choix possible. Les ersatz de Read Dead Redemtion 2 ne s’arrêtent pas là avec le dépeçage d’animaux, la récolte de plante ou encore les événements aléatoires qui surviennent en pleine route. On peste aussi contre l’interface du choix des armes qui sert également pour le craft et l’équipement de pièces supplémentaires pour les armes. Pourtant Days Gone n’est pas mauvais, loin de là, mais on sent quand même à plein nez le soft générique à souhait.

Oui mais...

Days Gone ne sera sûrement pas une catastrophe, et comblera sans aucun doute les plus affamés de monde ouvert. Il faut dire que jouer les bikers dans un univers post-apo à un certain charme, mais cela ne suffira malheureusement pas à le rendre marquant. Ces mécaniques de jeu sont vues et revues, et le timing de sa sortie ne l'aide pas beaucoup dans la mesure où il débarque après un Red Dead Redemption 2 avec lequel il partage finalement pas mal de similitudes (Comparaison faite en raison de leur sortie assez proche). Quand on le compare en outre aux autres exclusivités de Sony qui ont particulièrement brillé (rien qu'en 2018 avec Detroit, Spider Man ou God of War), on pense qu'il fera malheureusement pâle figure.

Haseo

Cette preview a été réalisée à partir d'une version éditeur

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