Activision enquête sur Activision, et déclare qu’il n’y a pas de harcèlement généralisé chez Activision

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Oui, c’est tout aussi absurde que ce titre d’article peut le laisser penser. Depuis l’année dernière, les enquêtes se sont multipliées au sein d’Activision-Blizzard, et le constat global faisait état de nombreux cas de harcèlements et de discrimination au sein de l’entreprise, jusqu’à impliquer des membres du conseil d’administration, Bobby Kotick en tête. Alors Kotick et ses amis ont décidé de mener leur propre enquête sur ce phénomène. Et devinez le résultat.

Coupable et juge en même temps

Le conseil d’administration de l’éditeur, portant lui aussi viser par des plaintes, a décidé de mener sa propre enquête à l’échelle de toute la société pour savoir si le harcèlement était généralisé au sein de l’entreprise, et qu’il allait plus loin que de « simples » débordements de la part d’un employé ou deux. Ou plutôt d’une vingtaine.

Et comme par hasard (comme dirait l’autre), aucune preuve n’a été trouvé concernant un environnement de travail toxique institutionnalisé, pourtant dénoncé par beaucoup :

« Contrairement à de nombreuses allégations, le conseil d’administration et ses conseillers externes ont déterminé qu’il n’y avait aucune preuve suggérant que les cadres supérieurs d’Activision Blizzard aient jamais intentionnellement ignoré ou tenté de minimiser les cas de harcèlement sexiste qui se sont produits et ont été signalés. Bien qu’il existe des cas avérés de harcèlement sexiste, ces circonstances malheureuses ne permettent pas de conclure que la haute direction d’Activision ou le conseil d’administration étaient au courant et toléraient le harcèlement sexiste ou qu’il y avait déjà un problème systémique de harcèlement, de discrimination ou de représailles. »

Gilbert Casellas, ancien président de la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi aurait lui aussi mené l’enquête commandée par Activision pour conclure que « sur la base du volume de rapports, le nombre d’inconduites signalées est relativement faible pour une entreprise de la taille d’Activision Blizzard ».

La presse en prend pour son grade

Vous voyez, si tout ça s’est répandu, c’est à cause de la presse, qui aurait critiqué à tort l’entreprise selon Activision :

« Activision Blizzard a fait l’objet d’un afflux incessant de critiques des médias qui tentent de peindre l’ensemble de l’entreprise (et de nombreux employés innocents) avec la tache d’une très petite partie de nos employés qui se sont mal comportés et ont été sanctionnés pour cela. »

Méchante presse qui fait son boulot va. Il est vrai qu’une enquête menée en interne par les mêmes personnes qui sont accusées et forcément plus crédible que les dizaines de témoignages recueillis par différents sites et journaux au cours de ces derniers mois (et on aura utilisé toute notre dose d’ironie du mois pour écrire tout ça, c’était difficile).

En attendant, Activision-Blizzard est toujours sous le feu d’une poursuite judiciaire avec la DFEH ( le Département de l’emploi équitable et du logement en Californie), tout comme par la ville de New-York, et ce n’est pas cette enquête interne qui va y changer grand chose. N’oublions pas que le premier syndicat américain au sein d’une entreprise comme celle-là a été approuvé récemment, de quoi rendre un peu plus fébriles les dirigeants d’Activision-Blizzard.

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squalltis
squalltis
12 jours plus tôt

Exactement le type de flash news que l’on retrouve dans les univers dystopiques gouvernés par les multinationales.
« Bobby Kotick » pourrait tout à fait être le nom du Boss final du prochain Deus Ex.

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