Activision Blizzard accusé par la Californie de favoriser un environnement de travail toxique envers ses employées

Activision Blizzard

Si Activision Blizzard (World of Warcraft, Diablo, Call of Duty…) était déjà pointé du doigt depuis quelques années pour ses licenciements massifs et ses inégalités salariales, la société américaine est cette fois-ci accusée par le Département californien de l’emploi et du logement équitables (DFEH) de maintenir un environnement de travail toxique vis-à-vis de ses employées.

Une culture « Frat Boy » visiblement bien ancrée

Comme le rapporte Bloomberg, l’enquête menée pendant deux ans par l’État américain révèle que le géant de l’industrie vidéoludique n’a pris aucune mesure pour empêcher une culture « Frat Boy » de s’installer en interne au point que les employées, qui représentent 20% des membres de l’entreprise, sont victimes de discrimination de part leurs salaires, leurs affectations, leurs promotions et leurs licenciements.

D’après la plainte déposée devant la Cour supérieure de Los Angeles, certaines n’auraient pas obtenu de promotion sous prétexte qu’elle peuvent tomber enceinte, auraient été critiquées pour être parties récupérer leurs enfants à la garderie et se seraient faites expulsées de salles d’allaitement pour que leurs collègues masculins y fassent une réunion.

Mais ça ne s’arrête pas là puisque, en plus de boire « de grandes quantités d’alcool » sur leur lieu de travail, ces derniers adopteraient un comportement inapproprié, voire humiliant, à l’encontre de leurs homologues féminines pouvant déboucher sur de la drague, des blagues à caractère sexuel ou encore des plaisanteries et commentaires désobligeants sur le viol, notamment au sein de l’équipe dédié à World of Warcraft.

Une employée, qui subissait un harcèlement sexuel constant et intense suite à la circulation de photos d’elle nue prise lors d’un événement organisé par la firme, se serait même suicidée lors d’un voyage d’affaire avec son superviseur masculin qui aurait amené avec lui des objets sexuels.

Activision Blizzard réfute les allégations de l’enquête

Peu de temps après la publication de l’enquête, le groupe américain a répondu au DFEH, via un communiqué relayé par Kotaku, dans lequel il indique « chercher à créer un environnement de travail qui offrent de l’inclusivité pour tous » et « qu’il n’y a pas de place […] pour un mauvais comportement sexuel ou du harcèlement de tout type. »

L’entreprise fondée et dirigée par Robert Kotick a également indiqué que la plainte contient « des descriptions déformées, et dans de nombreux cas fausses, du passé de Blizzard » et accuse le DFEH de ne pas avoir « enquêté de manière adéquate ni d’avoir échangé avec elle en toute bonne foi pour mieux comprendre et résoudre tout problème ou difficulté avant d’avoir recours à un procès » comme la loi l’exigerait.

Elle va même jusqu’à déclarer être « écœurée par la conduite répréhensible du DFEH d’impliquer le suicide tragique d’une employée dont le décès n’a rien à voir avec le sujet de la plainte et sans prendre en compte le deuil de sa famille. » Un comportement jugé « honteux », « non-professionnel » et « irresponsable » de la part de bureaucrates « intouchables qui forcent les meilleures sociétés à quitter la Californie. »

Activision Blizzard s’est aussi défendu en affirmant avoir effectué des changements majeurs et mis en place des outils pour faire évoluer sa culture d’entreprise et favoriser la diversité (Code de conduite, hotline interne confidentielle permettant de répertorier les violations du règlement, stages anti-harcèlement réguliers…) tout en s’efforçant de créer des politiques de rémunérations justes et gratifiantes depuis plusieurs années. Affaire à suivre.

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