Nos ressentis sur l’année 2020 : l’avis d’AntoineRp

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Alors, 2020… On va faire de suite l’impasse sur la crise sanitaire, qui a touché le monde entier, et qui a bousculé nos habitudes, pour parler de culture, et ici plus précisément de jeu vidéo. L’occasion donc d’aborder mon regard personnel sur cette année vidéoludique, une année de transition, tout aussi étrange qu’intéressante.

Des coups de cœur, de gueule, et une lassitude envers le médium ?

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2020 a été une année très riche en terme de jeux vidéo, avec la sortie (enfin) de nombreux jeux dont on nous parle depuis des années. On va faire du coup un name drop d’un coup des sorties et titres marquants de mon côté pour pouvoir ensuite parler de sujets qui m’intéressent davantage. En vrac, j’ai été intéressé, passionné et passé du très bon temps sur Final Fantasy VII Remake, Hades, Fuser, Animal Crossing, Baldur’s Gate 3, Tony Hawks Pro Skater 1+2 ou encore bien entendu Persona 5 Royal et Street of Rage 4. Je suis actuellement en plein dans Cyberpunk 2077 qui m’obsède pour de bonnes et de mauvaises raisons.

Si je me permets de balancer un peu d’un revers de la main tout ces titres, c’est pour parler un peu plus en profondeur de notre médium, de son évolution et des perspectives à venir. Le jeu vidéo est un média toujours aussi passionnant par les œuvres qui nous sont proposées à nous, joueurs, mais de mon côté, difficile de ne pas ressentir une certaine lassitude concernant l’ensemble du médium.

C’est quelque chose d’assez logique, car nous arrivons dans une période où au final, tous les jeux qui nous ont été annoncés, dont on vous a et on nous a bassinés les oreilles depuis maintenant des années sont sortis, et cette lassitude est ainsi également une sortie d’appréhension face à la suite. Que va donner ces nouvelles générations de consoles, et de jeux, et de créateurs, ou comment vont évoluer les studios ?

2020 a été une année riche en épisodes dignes du thriller du dimanche, avec son lot d’enquêtes parues autour des conditions de travail et/ou de harcèlement se déroulant en interne dans les studios. Les omissions de CD Projekt Red ne sont au final qu’un épisode presque final de cette saison et elles pourraient en dégouter plus d’un concernant à la fois le médium, mais à titre personnel, a davantage tendance à me questionner concernant notre rôle en tant que journaliste. En effet, encore plus dans le secteur du jeu vidéo, il y a de sérieuses questions à se poser concernant l’interdépendance entre les médias et le médium, et la quête d’indépendance et d’objectivité totale est une idylle que nous tentons d’atteindre.

Un des autres questionnements qui persistent, synthétisant de façon assez passionnante et angoissante cette année, est ce triple rapport entre les éditeurs, la presse et le public. A chaque nouveau gros événement, nous avons l’impression qu’un nouveau palier est franchi concernant des réactions de toutes parts sur les réseaux sociaux, pouvant à la fois être un beau vecteur de partage comme nous avons pu le voir lors du premier confinement, comme devenir toxique comme nous l’avons vu lors des sorties des nouvelles générations ou encore lors de cette sortie du dossier complexe Cyberpunk 2077. Dans ces moments-là, l’humain semble totalement disparaître et peut être ce qu’il manque aujourd’hui à cette industrie et à son public, de sortir un peu des communiqués de presse et de tweets agressifs, mais plutôt de repartir dans une dynamique de partage et de transparence.

Une next-gen arrivée trop tôt ?

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La second gros sujet ayant dynamité cette année 2020, c’est l’arrivée d’un côté de la PlayStation 5 et de l’autre côté de la Xbox Series X/S. Si du côté de Microsoft, cette sortie semble presque aboutie, avec tout du moins quelques gros bémols comme avoir sous-estimé le développement nécessaire d’un Halo Infinite, au final, le géant américain base toute sa stratégie sur les services, la console faisant office de simple support technologique.

Du côté de Sony, la continuité a été de mise. Pourquoi changer une formule fonctionnant encore me direz-vous ? Ghost of Tsushima ou encore The Last of Us 2 ont été des gros cartons presse et publics, et la console se vend toujours aussi bien. Au premier abord comme aujourd’hui, la PS5 semble être sortie un poil trop tôt, non pas en terme de technologie, mais bien en terme de line-up.

En effet, aucune véritable exclusivité n’est véritablement sortie pour la console (Demon’s Soul étant un remake et Astro’s Playroom une démo technique, certes très réussie, pour présenter la console). Et je vois les trois-quatre d’en vous derrière votre clavier, commencer à sortir des arguments par rapport à la génération précédente. Je me permets donc de prendre les devants, en vous annonçant que pour la sortie de la PlayStation 4, vous aviez ça en exclusivité PS4 :

  • Killzone Shadow Fall
  • Knack
  • Driveclub
  • Flow / Flower (crossgen)
  • Resogun

Je ne me prononcerai pas sur la qualité des jeux, car ce n’est ici pas du tout le sujet, mais cela est un bon exemple de voir que d’une génération à une autre, la volonté du constructeur de proposer un catalogue exclusif n’est pas au rendez-vous sur la PS5. Pourtant, les consoles ont été dévalisées, montrant la puissance de la marque. J’espère d’ailleurs que les possesseurs de la console sont heureux de leurs investissements et qu’ils s’amusent sur les sorties et les jeux PS4 que vous avez pu louper.

Petite anecdote amusante, lors de la sortie des générations précédentes, les jeux éditeurs tiers étaient quasiment les mêmes (Assassin’s Creed IV: Black Flag, Call of Duty Ghosts, FIFA 14, Battlefield 4, Just Dance 2014, Lego Marvel Super Heroes, Madden NFL 15, NBA 2K14, Need for Speed Rivals). La preuve que 7 ans plus tard, de nombreuses licences similaires fonctionnent toujours autant et traversent les générations, ce qui m’intéresse et me passionne. En effet, si tous se souviendront du moment où ils auront joué à Detroit, de plus en plus de joueurs auront grandi avec toujours dans un coin d’écran, telle ou telle licence. Tout comme la série de film Marvel, rythmant pour de nombreuses personnes tout une décennie, on se rend de plus en plus compte que c’est la même chose pour le jeu vidéo.

Un message d’amour pour conclure

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Alors oui, je consens que mes propos sont plutôt pessimistes et pourraient vexer quelques-uns dans le fond, mais au final, le message que je veux porter est plutôt un message d’espoir et d’amour. Même si nous, la presse, donnons un avis contraire au votre, ce n’est pas la fin du monde, et vous pouvez adorer un jeu qui nous a déçus, comme détester ce que de nombreuses personnes considèrent comme une œuvre majeure du médium. Le jeu vidéo est à la fois vecteur de plaisir solitaire comme partagé, et tout ce que je pourrais vous dire est : profitez, vivez et forgez vous votre propre culture vidéoludique.

Notre temps est trop précieux pour passer son temps à critiquer le comportement des autres, alors que vous pourriez pendant ce temps faire des dizaines et des dizaines de matchs sur Street Fighter, ou bien enchaîner les missions secondaires d’Assassin’s Creed Valhalla, ou encore retrouver vos amis sur Among Us. Mon conseil pour cet horizon 2021 est simple : passez moins de temps sur les réseaux sociaux et plus sur votre manette ou votre combo clavier/souris, le monde se portera mieux et votre propre bonheur également. Bisous !

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