Aperçu : Edge of Eternity – Une lettre d’amour aux J-RPG

Edge of Eternity est un J-RPG au tour par tour qui nous vient d’un studio indépendant… français ! Après avoir sorti en 2017, Hover, un jeu d’action-aventures mettant à l’honneur le parkour, Midgar Studio se lance aujourd’hui dans une véritable ode au jeu de rôle japonais.

C’est en février 2015, après une campagne de crowfunding réussie qu’Edge of Eternity voit véritablement le jour. Pour plus d’informations sur cette campagne, nous vous invitons à jeter un coup d’œil à l’article que nous avions écrit au retour de la Gamescom 2018. Le titre est sorti le 5 décembre en early access sur Steam et nous faisons un premier point avec vous.

Une quête désespérée pour sauver le peuple d’Heryon de l’envahisseur

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S’inspirant des classiques du J-RPG, Edge of Eternity propose un scénario mature et intéressant : le peuple d’Heryon dispute une guerre désespérée contre un mystérieux envahisseur venu du ciel : les Archélites. Bientôt, ces derniers vont utiliser une nouvelle arme mortelle et dévastatrice sur le champ de bataille : la Fièvre du Métal. Il s’agit d’un mal cruel qui déforme les corps, empoisonne les esprits et change ses victimes en d’effroyables abominations. Soldat perdu dans ce conflit sans espoir, Daryon attend son heure… jusqu’au jour où il reçoit une lettre de sa sœur où il apprend que leur mère a contracté la Fièvre du Métal. Pour la sauver, il doit à tout prix trouver le remède.

À défaut d’être original, le character design est maîtrisé. On retrouve dans Edge of Eternity le couple stéréotypé du garçon ténébreux aux cheveux noir et de la petite sœur magicienne. À n’en pas douter, la licence Final Fantasy a été une source majeure d’inspiration. L’aspect graphique du jeu, conçu avec Unity, est une demi-réussite. Bien qu’on sente un véritable effort de la part des développeurs pour rendre les environnements jolis, le tout doit encore être dégrossi. Paysages oniriques et décors aux couleurs chatoyantes sont au rendez-vous mais certaines textures sont pauvres et ont besoin d’être affinées. Si les animations des personnages sont un peu rigides, elles demeurent convaincantes. N’oublions pas que nous n’avons pas affaire à un triple A mais à un jeu porté par un groupe de 9 personnes. Sur le plan graphique, notons enfin que nous avons rencontré quelques bugs graphiques qui devraient – nous l’espérons – être corrigés dans les prochaines mises à jour.

Midgar Studio a fait le choix d’inclure le modding à son titre. À terme, il devrait donc être possible de construire son propre monde, ses propres quêtes, son propre univers et de partager ses créations avec la communauté. Voilà une nouvelle qui devrait ravir les moddeurs en herbe.

Une autre raison de l’implication de la communauté dans le développement du jeu, c’est le modding. Edge of Eternity sera rapidement entièrement customisable et les joueurs pourront – grâce aux outils de modding qui sortiront en même temps que l’Early Access – expérimenter avec le jeu.

Un mot sur la bande-son, qui est une vraie réussite : elle colle parfaitement au titre. Elle accompagne agréablement les phases d’exploration et confère aux affrontements un souffle équipe. Le travail de Yasunori Mitsuda, qui a également composé la bande originale de Xenoblade Chronicles et de Chrono Trigger, est à la hauteur de nos attentes.

Un système de combat intéressant, une caméra capricieuse

Edge of Eternity

Sans révolutionner les combats au tour par tour avec jauge d’ATB, le titre de Midgar Studio tire son épingle du jeu en proposant quelques idées originales. Dans Edge of Eternity, tout comme les personnages jouables, les armes gagnent en expérience au fil des combats. Plus une arme est d’un niveau élevé, plus elle possède d’emplacements de cristaux. Ces derniers, récupérables dans des coffres ou comme butin à la fin des combats, apportent des bonus de caractéristiques et permettent de débloquer des attaques spéciales et des sorts – coûtant des points de magie. Grâce à un ingénieux système de réseau, les cristaux peuvent être combinés à l’infini (mais pas n’importe comment, il y a une logique à suivre !).

Les affrontements se déroulant dans des environnements divisés en secteurs hexagonaux, la gestion des distances et des déplacements fait partie intégrante du gameplay. Il est crucial de se positionner de manière optimale. Pour utiliser une attaque au corps à corps, il est, par exemple, nécessaire de se trouver dans un secteur voisin à celui de l’adversaire tandis qu’il est préférable de s’éloigner pour lancer un sort afin de ne pas être interrompu durant l’incantation. Bref, le système de combat s’annonce tactique. Toutefois, nous craignons que les déplacements n’alourdissent le jeu et deviennent laçant après quelques heures.

À ce stade du développement, la caméra est sans doute le point faible du titre : peu maniable, elle a la fâcheuse tendance de se perdre dans les décors, ce qui vient malheureusement gâter l’expérience de jeu. En dehors des combats, les personnages souffrent également d’une trop grande inertie, rendant les déplacements imprécis. Là aussi, il reste à faire pour Midgar Studio. Néanmoins, rien de trop inquiétant à cette étape : les développeurs, très réactifs depuis le début de l’EA, auront la possibilité de corriger ces quelques problèmes avant la sortie du jeu.

Pour l’instant, seul le premier chapitre, qui devrait durer entre 8 à 12 heures de jeu, et quelques quêtes annexes sont accessibles. Les chapitres suivants devront sortir progressivement, tous les deux mois. En ce qui concerne l’agenda, les développeurs n’ont pas encore annoncé de date définitive pour la sortie du jeu complet. Si tout se passe comme prévu, Edge of Eternity pourrait sortir de son early access en 2020. Pas de panique pour les joueurs consoles, une sortie sur PS4 et One est prévue, mais il n’y a pas de date arrêtée.

Une aventure qui devrait plaire aux fans de J-RPG

Ce que nous laisse entrevoir cet early access est plutôt de bon augure. S'inspirant de jeux de rôle japonais, Edge of Eternity propose une aventure épique dans un décor enchanteur. Les combats, qui se déroulent au tour par tour avec des jauges d'ATB (à la manière de certains Final Fantasy), sont relativement classiques. L'utilisation des cristaux apporte un du sel mais les affrontements manquent encore un peu de pep's. La caméra, très capricieuse, est certainement le problème le plus urgent à régler pour les développeurs. Quoiqu'il en soit, à l'heure actuelle, l'early access d'Edge of Eternity présente un ensemble plutôt jouable et cohérent qui devrait plaire aux fans de J-RPG.

Velaines

Cette preview a été réalisée à partir d'une version éditeur

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