Kaiju N°8 : Présentation et avis sur le manga de Kazé

Kaiju N°8 - Manga - Couverture - Mi-Kaiju - Record Français

Qui ici n’apprécie pas regarder films et séries où s’affrontent monstres et autres créatures aux proportions folles ? Qui n’apprécie pas de revisionner l’un ou l’autre Godzilla de temps en temps ? En tout cas, nous, nous apprécions cela. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, nous allons vous parler de Kaiju N°8, le manga de Naoya Matsumoto, actuellement en parution chez Kazé Manga. Chez cet éditeur, souvenez-vous, nous vous avons déjà parlé de Mashle, gros lancement lors de sa sortie.

Assez peu connu chez nous, l’auteur n’a vu qu’une seule de ses œuvres arriver jusqu’en France, il y a de cela quelques années déjà. La série s’appelait Pochi et Kuro, une série en quatre volumes où se mêlaient action, humour et romance. Mais, avec Kaiju N°8, pas question de s’arrêter en quatre tomes tant l’engouement autour de la série, au Japon comme ici, semble la promettre à un grand avenir.

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Matsumoto, Naoya (Author)
6,99 EUR

Lancée en juillet 2020 dans le Shônen Jump+, Kaiju N°8 devient, avec sa version papier, l’œuvre à atteindre le plus rapidement le million d’exemplaires écoulés de la plateforme. Une grande réussite quand on sait que le dérivé numérique du Shônen Jump a également publié des séries de renom comme Fire Punch, Spy x Family ou encore Astra Lost in Space pour n’en citer que trois. Dès lors, les attentes sont grandes autour de cette nouvelle série. Mais est-ce qu’elle en vaut la peine selon nous ?

Of Kaijû and Men

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D’ailleurs, Kazé voit aussi un énorme potentiel en Kaiju N°8. Il suffit de voir que le premier tirage s’élève à 250.000 exemplaires pour comprendre ça. Sans parler de l’affichage, de la publicité sur écran, ou encore des partenariats effectués pour l’occasion. L’éditeur voit les choses en grand pour ce manga où l’humanité fait face à des invasions de monstres géants (et non, rien à avoir avec une autre œuvre qui fait beaucoup parler d’elle depuis quelques années).

Mais pour bien comprendre le sens de cette œuvre, il faut d’abord s’intéresser à l’un des termes qui composent le titre : Kaijû. Il s’agit d’un terme issu du cinéma japonais d’après-guerre. Popularisé dans les années 1950, ce terme fait référence à des monstres surgissant sur terre et qui font échos de façon très métaphorique aux cataclysmes naturels et autres bombes nucléaires. Mais comme pour beaucoup de choses, ces Kaijû ont fini par perdre cette vision uniquement effrayante et dénonciatrice pour finir par imprégner en profondeur la culture nippone d’abord, puis s’immiscer dans les cultures du monde entier. Mais si vous souhaitez en savoir encore plus sur le sujet, nous vous renvoyons vers l’ouvrage de Nicholas Deneschau et Thomas Giorgetti : L’Apocalypse Selon Godzilla.

Pour en revenir à Kaiju N°8, c’est donc l’occasion pour Naoya Matsumoto de nous proposer sa propre interprétation du Kaijû. Dans son œuvre, l’artiste a décidé de nous plonger dans un Japon contemporain, où la population est sans cesse attaquée par moult monstres. D’un côté, les Honju, monstres principaux, et de l’autre les Yoju, des monstres de plus petite taille, apparaissant dans le sillage des premiers. Les attaques sont si fréquentes que le stress est constant et chaque jour peut contenir son lot de catastrophes. Pour stopper ces invasions, le gouvernement a décidé de former le JAKDF, ou en plus long (et en français) : Forces Japonaises de Défense Anti-Kaiju. Dans ses rangs se trouvent des recrues triées sur le volet, entraînées sans relâche et équipées de combinaisons spéciales pour repousser les monstres. Vous là, au fond, arrêtez de crier Scarlet Nexus s’il vous plaît, je viens de vous dire qu’ils portaient des tenues spéciales !

Dans cette histoire, le lecteur peut suivre Kafka Hibino. Jeune, ce dernier rêvait d’intégrer les JAKDF afin de combattre les Kaijû et ne plus revivre certains événements traumatisants de son enfance. Avec Mina Ashiro, ils se font la promesse qu’il intégreront ensemble l’unité pour se soutenir dans les moments difficiles. Oui mais voilà, les années ont passé et, bien que Mina soit devenue l’une des figures importantes des JAKDF, Kafka de son côté a renoncé à ce doux rêve. Âgé de 32 ans, il a rejoint l’unité de nettoyage des rues. Après les combats des Forces de Défense, ce dernier nettoie les dégâts et récupère certains morceaux des monstres pour diverses entreprises.

Ainsi, son quotidien est rythmé par le découpage et le ramassage de morceaux de chaire. Si le travail est ingrat et parfois vomitif, il le fait sans rechigner, ce dernier lui permettant de vivre une vie tout à fait acceptable et de se payer un chouette appartement et des bières. Du moins, ça ne sera le cas que pour un temps !

Un héros légèrement à part

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En effet, tout va changer le jour où Reno, une nouvelle et jeune recrue de 18 ans rejoint son équipe. Tout d’abord condescendant avec le héros, ce dernier va changer d’avis sur lui lorsqu’il lui sauvera la vie lors d’une attaque inattendue sur leur lieu de travail. Tous deux finissent à l’hôpital malgré l’intervention de l’unité de Mina. Là-bas, Kafka va subir une agression tout aussi… surprenante que bienfaitrice. Un parasite parlant et ressemblant aux monstres qu’il déteste l’attaque et le transforme en une créature mi-humaine, mi-kaijû. Si Reno prend la nouvelle plutôt bien, notre héros doit cacher ses nouveaux pouvoirs des yeux du reste de l’humanité au risque d’être considéré comme une menace à la hauteur des autres kaijû.

Jusqu’ici, vous l’aurez compris, Kaiju N°8 suit le déroulement classique. Une brève introduction du contexte, les bases des combats, et la découverte du héros et de ses pouvoirs. Une fois tout cela mis en place, le lecteur peut se lancer à corps perdu dans une lecture où le héros devient à la fois l’espoir de l’humanité, mais aussi l’ennemi public numéro 1, le Kaiju numéro 8, traqué par les forces de défense. Entre humour et scènes dramatiques, cette nouvelle licence nous propose un cocktail intéressant où le héros doit apprendre à se contrôler lui-même pour venir en aide à ses semblables. Et puis, ces nouvelles capacités ne seraient-elles pas l’occasion de réaliser son rêve d’enfant ?

Si le décor à planter peut paraître colossal, Kaiju N°8 jouit malgré tout d’un rythme endiablé. Pas le temps de niaisé, tout se met en place de façon claire, parfois précise, parfois concise, avec une capacité immersive incroyable, une narration efficace et une patte visuelle qui n’a rien à envier à des noms plus connus. La lecture est un régal et Naoya Matsumoto nous sert des cases et planches fluides, proposant toujours les éléments nécessaires à la compréhension et à l’appréciation du travail.

Les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires sont soignés, avec un design très pro et des traits bien finis. Le lecteur parvient sans mal à capter les expressions de chaque acteur de l’action, tandis que les kaijû sont, quant à eux, très bien imagés. Et, quant à la mise en scène, il n’y a rien de mal à en dire, que du contraire. Chaque combat est un régal et les mouvements du Kafka monstrueux sont limpides. Bref, c’est de la haute voltige.

Et puis, soyons francs, les personnages sont très accrocheurs. Entre Kafka qui n’a rien du héros de shōnen classique, trentenaire et dénigré par l’ensemble des autres aspirants à rejoindre les JAKFD, et Reno, le jeune adulte qui se voit déjà sur le toit du monde, nous avons un duo explosif. Mais l’auteur peut aussi compter sur ses personnages secondaires, à l’image de Mina et Kikuro pour apporter un petit je-ne-sais-quoi supplémentaire à son intrigue. Le casting n’en est qu’à ses balbutiements et, pourtant, on sent déjà toutes les promesses qui en découlent.

Faut-il craquer pour Kaiju N°8 ?

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Donc, oui, Kaiju N°8 propose un départ très séduisant, bourré de belles promesses que l’on espère grandement voir se réaliser. Ce premier tome est un divertissement comme on en fait rarement, surtout pour les amoureux d’intrigues à grands coups de monstres surréalistes.

L’intrigue tient la route et se montre immersive, emmenée par un casting bien pensé, bien travaillé, rendant la lecture fluide et permettant d’enchaîner les pages à une vitesse folle. C’est presque dommage que ce premier volume comporte une fin (dont le cliffhanger, bien que prévisible, reste un pur plaisir) tant on ne souhaite pas s’arrêter !

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Et puis, Kazé nous propose une édition des plus réussies pour ce lancement. Heureusement me direz-vous quand on voit le travail effectué sur la promotion de cette œuvre. Œuvre qui, à l’heure où nous écrivons ces lignes, vient de devenir le meilleur lancement manga de l’histoire du territoire français, rien que ça !

Alors oui, sans surprise, nous vous conseillons grandement la lecture de cette œuvre. Que vous soyez fans d’histoires à base de Kaijû, de Nagoya Matsumoto, ou simplement un amoureux de mangas en tous genres, foncez, vous ne le regretterez pas !

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