No More Heroes – Notre avis sur les versions Switch des deux premiers volets

No More Heroes

Malgré son apparent succès international, la Nintendo Wii s’est longtemps fait détester de ceux se revendiquant Hardcore Gamers, la faute à une politique et une bibliothèque de jeux jugées trop Casual. Pourtant, c’est un fait établi que cette machine ayant démocratisé le Motion Gaming regorge de pépites en tous genres.

Les amoureux de RPG vous citerons Xenoblade Chronicles et The Last Story. Les autres iront pêle-mêle de Super Mario Galaxy à Madworld, en passant par Metroid Prime 3, Sin & Punishment et bien d’autres. Pour certains, la Wii est même la console qui a vu exploser le talent de Suda51 et son studio Grasshopper Manufacture, avec l’apparition de No More Heroes.

Une série qui attend son troisième épisode, après un sympathique spin off paru l’an dernier. Afin d’aider les fans à patienter plus sereinement, et peut-être de permettre aux non initiés de débuter par les premiers, No More Heroes et sa suite sont désormais disponibles sur l’eShop de la Switch. Faut-il y voir une nouvelle aussi réjouissante que présumée ?

Conditions du test : Nous avons joué près de dix heures à chacun des deux épisodes. Sur ce temps, nous les avons fait tourner sur TV et en mode portable avec une Switch classique. Nous avons terminé par une courte session sur Switch Lite.

Remaster ou portage ?

No More Heroes

Cela faisait un moment que Suda51 et son équipe évoquaient l’envie de faire revenir d’entre les morts les deux premiers épisodes de la série. Ne serait-ce que pour permettre au plus grand nombre de la découvrir via la Switch, qui serait ainsi la seule console offrant la possibilité de jouer aux trois épisodes canoniques, mais aussi au spin off Travis Strikes Again. Une riche idée, qui se concrétise cet automne avec l’arrivée de No More Heroes et de sa suite sur le support hybride de Big N.

Deux jeux vendus séparément, sans aucun lot disponible, pour une vingtaine d’euros pièce. Le tout annoncé, dans les termes de leur page dédiée sur l’eShop, comme étant des éditions remasterisées des originaux. Sur le papier, il faut avouer que c’est particulièrement vendeur, surtout proposé à un tarif aussi modeste. Même pour des remasters, les deux hits de Grasshopper Manufacture sont véritablement vendus une bouchée de pain sur le market en ligne de Nintendo. Mais alors, où est l’arnaque ?

Eh bien la seule véritable arnaque, si l’on puis parler dans ces termes, c’est le fait que les deux jeux ne soient disponibles qu’en version dématérialisée. Ainsi les collectionneurs dans l’âme seront peut-être un peu déçus de constater que, tandis que la Wii permettait d’avoir les deux jeux en physique, idem pour la PS3 et son remaster du premier volet, la Switch n’offre quant à elle la possibilité que d’acquérir des éditions virtuelles, amenées à disparaître lorsque les serveurs de la machine s’éteindront.

Avouons le, vu comme ça, c’est tout de même très léger comme « arnaque ». Pourtant, et aussi étonnant que cela puisse paraître lorsque l’on parle de remaster et de portage Switch, c’est bien là le seul véritable problème de ces versions. Enfin ça, et le fait que la technique ne soit toujours pas au point évidemment… Enfin, qui aurait pu imaginer le contraire en pensant au portage de jeux Grasshopper Manufacture, réalisés par le même studio un peu plus de dix ans plus tard ?

Treize ans de retard

No More Heroes

C’est un fait indéniable, en dépit de ses nombreuses qualités, No More Heroes ne parvenait pas à convaincre sur le plan technique en 2008, lorsqu’il nous arrivait pour la première fois. Idem, d’ailleurs, trois ans plus tard, lorsqu’il connut un portage lifté sur PlayStation 3. Et il en va de même pour Desperate Struggle, sa suite directe. Il faut dire que le studio Grasshopper Manufacture n’est clairement pas connu pour ses prouesses graphiques.

Si on connaît bien cette bande de fous furieux, néanmoins, c’est parce qu’ils sont capables de pondre de véritables chefs d’œuvres d’inventivité, autant dans les univers qu’ils dépeignent que dans les idées de gameplay. On ne compte plus les fois où Suda51 et sa bande sont parvenus à nous surprendre, ne serait-ce qu’avec l’inoubliable Killer7 ou le déjanté Lollipop Chainsaw. Des titres qui brillent par une direction artistique léchée, d’excellentes idées, mais pèchent par une technique discutable.

No More Heroes et sa suite sont donc de ces jeux là. Ceux qui sont déjà datés techniquement à l’heure de leur sortie, mais bénéficient d’une aura inégalable grâce à leur univers. Et cette phrase n’a jamais été aussi vraie qu’aujourd’hui, alors qu’ils débarquent tous deux sur Nintendo Switch dans des versions vaguement retravaillées. On choisira sans problème de passer outre une multitude de petits problèmes pour se concentrer sur ce qui est réussi.

Et heureusement, d’ailleurs, puisque les défauts sont bien là. On évitera de s’attarder sur les textures baveuses ou sur les modèles d’ennemis, qui tournent d’ailleurs en rond au cours des deux aventures. Idem, nul besoin de faire le décompte du framerate, qui est une nouvelle fois mis à mal lorsque l’action devient trop intense à l’écran. Cela étant, les améliorations sont effectivement là, bien qu’elles restent sommaires pour la plupart.

On note effectivement une avancée graphique depuis les versions Wii. Il est par ailleurs plutôt agréable de constater que le premier volet n’est pas un banal copié/collé de son édition PlayStation 3, qui peinait grandement à convaincre en terme de fluidité. Et puisque l’on parle de fluidité, c’est peut-être ce qui étonne le plus sur ces deux remasters : le framerate n’est peut-être pas au beau fixe, mais il n’a jamais été aussi constant que présentement. Enfin, les passages en moto dans le premier volet ont été corrigés, bien que la maniabilité soit encore à revoir et la ville complètement vide.

Indispensables en l’état

No More Heroes

Les deux premiers épisodes peuvent se trouver à très bas prix dans les rayons d’occasion des différents revendeurs de jeux vidéos, et même sur internet. Alors pourquoi l’investissement vaudrait le coup ici ? Eh bien pour plusieurs raisons en fait, dont la première est évidemment la qualité indéniable de ces deux must have de la Nintendo Wii. Dans le jargon, on appelle ça de l’OVNI, à n’en point douter, mais le travail de Grasshopper n’en demeure pas moins remarquable.

Parce que les aventures de Travis Touchdown, un otaku pervers et sans emploi, sont tout bonnement hilarantes de bout en bout. Elles bénéficient d’une qualité d’écriture étonnante, étant donné l’univers déjanté dans lequel ce personnage haut en couleur évolue. Ce qui vaut autant pour le niveau évolutif de l’humour omniprésent que pour la maturité des différents sujets abordés. Par ailleurs, les références geek et cinématographiques sont excessivement nombreuses, et le travail sur les doublages reste tout à fait convenable, dans le genre exagéré.

Cette nouvelle sortie sur Switch est donc l’occasion de dépoussiérer deux jeux devenus cultes, à qui il ne manque pas grand chose pour ratisser large parmi les amoureux du jeu vidéo. Mais pas besoin de voir plus loin pour ces œuvres étonnantes. En l’état, No More Heroes et sa suite restent particulièrement funs et jouissifs, ce à quoi la maniabilité de la dernière née de chez Nintendo n’est pas étrangère. En effet, on aura beau pester contre les Joy-Con et leur prise en main compliquée, ils ont au moins le mérite de proposer deux joysticks… contrairement au combo Wii Mote / Nunchuck de la Wii.

Et mine de rien cela change pas mal de choses, puisque l’on est désormais en capacité de diriger la caméra comme bon nous semble. Mais aussi, le Motion Control est devenue une simple option, cochée par défaut. Ce qui signifie que le gameplay des deux titres n’a jamais été aussi confortable en permissif, en mode docké comme en portable ; en dépit, c’est un fait, de quelques problèmes qui subsistent, notamment certaines mécaniques archaïques ou des combats qui peinent un peu à se renouveler sur la longueur.

Enfin, on applaudira le fait que le premier volet soit enfin proposé ici dans sa version originale, c’est à dire avec les effusions de sang et le démembrement à profusion. L’édition Wii troquait en effet l’hémoglobine contre des explosions de pièces et de pixels, ce qui avait de quoi irriter. Quant à la bande sonore, elle n’a pas bougé d’un iota. Et heureusement d’ailleurs, puisque cette dernière est tout simplement exceptionnelle !

En conclusion

Difficile d’en vouloir à ces éditions remasterisées pour leurs quelques errances techniques, tant les deux jeux restent excellents et s’insèrent à merveille dans la bibliothèque de la Nintendo Switch. Quel bonheur de retrouver Travis Touchdown dans ses premières aventures, bonifiées de surcroît par une maniabilité adaptée à leur nouveau support. On aurait évidemment apprécié que les améliorations soient plus significatives, ou que Grasshopper confère quelques nouveautés à ces portages liftés. Reste qu’en l’état, il n’y a pas grand chose à redire, si ce n’est sur la répétitivité des combats et des mini jeux, qui sentent parfois le remplissage forcé, comme à l’époque.

En bref, il est vrai que No More Heroes et sa suite ne sont pas des jeux parfaits. Néanmoins, on leur reconnaît encore aujourd’hui une aura inégalable, et ils demeurent par ailleurs particulièrement jouissifs et drôles. Ainsi, à 19,99 euros pièce, on ne peut que vous inviter à passer à la caisse pour découvrir ou redécouvrir les premiers pas de Travis Touchdown. Un moyen plutôt sympa, et peu onéreux, d’attendre tranquillement que No More Heroes 3 nous parvienne enfin.

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