Les Enfants de Gorre : Présentation et avis sur le roman de Mahô Éditions

Les Enfants de Gorre - Tome 1 - Couverture - Livre - Sylvain Ferrieu

Il y a de cela quelques temps maintenant, nous vous présentions une œuvre publiée chez Mahô Éditions. Cette dernière, Berserk of Gluttony avait su nous garder intéressés jusqu’à la fin de son premier tome. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous en remettons une couche en nous lançant dans le premier tome de Les Enfants de Gorre, la toute première série de « light novel » lancée par l’éditeur.

Celle-ci est écrite par Sylvain Ferrieu, auteur français, et illustrée par Navigavi, un illustrateur qui nous vient tout droit du Japon. Ensemble, ils signent ici la première œuvre d’un projet de l’éditeur : proposer des light novels qui soient plus proches du public occidental. Ainsi, fort de son amour pour les Légendes Arthuriennes et de sa thèse en droit sur la chevalerie, Sylvain tente de nous proposer une histoire prenante et aboutie.

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Ferrieu, Sylvain (Writer)
19,90 EUR

Du haut de ses 508 pages, longueur propre à un roman occidental plus qu’à un light novel, Les Enfants de Gorre fait office de fer de lance pour un projet d’envergure d’un éditeur encore trop peu connu. Mais cette série, qui compte pour l’instant un second tome peut-elle vraiment faire office de vitrine à un catalogue qui commence à grossir du côté des traductions d’ouvrages nippons ? C’est ce que nous allons découvrir ensemble.

Un univers à mi-chemin entre histoire et fiction

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De vous à moi, qu’on se le dise tout de suite, je perçois plutôt Les Enfants de Gorre comme un roman illustré, et non pas comme un light novel, comme le catégorise Mahô Éditions sur son site internet. Est-ce là un point négatif ? Pas le moins du monde car, après tout, c’est d’abord l’histoire que l’auteur veut nous narrer et la qualité des illustrations de Navigavi qui importent plutôt que le format dans lequel tout ceci nous est proposé.

Ainsi, Sylvain nous emmène à une époque où la Grande-Bretagne était morcelée, une époque où Arthur Pendragon et la Table Ronde n’étaient dans la bouche de personne, le futur roi n’étant à l’époque encore qu’un enfant. L’histoire nous propose d’accompagner Wilfrid Fenrys, aîné de la famille Fenrys de retour au château après sa formation pour devenir chevalier. Un choix de protagoniste intéressant, qui permet au lecteur de découvrir l’univers en même temps que le personnage, lui qui s’est absenté tant d’années.

Autour de ce personnage vont graviter de nombreux autres, parfois assez clichés à l’image de Gunnolf et Fennegan, et d’autres un peu plus surprenants, comme la jeune Sofia où encore Folkhart, le patriarche. Si certains sont d’abord laissés en retrait pour diverses raisons, tous les personnages jouissent au final d’un développement tout au long de l’intrigue. Un développement suffisant pour les rendre intrigants et qui ne manquera sans doute pas de s’approfondir au fil des tomes. Après tout, on sait déjà que la série en comptera au moins deux.

Pour le plus grand plaisir de certains, les membres du clan Fenrys vont rapidement lancer l’intrigue. Ils doivent se rendre à un événement qui permet à l’auteur de mettre en place la géopolitique de son œuvre, et par la même occasion de nous en dévoiler un peu plus sur la situation du clan lui-même. Dès lors, Sylvain nous sert toute sa palette de descriptions. C’est verbeux, parfois longuet, mais c’est diablement prenant tant l’écriture nous transporte dans l’action. On s’imagine facilement le déroulé, tout en profitant de quelques détails que l’on croise assez rarement pour le genre. Car oui, malgré sa catégorisation de Light Novel, le titre joue sur des descriptions de grande envergure.

Des codes de plusieurs genres

Pour le reste, nous sommes dans un récit à mi-chemin de la dark-fantasy. On y retrouve d’ailleurs quelques brigands, une forêt mal fréquentée, un tournoi très violent et surtout une écriture mature, parfois un peu lourde pour un lecteur non averti. Et, à côté de tout cela, on retrouve évidemment l’habituel combo magie et surnaturel. Bon, rien à avoir avec du Harry Potter, bien entendu, ni même avec du The Witcher. Non, c’est plutôt le subtil mélange à la Kaamelott, où les deux sont omniprésents, sans jamais prendre l’ascendant sur le reste.

Ainsi, l’auteur parvient à nous proposer ses éléments petit à petit pour éviter de noyer le lecteur sous une marée d’information (hormis peut-être au tout début). L’histoire gagne en profondeur et en intérêt à mesure que les pages s’enchaînent et que l’univers nous dévoile tout son potentiel, entre aspect historique et fiction bien ficelée. Les amoureux d’histoire apprécieront, par ailleurs, toute la minutie avec laquelle Sylvain Ferrieu traite de la montée du christianisme ou des relations entre les différentes factions.

Sans parler du développement très réussi des personnages. A mesure que l’intrigue se déploie, chaque protagoniste doit faire des choix, évoluer dans un sens et emprunter un chemin qui n’est pas forcément celui qui lui aurait convenu. Le lecteur découvre alors des acteurs qui changent, qui, comme l’être humain lui-même, doivent continuellement se remettre en question et faire face à moult doutes. Et puis, ne boudons pas non plus le plaisir immense que nous ressentons, de notre point de vue de lecteur, lorsque Sylvain nous dépeint les changements dramatiques qui ont cours et que personne ne peut entraver.

En outre, l’immersion est renforcée par les illustrations savoureuses de Navigavi. Dans un style très nippon, l’illustrateur nous propose des visuels de grande qualité, qui parviennent à transposer en images une ambiance pesante, froide, mais qui nous happe inlassablement. La seule critique qui pourrait ici être faite est la rareté de ces illustrations tout au long de l’ouvrage, tant celles-ci parviennent à renforcer l’intérêt du lecteur. C’est dommage, mais cette rareté nous pousse à apprécier encore plus chacune d’entre elles.

Faut-il craquer pour Les Enfants de Gorre ?

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Dès lors, nous pouvons dire que le duo Sylvain Ferrieu – Navigavi nous propose une œuvre saisissante et diablement bien pensée. Les références aux légendes arthuriennes sont présentes et le contexte géopolitique dépeint dans ce premier tome parvient à capter l’intérêt du lecteur. Sans parler des descriptions de l’auteur qui donnent du corps et de la puissance à sa narration.

Point de vue éditions, Mahô fait du bon travail, de même que l’illustrateur qui nous propose d’imager certaines actions de l’intrigue pour nous immerger encore plus dans ce que Sylvain a à nous raconter.

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Ainsi, nous pouvons conclure en conseillant la lecture Les Enfants de Gorre à tous les fans des légendes arthuriennes mais aussi aux amateurs de romans issus de la dark-fantasy. Certes, on ne tape pas dedans à 100 %, mais la frontière avec les codes du genre est suffisamment fine pour qu’on puisse en avoir un arrière-goût des plus plaisants. Bref, foncez. De notre côté, nous allons voir pour nous plonger dans la lecture du second tome qui, nous l’espérons, partage les mêmes qualité que son prédécesseur.

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