FF VII : Confessions des Créateurs : Présentation du livre de chez Third Editions

FF VII : Confessions des Créateurs : Présentation du livre de chez Third Editions

Ce mois-ci, découvrons ensemble un ouvrage réalisé par Matt Leone, dans lequel il revient, en compagnie des créateurs, sur celui que beaucoup considèrent comme le plus grand RPG de la PlayStation.

Bien que la série ait considérablement évolué depuis, il reste comme une sorte de nostalgie autour de Final Fantasy VII, considéré (à tort ou à raison) comme le meilleur opus de la licence, et même l’un des plus grands RPG de tous les temps. Un titre mythique, à qui l’on ne peut enlever quelques faits d’arme impressionnants. Il est notamment le jeu qui aura popularisé le J-RPG en dehors de l’archipel. Pas étonnant, d’ailleurs, au regard de ses ventes faramineuses, dépassant les onze millions en mettant bout à bout les chiffres des versions PlayStation et PC. Quoi qu’il en soit, un monstre pareil suscite encore aujourd’hui une véritable admiration de la part de nombreux joueurs, et même d’acteurs du jeu vidéo. Il n’en fallait pas moins pour que Matt Leone, rédacteur chez Polygon, se mette en quête des têtes pensantes du projet, dans l’optique de réaliser un véritable travail documentaire. Un travail qui ressortait, par ailleurs, récemment dans une édition plus complète sur papier, grâce à Third Editions.

Un travail documentaire considérable

FF VII : Confessions des créateurs

Ce que les gens retiennent principalement de Final Fantasy VII, c’est qu’il est le jeu qui a démocratisé le genre J-RPG en Occident. Une prouesse qui était loin d’être gagnée, alors que les jeux japonais peinaient encore à sortir à l’international, et surtout à se vendre convenablement en dehors de l’archipel. Néanmoins, il ne s’agit pas du seul détail captivant entourant ce jeu mythique. Beaucoup s’accordent à dire qu’il fut l’un des acteurs majeurs dans le succès de la PlayStation, un support tout jeune à l’époque, qui n’était pas encore parvenu à s’implanter aussi profondément qu’aujourd’hui. 25 ans plus tard, la console de Sony règne aux cotés de sa petite sœur, la PS2, sur le trône des machines de salon les plus vendues de tous les temps, avec près de 105 millions d’unités distribuées. Un chiffre tout à fait extraordinaire, auquel plusieurs jeux phares ont contribué, notamment Gran Turismo et Metal Gear Solid, mais aussi, bien entendu, FF VII.

Pour son livre, Matt Leone est parti loin, très loin dans le temps et sur le globe, afin de dénicher un paquet d’informations et d’anecdotes. Le résultat, c’est un condensé d’interviews venant étayer son propos, le tout dans le but de nous raconter l’avant et l’après, mais surtout le moment même du développement. Pour ce faire, le journaliste a du rencontrer plusieurs têtes pensantes du Square de l’époque, notamment le grand Hironobu Sakaguchi, considéré à juste titre comme le père de la série Final Fantasy. Il est aussi allé à la rencontre de Tetsuya Nomura, à qui l’on doit le design des personnages, Yoshinori Kitase, ou l’homme derrière les cinématiques grandioses, ou encore Nobuo Uematsu, compositeur de génie que l’on ne présente plus. Tout ce beau monde est bien entendu passé à autre chose depuis, et a œuvré sur de nombreux autres projets. Mais chacun d’entre eux est revenu avec une certaine émotion sur le développement du premier FF en 3D.

FF VII : Confessions des Créateurs ne se contente pas de répertorier de simples interviews des géniteurs du jeu. Non, ce livre fait bien plus que cela, mettant leurs voix en corrélation, afin de détailler point par point les étapes que Square et l’équipe de développement (et plus tard de marketing) ont traversé. Le tout en n’oubliant pas de placer Hironobu Sakaguchi au premier plan, avec une préface courte qui laisse bien entrevoir qui est ce personnage atypique : un monstre du jeu vidéo, aux idées bien arrêtées, qui donne l’impression de toujours savoir où il va, et qui sait mener ses équipes mieux que nombre de ses congénères. Pour finir, et c’est bien là l’une des parties les plus intéressantes du travail réalisé par Leone, l’ouvrage se termine sur plusieurs biographies, celles des acteurs principaux du développement, mais aussi du marketing. Certains personnages de chez Sony, ou encore de chez Silicon Graphics sont aussi de la partie. Mais il vous faudra lire ce livre documentaire pour en savoir plus.

Du très bel ouvrage

FF VII : Confessions des créateurs

En choisissant de débuter son récit avant le développement de Final Fantasy VII, Matt Leone nous fait remonter dans le temps jusqu’à une époque critique du jeu vidéo : le fameux passage à la 3D. Une période qui a vu se succéder légion de projets ratés, ne serait-ce que coté consoles, avec notamment le Virtual Boy ou la Jaguar, deux machines qui se seront illustrées par leur échec commercial cuisant. L’occasion d’en apprendre plus sur les idées de Sony, concernant sa toute première console de jeu, mais aussi de découvrir pourquoi Sakaguchi et son équipe, ou plus largement Square, ont préféré opter pour ce nouveau support plutôt que de poursuivre le partenariat entamé avec Nintendo. Un choix qui fut lourd de conséquences, puisque, bien entendu, Big N était quelque peu dans l’incompréhension et dans le déni, après six opus de la licence parus sur ses consoles. Il faut dire que FF a beaucoup contribué aux ventes de Famicom et Super Famicom au Japon.

Passons sur le développement du jeu en lui-même, qui n’a clairement pas besoin d’être commenté plus que ce qu’offre déjà ce documentaire. Néanmoins, jetons rapidement un œil à ce que ce dernier propose plus en avant. Une fois le développement du jeu terminé, en effet, Matt Leone a choisi d’orienter son travail sur la suite. La continuité chez Square pour commencer, qui ne tarda pas à fusionner avec Enix, son rival de toujours. Mais aussi, et surtout, les années complexes que les différentes têtes marquantes du développement de FF VII ont connues. Parce que bien que l’on connaisse encore quelques uns de ces talentueux développeurs et artistes, il est vrai que certains en ont bavé suite à la sortie de cet énorme projet. Sakaguchi le premier, qui s’est mis en tête de passer par la case cinéma, et a ouvert un nouveau studio dans l’idée de réaliser le film Les Créatures de L’esprit… un véritable échec commercial et critique qui a quelque peu entaché sa carrière.

Au premier regard, FF VII : Confessions des Créateurs est un bel ouvrage, joliment décoré de bleu, de gris et d’or. Néanmoins, ne vous attendez pas à y trouver du papier glacé et des illustrations artistiques du jeu en double page. Matt Leone n’avait pas dans l’idée d’en réaliser un artbook, mais bel et bien de travailler exclusivement sur la partie informative, un véritable documentaire en soi. Ainsi, au cours de plus de 230 pages écrites le plus simplement du monde avec du noir sur du blanc (et parfois du bleu foncé sur du bleu clair), le journaliste nous narre sans fioriture les faits, sans jamais s’écarter vraiment du sujet. Il arrive que quelques commentaires de développeurs soient un peu longuets, ou sortent vaguement du sujet, mais c’est toujours dans l’optique de revenir, plus en aval, sur la création de Final Fantasy VII, sur les problèmes survenus, et les moments de joie qui ont animé les équipes.

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FF VII : Confessions des Créateurs est un très bel ouvrage qui ravivera sans peine la fibre nostalgique des joueurs qui ont touché, en son temps, au jeu de Square. S’il s’agit, sur le papier, d’un documentaire sur le développement même de ce titre phare, il s’attarde par ailleurs sur l’avant et l’après, afin de donner une véritable vue d’ensemble. L’occasion d’en apprendre plus sur ce que sont devenues les têtes marquantes du développement, après les avoir suivies pendant les quelques mois de dur labeur qui ont servi à la parution de Final Fantasy VII partout à travers le monde. Bien sûr, nous ne recommanderons pas cet ouvrage à n’importe qui, puisqu’il s’agit d’un travail très sérieux, et se destinant principalement aux amoureux du RPG de 1997. Mais, si une fois prévenus, vous êtes toujours aussi intéressés, alors nous ne pouvons que vous conseiller de sauter le pas !

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