Resident Evil Village : Notre avis sur la Winters’ Expansion

Resident evil village winters expansion

Calquant son Resident Evil Village sur le modèle de son bien aimé septième volet, Capcom a mis en branle un gros DLC découpé en trois contenus bien distincts. Prénommé The Winters’ Expansion, ce recueil de nouveautés est proposé 19,99 euros sur tous les stores (sauf celui de la Switch pour le moment), et promet une continuité intéressante à ceux qui ont passé un agréable moment sur l’expérience originale.

Au programme, de nouvelles missions pour le mode Mercenaries, une vue à la troisième personne pour la campagne solo, et bien entendu un morceau de scénario supplémentaire mettant en scène Rose, la fille de Ethan, qui avait bien grandi à la fin de Resident Evil Village. De belles promesses, sur lesquelles nous avons enfin pu poser les mains, en attendant l’ouverture des serveurs de RE:Verse.

Conditions de test : Nous avons passé près de sept heures sur le titre pour tester ses nouveautés, sur Xbox Series X. Il nous a fallu environ deux heures et demie pour voir le bout de l’aventure de Rose, sans nous presser, puis nous avons passé près de deux heures sur le mode Mercenaries, avant de nous plonger dans le New Game + de la campagne solo pour y tester la vue à la troisième personne. Cet article est garanti sans spoiler.

Le Village

Resident evil village winters expansion

C’est un fait établi, Capcom croit dur comme fer à son Resident Evil Village. Et à raison, puisque cette dernière itération, parue en mai 2021, dépassait déjà la barre des six millions un an plus tard. Bien parti pour compter parmi les opus les mieux vendus de la franchise, après un Resident Evil 7 au sommet, le huitième ne déroge évidemment pas à la règle du DLC. C’est ainsi que, le 28 octobre, sort la Winters’ Expansion, nous promettant de faire grossir l’aventure originale, à coup de contenus inédits, avec une extension scénaristique en prime. Que demander de plus ? Mais commençons par le commencement, avec un rapide tour d’horizon de ce que propose ce DLC.

Pour commencer, la Winters’ Expansion c’est avant toute chose une nouvelle façon de jouer. Le DLC permet de changer le point de vue de l’aventure principale, en plaçant la caméra derrière Ethan, ce qui lui offre de facto un aspect encore plus proche de Resident Evil 4, comme s’il avait vraiment besoin de ça. Bien sûr, ce nouveau mode de visée et de déplacement ne sort pas de nulle part. On retrouve la lourdeur de déplacement d’un Resident Evil 2 Remake, avec des animations qui semblent moins travaillées cependant. Mais on sent que cet ajout a surtout été pensée pour permettre aux développeurs de plancher sur l’histoire de Rose qui en fait sa composante principale.

Parce que c’est sûrement la partie qui intéresse le plus les fans de la franchise, et Capcom le sait, on nous y propose un nouveau mode de visée, des mécaniques de gameplay qui évoluent un brin, et un scénario propre qui suit les pérégrinations de Rose dans plusieurs environnements du jeu de base. Des lieux qui ont été un peu retravaillés pour l’occasion, sans que cela ne saute trop aux yeux, en dehors de mélasses sanglantes tapissant du sol au plafond certains endroits. Un aspect sale, qui suinte de plus en plus régulièrement à mesure que l’on progresse, et qui rappelle autant l’imagerie de Cronenberg que les délires immondes des premiers Resident Evil.

Enfin, le mode Mercenaries s’offre trois nouveaux personnages, avec notamment Dame Dimitrescu. Rien de bien révolutionnaire, mais suffisant pour permettre aux amoureux de ce jeu à part entière, exclusivement pensé pour l’optimisation de son score, de prolonger l’expérience sans se forcer. Bien sûr, vous retrouverez toutes ces nouveautés dans la Gold Edition, disponible elle aussi le 28 octobre. Notez qu’elle embarquera aussi un accès au multijoueur, RE:Verse, qui ouvre théoriquement ses portes le même jour, après des reports et de grosses lacunes dans la communication. Bien sûr, on vous en reparle dès qu’on a pu y toucher.

Return to Caslte Wolfenstein

Resident evil village winters expansion

Qu’on se le dise, les ajouts du mode Mercenaries sont parfaitement anecdotiques. On ne vous jugera pas si vous appréciez ce jeu dans le jeu, cela va de soi. Mais il faut bien reconnaître que ce bonus de fin de partie, qui a fait sa première apparition dans Resident Evil 3 : Nemesis, est très limité. On s’y amusera une heure, peut-être deux, avant de passer définitivement à autre chose, manque de vrai contenu, ou de sentiment notable de progression, voire de gain de puissance. Et ce ne sont pas les maigres ajouts présents qui vont y changer quelque chose. D’autant que Capcom nous fait l’affront de ne pas permettre la vue à la troisième personne dans ce mode, ce qui est très regrettable.

Le gros morceau de la Winters’ Expansion, c’est évidemment Les Ombres de Rose, la suite scénaristique de la campagne principale de Resident Evil Village. Celle-ci se terminait sur une courte cinématique mettant la jeune femme en scène, dans un cimetière, avant d’être rattrapée par ses obligations. Rose possède en effet des pouvoirs, hérités de son père et de la moisissure utilisée par Mère Miranda, qu’une organisation gouvernementale (dont fait partie Chris Redfield) compte bien utiliser à son profit. Mais oubliez tout ce que l’on vient de dire, puisque ça n’a aucun rapport avec ce que racontera ce petit morceau d’histoire.

Rose déteste sa condition. Elle aurait aimé n’être qu’une enfant normale, banale, sans pouvoir spécial, sans attribut la rendant unique. Ce simple détail fait de sa vie un enfer. Aucun ami, et des moqueries qui l’ont suivi un long moment. Alors quand on lui propose de se délester de ses pouvoirs, elle ne réfléchit pas, quitte à se mettre en danger. C’est ainsi qu’elle projette sa conscience dans les restes de la moisissure de Miranda, contenant a priori des souvenirs de tous ceux qui y ont été exposés. Bon, on vous rassure, nous n’avons pas non plus compris comment ça fonctionnait. Cela étant, comme élément de départ, on a vu pire.

Cold Fear

Resident evil village winters expansion

 

Cependant, on a aussi vu mieux, et c’est un peu le mot d’ordre de cette courte campagne, qui se boucle en à peine trois heures. Pour notre part, on en a vu le bout en un peu plus de deux heures et demie, sans trop nous presser. Mais ça ne nous a pas paru si court que ça. En grande partie parce que nous n’avons pas passé un excellent moment. Entendons-nous bien, Les Ombres de Rose fait le café. C’est une extension scénaristique honnête, qui s’inscrit dans la droite lignée de ce que propose Resident Evil Village, à savoir des ambitions scénaristiques très limitées, histoire de mettre en lumière un gameplay qui fonctionne très bien.

Malheureusement, on attendait peut-être un peu plus de cette extension qu’un simple déroulement de niveaux que l’on a déjà visités, dans un déluge d’action et de séquences oubliables, et avec des personnages sous-développés qui n’apportent rien au lore. Il y avait moyen de faire quelque chose de vraiment sympa en prenant le pari de changer le protagoniste, et en introduisant des mécaniques de gameplay inédites. Mais le résultat est très banal, et les ajouts, notamment les dites mécaniques nouvelles, plutôt moyens, voire inintéressants. Reste une aventure qui se parcourt sans trop de souci, et met un terme peut-être un peu maladroit à l’histoire de la famille Winters.

Pour finir, l’ajout du mode de caméra à la troisième personne pour la campagne du jeu principal est peut-être la meilleure chose qu’apporte ce DLC. Et ce, autant pour les nouveaux venus que pour ceux qui ont déjà roulé leur bosse sur Resident Evil Village. Parce que ce changement d’angle de vue apporte une dimension nouvelle au titre, offre à son action une plus grande lisibilité. Il en devient moins immersif dans les passages s’axant sur l’ambiance, mais le gain sur la partie action est nettement suffisant pour faire oublier ce détail. Le seul réel bémol, c’est qu’on se rend mieux compte de la lenteur de Ethan (et par extension de Rose).

En conclusion

L’intérêt de l’achat de la Winters’ Expansion dépend entièrement de votre affinité avec Resident Evil Village, comme c’est souvent le cas. Parce que ce DLC, certes alléchant sur le papier, s’adresse en très grande partie aux amoureux de la franchise, et de ce huitième épisode. Et de ce point de vue, il est plutôt honnête, en leur offrant une expérience dans la continuité de ce que propose le jeu de base. Cela étant, les apports scénaristiques de la campagne de Rose sont anecdotiques, et les nouveautés du mode Mercenaries dispensables, d’autant que ce dernier n’a pas droit au nouvel angle de caméra…

Reste l’apparition du mode de visée à la troisième personne pour la campagne principale. Une riche idée, il faut le reconnaître, qui sublime son action frénétique. Mais, à elle seule, cette feature ne mérite pas la vingtaine d’euros qu’il faut débourser. Au final, si vous avez déjà le jeu, alors l’intérêt de la Winters’ Expansion ne semble pas évident. Par contre, s’il ne fait pas encore partie de votre collection, alors on ne peut que vous conseiller de vous procurer la Gold Edition, qui vous offrira tous les avantages de ce DLC en un achat. Parce qu’il ne faut pas l’oublier, Resident Evil Village demeure un très bon jeu d’action horrifique.

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