Numerama publie une nouvelle enquête sur les conditions de travail chez Nadeo (Ubisoft)

trackmania

En juillet dernier, les enquêtes publiées autour des conditions de travail chez Ubisoft avaient mis à mal l’éditeur, qui était sur la lancée de son Ubisoft Forward. Quelques semaines plus tard, l’histoire se répète avec une nouvelle enquête publiée par Numerama, qui s’attarde cette fois-ci sur le studio Nadeo (TrackMania), qui appartient à Ubisoft depuis plus d’une dizaine d’années.

La culture du crunch poussée à l’extrême

Suite à un appel à témoins lancé par le syndicat Solidaires, branche Informatique et Jeu Vidéo, plusieurs employés anonymes se sont exprimés sur la culture d’entreprise toxique du studio, en mettant en cause le directeur de Nadeo, Florent Castelnérac, plus connu sous le pseudo Hylis.

Parmi les témoignages, il est souvent évoqué que les employés étaient poussés à travailler le plus possible, même en dehors des heures de travail, notamment pendant le week-end. Un crunch qui était vu positivement par le directeur, qui voyait son équipe comme des « champions du monde » :

« Il met une grosse pression sur les employés pour les heures sup. Il dit “tout le monde peut être un champion du monde, mais pour ça il faut travailler. Moi mon but c’est de trouver mes champions.”  »

« Il y a une espèce de culte autour du fait de tout sacrifier pour le travail  » détaille l’une des employées, qui démontre la pression exercée sur les salariés pour qu’ils travaillent toujours plus.

Au-delà des critiques et des heures en plus subies par les employés, il n’est visiblement pas rare que le directeur change d’avis très régulièrement, ce qui obligeait les artistes à jeter leur travail à la poubelle plusieurs fois de suite pendant des mois, sans que ces derniers puissent tenter d’exprimer un avis contraire. Une peur globale régnait dans le studio, renforcée par les « lynchages en public » que Florent Castelnérac effectuait contre certains employés :

« On l’entendait gueuler dans tout le studio des horreurs du type ‘c’est pas possible c’est nul tu devrais te barrer‘. Ça pouvait durer 30 minutes, une heure… Il régnait un silence religieux dans les bureaux après » affirme un employé. Un autre rajoute : « Au final, si tu veux pas qu’il te harcèle et que tu vives un enfer, il faut que tu sois dans un rapport de soumission. »

Un droit de réponse exercé

Florent Castelnérac a pu répondre à Numerama, en déclarant : « Je crois que lorsqu’on s’intéresse aux gens, à leur vie, leur avenir, qu’on les encourage ou qu’on leur parle d’eux de manière honnête, que parfois les émotions prennent le dessus« . Il affirme aussi apporter son soutien sur des affaires personnelles de ses employés, pour les réconforter et les aider dans des périodes difficiles, ce qui a été confirmé par les témoins de Numerama.

Face à la publication de cette enquête, l’intéressé a également réagi via son compte Twitter, en annonçant publier des témoignages d’employés qui se sentent bien à l’intérieur du studio, et en enchaînant des déclarations plus maladroites les unes que les autres.

Nous vous invitons à lire l’article complet de Numerama qui revient en détails sur l’affaire avec des dizaines de témoignages. S’il est probablement une nouvelle fois trop tard pour parler du cas précis de Nadeo, il sera maintenant intéressant de voir si Ubisoft compte bel et bien accorder du temps à toutes ces affaires ce soir, lors de l’Ubisoft Forward, à défaut de ne pas avoir pu le faire lors de la première édition.

Maintenant qu’ils ont eu tout le temps de s’y préparer, on espère pour les employés que Yves Guillemot et les dirigeants d’Ubisoft mettront les choses au clair dès 21 heures, le reste ayant de toute façon déjà fuité.

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