Aperçu Total War: Three Kingdoms – Des premiers pas très convaincants dans le mode campagne

Membre Actugaming.net

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Après notre précédent aperçu du mois d’août qui se focalisait sur une embuscade au clair de lune, nous avons pu cette fois-ci nous essayer à Total War: Three Kingdoms à un stade de développement bien plus avancé. Avec un peu plus de trois heures de gameplay, nous vous donnons nos premières impressions.

Une Chine aussi fascinante qu’immense

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Nous sommes en 190 ap. J-C, à une époque où différents individus charismatiques rêvent d’unifier la Chine sous leur bannière. Une période de l’histoire possédant de multiples rebondissements si l’on s’attarde sur la version romancée, et bien plus épique écrite par Luo Guanzhong contrairement à l’oeuvre purement historique de Chen Sou. Les fans des Dynasty Warriors ou des Romance of the Three Kingdoms savent très bien de quoi nous parlons. On précise que Total War: Three Kingdoms possédera un mode classique et un mode romance. Le premier se concentre exclusivement sur les faits historiques, et la totalité des images montrées jusqu’à maintenant concernent uniquement le mode romance, bien plus intéressant selon nous. Nous avons donc entamé le mode campagne aux côtés du vertueux Liu Bei, accompagné de ses deux frères d’armes Guan Yu et Zhang Fei. Le hic est que nous n’avions aucun territoire dés le départ, nous devions d’abord conquérir quelques villes, notamment celles contrôlées par les Turbans Jaunes. On rappelle au passage que le but ultime est d’unifier la Chine en devenant son empereur.

Et quand on dit la Chine, c’est dans son entièreté. Nous n’avions la vision que sur une partie du pays, mais en dézoomant un peu, on pouvait observer une carte immense. On en profite pour rapidement parler de la direction artistique fabuleuse. Lors de notre interview, les développeurs nous avaient parlé d’un mélange entre l’art ancestral chinois et une touche plus moderne. On peut aisément dire que le résultat est à la hauteur, mais nous avions déjà de beaux aperçus avec les différents portraits des personnages que Creative Assembly partage au compte-goutte depuis quelques temps maintenant. La carte rend parfaitement hommage à la beauté des paysages chinois en y ajoutant même un peu d’encre de chine donnant un effet très sympa. La géographie a aussi été respectée (et joue même un rôle dans le gameplay par-dessus le marché) avec les déserts au nord et les rizières au sud par exemple. La musique, comme nous l’avions noté dans notre précédent aperçu, est définitivement un gros point fort indiscutable qui met tout de suite dans l’ambiance. On sera cependant un peu plus critique sur les graphismes lors des batailles, on sent que le moteur du jeu n’est pas vraiment au même niveau que le reste. Toutefois, étant donné que nous n’avions pas la version finale du soft entre les mains, nous ne pourront nous prononcer là-dessus que lors du test.

Complexe et profond

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Par où commencer pour vous décrire le gameplay de ce Total War: Three Kingdoms, qui possède une profondeur incommensurable avec des mécaniques nombreuses ? Il est nécessaire de prendre en compte énormément d’éléments : la stratégie, la politique, la diplomatie, les alliances, les coalitions… Malgré les astuces diverses que l’on pouvait lire dans le coin de l’écran, il était impossible de cerner l’ensemble en quelques heures, et tout vous décrire ici serait fastidieux au possible. Cela traduit tout de même une énorme complexité, mais dans le bon sens du terme. Creative Assembly semble avoir réussi cette partie du jeu avec brio, les joueurs exigeants ne risquent pas d’être déçus. Tentons tout de même de mettre en exergue quelques points qui nous ont particulièrement plu. Nous ferrons l’impasse sur les détails des combats avec les formations, les stratégies militaires, et les duels entre généraux puisque nous les avions déjà traités dans le précédent aperçu.

Total War: Three Kingdom est tout d’abord un opus de la série qui se focalise essentiellement sur ses personnages. Il profite du casting très fourni du roman des Trois Royaumes. Bien que nous étions guidé par une suite de quêtes, il ne faut pas vraiment se baser dessus pour progresser. Notre but est devenir empereur, et dans le cas ici présent, nous devions aider Liu Bei à monter en grade en gagnant du prestige. Il faut donc se développer efficacement avec un minimum d’intelligence tout en prenant en compte les conditions sous lesquelles nous sommes. A commencer par vos relations avec les autres personnages du jeu. Un indicateur vous donne un aperçu de la puissance de votre armée par rapport à une autre. Il est donc nécessaire d’avoir plusieurs approches. Dans notre partie, nous avons évité au maximum la violence pour expérimenter la voie diplomatique.

Même lorsque nous avions repris des villes en gagnant des batailles, nous avions fait preuve de mansuétude envers les armées ennemies (il est possible de choisir entre trois propositions après les avoir vaincues : Exiger une rançon, laisser fuir, ou recruter mais courir le risque avec de détériorer d’autres relations diplomatiques), même chose pour les villes que l’on peut soit piller, soit reprendre sans trop de dégâts. Un personnage se définit par ses traits, ses compétences, et les relations qu’il entretient avec ses alliés. Dans le cas de Liu Bei, son sang impérial lui permet de confédérer plus facilement, et plus tôt dans la partie avec d’autres seigneurs. Il peut également, sous certaines conditions, s’approprier des territoires sans combattre. La synergie, et les liens qu’il entretient avec ses alliés sont de surcroît importants. Pour être plus efficace en combat ou pour éviter que vos alliés ne commencent à cultiver leurs propres ambitions si vous les négligez trop, il est nécessaire d’entretenir continuellement ces relations (le jeu reprend le concept chinois du Guanxi pour illustrer) en leur donnant des responsabilités par exemple.

Des déplacements lourds de conséquence

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A mesure que l’on s’approprie des territoires, nous sommes confrontés à la gestion de ses derniers. Afin de prospérer financièrement, et garder un taux de satisfaction stable, il est primordial d’exploiter les ressources offertes. La nourriture est évidemment la préoccupation numéro une, mais il ne faut pas non plus négliger le reste. Dans notre partie, que l’on a joué avec un minimum de violence, nous avons exploité une mine. Grâce aux pactes de non-agression, aux coalitions, et aux alliances, nous avons pu créer des routes commerciales pour amasser toujours plus de richesse. Par ailleurs, avec le temps qui passe, vous avez accès à un menu, qui prend la forme d’un arbre magnifique, qui vous permet de débloquer des réformes pour s’orienter vers une voie spécifique (philosophie, exploitation des ressources, fiscalité…). Avec la foule de personnages, il est vrai que l’on s’y perd un peu : qui est à allié à qui ? Qui possède quoi ? ect. La puissance militaire joue aussi un grand rôle dans les négociations car elle permet d’obtenir plus de ressources grâce aux rapports de force. Creative Assembly a tout de même limité les déplacements pour donner une difficulté beaucoup plus réaliste. Vous êtes ainsi obligés de tisser des liens. Vous ne pouvez pas traverser la moitié de la carte avec votre armée pour combattre un ennemi. Tout d’abord parce que les ressources militaires descendent très vite et qu’il faut obligatoirement se trouver sur son territoire pour en récupérer, mais aussi parce que l’on perd un temps considérable. Il faut ainsi déléguer en divisant nos forces ou demander à nos alliés de combattre à notre place.

Et cela, c’est dans les cas où tout se passe comme prévu car le sel de ce Total War est que vous créez votre propre histoire des Trois Royaumes. Trahisons, mariages arrangés, manipulations, vous ne savez jamais comment une partie va se dérouler. Il faudra le vérifier lors du test avec des parties entières, mais ce que l’on avait en main fait rêver. Prenez l’espionnage par exemple, en cas de découverte d’un espion dans vos rangs, vous pouvez choisir de le tuer ou de l’engager en tant qu’agent double, voire agent triple. En sus, l’IA semble à la hauteur de ce que l’on a pu voir, mais encore une fois, il faudra attendre notre test pour en être certain à 100%.

L’avis de la rédaction

Membre Actugaming.net

Que dire si ce n'est que Total War: Three Kingdoms s'annonce comme une réussite. L'aspect diplomatique que l'on a pu toucher du doigt pendant notre campagne avec ce brave Liu Bei nous a clairement emballé. Complexe et profond, on a parfois du mal à s'y retrouver plus on avance dans une partie, mais c'est aussi ce qui fait le charme d'un Total War. Cette rigueur qui nous place dans la peau d'un dirigeant devant prendre en compte tous les secteurs du pouvoir (économie, diplomatie, politique...). La seule chose qu'on peut éventuellement lui reprocher, c'est son moteur graphique. Les combats risquent peut-être de décevoir ceux qui attendaient des avancées majeures à ce niveau-là. Pour le reste, Creative Assembly nous régale avec une Chine plus belle que jamais grâce à ses musiques soignées et une direction artistique qui l'est tout autant.

Haseo
Note du panda