Test Kona : Une version Switch qui fait des concessions

Test Kona : Une version Switch qui fait des concessions

Un an après sa sortie sur PC, PS4 et Xbox One, Kona revient sur Nintendo Switch, dans une édition qui a un poil perdu de sa superbe.

Sympathique jeu d’aventure et d’enquête se déroulant dans un Québec enneigé, sorti en mars 2017 sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, Kona nous revient cette année dans une édition Switch nullement médiatisée. Comme toujours, ce portage est développé par Parabole, et n’est disponible qu’en édition dématérialisée, au prix modeste de 19,99 euros. Près d’un an après notre test du jeu original, voyons ensemble si cette version hybride a pris quelques rides.

Des concessions visibles

Kona

Kona n’est, dans sa version originale, pas un modèle en terme de technique. S’il bénéficie d’un travail admirable sur son ambiance, qui réussit à faire oublier ses carences au profit d’un grand nord plutôt immersif, il apparaît parfois quelques détails qui lui nuisent beaucoup. Notamment des animations qui ont une décennie de retard, et bien sûr des petits chargements qui interviennent chaque fois que le protagoniste change de zone sur la vaste map du jeu. Des défauts qui n’allaient, évidemment, pas être gommés avec ce passage sur Switch.

Et malheureusement, on retrouve dans cette nouvelle édition tous les problèmes de l’original, avec non seulement des graphismes partagés entre de jolis effets de froid et de neige, faisant plus ou moins office de cache misère, et des textures pauvres ainsi que des animations particulièrement rigides ; mais aussi un gameplay qui est toujours aussi inadapté au support console. Kona a été pensé pour le PC, ce qui est tout à son honneur, et il est vrai que la transition au pad ne s’est pas faite sans concessions, évidemment.

Ainsi, le rythme saccadé de son aventure a malheureusement contaminé la caméra de ce First Person Shooter, qui manque un peu de fluidité. Et c’est tout particulièrement flagrant lorsque l’on joue directement sur la tablette de la Switch, en mode portable, où la visibilité pèche par ailleurs à cause des barres noires en haut et en bas de l’écran, à la The Evil Within pour ne citer que lui. Étrangement, c’est sous ce mode que la relative pauvreté technique de Kona est la plus voyante, là où d’habitude c’est totalement l’inverse.

Reste ses rares phases de combat, toujours aussi imprécises, mais qui passent heureusement assez vite. Enfin soyons clairs, sur Switch le jeu a pas mal perdu, par exemple du côté des temps de chargement, plus nombreux et longuets que par le passé. Mais cette version est aussi affublée de pas mal de downgrades incompréhensibles, comme avec les portes, qui ne s’ouvrent plus. Pour rentrer dans un bâtiment, il faut désormais passer par un court écran noir. Et à l’intérieur de ceux-ci, plus question de voir à travers les fenêtres…

Une immersion amoindrie

Kona

En somme, ces différents problèmes ne sont pas catastrophiques quant à l’aspect graphique général du titre, qui reste tout à fait regardable. Mais force est de reconnaître que l’ensemble joue un rôle néfaste sur l’immersion, qui est pourtant le principal intérêt de l’aventure, au-delà de son scénario plutôt bien ficelé. Parce qu’il faut bien l’admettre, s’il parvient à tenir en haleine sur les cinq petites heures que dure son aventure, Kona n’éblouira jamais grâce à la profondeur de son gameplay, qui se résume à chercher des indices et à résoudre de maigres énigmes.

Force est de reconnaître que l’ensemble des petits défauts de cette édition Switch joue un rôle néfaste sur l’immersion, qui est pourtant le principal intérêt de l’aventure, au-delà de son scénario plutôt bien ficelé.

Fort heureusement, cette édition Switch n’a rien perdu au niveau de son ambiance musicale. On retrouve donc des doubleurs québécois qui font un travail remarquable, une poignée de musiques de fond douces et enivrantes, mais surtout le bruit du vent et des pas dans la neige, qui donnerait presque froid au joueur pourtant chaudement installé dans son canapé. Alors certes, Kona a un peu perdu du côté de l’efficacité de son immersion, mais heureusement toutes ses qualités sont encore présentes, avec pour commencer sa narration fort réussie.

Bien sûr, affublé d’un rythme aussi décousu, le titre de Parabole ne s’adresse pas à tout le monde, et certainement pas aux plus impatients. Il faudra parfois passer par des allers-retours fastidieux, pour trouver un outil par exemple, et l’accomplissement de son aventure n’offre malheureusement aucun véritable sentiment d’accomplissement. Pour autant, du haut de ses cinq heures de jeu, et à un prix aussi modeste, Kona ne laisse pas de marbre, en s’inspirant de plusieurs jeux narratifs fort réussis, tels que The Vanishing of Ethan Carter.

Comme souvent, ce portage Switch est malheureusement affublé de downgrades techniques difficiles à comprendre. Et si dans certains jeux cela ne pose pas de véritable problème, chez Kona c’est une autre histoire, puisque l’immersion en prend un petit coup, notamment à cause des temps de chargement plus longs et fréquents. Reste une courte aventure qui se révèle malgré tout captivante, en bonne partie grâce à un scénario bien ficelé, et des doublages de haute volée. Bien sûr, on ne conseillera pas forcément cette édition aux joueurs qui possèdent un PC, une PlayStation 4 ou une Xbox One, et ont donc l’opportunité de faire le jeu sur un support moins contraignant. Toutefois, et ce malgré ses quelques soucis, nous invitons les joueurs Switch amateurs d’expériences narratives à se tourner vers cette aventure frigorifique.

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f4b1
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f4b1

Hum peut être que je me laisserai quand même tenter 🙂