Sea of Solitude Director’s Cut : notre avis sur la version Switch

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Alors que Sea of Solitude a débarqué il y a presque un an et demi sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, dont le test est disponible sur ActuGaming, une version Director’s Cut exclusive à la Nintendo Switch vient tout juste de pointer le bout de son nez le 4 mars dernier.

Censée améliorer l’expérience de jeu en apportant quelques nouveautés et permettant aux joueurs Nintendo de s’essayer à l’œuvre poétique de Jo-Mei Games, est-ce que cette version vaut vraiment le détour ? Nous allons tenter de répondre à cette question.

Sea of Solitude, c’est quoi ?

Sea of Solitude Switch

«L’enfer, c’est les autres». Cette phrase de Jean-Paul Sartre illustre au mieux Sea of Solitude. Cette aventure narrative vous plongera dans la peau de Kay, jeune femme représentée par une créature hirsute aux yeux rougeoyants, qui semble être en proie à ses démons intérieurs, matérialisées par des monstres tous plus effrayants les uns que les autres. Vous voilà perdue dans votre barque, au milieu de nulle part, où un monstre marin rôde et vous croquera à la moindre occasion.

Dès le début, le mystère est de mise, vous ne comprenez pas qui vous êtes, dans quel endroit vous évoluez et encore moins le but de votre aventure. Assez vite, vous comprendrez que c’est bien le thème de la dépression qui sera représenté dans ce jeu. Ponctué par des phases de plateforme, il s’agira ici malgré tout d’un jeu plutôt contemplatif, qui utilise le biais du jeu vidéo pour faire passer un message fort. Parfois, cela peut manquer de subtilité, mais clairement on sent que toutes les tripes ont été mises sur la table durant le développement. Sea of Solitude fait partie des rares jeux vidéo marquants, pas forcément par un gameplay original mais surtout par son ambiance et son univers.

Petite précision malgré tout, toujours au niveau du gameplay : il reste assez peu varié, reprenant au fil de l’aventure toujours les mêmes mécaniques. Nous l’avions pointé du doigt lors du test initial en 2019, et il est important de le préciser encore aujourd’hui puisque rien n’a été modifié de ce côté-là. Les énigmes sont simplistes et cela manque parfois (souvent) de peps et de nervosité.

À travers les 14 chapitres que comptent Sea of Solitude, vous découvrirez la vie de Kay, sa culpabilité vis-à-vis du mal-être de ses propres parents, son frère ou bien son petit-ami. Cette dépression, ces sentiments négatifs, illustrés en jeu par de la corruption, pourra être « nettoyée » par la protagoniste, qui récupèrera le tout dans son sac à dos, sorte de bouée de sauvetage qui deviendra assez vite un fardeau, pour finir par peser lourdement sur Kay.

Ce thème de la dépression, qui n’est pas forcément le sujet le plus vendeur lorsque l’on parle jeu vidéo, reste malgré tout brillamment dépeint dans Sea of Solitude : une ambiance négative qui déteint sur toute une famille, un enfant traumatisé par l’école qui ne sera pas pris au sérieux ou un petit-ami qui vous aime tout autant qu’il en souffre. Chacun pourra vivre l’expérience vidéoludique à sa façon, mais une chose est sûre : elle vaut la peine d’être vécue. Et voir arriver le titre sur Nintendo Switch semble être une bonne nouvelle, surtout dans cette version améliorée. Mais est-ce que cette amélioration vaut vraiment le détour ?

Bon, et Sea of Solitude sur Nintendo Switch, c’est comment ?

Sea of Solitude Switch

Côté contenu, il reste identique. Pas de DLC ou de chapitre supplémentaire au programme. La Director’s Cut amène malgré tout son lot de nouveautés. À commencer par l’apparition d’un mode photo, bien connu des joueurs. Loin d’être aussi perfectionné que celui que l’on peut trouver sur Cyberpunk 2077, il permet malgré tout de mettre en valeur certaines scènes de Sea of Solitude, qui brille à de nombreuses occasions par l’intermédiaire de jeux de lumière efficaces.

Si l’on passe à côté des graphismes qui ne sont pas à la hauteur des versions PC, PS4 ou Xbox One, qui n’étaient déjà pas glorieux pour l’époque, le rendu global reste agréable et n’empêchera en rien de profiter du jeu sans frustration. Ce mode photo reste somme toute anecdotique et, au vu des graphismes, peu flatteur. En plus de ce mode photo, exclusif à la version Nintendo Switch, le script a complètement été réécrit mais également le casting de doublage. Et, même dans Sea of Solitude, Donald Reignoux sera présent puisqu’il doublera le petit-ami de Kay à partir du 9e chapitre.

Passé ces ajouts, parlons de la version Nintendo Switch à proprement parler : comme précisé précédemment, les graphismes ont subi un sacré nivellement vers le bas comparativement à la version originale, ce qui peut s’expliquer par le hardware mais cela rend l’expérience, notamment en mode portable, assez désagréable visuellement parlant. Le message reste le même et la force du jeu également, mais force est de constater que son mode portable sur Switch n’est pas forcément une franche réussite pour les yeux. Malgré les jeux de lumière plutôt réussi, avec les changements d’ambiance bien trouvés, la sauce peine à prendre.

Affiché à un prix de 19,99€ sur le Nintendo eShop (29,99€ pour la version physique), il est clair que l’investissement reste assez élevé pour 4 à 5 heures de jeu. Cependant, si le thème de la dépression, décrit de façon admirable, vous touche d’une façon ou d’une autre, et que le prix ne vous freine pas, foncez. Sea of Solitude reste malgré tout une belle expérience vidéoludique, qui vous marquera par son identité unique.

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