Test Hellblade : Senua’s Sacrifice – Notre avis sur la version Switch

Test Hellblade : Senua’s Sacrifice – Notre avis sur la version Switch
Disponible depuis bientôt deux ans sur PS4 et PC, et ayant eu droit à une version One en avril 2018, le titre de Ninja Theory revient ce mois-ci sur Nintendo Switch.

Bien qu’il ne se soit pas exercé sur nombre de titres célèbres, le studio Ninja Theory n’a eu aucun mal à faire ses preuves depuis sa création. Il faut dire qu’il marquait le coup en 2007, peu après le lancement de la PlayStation 3, avec le sympathique Heavenly Sword, qui fit longtemps partie des indispensables de la machine de Sony. Depuis, on retient le studio pour son travail sur le très chouette Enslaved : Odyssey to the West, mais surtout sur DmC, le reboot de la franchise de Capcom. Plus récemment, et après un développement long et chaotique, sortait Hellbade : Senua’s Sacrifice sur PlayStation 4 et PC, puis sur Xbox One. Un titre qui mit tout le monde d’accord, ou presque. Bien entendu, succès critique oblige, il fallait bien qu’un portage sur Nintendo Switch soit envisagé. C’est ainsi que l’eShop se dotait d’un nouveau jeu d’aventure le 11 avril.

Plongée dans les enfers

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S’il fallait dresser un portrait terre à terre de Hellblade, alors nous dirions simplement qu’il s’agit d’un jeu d’aventure particulièrement linéaire. Dans celui-ci, le joueur incarne Senua, une celte dont l’amant a été sacrifié par les vikings, fraîchement débarqués dans sa contrée natale. Ce détail a toute son importance, puisqu’à l’instar de Shadow of the Colossus, il s’agit du point de départ de l’aventure. La jeune femme, folle d’amour pour le défunt dont elle ne conserve que la tête embaumée, va en effet décider de se rendre dans le royaume de Helheim pour en récupérer l’âme. Relecture habile du mythe d’Orphée, adaptée aux croyances celtes et vikings, cette œuvre vidéoludique ne peut toutefois pas être abordée d’une façon aussi triviale sans qu’il ne s’agisse de cruel manque de respect.

Car, bien que sur le papier il ne s’agisse que d’un banal jeu d’aventure comme on en voit des dizaines chaque année, le titre de Ninja Theory brille néanmoins au travers de trois grandes qualités qui font toute sa force. Pour commencer, dans sa version originale Hellblade est beau. Pas plus grâce à sa technique, qui se révèle réussie sur certains points et décevante sur d’autres, que grâce à sa direction artistique envoûtante. En s’inspirant des légendes nordiques, le studio est parvenu à créer un univers original qui connaît plusieurs éclairs de génie. En cela, malgré quelques écueils qui font tâche, notamment des ralentissements et des bugs malvenus, la ballade est à la fois magnifique, tragique, et même bouleversante. Ce qui nous amène à la seconde vertu du soft.

Hellblade est immersif. En prenant le parti risqué de l’aventure solitaire sans véritable PNJ, à l’exception des dieux qu’il faudra faire tomber, le développeur a donné une ampleur surprenante à l’aspect narratif. Pas de véritables dialogues, pas de documents textuels à ramasser, mais l’univers se dépeint de lui-même sous nos yeux… et surtout nos oreilles. La dernière qualité du titre, et elle est connexe à la seconde, c’est effectivement sa bande sonore incomparable. Rarement un jeu vidéo n’est parvenu à incruster pareillement des voix, si ce n’est jamais, de sorte que celles-ci rythment presque entièrement l’aventure, constituant par la même la majeure partie des éléments narratifs. D’ailleurs, pour mieux vivre cette descente aux enfers extraordinaire, l’usage d’un casque audio est nettement conseillé.

Un portage Switch qui déçoit

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Le principal frein aux portages sur l’hybride de chez Nintendo réside dans sa puissance. Elle fait certes tourner de petites merveilles visuelles, telles que Breath of the Wild ou Super Mario Odyssey, pour ne citer qu’eux, mais elle est loin d’égaler ses concurrentes actuelles : la PS4 et la One. Et le souci, c’est que cela se ressent dans plusieurs adaptations, notamment dans celle de Hellblade : Senua’s Sacrifice. Dans sa version Switch, le titre de Ninja Theory est en effet grandement diminué sur le plan graphique. Si les premières secondes de jeu laissent un étrange goût en bouche, arrivé dans la première zone « ouverte » l’hésitation n’a plus sa place : il est laid. Bien sûr, il conserve le charme de sa direction artistique léchée, mais là n’est pas le problème.

Il ne faut pas longtemps avant de découvrir la triste vérité : cette édition Switch est moche

Là où les versions précédentes souffraient par moment de légers bugs, mais surtout de textures très inégales, celle-ci solidifie chacun de leurs défauts. La distance d’affichage est ridicule, ce que QLOC, le studio à la charge de ce portage (et s’étant déjà attelé à celui de Dark Souls Remastered), tente vainement de dissimuler derrière une brume plus épaisse qu’auparavant. Coté textures, le constat est tout simplement affligeant. Le titre souffre par ailleurs de clipping et de multiples autres limitations techniques, notamment d’une sorte de flou qui touche l’intégralité des éléments qui composent l’aventure. Mention spéciale à la végétation immonde et aux effets de lumière qui traversent carrément les murs. Le pire, c’est qu’en plus de la caméra déjà perfectible à l’origine, cette version Switch subit divers ralentissements lors des combats.

Finalement, le seul passage agréable à l’œil n’est autre que la cinématique d’intro

Alors certes, il fallait bien en passer par des coupures pour permettre à ce petit bijou de se frayer un chemin jusqu’à la Switch. Toutefois, laissez-moi évoquer quelques faits qui dérangent. Pour commencer, cette édition pèse pas loin de 19 Go, ce qui prend une place colossale sur le misérable espace embarqué de la console de Big N. Et bien sûr, pas de version physique à l’horizon. Par ailleurs, son prix n’a nullement diminué depuis 2017, toujours affiché à 29,99 euros. Un tarif qui vaut clairement l’expérience PS4, One et PC, mais qui commence à paraître cher avec cette version. Parce que, bien qu’il reste aussi excellent sur sa partie narrative, et que l’utilisation du casque est bien vue en mode portable (qui souffre exactement des mêmes soucis), les défauts qui minent son aspect graphique ont malheureusement tendance à faire décrocher. L’immersion, gros point fort du jeu, en serait presque réduite à néant sans le travail fantastique de Ninja Theory sur la bande son, qui n’a ici pas bougé d’un pouce.

L’arrivée de Hellblade : Senua’s Sacrifice sur Nintendo Switch avait de quoi faire saliver. Néanmoins, une fois cette version en main, difficile de rester longtemps enthousiaste. En premier lieu parce que l’aspect graphique est en ruine, en second parce que cela mine complètement l’immersion dans cet univers pourtant hors norme. Heureusement, en un sens, que la bande son est toujours aussi extraordinaire. Que ce soit clair, à moins d’une baisse drastique de tarif ou de la sortie miraculeuse d’un patch correctif dans les prochains jours, mieux vaut laisser cette édition prendre la poussière dans un coin de l’eShop. Si vous avez moyen de faire le titre sur un autre support, cependant, on ne peut que vous y encourager.

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Manuto
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Manuto

Je ne comprends pas ce test. Ayant le jeu, et l’ayant fini, je n’ai pas eu un seul soucis de fluidité sur le semble du jeu. Les combats ont même été un modèle du genre, y compris à la fin quand il y avait beaucoup d’ennemis. Le jeu graphiquement est beau, un de vos concurrents a même lancé un article se demandant si c’était le plus beau jeu sur switch à l’heure actuelle. Certes il est en dessous d’une version xbox/ps, mais reste très bien adapté et sans perte massive des effets. Mais le plus important dans un jeu, reste… Read more »

coldfinger
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coldfinger

Hélas c’était couru d’avance…. mais tout de même, sur un simple screenshot on constate à quel point la résolution a pris cher. Rien que la végétation, ça saute aux yeux, ce qui reste des touffes d’herbes est terrible.

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