Remaster, portage, remake, reboot : Quelle est la différence ?

Remaster portage reboot
Nombreuses sont les réitérations de pas mal de jeux vidéo depuis la sortie de la huitième génération, et pourtant, aucune n'est faite de la même façon. Nombreux sont les malentendus à ce sujet, et nous allons tenter d'éclaircir vos idées !

Depuis la huitième génération parue dès 2013 avec l’arrivée de la PS4 et la Xbox One, de nombreuses pratiques des développeurs se sont démocratisés dans nos ludothèques afin de « rajeunir » des jeux déjà parus. Le but de ce dossier ne sera pas de juger l’étendue de tous ces jeux revenus du passé, mais d’aider les personnes à comprendre ce qu’est un jeu remasterisé, un remake, un portage ou un reboot, car contrairement à ce que l’on peut penser quelques fois, aucun de ces termes ne définit la même chose.

Toutes ces pratiques n’ont pas les mêmes processus de développement, d’où le fait que certaines qualités soient meilleures que d’autres. De plus, il ne faut pas pour autant blâmer cette huitième génération qui n’est pas responsable de la masse de « rééditions » existantes, car celles-ci ne sont pas nouvelles. En effet, depuis l’époque même de la PS2/Xbox première du nom, de nombreux jeux se sont retrouvés sur la plateforme de la génération suivante à cause d’une sortie rapprochée entre le jeu en question et la plateforme, afin de toucher un plus large public. Sortir un jeu, par exemple sur PS2 peu avant la sortie de la PS3 servait notamment à ne pas délaisser les joueurs d’une machine, afin de ne pas forcément les inciter à franchir le cap d’une console plus onéreuse. Porter le jeu sur PS3 servira alors à toucher un autre public, peut-être un nouveau joueur ou une personne qui découvre la plateforme concernée. Il en va de même pour la Xbox et sa petite sœur la 360, ou bien même des jeux PC qui se retrouvent parfois sur console.

Un bel exemple de l’époque et qui se réitère à l’heure où sont écrites ces lignes pourrait être Resident Evil 4, qui est sorti d’abord sur GameCube pour finir plus tard sur PS2 afin d’élargir son succès et de toucher bien plus de joueurs. Le jeu s’est suivi d’une remasterisation sur PS3 et Xbox 360 pour être une nouvelle fois porté sur PS4 et Xbox One en 2016.

Bref, c’est tout pour le petit cours d’histoire, nous allons désormais nous attarder sur chaque sujet. Essayons de faire quelque chose de clair et concis ensemble !

Le portage, très souvent confondu

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Un portage est une méthode qui consiste à prendre un jeu d’une plateforme pour simplement le rendre compatible vers une autre. Il n’a pas pour but de rendre un jeu plus beau ou meilleur. Une telle itération d’un jeu est simplement un coup généralement marketing pour les développeurs. Il permet d’élargir les horizons d’un jeu, de le faire toucher à plus de joueurs dans le monde. Le coût de production est moindre, puisque cette pratique ne nécessite simplement que de rendre un jeu compatible avec une autre architecture sur une autre plateforme, attirant ainsi plus de bénéfices aux studios par la suite. Le jeu ne subit aucune modification graphique, ni même en contenu. Le portage ne permet aux développeurs qu’à faire profiter d’autres joueurs d’un jeu qui n’était pas sur leur plateforme auparavant ou bien de créer une rentrée d’argent en le réitérant des années plus tard afin de mieux mener d’autres projets, et de faire plaisir aux joueurs qui souhaitent le retour d’une licence. Le prix de vente d’un portage est généralement moindre puisque la production n’a pas été plus intense que la création d’un nouveau volet.

Il se peut effectivement qu’un jeu porté soit supérieur, graphiquement et techniquement (textures plus nettes, framerate plus stable/amélioré …). Tout ceci est dû à l’architecture de la console sur laquelle le jeu est porté : généralement, un jeu est réédité d’une ancienne plateforme vers une nouvelle. La nouvelle est, en toute logique, bien plus performante et contient des améliorations non négligeables notamment au niveau des processeurs qui répartissent mieux les tâches gérées par le jeu. Pour les connaisseurs, c’est notamment car ceux-ci ont plus de cœurs que les précédentes consoles, permettant de mieux répartir les tâches gérées et ainsi moins solliciter le matériel. Une utilisation plus légère qui engendre automatiquement une hausse de performances, généralement au niveau du framerate. C’est un peu le résultat qui est donné sur de nombreux jeux Xbox 360 vers la Xbox One grâce à la rétrocompatibilité, qui n’ont généralement plus aucun souci de framerate.

Le portage n’est strictement pas à confondre avec la remasterisation. En effet, si l’on reprend l’exemple de Resident Evil 4, la version PS3 HD aura subi un « lifting » graphique comprenant un affichage 16/9 et une nouvelle gestion de lumières. La version PS4/Xbox One, en revanche, est un portage de la version PS3 remasterisée.

Parfois, c’est vrai, des portages peuvent obtenir du contenu supplémentaire, mais généralement pas exclusif et pas conséquent. Ces cas sont plutôt rares.

Quelques exemples de portages à ce jour :

  • Resident Evil 4 / 5 / 6, vous constaterez désormais un 60 fps constant alors que les précédentes versions (hors PC) n’étaient limitées qu’à 30fps, avec quelques instabilités. Ceci est dû à l’architecture des nouvelles consoles bien plus performantes que ses aînées.
  • Rise of the Tomb Raider sur PS4, qui lui verra un affichage 1080p grâce à l’architecture de la PS4 plus aboutie que la Xbox One. Elle ne devrait contenir aucune amélioration graphique, et le jeu est strictement identique à celui qu’il est sur Xbox One. La version PC est également un portage de la Xbox One. Le contenu ajouté est également disponible sur Xbox One, l’architecture de la PS4 permettra simplement la VR en plus.
  • Final Fantasy VII sur PS4 et PC : On ne parle pas du remake ici, mais bel et bien du jeu PS1 qui s’est retrouvé sur PS4 et PC. Voilà l’exemple typique d’un portage : le jeu reste intact, mais bénéficie des prouesses des plus grosses machines pour obtenir un meilleur framerate sans subir pour autant la moindre modification. Le Final Fantasy VII remake prévu en 2017 est lui quelque chose d’autre, que nous expliquerons bien plus tard.
  • Toutes les exclusivités Xbox One vers Windows 10 depuis le « Play Anywhere » : on remarque au jour d’aujourd’hui une optimisation qui laisse généralement à désirer, la faute à des portages d’une version console de huitième génération ne comprenant pas de faibles paramètres graphiques pour les architectures PC bas de gamme.

Pour conclure, ne soyez pas étonné qu’un ancien jeu ressorte sous une forme « maigre » en changement. Il se pourrait que ce ne soit qu’un simple portage. Celui-ci se reconnaît donc par son prix de vente par rapport à sa sortie initiale, sa qualité, ainsi que sa différence par rapport à sa version originale.

La remasterisation, pratique la plus fréquente

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Cette méthode est quelque chose qui est extrêmement confondu avec le portage. C’est pourtant quelque chose qui est assez différent lorsqu’on s’y penche particulièrement.

Une remasterisation se traduit par une « modification » du jeu, une amélioration. Il est très souvent caractérisé par un « lifting » graphique, des applications de textures supplémentaires, il peut se doter de contenus inédits (exemple avec Final Fantasy X sur PS3/PS4 qui s’est vu vendu avec du contenu japonais en Europe). Un travail plus intense est réalisé, car c’est une « réédition », une « modification », une « retouche » d’un jeu existant sans modifier la moindre chose du côté d’un scénario, ou du gameplay. Des corrections de bugs ou de gameplay ainsi que des ajouts de contenu déjà existants sur d’autres versions/territoires peuvent apparaître. Cette pratique est similaire à la remasterisation d’un album de musique : on visera à améliorer son contenu, à modifier ses musiques ainsi que sa qualité pour une meilleure écoute. Un peu comme une « V2 » de l’œuvre originale.

Aujourd’hui généralement, un remaster est pourvu de tous les DLC déjà parus auparavant et d’un affichage 1080p/60fps, ce qui peut donc ramener au portage. Mais la différence est souvent jouée sur le graphisme, qui offre (ou est censé offrir) un rendu différent de l’œuvre originale. Le remaster peut également corriger des bugs rencontrés sous sa version originale qui causaient des soucis à d’anciens joueurs.

Parmi les exemples :

  • Resident Evil 4 est l’excellent exemple qui peut comporter portage et remaster. La version GameCube à la PS2 est un portage, puisque le jeu reste globalement entièrement le même. La version PS3/360 est une remasterisation « HD« , apportant son lot de nouveautés (bien qu’il soit maigre) comme l’affichage 1080p et un lissage de textures ainsi qu’un ajustement de luminosité. Si la qualité ne vous permet pas d’en juger ainsi, c’est parce que la version apportée par le développeur n’est pas assez aboutie. La version PS4 est quant à elle un portage de la version PS3/360 (ou PC).
  • Final Fantasy X est selon moi la référence en remasterisation et un excellent exemple. Le jeu n’a subi aucune remodélisation, et reste globalement plus beau que l’œuvre originale de 2002 grâce à des couleurs plus vives et des corrections sur les personnages ou les environnements. On y retrouve un jeu sous un nouveau jour, qui n’a pourtant pas subi le moindre changement scénaristique. De plus dans cette édition, on y retrouve un menu de combat plus épuré, apportant un vent de fraîcheur au jeu. Enfin, du contenu supplémentaire pourtant exclusif au Japon y est implanté, avec une retouche graphique sur les cinématiques.
  • The Last of Us sur PS4 pourrait être considéré comme un portage à cause du peu de différences visibles. Mais le jeu comprend bien des améliorations graphiques comme une meilleure résolution des textures, une meilleure netteté, des jeux de lumière revus et d’autres détails qui ne sont pas forcément immédiatement visibles.
  • Halo : Masterchief Collection est également une référence en la matière. Le jeu comporte portage et remasterisation dans une même édition, puisqu’il vous est possible de profiter du jeu original sous ses vieux graphismes, ou d’une remasterisation complète qui donne plus de vie au jeu. Mais en rien le jeu ne change pour autant en dehors de cela, seul le visuel changera.
  • Skyrim sur PS4/Xbox One est un remaster à l’état pur. On ne modifie rien du jeu, hormis son graphisme pour le rendre plus « potable » en 2016. Le contenu n’est pas recréé pour autant, on y note qu’une simple amélioration graphique conséquente mais pas remodelée pour ce qui est de l’environnement.

De nombreux jeux subissent plus de changements que d’autres. Tout dépend de la volonté du développeur : apporter un coup de jeune à un vieux jeu ou le ressortir « plus beau » pour mieux promouvoir une prochaine sortie. On peut prendre l’exemple de Dishonored qui s’est vu remasterisé pour promouvoir l’arrivée du second opus. En clair, la remasterisation est une version « 2.0 » d’un jeu déjà sorti auparavant, qui se met simplement au goût du jour.

Le remake, un nouveau souffle pour une œuvre

Final Fantasy VII Remake point, analyse E32016

Là, on parle de quelque chose déjà bien plus simple à cerner. Le remake se traduit par refaire quelque chose, dans cette initiative, on reproduit entièrement le jeu. Le développeur part plus ou moins de zéro (il peut se servir des bases) mais remodélise le jeu en question, et reconstruit le scénario ainsi que le gameplay s’il le souhaite. Resident Evil Rebirth peut en être une nouvelle fois le parfait exemple, avec un scénario pourtant identique mais plus profond. La façon de le mener a été quelque peu modifiée, et des lieux supplémentaires sont disponibles, en plus d’une remodélisation intégrale des lieux ainsi que des cinématiques.

D’anciens opus tels qu’Oddworld originellement sorti sur PS1 se sont vu ressortir en remake sur PS4 et Xbox One, ainsi que Shadow of the Beast. Ces jeux renaissent sous un nouveau jour et se différencient beaucoup de leurs anciennes versions.
Le développement ainsi que le coût de cette pratique est quasiment identique à la création d’une nouvelle licence. On reprend les bases du jeu, et on le refait avec les technologies modernes. Un peu comme le promettent Final Fantasy VII et Resident Evil 2.

Parmi les exemples cités déjà ci-dessus, on y retrouve donc déjà :

  • Resident Evil 2, qui subira donc une refonte complète du jeu et qui pourrait avoir un impact sur le gameplay à l’instar de ce qu’aura subit Resident Evil 1 avec le Rebirth,
  • Klonoa qui a fait son apparition pour la première fois sur PlayStation 1 pour s’être vu totalement refait sur Wii,
  • Final Fantasy VII de son côté ne fait pas exception à la règle, puisque celui-ci se retrouve complètement refait dans un format épisodique et dans un environnement plus ouvert que ce que proposait le volet sur PS1,
  • Tomb Raider Anniversary qui est le remake PS2 du premier opus paru sur PS1, qui aura vu son graphisme ainsi que son gameplay totalement revisité pour proposer la même aventure,
  • Phantom Dust sur Xbox One aurait dû être un remake de l’œuvre originale sorti sur la première Xbox. La cinématique l’annonçant prévoyait un jeu entièrement refait pour une meilleure appréhension du public vers le jeu, et y donner une seconde vie. Il pourrait plutôt être un reboot, mais les informations ne sont pas encore suffisantes à ce sujet,
  • Yakuza Kiwami qui sortira prochainement, et sera le remake du premier Yakuza paru sur PS2.

Un remake est donc une nouvelle façon de découvrir un jeu déjà existant. Il est tout nouveau et permet d’apprécier une licence sous un nouveau visuel. On rejoue au même jeu, mais pas de la même façon.

Le reboot, l’art de reconquérir et toucher un nouveau public

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Le reboot est la chose la plus simple à distinguer. Traduit comme « redémarrage », un « départ de zéro », on reprend une essence d’une série ou d’un jeu ainsi que ses personnages et son ambiance et on en fait quelque chose de nouveau. Dans cette méthode, on « réécrit » l’histoire de ce qu’aurait dû/put être le jeu à sa sortie. L’excellent exemple du moment est Tomb Raider, où l’on aura connu une nouvelle vision des débuts de Lara Croft qui se différencie grandement du premier volet. Il s’est d’ailleurs trouvé une suite qui aura pris un autre chemin, tout autant différent que ce qu’était le deuxième opus initial, en gardant le personnage « Lara Croft » mais en redonnant un personnage sous une autre image.

Vous l’aurez compris, dans un reboot, on reprend un processus de développement entier. On réimagine un jeu, on réécrit son histoire et on le refait entièrement en essayant de garder une certaine cohérence. Lara par exemple était et reste une aventurière mais dans une autre optique. D’autres reboots récents tels que DOOM ou encore Shadow Warrior ont fait les mêmes frais que Lara Croft.
Le coût de production d’un reboot est donc aussi élevé qu’un nouveau jeu, puisqu’il nécessite une équipe complète qui devra réfléchir et refaire un jeu tout en entier au risque de l’échec de l’œuvre. Le but d’un reboot est de reconquérir un public pour corriger une déviation de licence, ou apporter un nouveau bol d’air frais quand une série va trop loin ou qu’elle a mal démarré. C’est une façon de remettre les choses en place, telles qu’elles devraient l’être. Prey en est le récent exemple.

En dehors de tout ceci, on y retrouve les spin-offs, qui sont des jeux tirant pleinement partie de l’univers d’un jeu mais qui vont chercher à trouver un autre style, pour raconter une autre histoire en parallèle à une licence originale. Metal Gear Rising est un bon exemple, puisque le jeu prend place dans l’univers de Metal Gear, mais met en scène un autre personnage ayant un lien avec la série originale, et donne un autre style de jeu en réinterprétant une histoire.

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