The Witcher – Le Dernier Vœu : Notre avis sur le roman de chez Bragelonne

The Witcher - Tome 1 - Couverture

Quel meilleur moment que la sortie de la série The Witcher sur Netflix pour parler de The Witcher ? Vous l’aurez deviné, nous allons nous intéresser à la réédition des romans de Andrzej Sapkowski aux éditions Bragelonne. Réédition qui, par ailleurs, s’appelle The Witcher et non plus Sorceleur. La stratégie de l’éditeur serait-elle de surfer sur la hype entourant la série de la célèbre plateforme de streaming ? Surfer sur la notoriété qui ne décroît pas de la série vidéoludique de CD Projekt Red ? Sans doute, oui. Mais il est aussi question de faire découvrir au plus grand nombre une chef d’œuvre de la littérature polonaise !

Sur la couverture, on sent d’emblée que la sortie de la série n’est pas étrangère à cette réédition. Après tout, la première de couverture est prise d’assaut par un Henry Cavill, de dos, adoptant une pose transpirant le charisme. De quoi faire chavirer le cœur de notre ancien rédacteur Toothpick, adorateur de celui qui incarne également Superman au cinéma.

Ainsi, Bragelonne et son label BigBang vont permettre aux lecteurs de (re)découvrir les folles aventures de Geralt de Riv telles qu’elles ont été imaginées par le créateur de la saga originelle. Mutant devenu un véritable assassin, ce dernier chasse moult monstres pour un peu d’argent. Son but ultime ? Retrouver son humanité perdue. Y arrivera-t-il ? Ceux qui sont arrivés au bout de l’édition d’origine ont déjà leur réponse.

Bien entendu, cet article n’a pas vocation à juger une réédition. A quoi bon me direz-vous ? Hormis juger la nouvelle couverture et la potentielle nouvelle police d’écriture, il n’y aurait pas grand-chose à en dire. C’est pourquoi nous allons profiter de cette nouvelle sortie en librairie pour parler de la saga telle qu’elle a été écrite par l’auteur polonais. Et, pourquoi pas, voir si parcourir les pages de cette histoire datant des années 90’ vaut le coup encore aujourd’hui ?

Un bestiaire taillé dans l’originalité

The Witcher - Tome 1 - Chapitre 1

Si certains d’entre vous l’ignorent, commençons par spécifier une chose : le livre Le dernier vœu est avant tout un recueil de nouvelles, où plusieurs histoires se réunissent pour former un tout plus ou moins suivi et présentant une vraie cohérence. Cet assemblage peut donc créer une difficulté à suivre l’ensemble des événements puisque ces derniers vont alors faire des allers et retours un peu dans tous les sens dans le temps, et entre les différents personnages présents dans le récit. Mais pas d’inquiétude, l’auteur polonais parvient à tout faire s’emboîter en revenant également sur le passé de notre Sorceleur.

Par ailleurs, sachez que les sept textes qui composent ce premier recueil ne sont pas, chronologiquement, les sept premiers écrits de Sapkowski au sujet de Geralt. L’écrivain avait donc déjà une vue d’ensemble assez développée de ce qu’allait devenir le mutant. De quoi lui permettre aussi d’imaginer plus aisément ce qui pourrait constituer son passé, le menant à son présent. Bref, l’histoire est excellemment bien construite et son découpage permet une lecture sur le long terme, entrecoupée de pauses. Une véritable aubaine pour les lecteurs qui n’exercent pas spécialement une lecture assidue et régulière, les chapitres étant bien distincts et parfois liés entre eux uniquement par la présence de certains personnages et quelques bribes de souvenirs.

Ainsi, tout au long des récits, le lecteur découvre un peu plus Geralt de Riv, un mutant à mi-chemin entre puissant guerrier et magicien. S’il combat à l’épée la majorité du temps, il fait également appel à toutes sortes de potions pour se renforcer, être plus rapide ou simplement pour infliger plus de dégâts à certains types d’ennemis. Physiquement, il est tout à fait différent des autres « humains », présentant cheveux blancs et pupilles de chats visibles de tous. Son rôle ? Éliminer toutes sortes de monstres qui peuplent les terres des humains.

En outre, l’univers de The Witcher a beau être bourré de classiques de cette littérature, il présente également de nombreuses originalités (un peu comme Wyld dont nous vous parlions mercredi). En effet, ce premier tome nous balance d’emblée un bestiaire très frais dans sa composition. Au revoir les sur-utilisés gobelins et autres banshee, puisque Sapkowski mettra notre sorceleur aux prises avec moult créatures qui sont inconnues du public. En gros, il crée son propre bestiaire, ce qui n’est pas pour déplaire aux amateurs du genre un peu trop bercés par les classiques.

Malgré tout, l’auteur se permet aussi de revisiter quelques éléments et contes connus quand il en a l’opportunité. Et cela lui permet de développer son univers, d’insérer les malédictions, leur fonctionnement mais aussi tout simplement de mettre en œuvre de nouveaux personnages. Ces derniers peuvent être secondaires, à l’image du père du Ciri dans une légère revisite de La Belle et la Bête, ou principaux comme l’ambitieuse Yennefer et le charmant Jaskier. En bref, l’écrivain fait tout pour que tout le monde s’y retrouve mais aussi pour que tous aient l’envie de revenir faire un coucou au tueur de monstres.

Une histoire inspirée, mais aussi inspirante !

The Witcher - Le Dernier Vœu : Notre avis sur le roman de chez Bragelonne 1

Bien entendu, les points positifs de ce premier tomes ne s’arrêtent pas là. En effet, l’histoire globale est bien pensée, cohérente et ne manque pas de surprises ou de légères références. Chaque petite histoire est l’occasion d’en apprendre plus sur Geralt, comme l’origine de son surnom de boucher, ou sur ses différentes relations avec les autres personnages importants. Sans compter qu’il s’agit là aussi d’une occasion d’en apprendre plus sur lesdits personnages, de même que sur leur passé et leur aspect psychologique. Bref, l’auteur ne laisse personne en retrait et offre un peu de visibilité à tout le monde.

D’ailleurs, les divers scénarios sont très matures, proposant des thématiques travaillées comme le dilemme Cornélien. L’univers est également plus sombre, allant au-delà de la simple présence de « monstres sanguinaires » dans les bosquets et sous les ponts. Après tout, on parle dans The Witcher de guerres, de complots mais aussi d’histoires de vengeances, de disparitions, voire de relations pas toujours consenties. Dès lors, l’auteur à de quoi faire pour développer une intrigue sérieuse mais trop non plus.

En effet, les différents récits qui constituent ce premier tome ne manquent pas d’humour. Après tout, les textes sont sombres, parfois à mi-chemin avec un roman à visée dépressive. Le sarcasme de Geralt, le ridicule de Jaskier ou encore les blagues de quelques voyageurs, il a de quoi vous arracher un léger sourire entre deux phases de bavardages houleux, qui sont légions dans l’œuvre.

D’ailleurs, on peut parfois remarquer une légère perte de cohérence dans la construction de certains personnages (Geralt compris) dans ces phases. Car oui, si l’histoire est cohérente, le développement des personnages ne l’est pas toujours, faute au format adopté par le roman.

Cependant, tous ces éléments donnent de la saveur à l’ouvrage. Sapkowski commence donc à structurer un univers vaste pour The Witcher. A cela, il ajoute des personnages non-clichés, toujours meurtris dans leurs choix où s’entremêlent le bien et le mal. Le fatalisme occupe également une place importante dans le livre, laissant place à des thématiques matures, qui ne manquent pas d’apporter un développement intéressant aux intrigues, ainsi qu’aux protagonistes de l’œuvre.

Faut-il craquer pour The Witcher – Le Dernier Vœu ?

The Witcher - Tome 1 - Quatrième de couverture

Dès lors, on comprend vite que ce recueil de nouvelles essaie de faire de l’original en se basant sur des éléments très connus du genre. Thématiques matures, personnages partagés entre le bien et le mal ou encore bestiaire unique en son genre, l’auteur n’a pas lésiné sur les moyens pour tenter de faire une œuvre à part des autres et un univers suffisamment grand pour que ses personnages puissent s’y développer sur de nombreux volumes.

En outre, l’écriture de l’auteur est fluide, bien construite et la traduction est tout simplement réussie. Mais, on ne va pas se mentir, il ne sert à rien de racheter cette réédition si vous possédez déjà les livres d’origine. Le contenu reste le même, les histoires de Geralt n’ayant pas changées entre deux éditions de ses aventures.

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En bref, The Witcher reste une épopée intéressante et plutôt bien écrite. Ses personnages sont intéressants, attachants et les intrigues développées par l’auteur tiennent le lecteur en éveil. Pour celles et ceux n’ayant pas encore feuilleté les aventures du Sorceleur, il s’agit d’une bonne aubaine pour le faire. Pour les autres, il n’y a pas grand intérêt. Quoi qu’il en soit, nous attendons avec impatience la suite pour pouvoir nous replonger dans cet univers tantôt sombre, tantôt teinté d’humour.

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