Test Mortal Kombat 11 : Aftermath – Un contenu pas si Friendship que ça ?

mortal kombat 11

Mortal Kombat 11 fête sa première année, et il aura eu deux beaux cadeaux : le premier, c’est l’apparition du jeu de combat de NetherRealm Studios à l’EVO Online, alors qu’il ne faisait pas partie de la liste originelle des jeux (merci le netcode de qualité), et le second, c’est un deuxième tour proposant de nouveaux personnages, mais aussi, un nouveau mode histoire.

Vendu 40 €, vous pouvez aussi trouver sur les différents stores en ligne une édition à 60 € complète, avec le jeu de base, les combattants additionnels du premier season pass en accompagnement de cette nouvelle campagne. Voyons un peu ce que vaut cette extension.

Shang Tsung chez les gentils

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Un des deux points d’intérêt de ce DLC, c’est l’ajout d’un tout nouveau chapitre pour le mode histoire de Mortal Kombat 11. Se déroulant tout juste après la fin du scénario principal, inutile de préciser que les mots qui suivront ce paragraphe vont forcément divulgâcher la fin du jeu de base. Si vous souhaitez vous garder la surprise, vous pouvez passer à la seconde partie concernant le gameplay et les nouveaux combattants.

Si vous êtes encore là, c’est que vous êtes prêts. L’histoire se passe juste après la victoire de Liu Kang sur Kronica, nouveau dieu du feu et du temps également, notre héros va essayer de réparer la chronologie de son univers, bien abîmé des rixes précédentes, et accessoirement sauver ses camarades. Seulement voilà, trois individus vont avertir Liu Kang que cela n’est pas aussi simple, et qu’il faut un objet bien précis s’il veut mener à bien sa mission.

Ce trio, composé de Fujin, Nightwolf et Shang Tsung, était piégé dans le néant par Kronica durant les événements de MK11, (le fameux néant dans lequel les personnages en DLC se font souvent attraper). Cet objet, c’est la couronne de Kronica, et c’est à partir de là que le joueur assidu et connaisseur se dira « mais c’était pas déjà l’objet important de l’intrigue de l’histoire précédente ? » Eh bien oui, le scénario va tout juste se contenter de mettre le trio dans le passé, juste avant que Kronica récupère sa couronne. L’intrigue reprend simplement le dernier tiers du scénario, avec l’intervention de nouveaux personnages, qui vont forcément perturber le déroulement original.

Bien que personne ne demande à ce que le scénario des Mortal Kombat nous retourne le cerveau, le point de départ marque tout de même une grosse facilité scénaristique, et le final peut laisser penser que beaucoup de choses se passent… pour rien en fait. Pour le reste, c’est la même chose que depuis Mortal Kombat 9, on enchaîne cinématiques et combats le tout saupoudré de récompenses cosmétiques, comme des costumes, des bannières etc..

On pose notre cerveau pour admirer les scènes de combats plutôt bien chorégraphiées et on le réactive pour enchaîner un peu l’ordinateur. Et même si vous allez passer un moment bien sympathique, difficile de justifier le fait de devoir se séparer de 40 clochettes pour une petite histoire qui dure entre deux et trois heures, heureusement, il n’y a pas que ça dans cette extension.

« Stay out of trouble »

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Car oui, Aftermath, ce n’est pas qu’une nouvelle intrigue, c’est également trois personnages venant ajouter du sang frais, et chacun vient faire plaisir à une catégorie de fan en particulier. Le premier, Fujin, est là pour faire les anciens de la licence, ceux qui peuvent citer tout le roster de chaque Mortal Kombat, car le frère de Raiden n’était jouable que dans une poignée de jeu MK, sa dernière apparition en date étant Mortal Kombat Armaggedon (même s’il apparaît dans le mode histoire de MK X).

Plutôt accès sur les attaques à mi-distance, il fera plaisir aux joueurs qui aiment bien contrôler les actions de l’adversaire, il offre aussi des techniques de déplacements appréciables et plutôt rapide en comparaison au reste du cast, mais attention à ne pas trop pilonner, car on peut facilement se faire punir.

La deuxième est Sheeva, pour nous rappeler de bons souvenirs de MK 9 avec son saut que l’on ne peut bloquer et qui attaque peu importe où l’on se trouve sur l’écran. La Shokan est redoutable au corps-à-corps avec ses quatre bras, le but étant de mettre la pression sur son adverse afin de limiter ses mouvements, et de lui sauter par-dessus au meilleur moment. Au cas contraire, la punition peut être également assez violente. Elle peut être assez terrifiante contre des joueurs débutants.

Et le dernier est là pour faire plaisir aux gens qui veulent de l’inattendu, de la surprise, il s’agit ni plus ni moins de RoboCop, personnage éponyme issu de la Pop Culture de la fin des années 80 (toujours un régal à regarder même aujourd’hui). Le policier cybernétique est un combattant qui va surtout jouer sur la distance, grâce à un arsenal bien varié à base de lance-flammes, mines, pistolet et fusil sniper. Alex Murphy est assez agréable à jouer car quel que soit sa position face à l’adversaire, nous pouvons assez facilement confirmer nos enchaînements pour bien mettre en place son jeu.

Avec ses animations assez rigides (qui rappelleront sans doute aussi, celles de MK 9 et X), ses dialogues bourrés de référence avant et après un combat et son Fatal Blow qui fait intervenir un ED-209 (un gros robot avec la meilleure animation de l’histoire du cinéma), inutile de rajouter que nous sommes complètement tombés sous le charme de ce dernier ajout au cast du jeu.

Pour ce qui est du prix, c’est là qu’entre réellement le gros défaut, car même si vous ne voulez que les nouveaux personnages et que vous vous fichiez du mode histoire, eh bien vous ne pouvez pas vous prendre les kombattants à part. Même si vous ne voulez que RoboCop, il faudra forcément débourser 40 €. Mais pour les plus radins d’entre nous, la mise à jour Aftermath ajoute du contenu gratuit.

Friendship is magic

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Pour les joueurs qui ne sont pas intéressés par les nouveaux personnages, l’histoire supplémentaire ou qui attendent tout simplement une réduction, il y aura quand même de quoi manger. Bien évidemment, les joueurs ayant Aftermath joueront avec ceux qui n’ont pas sauté sur l’extension, et inversement, une précision qui peut paraître bête mais qu’il faut quand même noter.

Ensuite, les quatre nouvelles arènes (avec une petite préférence pour le stage Retrocade), les Fatality lié aux stages et les Friendship sont gratuits. Ces derniers sont des animations qui, contrairement aux exécutions classiques, vont apporter un peu d’amour dans ce monde de brute. C’est un beau geste de la part de Netherrealm qui aurait très bien pu mettre tout ça payant également.

Mais cela marque aussi la fin des éléments payants, ce qui fait que pour 40 €, le contenu semble assez faiblard au final, la seule promesse étant des packs de costumes, quelques personnages supplémentaires auraient été bienvenus, ce qui fait que MK 11 est au final un jeu assez cher, même parmi les jeux de combats, pour peu que vous l’ayez acheté le jour de sa sortie et que vous possédiez le Kombat Pass.

Côté rééquilibrage, il faut noter également une petite incohérence sur une mécanique de jeu : le Breakaway (ou l’échappée comme cela est traduit dans les textes), dans MK 11, il est possible de forcer l’atterrissage de son personnage pour éviter de se faire trop maltraiter dans les airs. À l’origine, aucun combattant ne pouvait empêcher cette action, et pourtant, elle occasionnait quelque chose d’assez paradoxal : votre adversaire a eu raison, il vous punit, vous faites votre Breakaway pour ne pas vous prendre plus de coup… et vous vous retrouvez en avantage car votre adversaire continuera à taper dans le vide.

Par conséquent, vous vous retrouvez dans une situation ou vous avez eu tort (d’autant plus que parfois vous perdez votre Crushing Blow, coup activable qu’une seule fois par match), mais au final vous êtes en avantage et vous pouvez punir.

Pour corriger cela, NetherRealm a mis en place des anti-Breakaway sur tous les protagonistes via Aftermath. Problème, les personnages de base n’ont pas été développés avec cette idée. Déjà toutes les variations (on ne peut pas équiper toutes les attaques spéciales sur les personnages, les variations sont là pour limiter vos choix) n’en disposent pas, mais surtout les attaques de base des combattants n’ont pas été conçues pour ça, il aurait fallu ajouter un nouveau coup spécifique pour pallier ce défaut.

C’est d’ailleurs un souci que vous ne rencontrerez pas sur les personnages récents, Spawn en tête, puisqu’ils ont été développés avec cette idée. Nous nous retrouvons donc avec plusieurs mécaniques universelles, qui ne marchent pas pour tout le monde, ce qui crée un déséquilibre… universel pour le coup.

Bien entendu, ces problèmes ne parleront qu’aux gros joueurs qui dorment sur le jeu ; ceux qui veulent juste jouer sans se prendre la tête trouveront un jeu de combat accessible et fun. Avec un Online qui est devant ses concurrents concernant la stabilité de la connexion, et des modes solo en pagaille qui conviendront parfaitement à ceux et celles qui ne veulent pas se tuer en ligne. Si vous n’avez pas Mortal Kombat 11, c’est peut-être le moment pour vous de vous mettre dans le bain, pour une soixantaine d’euros, ça vaut le coup.

Quant à ceux qui ont déjà déboursé l’année dernière l’édition avec le Kombat Pass, difficile de sauter à pieds joints avec 40 €, le contenu est malgré tout un peu chiche pour ce prix-là, surtout que Netherrealm pousse le vice en ne proposant pas d’acheter les personnages supplémentaires à l’unité. Dommage. Ah et ne comptez pas avoir tous les personnages supplémentaires juste avec l’extension Aftermath, il faudra vous prendre l’édition à 50 € si vous voulez le cast complet, de quoi conclure que les seuls gagnants de l’histoire, ce sont ceux qui n’avaient pas le jeu jusqu’à-là, au grand malheur de ceux qui ont fait vivre le jeu pendant toute une année.

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